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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

épisode 356 : Des champs de coton

Perdue au milieu d’une forêt, au Canada, une petite maison en bois se meurt, consumée doucement par un feu provoqué de façon intentionnelle par David Chernak. Pendant plusieurs mois, cet individu s’est fait passer pour David Bullock, afin d’assouvir une vengeance. La mort de son frère Joe, quelques années plus tôt. Joe Chernak est mort au cours d’une bagarre avec Rodney Harrington. Le procès a blanchie Rodney et les jurys ont conclu à un accident. Cependant, David rend Rita Harrington, la belle-sœur de Rodney, responsable de la mort de Joe. Son plan machiavélique était simple : priver Rita de la présence de son enfant Samuel pendant plusieurs semaines en le donnant à la sœur de Joe, Stella, et ensuite assassiner la jeune femme. Le plan semble aboutir enfin. Rita et son amie Paula sont enfermées dans la maison en feu.

 

 

UUne voiture s’arrête juste en face de la maison en feu. Alan Sawyer, le mari de Stella, descend du véhicule et observe en silence la maison se consumer. A l’intérieur, Paula et Rita sont étendues sur le sol, inanimées.

Alan estime que le massacre a assez duré. Depuis plusieurs mois, il subit les folies de son beau-frère sans même en parler à sa femme. Il désirait ardemment un enfant, presque autant que sa femme. Lorsque Stella avait appris qu’elle ne pourrait jamais avoir d’enfant, elle a plongé dans une grave dépression. L’adoption a été envisagée, mais le problème était toujours le même. Le passé de Stella, qui s’était parjurée lors du procès de son frère, n’a pas joué en sa faveur. Lorsque David lui a parlé d’adopter un enfant d’une manière moins légale, il avait d’abord hésité. Puis finalement accepté en voyant Stella a nouveau plonger dans la détresse. A l’arrivée de « Jason », Stella a totalement changé. Elle s’est épanouie. Le couple n’a jamais été aussi heureux. C’est la raison pour laquelle Alan s’est laissé totalement manipulé par David. Pour le bonheur de Stella, du moins le croyait-il.

Aujourd’hui, avec le recul, il n’est pas fier de ce qu’il a fait. Séquestrer cette pauvre fille pendant des mois, sans lui donner des nouvelles de son enfant. Mon Dieu, mais qu’est-ce que j’ai fait ?

En contemplant la maison en feu, il se reproche ce désastre. Espérant qu’il n’est pas trop tard, il s’élance vers la maison. Impossible de passer par la porte, elle est en feu. David a sans doute déversé une bonne partie du bidon d’essence à cet endroit.

Il se dirige vers une fenêtre, regarde autour de lui et saisit une chaise se trouvant sur la terrasse. Il balance la chaise de toutes ses forces contre la fenêtre, qui explose en mille éclats. Mais les fenêtres sont trop hautes pour y faire passer les deux jeunes femmes. Une idée lui vient à l’esprit. Il doit faire vite. Les filles sont peut-être déjà mortes. Il essaie de ne pas y penser. Il se précipite dans l’entrepôt servant de garage, à quelques pas de la maison en flammes, et saisit une hache, servant habituellement à couper du bois.

Il revient vers la maison et abat de plusieurs coups de haches le bois déjà bien entamé par le feu au-dessus de la fenêtre, de façon à laisser un passage facile. Pour une fois dans sa vie, il n’écoute rien d’autre que son courage et s’engouffre à l’intérieur de la maison. La manche de sa veste prend feu. Il s’en aperçoit et retire la veste. Il tousse. L’opacité de la fumée l’empêche de voir Paula et Rita.

La fumée s’insinue sournoisement dans sa gorge. Il manque d’étouffer. Il sait qu’il est trop tard pour faire marche arrière. Il sortira de cette maison avec les filles, ou bien il n’en sortira pas.

Il continue d’avancer et butte contre quelque chose. Il baisse la tête et voit, perdue dans le brouillard de la fumée, la jeune femme qu’il ne connaît pas, Paula. Il la saisit, s’empêche de respirer afin de ne pas avaler davantage de fumée. Il porte Paula jusqu’à la sortie, et l’étend sur l’herbe, assez loin de la maison. Paula est toujours inconsciente.

Il retourne dans la maison et trouve Rita rapidement. Il sort avec elle et l’emmène loin du danger. Il regarde les deux femmes inanimées, mais qui respirent encore. Soudain, un vacarme assourdissant le fait sursauter. Il se retourne et voit la petite maison en bois qui s’effondre.

 

***

 

TTout est si beau ! Tout est si blanc ! Rita Harrington se trouve dans un champ de coton. Elle arpente les allées. De temps en temps, elle touche une boule de coton et à son contact, elle s’apaise. Elle entend des cris. Un cri de bébé. Samuel ! Samuel ! Elle doit le retrouver. Elle est enfin libre ! Elle peut aller à sa recherche. Elle court à perdre haleine. A travers les champs de coton. Les champs deviennent un labyrinthe. Rita a l’impression de passer toujours par le même chemin. Un chemin sans fin. Elle sait que Samuel n’est pas loin. Elle peut l’entendre pleurer. Et soudain elle s’arrête de courir. Ses jambes ne la portent plus. Elle voit, à cinquante mètres d’elle, David Chernak qui tient Samuel dans ses bras en souriant méchamment. Elle a envie de hurler : « Lâche mon bébé. Laisse-le-moi ! » Mais aucun son ne sort de sa bouche. Elle avance, mais chaque pas lourd lui fait mal aux jambes. Une branche de coton l’effleure. Plusieurs fois. Comme si la branche allait et venait à son gré. Une branche ? Non, c’est plus chaud qu’une branche. C’est une main. Une main qui caresse sa joue.

