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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

épisode 361 : Les dossiers

Depuis plusieurs mois, Betty Anderson tente d’échapper à l’emprise d’Hannah Cord. Cette dernière a tout fait pour inciter son fils adoptif Steven à rompre avec Betty. Elle y est parvenue grâce à un stratagème des plus machiavéliques. Au cours d’une dispute entre elles, Hannah Cord est tombée dans l’escalier du Peyton Professional. C’était un simple accident. Cependant, Hannah fait croire à la police que Betty l’a sauvagement poussée, mue par une folie passagère. Betty, dont le procès pour tentative de meurtre va bientôt commencer, doit faire vite pour démasquer la supercherie d’Hannah. Quelque chose lui dit que Birgit, ancienne servante de Hannah, est la clé qui permettra à Betty d’ouvrir la porte de sa liberté.

 

BBetty, la nouvelle directrice, passe l’entrée de la Fabrique Peyton et se dirige vers le bureau des archives. Elle entre doucement dans le bureau de Birgit.

 

Betty Anderson déteste ce qu’elle est en train de faire. Mais elle est déterminée à connaître la vérité sur Hannah Cord. Sans quoi, elle risque de passer plusieurs années en prison.

Elle s’avance doucement vers le bureau et aperçoit deux dossiers prêts à être archivés. Elle ouvre le premier dossier et en sort les documents. Puis elle fait de même avec le second dossier. Rapidement, elle intervertie les documents dans les dossiers. Elle remet tout en place. Ni vue, ni connue. Cependant, Birgit entre et se fige en voyant sa patronne près de son bureau. « Mlle Anderson, quelque chose ne va pas ? »

Betty se mord les lèvres. Un instant plus tôt, elle aurait été prise en flagrant délit et tout son plan serait tombé à l’eau. Il va maintenant lui falloir trouver une excuse et être habile dans le mensonge. « Tout va très bien, Birgit. »

« Pourquoi êtes-vous ici, dans ce cas ? »

« Je suis venue vous parler. Comme la porte était ouverte, je suis entrée et je vous ai attendu. »

« Pourquoi ne m’avez-vous pas fait venir dans votre bureau ? »

Betty caresse discrètement le bout de la table avec son index. « Je me fais toujours un devoir d’aller voir mes employés sur leur lieu de travail, afin de me rendre compte des conditions dans lesquelles ils travaillent. »

« J’étais à la cafétéria. C’était ma pause. »

Betty sourit. « Je comprends. Ne vous excusez pas. Alors, dites-moi. Comment vous sentez-vous dans votre nouveau travail ? »

« Excusez-moi, Mlle. Mais c’est la troisième fois que vous me le demandez depuis que je suis arrivée ici. »

« Je sais, mais j’aime bien savoir mes employés à l’aise dans leur travail. »

« Je suis très à l’aise, Mlle. »

« Très bien, je ne vais pas vous retenir davantage, je sais que vous prenez votre travail à cœur. »

Betty se dirige vers la porte. Avant de partir, elle se retourne. « Birgit, s’il y a quoi que ce soit, n’hésitez pas à venir me voir, d’accord ? »

« Bien sûr, Mlle. »

Betty s’en va et ferme la porte.

Birgit hausse les épaules, puis se pose derrière son bureau. Elle aperçoit alors une tâche sur une des étagères du mur. Elle ne peut s’empêcher de se lever, de prendre un chiffon et de frotter. A cet instant, Blanche Deveaux, la secrétaire de Betty, entre. Elle s’arrête, interloquée par ce que fait Birgit. « Nous avons des femmes de ménage, vous savez… »

« J’aime bien que tout soit propre », réplique Birgit.

Blanche hausse les épaules puis s’approche de Birgit. « Il me faudrait le dossier Thorn, s’il vous plaît. Est-il déjà archivé ? »

« Non, j’allais le faire. »

« Parfait. Je dois le reprendre, son dossier n’est pas clos. Nous devons lui faire une proposition avant 10 heures ce matin. Enfin, je ne vois pas pourquoi je vous dis tout cela. Cela ne vous concerne pas. »

Birgit se dirige vers la table et prend l’un des deux dossiers manipulés par Betty. Il s’agit d’un dossier vert étiqueté « Thorn. » Elle le tend à Blanche.

 

***

 

PPaula Dixon marche lentement le long de l’allée du cimetière de Peyton Place. Elle passe devant l’imposante tombe des Peyton où Martin et sa fille Catherine reposent. Elle se dirige vers l’allée où se trouve la tombe d’Eric Bullock.

Remise de ses émotions, Paula vient rendre un hommage à l’homme qu’elle a tendrement aimé l’an passé. C’est également pour elle le moyen d’échapper au monde qui l’entoure. Se retrouver seule lui est bénéfique. Après sa malheureuse aventure au Canada qui a pris fin voilà une bonne semaine, elle a besoin de calme. Or, tout le monde à l’hôpital ne cesse de lui reparler de cet horrible David Chernak.

