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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

épisode 432 : Debbie... de paroles

EXT.JOUR / COLLEGE LINCOLN – LAUSANNE

 

Plan de situation.

INT. JOUR / COLLEGE LINCOLN – CAFETERIA

 

La salle est remplie d’élèves qui bavardent entre eux. James Peyton est seul à une table. Il joue nerveusement avec son gobelet de café. Debbie Michels entre dans la pièce et regarde autour d’elle. Elle aperçoit James et se dirige vers lui. Sans être invitée, elle s’assoit à sa table. Surpris, il lève la tête vers elle.

 

DEBBIE

Salut, Peyton Place ! Tu te souviens de moi ?

 

James est incapable de répondre.

 

DEBBIE

Debbie Michels, la fille que tu as plantée à la fête samedi soir.

 

JAMES

Bien sûr que je me souviens de toi.

 

DEBBIE

Tu te souviens de ce que tu m’as dit ce soir-là ? Que je disais toujours ce que je pense. Pourquoi tu m’as plantée ? J’aimerais le savoir, tu vois. Parce que j’ai commencé à parler avec toi… J’ai tourné le dos pour saluer un ami, que je voulais te présenter d’ailleurs et quand je me suis retournée… plus de Peyton Place. Donc, j’aimerais bien savoir ce que j’ai fait qui t’as déplu. 

 

JAMES

Est-ce que tu es toujours comme ça ?

 

DEBBIE

Comme quoi ?

 

JAMES

Tu es un vrai moulin à paroles. 

 

DEBBIE

(Elle parle vite)

C’est ça qui t’a déplu, alors ? Tu sais je peux me contrôler. J’arrive parfois même à ne pas dire un seul mot en l’espace de dix secondes. Ma mère n’arrête pas de me dire que je suis une vraie pipelette. C’est plus fort que moi et l’autre fois j’ai…  

 

JAMES

(L’interrompt)

Ce n’est pas pour ça que j’ai quitté la soirée.

 

DEBBIE

Ah bon. Tu ne veux pas me dire pourquoi ?

 

JAMES

Debbie…

 

DEBBIE

Mes amis m’appellent Deb. Mais je ne sais pas si tu peux déjà me considérer comme une amie. C’est vrai, on se connaît à peine. Et puis, tu m’as fuis la dernière fois, ça veut dire que tu n’aimes pas ma présence et…

 

JAMES

(lève les mains pour la faire taire)

Deb… Deb… Deb… Ça suffit ! Je n’ai absolument rien contre toi. J’avais un mal de tête terrible et j’ai préféré partir.

 

DEBBIE

Sans dire au revoir ? Remarque, c’est peut-être la mentalité des gens de la Nouvelle Angleterre. Je ne connais personne qui vienne de là-bas. Et je ne connais personne dont les ancêtres ont fondé une ville… Si tu es parti de la fête ce ne serait pas à cause de Roxanne Brandt et de son idiot de McAllister ? 

 

JAMES

(surpris de cette remarque)

Qu’est-ce qui te fais dire ça ?

 

DEBBIE

Le fait que ton visage est entré en phase de décomposition lorsque tu les as vus.

 

JAMES

(désarçonné par tant de franchise)

Je… Oh et après tout ça ne te regarde pas !

 

DEBBIE

Si, un peu tout de même. Je te rappelle une nouvelle fois que tu m’as plantée à la fête. J’estime avoir droit à un début d’explication. Or, tu n’as fait que balbutier depuis que je suis arrivée.

 

JAMES

C’est toi qui n’arrêtes pas de parler ! Tu ne m’en laisse pas placer une !

 

Silence de plusieurs secondes pendant lesquelles Debbie regarde James avec des yeux pétillants de malice. James ne comprend pas.

 

JAMES

Quoi ? 

 

DEBBIE

Je te laisse l’opportunité d’en placer une et tu ne dis rien ! Vas-y, je t’écoute. 

 

JAMES

(excédé)

Debbie Michels, je ne te dirais rien, parce que je n’ai aucun compte à te rendre. Je ne te connais pas et je n’ai pas envie de te connaître. Alors s’il te plaît, fiche-moi la paix !

