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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

épisode 431 : Ce pauvre Linden !

INT. JOUR / FABRIQUE PEYTON

 

Plan de l’ascenseur fermé. 

Son : des bruits de perceuse

La porte de l’ascenseur s’ouvre sur Jack Peyton. Il a un attache case dans la main. Il fronce les sourcils et sort de l’ascenseur. Il se dirige vers la secrétaire.

 

JACK

Qu’est-ce que c’est que ce raffut ?

 

BLANCHE

(lève la tête vers Jack)

Mme Cord est dans son bureau. Elle vous expliquera.

 

Jack tourne la tête. Le bureau d’Hannah Cord est ouvert. Il y va. Dans le bureau, il est surpris de voir des ouvriers occupés à refaire la pièce. Une bande d’ouvriers abat un mur. Hannah Cord est assise à son bureau, occupée à signer des papiers. Jack se dirige vers elle. Apparemment, elle ne l’a pas entendu venir, avec ce vacarme. Pour faire signe de sa présence, il jette son attache case sur le bureau. Hannah sursaute. Elle lève les yeux vers Jack. 

 

HANNAH

Jack ! Tu m’as fait peur.

 

JACK

 

Qu’est-ce que tout ceci signifie ?

 

Comme Hannah n’entend pas, elle se lève et fait signe à Jack de la suivre. Ils sortent du bureau et Hannah ferme la porte, atténuant le bruit. 

 

HANNAH

(ton très froid)

Veuillez nous laisser, Blanche.

 

La secrétaire se lève et quitte la pièce.

 

HANNAH

Que puis-je faire pour toi, Jack ?

 

JACK

J’aimerais vraiment savoir ce qui se passe ici.

 

HANNAH

Eh bien, tu le vois, je fais quelques aménagements…

 

JACK

Quelques aménagements ? On dirait que tu construis une nouvelle maison ! 

 

HANNAH

Ce bureau, j’y travaille jusqu’à dix heures par jour. J’estime avoir le droit de l’aménager à ma façon. Je veux me sentir chez moi, ici.

 

JACK

Tu oublies sans doute que c’est moi, le propriétaire de la Fabrique. Tu aurais au moins pu me demander mon accord.

 

HANNAH

Tu es le propriétaire, mais c’est moi qui dirige cette Fabrique. C’est moi qui la fais tourner maintenant. Et je pense que tu n’as pas trop à t’en plaindre pour l’instant. Dis-moi plutôt pourquoi tu es ici qu’on en finisse. J’ai du travail.

 

JACK

(après un temps)

Paula Dixon. 

 

HANNAH

(ne comprend pas)

Quoi, Paula Dixon ?

 

JACK

Cette espèce de garce a acheté la maison Hewitt. Elle est située en plein milieu du nouveau quartier que je veux construire. Je me suis fait avoir comme un idiot.

 

HANNAH

Comment cette insignifiante infirmière a-t-elle réussi à se payer cette maison ?

 

JACK

Un héritage, apparemment. Toujours est-il qu’il va falloir que je change mes plans. 

 

HANNAH

Essaie de la lui racheter. 

 

JACK

Elle ne lâchera pas l’affaire. Cette maison est divisée en quatre appartements. Figure-toi que Betty en occupe un et Lisa un autre.

 

HANNAH

Lisa ? Je croyais qu’elle et Betty ne pouvaient pas se voir.

 

JACK

Tout ce que je sais, c’est qu’elles sont installées toutes les trois dans cette maison, et que cela n’augure rien de bon. 

 

HANNAH

(ironique)

Aurais-tu peur de ces trois demoiselles ?

 

JACK

Ne sois pas si sarcastique. Elles ne me font pas peur, c’est juste qu’elle entrave la bonne marche de mon plan. Et je déteste ça !

 

HANNAH

En tout cas, pour Betty, tu n’as pas à t’en faire. Je veille sur elle.

 

JACK

(fronce les sourcils)

Qu’est-ce que ça veut dire ?

 

HANNAH

Ça veut dire que si jamais Betty approche Steven, elle risque de s’en mordre les doigts. Elle aura affaire à moi et je ferai tout pour m’en débarrasser. 

 

EXT. JOUR / VILLE DE PEYTON PLACE

 

Sur une agréable musique d’ambiance, la caméra dresse un panorama de la ville de Peyton Place en nous montrant le côté tranquille d’une petite bourgade sur un long travelling avant. Nous voyons d’abord le square, où des enfants jouent à se lancer les feuilles mortes jonchés sur le sol. Le kiosque est occupé par un charmant couple de jeunes gens qui s’embrassent. 

