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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

épisode 438 : un petit coffre-fort

EXT. JOUR / COLLINE DE PEYTON PLACE

 

Vue panoramique de la colline de Peyton Place sur une musique d’ambiance. La caméra survole l’immense propriété des Peyton et poursuit jusqu’à Peyton Hill, situé à quelques miles du manoir et entouré de verdure et de forêt. Plan du centre Peyton Hill. La musique s’interrompt. 

 

DR ELBY (off)

Vous êtes devenu fou.

 

INT. JOUR / PEYTON HILL – CHAMBRE DE LINDEN

 

Le Dr Elby tourne le dos à Linden Peyton et se dirige vers la sortie.

 

LINDEN

(voix autoritaire)

Où allez-vous ?

 

ELBY

J’en ai assez entendu. J’appelle la police. 

 

LINDEN

Je ne ferais pas ça à votre place.

 

ELBY

Pourriez-vous me dire pourquoi ? Pourriez-vous me dire quel intérêt j’aurais à couvrir un meurtre ? Et pire ! À en commettre un ! Vous êtes tombé sur la tête, Linden. Comment avez-vous pensé un seul instant que j’allais souscrire à un plan aussi… dingue ! 

 

LINDEN

(calmement)

Parce que vous allez le faire. 

 

ELBY

Couvrir votre rémission était une chose, commettre un meurtre en est une autre. Non seulement je ne vais pas commettre ce meurtre, mais je vais prévenir la police du danger que vous représentez pour votre femme. 

 

LINDEN

Très bien, allez donc voir la police. Vous leur parlerez en même temps de Franz Boman…

 

Piqué au vif, Elby se retourne lentement vers Linden. On lit dans ses yeux un mélange de surprise et de peur… voire même de terreur.

 

ELBY

Qui vous a parlé de Franz Boman ?

 

LINDEN

(il rit)

Vous me semblez moins pressé d’aller voir les flics, soudain.

 

ELBY

(les poings serrés)

Qui vous a parlé de Franz Boman ?

 

LINDEN

Voyez-vous, cher docteur. Je m’ennuie un peu ici. Alors parfois, la nuit, je me promène. Comme je suis censé être dans un état catatonique, personne ne surveille l’entrée de ma chambre. Il m’est arrivé par hasard de faire un tour dans votre bureau. J’aime beaucoup le Modigliani sur le mur. C’est un vrai ?

 

ELBY

Vous êtes une belle ordure, Peyton !

 

LINDEN

Disons que je suis curieux de nature. Vous êtes un bon médecin, Elby. J’en suis persuadé. Seulement, vous avez un gros défaut : vous n’êtes pas méfiant. Vous ne devriez pas laisser vos dossiers confidentiels dans un tiroir qui ne ferme pas à clé. 

 

ELBY

Vous ne savez rien sur Boman.

 

LINDEN

J’en sais suffisamment pour vous faire coffrer le restant de votre vie. Vous et votre comptable Franz Boman êtes des personnes peu recommandables. Vous détournez régulièrement 60 % des dons privés pour la recherche que vous parrainez. C’est quoi déjà ? Ah oui, la recherche contre les maladies de la peau. 

 

ELBY

Les dossiers sont toujours dans mon bureau. Vous n’avez aucune preuve. 

 

LINDEN

Vous avez raison sur une chose : les dossiers sont toujours dans votre bureau. En revanche, là où vous vous trompez, c’est que je peux apporter la preuve de ces détournements de fonds. 

 

ELBY

Et quelle preuve ?

 

LINDEN

Une invention formidable : la photocopieuse. J’ai photocopié tout le dossier, Elby. Les virements dans un compte à l’étranger, les falsifications de la comptabilité, les correspondances entretenues avec Boman à ce sujet. Tout est là. Dans ce coffre.

 

Linden désigne un coffre fermé à clé au fond d’une armoire. Il sort une clé de sa poche et la montre à Elby en souriant.

 

LINDEN

Et c’est moi qui ai la clé. Vous avez fondé une association à but caritative et vous vous en êtes mis plein les poches sur le dos des bienfaiteurs. S’il y a une ordure dans cette pièce, ce n’est pas moi.

 

Le biper d’Elby se met à sonner. Il le saisit.

 

ELBY

Je dois y aller. Prenez le temps de bien considérer les choses, Linden. J’espère qu’à mon retour, vous serez dans de meilleures dispositions. Je vous demande de réfléchir et vous verrez que votre plan ne tient pas la route.

 

LINDEN

(Chantonnant)

A tout à l’heure, docteur.

 

Elby s’en va. Il referme la porte, puis s’appuie contre celle-ci en soupirant et en transpirant à grosses gouttes.

 

EXT. JOUR / HOPITAL AMERICAIN – LAUSANNE

Plan de situation

INT. JOUR / HOPITAL AMERICAIN – CHAMBRE D’AURELIEN

Aurélien Charpentier est assis dans un fauteuil, occupé à lire un roman. Derrière lui, son père Gilles ouvre la porte de l’armoire murale et regarde à l’intérieur. Excédé, Aurélien referme son livre.