 

DEBBIE

(elle hoche la tête)

J’avais raison. C’est à cause de Roxanne Brandt. La façon dont tu as changé d’attitude et de tonalité lorsque j’ai parlé d’elle et de McAllister est sans contexte une preuve irréfutable de ce que j’avance. 

 

JAMES

(il se lève, en colère)

La ferme ! 

 

Puis il s’en va. Debbie le suit du regard. 

 

DEBBIE

Eh ! Peyton Place ! où est-ce que tu vas ? 

 

Mais James a déjà quitté la pièce.

 

 

INT. JOUR / FABRIQUE PEYTON – BUREAU D’HANNAH CORD

 

Hannah travaille à son bureau, parmi le brouhaha incessant des coups de marteaux et autres bruits familiers lorsqu’on aménage une pièce. Hannah lève les yeux et voit un des ouvriers commencer à peindre le mur du fond. Elle se lève et se précipite vers lui. 

 

HANNAH

Qu’est-ce que vous faites ?

 

OUVRIER

Je peins, ça ne se voit pas ? 

 

HANNAH

Qui vous a dit d’utiliser cette couleur ?

 

OUVRIER

Mon patron, pardi ! Vous ne pensez pas que c’est moi qui choisis les couleurs. 

 

HANNAH

Cessez d’être insolent, jeune homme ! J’avais demandé un bleu lavande, pas un bleu aussi prononcé. Croyez-vous vraiment que cette couleur agressive puisse se marier avec la teinte de ces armoires ?

 

OUVRIER

Excusez-moi, mais je ne suis pas le rédacteur en chef de « déco magazine ». On m’a dit de prendre cette couleur, alors je prends cette couleur, d’accord ?

 

HANNAH

Mais ce n’est pas la bonne ! Vous auriez dû vous en douter, tout de même. 

 

OUVRIER

Dieu, dans son extrême bonté, n’a pas doté l’ouvrier du sens artistique. Il a préféré laisser cela aux femmes… elles sont tellement plus frivoles. 

 

HANNAH

(rouge de colère)

Vous devriez avoir honte de parler de la sorte. Vous ne savez pas à qui vous vous adressez ! 

 

OUVRIER

(provoquant)

A vous, je suppose.

 

HANNAH

(outrée et totalement hors d’elle)

Ne touchez pas à ce mur ! Je vais aller voir la décoratrice. Et j’en profiterais pour lui glisser un petit mot en ce qui concerne votre attitude !

 

Hannah entend derrière elle quelqu’un qui applaudit doucement. Elle se retourne et voit Steven Cord (son fils adoptif) devant elle, qui lui sourit d’un air narquois.

 

STEVEN

Très chère mère… toujours en représentation. Ta vie est décidément toujours aussi théâtrale. 

 

HANNAH

(décontenancée par la présence de son fils)

Steven…

 

STEVEN

(toujours narquois)

Tu te souviens encore de mon nom… Tu apprends tes textes par cœur, dis-moi.

 

Hannah reprend contenance et avance vers lui.

 

HANNAH

Steven, je suis contente de te voir.

 

STEVEN

Vraiment ? Ça fait combien de temps que tu es revenue, mère ? Deux semaines ? Trois ? Si je n’étais pas venu, combien de temps se serait écoulé avant que tu ne viennes me voir ?

 

HANNAH

J’avais prévu de venir, Steven, mais j’avais peur.

 

STEVEN

(railleur)

Peur ? Hannah Cord ? Froide, oui. Distance, aussi. Intrigante, sans aucun doute. Mais apeurée, Hannah Cord ? Non ! 

 

HANNAH

Très bien, je vois que tu es venu ici pour me faire des reproches. Je les mérite. Je sais que j’ai mal agi par le passé, et je le regrette. Mais tout ce que j’ai fait, je l’ai fait pour toi.

 

STEVEN

Et altruiste, par-dessus le marché ! Ne te donne pas des qualités que tu n’arriveras jamais à posséder. 

 

HANNAH

Qu’est-ce que tu me reproches au juste, Steven ?

 

STEVEN

La liste ne tient pas dans une poche. J’ai appris par hasard que tu étais revenue à Peyton Place. J’avais espéré qu’au moins, tu te donnes la peine de venir me voir.

 

HANNAH

J’étais occupée et…

 

STEVEN

(encore ironique)

Ah, je te retrouve enfin, mère. Toujours à te chercher des excuses. Chassez le naturel et il revient au galop.