 

ELI CARSON (off)

Comme toutes les petites villes de la Nouvelle Angleterre, Peyton Place ne change jamais au fil des ans. On retrouve, immuablement, les mêmes jeux d’enfants, les mêmes jeux amoureux…

 

Plus loin, dans la rue principale, Eli Carson sort ses cagettes de légumes et hausse les épaules en signe de désapprobation  en voyant Kenny Stears tituber sur le trottoir, une bouteille à la main. 

 

ELI CARSON (off suite)

… les mêmes vices. Pourtant, depuis quelques temps, notre petite ville est en train d’opérer un changement sinistre…

 

Nous atteignons le bâtiment appelé Peyton Professional et nous voyons entrer Jack Peyton, dans un costume impeccable, attache case à la main. 

 

ELI CARSON (off suite)

Un centre commercial s’est établi à l’orée de la ville, et l’on prévoit de construire une impressionnante série de lotissements en bordure de mer. Oui, la ville de Peyton Place ne sera plus la même si le béton s’érige de part et d’autre de la ville.

 

La caméra travelling pousse plus et se retrouve en banlieue, près des falaises, où se situe la maison de Paula Dixon. La caméra entre dans la cour. Paula s’occupe de ses fleurs.

 

ELI CARSON (off suite)

Cette année marque aussi un grand changement pour l’infirmière Paula Dixon, qui vient d’hériter d’un million de dollars. Elle a tenu tête au grand Jack Peyton et vient de racheter la maison que le magnat prévoyait de faire détruire, mettant un frein à sa folie de dénaturer Peyton Place. 

 

EXT. JOUR / MAISON DE PAULA – JARDIN

 

De bonne humeur, Paula chantonne tout en arrosant ses arbustes d’automne. Elle est vêtue de son costume d’infirmière et de sa coiffe. 

 

ELI CARSON (off suite)

Oui. Paula Dixon a de quoi pavoiser… Sauf lorsqu’elle a l’impression que le ciel - matérialisé par un drap - lui tombe sur la tête.

 

Soudain, un gigantesque drap blanc vient s’abattre sur sa tête. La situation est comique. Paula pousse des jurons tout en essayant de se dépêtrer du drap qui l’enveloppe totalement. Attirée par le bruit, Betty Anderson sort de la maison est se met à rire. Elle rejoint Paula et l’aide à se débarrasser du drap. Elle rit de plus belle en voyant Paula rouge comme une tomate, sa coiffe sur le côté et ses cheveux en bataille.

 

PAULA

Et tu trouves ça drôle ?

 

BETTY

Excuse-moi, mais… oui !

 

Elle rit de plus belle. Paula est en colère.

 

PAULA

J’avais pourtant prévenu Lisa de rentrer son linge avant de partir et de ne pas le laisser sur le bord de la fenêtre. Avec un vent pareil… 

(elle sert ses poings de rage)

Cette femme n’en fait qu’à sa tête. Elle n’écoute jamais ce qu’on lui dit. 

 

BETTY

Lisa n’a jamais écouté personne de toute sa vie. Ce n’est pas aujourd’hui qu’elle va commencer.

 

PAULA

Elle n’a aucun sens des responsabilités. Je ne sais pas si je vais pouvoir la garder longtemps ici.

 

BETTY

Pense aux jumeaux. Ils égayent cette maison.

 

PAULA

Ce sont de vrais monstres, tu veux dire ! Pas plus tard qu’hier, ils ont écrasé mon parterre de roses. Lorsque je l’ai dit à Lisa, elle n’a pas trouvé d’autre excuse que de me dire qu’ils jouaient et qu’ils ne l’avaient pas fait exprès. Betty, j’ai déjà un travail très prenant à l’hôpital. Je ne peux pas en plus m’occuper de Lisa et de ses jumeaux. 

 

BETTY

Je comprends. Mais tu ne peux pas la déloger d’ici. 

 

PAULA

On pourrait lui trouver autre chose. 

 

BETTY

Je croyais que tu n’avais pas le temps. 

 

PAULA

Tu as raison. Mais cette femme m’exaspère au plus haut point. Je ne sais pas ce qui m’arrête de la flanquer à la porte.

 

BETTY

Moi je sais. C’est Linden.

 

PAULA

Oui. C’est sans doute grâce à lui que je la tolère.

