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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

épisode 547 : Anchorage

EXT. JOUR / PEYTON PROFESSIONAL – BEPALISS

 

Blanche Deveaux, derrière le somptueux comptoir, examine le courrier qui vient d’arriver lorsque Betty sort de l’ascenseur, munie de sa mallette de travail. Elle se dirige vers la réception.

 

BETTY

Bonjour, Blanche. Des appels ? 

 

BLANCHE

(Taciturne)

Il est un peu tôt. Je viens juste d’arriver. 

 

BETTY

(Ironique)

Cachez votre joie, Blanche. Sans quoi je vais finir par avoir l’impression que vous êtes heureuse d’être ici. 

 

BLANCHE

Vous connaissez une secrétaire qui est heureuse d’aller travailler, vous ?

 

Betty secoue la tête et ne répond pas. Elle s’apprête à se rendre dans son bureau lorsque son regard accroche la une du « Clarion » qui se trouve avec le courrier. Elle y voit la photo du Dr Elby. Elle se saisit du journal, le déplie. Au-dessus de la photo, un titre : « ETRANGE DISPARITION D’UN MEDECIN A PEYTON PLACE ». A cet instant, l’ascenseur ouvre ses portes sur Lisa. Elle pénètre dans la zone de réception. Elle a une mine affreuse, comme si elle n’avait pas dormi de la nuit. Betty lève les yeux vers elle, puis elle montre la Une du « Clarion ». Maussade, Lisa ne répond pas et se rend dans son bureau en claquant la porte. 

 

BLANCHE

(Ironique)

Je sens qu’on va encore s’amuser, aujourd’hui…

 

Betty ne relève pas. Elle se rend directement dans le bureau de Lisa, le journal en main. Elle ferme la porte du bureau.

 

BETTY

(En agitant le journal)

Tu es au courant ?

 

LISA

(Nerveuse)

Vaguement. La police était à Peyton Hill hier. 

 

BETTY

C’est une histoire étrange. Est-ce que le Dr Elby avait des problèmes ?

 

LISA

(toujours nerveuse)

Comment veux-tu que je le sache ?

 

BETTY

Tu étais en contact avec lui. Est-ce qu’il t’a donné l’impression d’avoir des problèmes ?

 

LISA

Tu n’es pas de la police, que je sache ! Pourquoi devrais-je t’en parler ?

 

BETTY

Je me pose des questions, c’est tout ! Ne t’énerve pas. Il y a quelques jours, il voulait dix pour cents de Bepaliss et maintenant, il disparaît mystérieusement. Tu ne te poses pas de questions ?!

 

LISA

Betty, j’ai du travail. Je dois aller à Peyton Hill ce matin et…

 

BETTY

A ton avis, qu’est-il arrivé au Dr Elby ?

 

LISA

(Vraiment énervée)

Excuse-moi, mais j’ai oublié ma boule de cristal à la maison. 

(Elle se lève et Betty la regarde discourir sans comprendre pourquoi elle s’énerve)

James va mieux. Je te remercie de t’en soucier ! Apparemment, tu te soucies plus d’un étranger que de mon propre fils. Mais ça ne m’étonne pas de toi, tu n’as jamais été capable de t’intéresser aux personnes qui en valent la peine. 

(Elle s’approche de la porte, met la main sur la poignée)

Ah, et encore une chose : si je savais quoi que ce soit sur Elby, ce n’est pas à toi que j’en parlerais, mais à la police.

 

Aussitôt ces paroles prononcées, Lisa ouvre la porte et voit, dans la zone de réception, le sergent William Walker et un de ses subordonnés. Lisa s’arrête net, avec une expression de surprise mêlée à de la peur. Betty l’observe en fronçant les sourcils. 

 

EXT. JOUR / VILLE DE ANCHORAGE

 

Plan de situation.

 

int. jour / siege de la kruger-brandt bureau de brandt

 

Abraham Brandt est assis à son bureau. C’est un homme âgé d’une soixantaine d’année, les cheveux grisonnants, des rides prononcées sur le visage et des lunettes à monture noire. Un physique quelconque. Son bureau est spacieux et la décoration style « rococo » laisse une impression désuète. Le téléphone bourdonne et Brandt appuie sur l’interphone.

 

BRANDT

Oui Marcia…

 

MARCIA (secrétaire de Brandt)

M. Jack Peyton désire vous voir.

 

BRANDT

Je ne connais pas de Jack Peyton. Est-ce qu’il avait rendez-vous ?

 

MARCIA (off)

Non Monsieur.

 

BRANDT

Dans ce cas, donnez-lui un rendez-vous. Je n’ai pas le temps de le recevoir maintenant.

 

MARCIA (off)

Il dit que c’est important.

 

BRANDT

Ce n’est sans doute pas aussi important que le rendez-vous avec mes investisseurs dans dix minutes.

 

MARCIA (off)

Il dit que c’est au sujet de votre femme.

 

Brandt reste muet un instant. Il semble réfléchir. 

 

BRANDT

Très bien. Faites-le entrer.

 

Jack entre dans le bureau et va serrer la main à Brandt qui se lève.

 

JACK

Monsieur Brandt…

 

BRANDT

Vous êtes la deuxième personne qui vient me parler de ma femme en l’espace de quelques jours. 

 

Jack sort de sa veste une photo de Malcolm Hirsch. 

 

JACK

L’autre personne, est-ce que c’était elle ?

 

Brandt prend la photo, l’observe un instant, fronce les sourcils et la rend à Jack.