Rita ouvre les yeux. La première chose qu’elle aperçoit, c’est un plafond blanc. Immaculé. Puis elle se tourne et voit le visage de Paula Dixon qui lui sourit. Paula porte un pansement sur la joue gauche, ainsi que quelques égratignures sur le front. « Rita… »

Rita s’agite. « Paula… Où sommes-nous ? »

« Au Memorial de Vancouver. Reste tranquille, Rita. »

« Que s’est-il passé ? »

« Tu ne te souviens pas ? »

Rita fronce les sourcils. « L’incendie… »

« Tout va bien, maintenant. »

« Mon bébé… Où est Samuel ? »

 

Dans le couloir blanc de l’hôpital, Steven Cord observe Stella Chernak avancer lentement vers lui, tenant Samuel dans ses bras. En apercevant le visage de Stella, ravagé par le chagrin, il ne peut s’empêcher d’avoir un pincement au cœur. Il se souvient du procès contre Rodney Harrington, lorsque Stella avait menti à la Cour. Elle n’a pas été poursuivie par la Justice. C’est drôle, mais le parcours de Stella et celui de Rita semble être presque identique. Il y a plus d’un an de cela, Rita avait aussi fait un faux témoignage devant la Cour, pour le procès du Dr Rossi. Et voilà le destin de ses deux femmes liées à travers cette histoire sordide. Sauf que Rita a eu plus de chance que Stella.

Stella sèche ses larmes et se tient droit devant Steven. « Maître Cord. » dit-elle froidement.

« Stella. Est-ce que ça va ? »

Stella. « Votre question est stupide, Steven. Tout ce qui est autour de moi, tout ce qui fait ma force s’effondre. Et vous me demandez comment je vais ? »

« Je suis désolé pour tout Stella. Je sais que vous n’y êtes pour rien dans cette affaire. »

« Vraiment ? Malgré mon passé, vous me croyez innocente ? »

« Votre mari nous a tout raconté. Je sais que vous n’y êtes pour rien dans l’enlèvement du bébé de Rita. »

« Steven, que va-t-il se passer pour Alan ? »

« Eh bien, il sera jugé pour enlèvement et séquestration. Mais le fait qu’il ait sauvé la vie de ses deux prisonnières va beaucoup compter lors du procès. A votre place, je ne m’en ferais pas pour lui. J’espère que vous trouverez la force de lui pardonner. J’ai parlé avec lui. Ce n’est pas quelqu’un de foncièrement mauvais, il s’est laissé influencer par votre frère. »

« Je sais. »

S’ensuit un long silence pendant lequel Steven et Stella se regardent.

Puis Steven toussote. « Stella, je vous remercie d’être venue de votre plein gré ramener l’enfant à Rita. »

Stella hausse les épaules. « Avais-je d’autre choix ? J’aurais pu m’enfuir avec le bébé… »

Steven secoue la tête. « Vous n’êtes pas capable d’une chose pareille, je le sais. Stella, je suis profondément désolé pour tout. »

« Gardez vos beaux discours pour vos clients, Maître Cord. »

Une larme coule sur la joue de Stella. Elle embrasse Samuel et le tend à Steven. « Dites à Rita de bien prendre soin de lui. Le soir, avant de s’endormir, il aime qu’on lui chantonne une petite chanson. Il déteste les petits pois, mais en revanche, il adore les haricots verts. »

Steven prend l’enfant. « Vous ne voulez pas venir parler à Rita ? »

« Je n’en aurais pas le courage. »

« Prenez bien soin de vous, Stella. »

Stella essuie ses larmes d’un revers de main, et sans rien rajouter, elle tourne les talons et part en courant.

Steven la regarde partir, soupire puis se rend devant la porte de la chambre de Rita. Il prend une profonde inspiration, puis ouvre la porte. Paula est avec Rita. Elle lui tient la main. Rita porte son regard sur son enfant. Steven n’oubliera jamais ce moment magique. Une boule d’émotion le saisit à la gorge.

Il avance doucement vers Rita. Celle-ci ose à peine bouger, comme si elle avait peur, en faisant un mouvement, de rompre le charme de cet instant. Un instant qu’elle avait rêvé depuis temps de mois. Elle y avait pensé chaque jour de ses cinq mois de captivité.

Elle fait enfin un geste. Elle se redresse. Steven est tout près d’elle. Des larmes de joie coulent sur les joues de Rita. Elle avait attendu tellement longtemps ce moment… Ce moment où elle tendrait les bras vers son fils. Ce moment arrive enfin.

Steven dépose doucement Samuel dans ses bras, sans mot dire. L’émotion est trop forte pour que quiconque puisse prendre la parole. Rita sert son enfant contre elle, tout en fermant les yeux. L’émotion la submerge et elle commence à sangloter, puis se met à pleurer très fort, pour enfin articuler. « Merci, Mon Dieu. Merci… »

 

 

A suivre...

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Marie A 23/04/2012 22:24

Magnifique ! Mais il fallait livrer la boîte de kleenex avec... cette scène de l'hôpital est trop belle !
Enfin une affaire qui finit bien ;-))

Mr. Peyton 24/04/2012 11:45



Oh... merci


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