 

HANNAH

(hausse la voix)

Ça suffit ! Si tu persistes à être aussi désagréable, je te demanderai de quitter cette pièce !

 

STEVEN

Donner des ordres, encore une de tes grandes… qualités. Pourquoi es-tu revenue ?

 

HANNAH

Parce que Jack m’a demandé de prendre la direction de la Fabrique.

 

STEVEN

Prendre la place de Betty, ta pire ennemie, devait être jubilatoire, n’est-ce pas ?

 

HANNAH

Je n’ai pas volé la place de Betty. Jack et elle se sont séparés. Elle n’avait plus sa place à la Fabrique. De même qu’elle n’a plus sa place auprès de toi, ni de Jack. Et ça me procure une joie immense rien que de penser à ça.

 

STEVEN

Te souviens-tu de la conversation que nous avons eue avant ton départ ?

 

HANNAH

Oui, tu m’as chassé de cette ville en me faisant promettre de ne plus revenir. Mais vois-tu les choses ont changé. Betty et moi avons eu une conversation. 

 

STEVEN

Une dispute, plutôt.

 

HANNAH

Appelle cela comme tu veux. Toujours est-il que Betty a reconnu sa part d’erreurs. Elle m’a fait interner dans un hôpital pendant plusieurs semaines, sans même te le dire. Donc, nous avons conclu un pacte. Elle ne dit rien à la police sur ma chute dans l’escalier, et je ne dis rien sur le fait qu’elle m’a fait interner de force. 

 

STEVEN

Dans la balance des culpabilités, elle ne fait pas le poids contre toi. Comment as-tu pu faire croire à tout le monde qu’elle t’avait poussé dans l’escalier ? Comment as-tu pu la laisser aller en prison pour un crime qu’elle n’a pas commis ? Il faut que tu m’expliques, parce que je ne comprends pas comment ta haine peut être aussi puissante que cela.

 

HANNAH

Steven, tout ceci est de l’histoire ancienne. Et puis, cela ne regarde que moi et Betty. 

 

STEVEN

C’est là où tu te trompes. Tout ce qui concerne Betty me concerne. 

 

HANNAH

Tu l’aimes encore, n’est-ce pas ?

 

Steven ne répond pas. 

 

HANNAH

(affirmative)

Tu es encore amoureux d’elle. Mon Dieu, Steven, quand vas-tu enfin tourner la page ? Betty l’a bien fait. Elle a décidé de ne pas engager de poursuite contre moi.

 

STEVEN

Parce que tu ne lui as pas laissé le choix.

 

HANNAH

Tu es toujours sur la défensive avec moi. 

 

STEVEN

Le passé m’a appris à me méfier de toi. 

 

HANNAH

Steven, je… il faut que tu saches… Malgré tout ce qui a pu se passer entre nous, je t’aime. Tu es mon fils. Le seul que j’ai vu grandir et que j’ai élevé dans ma fierté de mère. 

 

STEVEN

Une mère qui a passé toute sa vie à mentir à son fils. Tu as prétendu être ma vraie mère pendant 28 ans. Il a fallu un procès retentissant pour que tu avoues la vérité. Je suis le fils de Catherine Peyton. Et à cause de toi, je suis passé à côté de l’héritage de la famille.

 

HANNAH

Tu ne cesseras donc jamais de ruminer cette histoire… Je suis loin d’être la seule fautive. Martin Peyton a eu sa part de responsabilité… et Catherine aussi. Mais à quoi bon parler de ça. J’aimerais qu’on reprenne tout à zéro, Steven. 

 

STEVEN

(une larme coule sur ses joues)

Il est trop tard, Hannah. Trop tard. 

 

Lentement, il se retourne et franchit la porte, plantant Hannah au milieu de la pièce.

 


à suivre...

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Marie A 07/11/2012 21:33

Oh c'est trop mignon, cette larme inattendue ! Comme quoi, même la pire des mamans (biologique ou pas) ça reste toujours une maman pour son enfant ;-)

Mr. Peyton 08/11/2012 11:45



Cette larme, c'est le résultat de trente ans de mensonges et de frustrations. A sa place, j'aurais pleuré comme une fontaine. Mais notre Steven a de la retenue