 

AURELIEN

Qu’est-ce que tu fais ?

 

GILLES

Je regarde s’il ne te manque rien. 

 

AURELIEN

(ironique)

Quelle soudaine sollicitude.

 

GILLES

Tu n’as presque plus de vêtements propres. Je vais demander à James de venir t’en apporter.

 

AURELIEN

Ça ne sert à rien. Je sors de l’hôpital demain.

 

GILLES

Raison de plus. Il fait très froid dehors. On doit te ramener un pull et une veste molletonnée.

 

AURELIEN

Mais enfin, à quoi joues-tu ?

 

GILLES

Je me fais énormément de soucis pour toi. Tu ne peux pas me le reprocher.

 

AURELIEN

Je ne te reproche pas ça. 

 

GILLES

Ce qui veut dire ?

 

AURELIEN

Laisse tomber.

 

GILLES

Est-ce que ta mère à appeler ?

 

AURELIEN

Qu’est-ce que tu cherches ? A savoir qui, de toi ou de maman, joue au meilleur parent du mois ?

 

GILLES

Arrête tes sarcasmes. Je veux simplement savoir si tu avais des nouvelles de ta mère, c’est tout. Ne va pas chercher autre chose. 

 

AURELIEN

Je ne me ferais pas de souci pour maman, si j’étais toi.

 

GILLES

Pourquoi est-ce que tu déformes toujours ce que je dis ?

 

AURELIEN

Papa, j’apprécie vraiment le fait que tu sois venu me voir. Mais je vais bien maintenant. Tu peux repartir à Paris. Je peux me débrouiller seul. C’est ce que j’ai toujours fait, d’ailleurs.

 

GILLES

Pourquoi tu as fait ça, fiston ?

 

AURELIEN

Fais quoi ?

 

GILLES

Tu sais très bien de quoi je parle. C’était un appel au secours, c’est ça ?

 

AURELIEN

(il se lève et se tourne vers son père)

Alors c’est ça ! Voilà pourquoi tu es venu à Lausanne. Tu pensais que je te lançais un appel au secours ? Tu t’es sentie obligé de venir parce que tu culpabilises !

 

GILLES

Je sais que je n’ai pas toujours été un père très présent dans ta vie, mais je t’aime. Il faut que tu me croies.

 

AURELIEN

Un amour « longue distance ». C’est tellement plus pratique. Ecoute, papa, tu n’as pas à te sentir responsable de mon geste. J’ai fait une connerie, que j’assume totalement. Mais ça n’avait rien à voir avec toi, ni même avec ma chère mère. 

 

GILLES

Alors pourquoi ? Qu’est-ce qui ne va pas dans ta vie pour que tu aies tenté de mettre fin à tes jours ?

 

AURELIEN

Rien qui te concerne, papa. 

 

GILLES

Pourquoi tu ne veux pas me parler ? J’ai l’impression que lorsque je fais un pas vers toi, tu recules de deux pas. 

 

Aurélien ne répond pas.

 

GILLES

Je voudrais… Enfin, j’ai une proposition à te faire. Qu’est-ce que tu dirais de rentrer avec moi à Paris ?

 

AURELIEN

Quoi ? Tu veux me retirer du collège ?

 

GILLES

Apparemment tu n’y es pas bien. Et puis, il y a de bonnes écoles à Paris. Et je pourrais déjà commencer à t’apprendre le métier.

 

AURELIEN

Papa, je t’ai déjà dit que je n’étais pas intéressé par l’entreprise familiale. 

 

GILLES

Tu pourrais essayer d’apprendre. Ça ne coûte rien. 

(il regarde sa montre)

J’ai un avion qui décolle dans cinq heures. On peut régler les formalités de sortie de l’hôpital et je pourrais réserver une place supplémentaire dans l’avion. 

 

Aurélien se rassoit calmement, croise les jambes et reprend son livre

 

AURELIEN

C’est vraiment gentil d’être passé me voir, Papa. Fais un bon voyage. Je passerai le bonjour à Maman le jour où elle me téléphonera. 

 

GILLES

Promets-moi au moins de réfléchir à ma proposition.

 

AURELIEN

Au revoir, Papa.

 

Gilles traverse lentement la pièce. Il s’arrête près du fauteuil de son fils. On sent qu’il a envie de lui dire quelque chose, qu’il a envie de poser une main sur l’épaule d’Aurélien. Mais au lieu de ça, il continue vers la porte. Avant de la franchir, il se tourne vers son fils.

 

GILLES

On s’appelle ?

 

AURELIEN

On s’appelle. 

 

Gilles quitte doucement la chambre. Seul, Aurélien replie son livre. Une larme coule sur ses joues. 


à suivre...

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Marie A 14/11/2012 08:16

Comme quoi, un chien ne fait pas des chats ! Linden est bel et bien un Peyton :-)

C'est triste de voir ce manque de communication entre le père et le fils... on en reste comme Aurélien ;'(

Mr. Peyton 15/11/2012 14:10



Oui c'est triste. Il ne reste plus qu'à espérer que le père et le fils arrivent vite à communiquer... avant qu'un autre drame ne survienne !