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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

épisode 331 : Angoisse

Il est bientôt minuit, et les habitants de la paisible petite ville de Peyton Place ne dorment pas. Paisible en apparence. Mais derrière les rideaux des maisons de bois blancs, c'est le sentiment de peur qui domine. Aujourd'hui, quelqu'un a tenté d'assassiner le Dr Michael Rossi. Le médecin est entre la vie et la mort. Les habitants de la ville ont peur pour leur propre vie, maintenant. Pour Steven Cord, resté exceptionnellement à son bureau cette nuit, la peur prend une autre forme. Il sait que le tueur est déjà loin de Peyton Place. Et le pressentiment qu'il est arrivé quelque chose à l'infirmière Paula Dixon lui serre le cœur.

 

HHannah Cord ne dort pas. Les douze coups de minuit sonnent. Droite sur sa chaise, devant la cheminée, elle regarde les bûches se consumer. Puis son regard se pose sur l'énorme horloge.

Pensant qu'Hannah est toujours aveugle, Steven a fait aménager une sonnerie spéciale qui est reliée à la chambre de la servante, Birgit. Habituellement, Hannah n'appelle pas après les heures de services de la bonne, mais cette fois-ci, c'est différent. Elle se fait un sang d'encre pour Steven. Elle sait qu'il est à son bureau, il le lui a dit. Mais elle souhaite entendre sa voix, histoire d'être rassurée. Elle ne peut pas appeler seule. Il faut que tout le monde croie qu'elle est toujours aveugle. Pour l'instant tout du moins.

Elle se lève et va appuyer sur la sonnette spéciale. Une fois… deux fois… Birgit doit dormir du sommeil du juste. Elle va jusqu'à la porte du salon et crie : "Birgit."

Birgit arrive enfin, la tête totalement embrumée, ses cheveux roux emmêlés dressés sur la tête. Elle se frotte les yeux. "Mme Cord, quelque chose ne va pas ? Que se passe-t-il ?"

"Il se passe que je vous appelle depuis une heure et que vous ne daignez pas répondre."

"Mais Mme Cord, il est minuit…"

"Je me fiche de savoir l'heure qu'il est ! Lorsque je vous appelle, j'attends à ce que vous me répondiez le plus rapidement possible."

"Que voulez-vous ?"

"Venez dans le salon. Je veux que vous composiez le numéro de téléphone du bureau de Steven."

"Mr Cord est à son bureau ?"

"Ma petite. Je ne vous paie pas pour que vous posiez des questions. Dépêchez-vous, nous avons assez perdus de temps."

Birgit aide Hannah, qu'elle croit toujours aveugle, à se rendre au téléphone.

 

Dans son bureau, au Peyton Professional, Steven Cord se passe une main dans ses cheveux. Il attend patiemment qu'arrive Paula en taxi. Il regarde sa montre. Il faut deux heures de Boston à Peyton Place. Mais à cette heure de la nuit, la circulation est fluide et moins de deux heures devraient suffirent.

Le téléphone se met à sonner. Steven sursaute. La sonnerie impromptue le sort de ses pensées. Il décroche. "Allô…"

"Steven, je me fais un sang d'encre pour toi."

Steven soupire. Hannah. "Mère, mais qu'est-ce que tu fais debout à une heure pareille ?"

"Je m'inquiète, pardi, avec ce tueur qui rôde dans la ville !"

"Mais je t'ai dit que je rentrerai tard."

"Steven, il est minuit passé."

"Je sais, mais… tu sais cette nouvelle affaire. Elle est vraiment très compliquée."

"Tellement compliquée que tu es obligé de rester toute la nuit au bureau ? Tu pourrais venir travailler à la maison."

"Mère, je t'en prie. Je ne suis plus un gamin. Tu devrais aller te coucher et on en reparlera demain."

"Steven, j'ai… je ne me sens pas en sécurité sachant qu'un meurtrier rôde dans les parages."

"Tu n'as pas à avoir peur si tout est bien fermé."

"Je suis désolée, mais le fait d'être constamment dans le noir accentue ma peur, tu comprends ?"

"Je comprends."

"Quand rentres-tu ?"

"Dans peu de temps. Dis à Birgit de te donner un somnifère si tu n'arrives pas à dormir. Je dois te laisser, j'ai encore pas mal de choses à faire."

"Rentre vite."

"Au revoir, Mère."

Steven raccroche et pousse un profond soupir. Le téléphone se met à sonner une nouvelle fois. Steven décroche. "Steven Cord."

"Mr Cord, ici la société de taxi de Boston."

"Oui."