 

BETTY

Linden est un chic type. Il ne mérite pas ce qui lui arrive.

 

PAULA

Tu as des nouvelles de lui ?

 

BETTY

J’ai appelé Peyton Hill hier. Il n’y a toujours aucun changement. Linden ne réagit pas. Il est toujours dans son monde. 

 

PAULA

Avec une femme comme Lisa, il y a de quoi plonger dans un autre univers pour l’oublier. Pauvre Linden.

 

 

INT. JOUR / PEYTON HILL – CHAMBRE DE LINDEN

 

Aucune transition entre cette scène et la précédente, afin d’en accentuer l’effet. Cette scène commence par un gros plan très bref de la dernière édition du Clarion, tenu par Linden Peyton, qui est assis sur un fauteuil. Il froisse le journal et le jette à terre. 

 

LINDEN

Le Clarion est devenu un ramassis de stupidités depuis que je ne m’en occupe plus ! 

 

Le Dr Elby est debout devant la fenêtre. 

 

ELBY

(sans prendre la peine de se retourner)

Il serait peut-être temps de le reprendre en main, qu’en dites-vous ?

 

LINDEN

J’ai hâte de pouvoir tout reprendre en main.

 

ELBY

(cette fois, il se tourne vers Linden)

Alors, qu’est-ce qui vous en empêche ?

 

LINDEN

C’est encore trop tôt.

 

ELBY

Linden, soyez raisonnable. Vous infligez de la peine à votre famille en lui faisant croire que vous êtes toujours dans un état catatonique. 

 

LINDEN

Je vous l’ai déjà dit, docteur. J’ai mes raisons.

 

ELBY

Je ne sais pas si une seule raison au monde est valable pour justifier ce que vous faites subir à votre famille.

 

LINDEN

Je ne vous ai pas parlé de ce qu’eux, m’ont fait subir. C’est bien plus pire. 

 

ELBY

Il me semble pourtant que votre femme a beaucoup de peine en vous voyant ainsi. 

 

LINDEN

Dites-vous bien une chose, docteur : ma femme est incapable de ressentir de la peine. Elle est incapable de ressentir la moindre émotion. 

 

ELBY

Ce n’est pas ce que j’ai cru comprendre lorsqu’elle m’a parlé. Elle souhaite de tout cœur vous voir rétablir.

 

LINDEN

Et c’est bien normal. Vous savez pourquoi ? Uniquement parce qu’elle n’a plus de ressources financières. Jack lui a coupé les vivres et j’ai bien fait de faire bloquer mes comptes pour qu’elle ne puisse plus y accéder. Elle est sans le sou et le sera tant que je ne reviendrais pas à moi. Tout ce qu’elle souhaite, c’est que je me rétablisse suffisamment pour lui signer une procuration sur mes comptes bancaires.

 

ELBY

Et votre fils… James. Y avez-vous pensé ? Lui aussi avait beaucoup de peine en vous voyant comme un légume.

 

LINDEN

(baisse la tête, tristesse dans la voix)

James… Pauvre garçon… Heureusement qu’il est loin d’ici. Il a pris la meilleure des décisions en quittant sa folle de mère.

 

ELBY

Toujours est-il que je ne peux pas garder encore longtemps votre secret. Ça m’est de plus en plus difficile.

 

LINDEN

Pourtant, il faudra le garder encore un peu, docteur. Je vous rappelle que mon frère… enfin, mon cousin plutôt, possède cette clinique. S’il venait à apprendre que vous avez menti sur mon état de santé pendant tout ce temps, il ne va pas être content. Et lorsqu’il n’est pas content, il faut craindre le pire.

 

ELBY

J’ai bien saisi la menace, Mr Peyton.

 

LINDEN

Encore un peu de patience, docteur. J’ai un plan, et une fois qu’il sera mis à exécution, tout sera terminé. 

 

ELBY

Je suppose que votre plan est une vengeance à l’égard de votre femme. 

 

LINDEN

(les yeux brillants)

On ne peut rien vous cacher, à vous. Je veux que ma femme paye pour le mal qu’elle m’a fait. Et elle va payer cher. 

 


à suivre...

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Marie A 07/11/2012 21:31

Eh ben, pour un toubib, le Dr.Elby n'est pas très fûté ! Il n'a pas encore réussi à cerner la personnalité de Lisa ? ;-)

Mr. Peyton 08/11/2012 11:32



Ton commentaire me fait sourire. Tu comprendras pourquoi très prochainement