 

BRANDT

Qui êtes-vous ? Et que voulez-vous à ma femme ?

 

JACK

(Embarrassé)

C’est un peu compliqué.

 

BRANDT

Il va pourtant falloir vous expliquer rapidement, parce que j’ai un rendez-vous important dans dix minutes.

 

JACK

Je ne sais pas par où commencer. 

 

BRANDT

Par le début. Et s’il vous plaît, ne tournez pas autour du pot. Soyez honnête avec moi et je le serais avec vous. 

 

JACK

Je suis à la recherche de cet homme. Il a disparu.

 

BRANDT

Il est venu me voir pour me poser des questions sur Prisca. Je n’étais pas d’humeur à le recevoir, et je l’ai tout bonnement jeté à la porte. Dites-moi ce que vous savez sur Prisca.

 

JACK

Elle a été ma femme. 

 

Brandt accuse le coup.

 

BRANDT

(D’une voix vacillante)

Continuez…

 

JACK

C’était il y a dix-huit ans. Je suppose qu’elle ne vous a jamais parlé de moi. 

 

BRANDT

Non, mais je connaissais votre existence. Ainsi, vous êtes le père biologique de Roxanne.

 

JACK

Oui, et je viens de l’apprendre récemment. 

 

BRANDT

Ma femme est décidément pleine de surprise. Quoi d’autre ?

 

JACK

Son vrai nom est Jennifer Alström. C’est la fille de Gil Alström, l’homme qui a assassiné un politicien très influent il y a vingt ans. L’affaire avait fait grand bruit.

 

BRANDT

(Il sourit)

Je vois que vous jouez franc jeu avec moi, Monsieur Peyton. J’apprécie.

 

JACK

(Etonné)

Vous étiez au courant ?

 

BRANDT

Je suis à la tête d’une des banques les plus puissantes du pays, je n’allais pas faire entrer dans ma vie une femme et une petite fille sans me renseigner sur leur passé. 

 

JACK

Donc, si vous êtes renseigné sur le passé de Prisca, vous deviez me connaître.

 

BRANDT

C’est exact, Monsieur Peyton. J’ai été étonné d’apprendre que Prisca s’est enfuie d’ici pour aller vous rejoindre dans cette petite ville de la Nouvelle Angleterre.

 

JACK

De toute évidence, vous ne savez pas tout. Prisca n’est pas venue me rejoindre. 

 

BRANDT

(Il fronce les sourcils)

J’ai peur de ne pas comprendre.

 

JACK

Prisca est à Peyton Place pour une bonne raison, mais j’ignore laquelle. J’ai pensé que vous pourriez m’aider.

 

BRANDT

(Il s’assoit à son bureau)

Je suis tombé amoureux de Prisca la première fois où je l’ai vu. Elle portait une robe blanche. Elle était radieuse. Elle travaillait dans un café et son patron était un vrai tyran. Je l’ai enlevé des griffes de ce sale type. Elle m’a appris qu’elle avait une petite fille. Rox était ravissante avec ses gros yeux bleus qui vous regardez. Nous nous sommes revus plusieurs jours de suite et chaque jour passé avec elle nous rapprochait inexorablement. Son seul problème, c’était son passé. Elle n’en parlait jamais, mais à chaque fois que je la questionnais, je voyais dans ses yeux une tristesse infinie. J’ai donc fait ma petite enquête sur elle et j’ai découvert qui elle était. Je dois vous avouer qu’au début, j’ai bien failli la laisser tomber. Mais l’amour l’a emportée. Je l’ai épousé et je ne l’ai jamais regretté. Elle m’a apporté tant de choses ! Je ne lui ai jamais dit que je savais tout sur son passé. Ce fut ma grande erreur. Il y avait ce mensonge entre nous. J’aurais dû mettre les choses au clair avec elle, lui parler, lui dire que j’étais au courant et que cela ne changeait rien. Au lieu de ça, j’ai laissé pourrir la situation. Un fossé s’est creusé entre nous. Nous avons divorcé il y a deux ans.

 

JACK

Je l’ignorais. 

 

BRANDT

Prisca a néanmoins continué à travailler dans la Société. Elle y détient des parts, d’ailleurs. Il faut dire que c’est un génie en affaires. Nous sommes restés en bons termes.

 

JACK

Vous a-t-elle prévenu de son départ précipité ?

 

BRANDT

Non. Elle est partie du jour au lendemain, sans rien dire. Sans laisser d’adresse. Je l’ai fait rechercher et j’ai su qu’elle vous avait retrouvé. Je pensais qu’elle avait renoué des contacts avec vous et qu’elle était partie vivre avec vous. J’ai donc décidé de ne pas m’en mêler et de la laisser vivre sa vie.

 

JACK

Quels sont ses rapports avec Roxanne ?

 

BRANDT

Très compliqué. Prisca a toujours surprotégé Rox. Elle a insisté pour que Rox aille faire ses études en Suisse. Ça m’avait étonné. On avait l’impression qu’elle voulait l’envoyer le plus loin possible d’ici, un peu comme si…

 

JACK

(Devant l’hésitation de Brandt, il l’encourage à continuer)

… Comme si…

 

BRANDT

Comme si Rox courait un danger en restant avec elle. 

 


à suivre...

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Marie A 14/05/2013 20:11

Eh ben... quel mari patient et compréhensif ce Mr Brandt !
Et fin psychologue en plus :-)

Mr. Peyton 16/05/2013 16:44



Oui, il fait penser à Jack par certains côtés