"Votre bureau avait commandé un taxi de l'aéroport de Boston jusqu'à Peyton Place."

"C'est exact."

"Mr Cord, nous mettons un point d'honneur à tenir tous nos engagements, aussi aimerions-nous que nos clients en fasse de même."

"Je ne vous comprends pas."

"La personne que l'on devait prendre… Mlle Paula Dixon, c'est ça ?"

"Oui."

"Le chauffeur du taxi a passé deux heures à l'attendre. Elle n'était pas là."

Le cœur de Steven bondit dans sa poitrine. Mon Dieu… Paula…

 

***

 

LE LENDEMAIN MATIN

 

A "Harrington Bros", le magasin de moto, Norman Harrington astique une mobylette qu'il vient de réparer. Il applique soigneusement un chiffon imprégné d'un produit sur le guidon lorsqu'un homme surgit dans l'entrepôt. Il doit approcher la quarantaine, porte un complet marron d'une propreté douteuse ainsi qu'un début de barbe laissant penser que les douches et le savon ne sont pas ses priorités. Voyant que Norman ne l'a pas entendu entrer, il frappe doucement au mur.

Norman lève enfin la tête. "Détective Ross." Il s'essuie les mains et parvient à lui. "Du nouveau ?"

"Vous m'avez demandé un rapport journalier, je vous en fais un. J'ai dépêché plusieurs de mes hommes aux quatre coins du pays."

"Mr Ross, ça fait plusieurs jours que vous êtes sur l'affaire, et vous n'avez rien de concret à me donner."

"Il faut du temps, Mr Harrington. Rechercher une femme qui a disparu avec son bébé voici plusieurs mois, et sans avoir le début d'une piste pour commencer, avouer que c'est une gageure."

"Je vous paie pour des résultats, Mr Ross. Pas pour que vous me vantiez vos exploits."

"J'ai une piste sérieuse, cette fois."

Norman dresse l'oreille. "Je vous écoute."

"Votre femme aurait été vue à New York"

Une étincelle d'espoir brille dans le regard de Norman. "New York…"

"Votre femme avait-elle une raison d'aller à New York ?"

"Nous parlions souvent de cette ville. Rita était très attirée par elle."

"Je vois."

"Mr Ross, êtes-vous sûr qu'il s'agit bien de Rita ?"

"Je ne peux pas être sûr à cent pour cent. Mais la description correspond parfaitement."

"Etait-elle avec le bébé ?"

"Elle avait un enfant en bas âge dans une poussette."

"C'est peut-être elle. Il faut que vous poursuiviez les recherches."

"Pas si vite, Mr Harrington. New York est une grande ville, vous savez. Il va falloir déployer pas mal de moyens, et mettre plusieurs hommes sur le coup."

Norman s'impatiente. "Qu'attendez-vous ?"

"C'est que… Mr Harrington, cette enquête vous coûte déjà mille dollars par jour. Etes-vous sûr de pouvoir me régler ?"

"L'argent n'est pas un problème… J'ai de quoi payer…"

Ross regarde autour de lui. "Les clients n'affluent pas dans votre magasin…"

"Mr Ross, laissez-moi m'occuper de mes clients et vous, occupez-vous des vôtres."

"Mr Harrington, je veux être sûr de pouvoir être payé."

"Vous le serez."

"Très bien, dans ce cas, il me faut une provision de 10.000 dollars."

"10.000 dollars !"

Ross hoche la tête. "J'ai également une affaire à faire tourner. J'ai du personnel à payer. Mr Harrington, si vous ne pouvez pas régler, nous arrêtons l'enquête."

"Non. J'ai de quoi payer."

"Très bien. Quand aurais-je l'argent, dans ce cas ?"

"Demain. Au plus tard après-demain."

"Je vous laisse deux jours, Mr Harrington. Pas plus."

Ross lui fait un signe de tête et s'en va, laissant Norman perplexe. Il se demande où il va bien pouvoir trouver l'argent. Une seule solution s'impose.

 

A suivre...

 

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Marie A 12/03/2012 10:43

Que le titre est bien trouvé !
Et c'est vrai ça, avec cette histoire des Bullock, on en était presque arrivé à oublier que Rita est toujours prisonnière...
Je sais pas pourquoi, mais le détective m'a l'air un peu louche... 10'000$, ça fait quand même un peu énorme pour aller passer quelques jours à New York ;-((

Mr. Peyton 15/03/2012 08:22



Que veux-tu, quand on est prêt à faire n'importe quoi pour retrouver la personne qu'on aime, on fait parfois vraiment n'importe quoi