Paula en est là de ces pensées lorsqu’elle se fige, apercevant deux personnes qui se recueillent sur la tombe d’Eric. Ayant reconnus les deux personnes, elle s’avance lentement vers eux. Puis s’arrête à quelques pas. « Vous êtes finalement venus. »

John et Roberta Bullock lèvent la tête et se tournent vers Paula. C’est Roberta qui parle. « Nous regrettons ce qui s’est passé. »

« Pourquoi avez-vous finalement décidé de venir ? »

John s’approche de Paula. « Nous avons fait énormément de mal et nous en sommes conscients. Nous avons perdu nos trois fils. Nous avons fait de nos vies un gâchis et nous avons bien failli vous le faire payer, à vous et à cette femme avec son bébé. »

« Elle s’appelle Rita. »

Roberta efface une larme. « Que Dieu nous pardonne. »

John se racle la gorge. « Nous vous sommes très reconnaissants de ne pas nous avoir dénoncé à la police. »

« Je suppose que le chagrin d’avoir perdu vos trois fils était une punition suffisante. »

« C’est comme si nous avions tué David de nos propres mains. Je me dégoûte pour ça » s’écrie Roberta.

Paula éprouve plus de pitié que de colère devant ces deux vieillards avachis. Roberta reprend la parole. « Vous nous avez aidé à voir clair. Lorsque vous m’avez montré la photo de l’homme que vous recherchez, j’ai tout de suite reconnu David Chernak, son compagnon de cellule, celui qui devait mourir à la place de notre David. Le choc a été très dur. Nous étions persuadés que notre fils était encore en vie, sous l’identité du jeune Chernak. »

Mue par l’émotion, Roberta n’arrive plus à parler. C’est son mari qui poursuit. « Passé le choc de la douleur, c’est la colère qui a pris le dessus. Je suis allé voir Dodge, le directeur de la prison d’Etat, afin de lui demander des explications. Il a bredouillé des choses incompréhensibles, ne cessant de dire que rien n’était sa faute, qu’il n’a pas réussi à contrôler la situation. Je lui ai ordonné de quitter son poste de directeur immédiatement. Nous lui avions graissé la patte pour rien, en pensant qu’il avait contribué à rendre sa liberté à notre fils, alors qu’il était mort. Il nous a menti pendant tout ce temps. »

Pour la première fois, Paula comprend le chagrin des Bullock. Mais elle ne peut s’empêcher de penser qu’il y a une justice pour tout, et que le couple a largement payé ses erreurs. Elle a envie de leur donner une parole réconfortante. Ou du moins se sent-elle obligée de le faire. « Cette histoire aura eu un aspect positif. Vous avez contribué à sauver la vie de Rita Harrington. Si je n’étais pas venue vous voir, je n’aurais jamais été sur la piste de Rita et elle serait morte à l’heure actuelle. »

Roberta hoche la tête. « C’est une maigre consolation face à tous nos péchés. »

John regarde Paula dans les yeux. « Nous vous devons beaucoup, Paula. Vous nous avez fait prendre conscience de nos actes. Nous étions aveuglés par l’amour que nous portons à nos fils, et nous voulions à tout prix en préserver un. Vous nous avez appris à nous dévoiler. Ma femme et moi avons beaucoup parlé depuis que nous avons appris la vérité sur la mort de David. » John prend la main de son épouse et la sert très fort.

« Que comptez-vous faire, maintenant ? »

« Nous rendre à la police. Assumer toutes nos erreurs passées. Nous vous le devons. A vous, à la mémoire d’Eric, de Jordy et de David. »

Paula hoche la tête. « Je vais vous laisser vous recueillir sur la tombe de votre fils. »

Roberta sourit. « Merci, Paula. Que Dieu vous protège. »

Paula se retourne et redescend l’allée. Son cœur bat très fort, rempli d’une émotion toute particulière et indéfinissable. Les parents d’Eric ont été des monstres. Mais ils étaient avant tout des parents. Ils ont cru faire le choix qui s’imposait en voulant supprimer la vie de Chernak. « Quelle drôle de famille », pense Paula juste avant d’entendre la première détonation. Elle sursaute, en proie à un horrible pressentiment. Elle se retourne juste après avoir entendu la deuxième détonation. Elle aperçoit, à quelques centaines de mètres d’elle, John Bullock qui s’effondre auprès de son épouse, sur la tombe de leur fils Eric.

« Noooon », hurle Paula. Elle se précipite en courant vers la tombe. John et Roberta sont étendus sur la tombe, chacun avec une balle dans la tête. John tient encore dans la main le revolver dont il s’est servi pour ce suicide collectif.

 

 

A suivre...

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Marie A 01/05/2012 10:44

C'est malheureusement la seule issue logique pour ce couple bien à plaindre ;'(

Quant à Betty... on a beau dire, on hait chez les autres ce qu'on reconnaît chez soi... et elle n'a rien à envier à Hannah :@

Mr. Peyton 02/05/2012 08:31



Betty agit toujours de manière incontrôlée lorsqu'elle est dos au mur.