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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

épisode 328 : Roberta se met à table

SSteven gare sa voiture devant la maison de la plage du Dr Michael Rossi. Il sort du véhicule. Tout est calme dehors. Un rayon de soleil, le premier de la saison, filtre au travers des nuages encore nombreux. Steven frissonne. Il fait encore froid. Il s’approche de la maison et frappe à la porte. La voiture de Mike est dans le garage, il doit donc être ici.

Steven n’obtient pas de réponse. Il essaie encore une fois. Toujours pas de réponse. Il regarde la plage et, plus loin, l’Océan. Mike est peut-être partie se promener sur la plage. Steven secoue la tête. C’est ridicule. Ce n’est pas une promenade au bord de la Mer qui aurait empêché Mike de venir à l’heure à l’hôpital. Ce doit être grave pour qu’il ne prévienne pas l’hôpital.

Le regard de Steven se porte alors vers la falaise et un frisson le parcourt. La falaise… Tant de drames s’y sont déroulés. Il songe à Chris Webber qui a été poussé par son frère et qui en a perdu la vue. Il pense à sa sœur jumelle qu’il a à peine connu, Ann Howard, accusé à tort d’avoir poussé Chris, et qui est morte au pied de cette falaise, victime de la folie de Lee Webber. Se peut-il qu’un autre accident soit arrivé ? Avec cette fois Mike en victime ? Steven secoue la tête et tente de chasser de son esprit cette hypothèse.

Il retourne à la porte d’entrée et pousse le loquet. La porte s’ouvre. Il entre. « Mike ? Mike, vous êtes là ? »

N’obtenant pas de réponse, il s’aventure plus loin dans la maison. C’est alors qu’il aperçoit à sa gauche la table de la salle à manger privée de sa nappe. Son regard se porte ensuite sur le contenu de la table qui se trouve par terre. C’est alors qu’il voit les pieds du Dr Rossi dépasser de la nappe. Il s’avance rapidement vers lui. « Mike ? » Il découvre alors dans toute son horreur le médecin gisant à terre et baignant dans son sang. « Oh, Mon Dieu ! »

 

***

 

Paula regarde sa montre. Cela fait près d’une demi-heure qu’elle attend derrière un arbre le retour de courses de Roberta Bullock.

Après avoir lu le dossier de Stew, elle avait téléphoné à l’aéroport et avait réservé une place sur le vol de ce soir, à 21 heures. Elle avait encore du temps à tuer avant de prendre l’avion. Aussi avait-elle décidé de confronter les Bullock. Elle savait que Steven désapprouverait, mais c’était plus fort qu’elle. Il fallait qu’elle leur parle. Roberta est la plus conciliante. John est une bourrique bornée. C’est à Roberta qu’elle a décidé de parler.

Cinq minutes plus tard, Roberta Bullock se gare devant la grande maison de style colonial et sort du véhicule. Elle fait le tour de la voiture et saisit, côté passager, son sac de provisions. Elle se dirige vers l’allée de la maison. Paula s’extirpe de sa cachette et court vers elle. « Madame Bullock. » Elle tient l’enveloppe bien serrée dans la main.

Roberta se retourne et Paula ignore si elle lit sur le visage de la vieille dame de la surprise, de la fatigue, de la peur ou de l’exaspération. Peut-être un peu de tout cela. La vieille dame reprend son chemin en direction de la maison, sans mot dire. Paula insiste et la suit. « Madame Bullock. Il faut qu’on parle ».

Soudain, Roberta se fige et se tourne vers Paula. Cette fois, Paula distingue de la colère dans ses yeux. « Mlle Dixon, laissez-nous tranquille. »

« Je veux juste vous parler de David. »

« Nous n’avons plus rien à dire à ce sujet. Mon mari n’est pas là. Il est parti à une vente de bétail. Quant à moi, je n’ai plus rien à vous dire. »

« Je crois que si. Je crois que vous avez encore beaucoup de choses à dire. »

« Fichez-moi la paix ou j’appelle la police. »

« Eh bien, allez-y, Madame Bullock. Appelez la police ! Appelez-là. A moins que vous ne préfériez appeler ce cher Frank Dodge. »

Roberta se fige à nouveau, mue cette fois par l’étonnement. Paula savoure sa surprise. Visiblement, Roberta ne s’attendait pas à ça. « Alors ? Je peux entrer ? »

Roberta lui fait signe de la suivre.

A l’intérieur de la maison, elle dépose son sac de provisions à la cuisine. Paula la suit. Roberta entreprend de ranger les provisions dans les placards. « Que savez-vous au juste, Mlle Dixon ? »

« Tout. Je sais tout. »

« Vraiment ? Je vous félicite. Et comptez-vous appeler la police ? »

« Ce n’est pas à moi de décider. »

Paula s’approche de la vieille femme. « Comment avez-vous pu laisser faire ça ? »

« Je suis une mère »

« Une mère ne va jamais jusqu’au crime pour protéger son enfant ! »

« Nous n’avions pas le choix. »

« Vous avez tué un innocent. »

« Nous voulions protéger notre enfant. Il devait sortir de cette maudite prison, vous comprenez ? »

Roberta range un paquet de riz, puis se tourne vers Paula. « Vous n’avez pas d’enfant, vous ne pouvez pas comprendre ce que nous avons subi. Mon Dieu, mais qu’avons-nous fait pour que tout ceci arrive ? Nous étions une famille unie avant. Le crime de la pauvre Jenny a tout changé. Eric est partie avec toute l’amertume du monde sur ses épaules, et par notre faute. Parce que nous ne l’avions pas cru innocent du crime. Et quelques années plus tard, le cauchemar recommence. »

« Comment est mort votre deuxième fils ? »

« Vous ne le savez pas ? Vous semblez pourtant au courant de pas mal de choses. »

« Je ne sais rien sur Jordan. »

« Jordan est mort de trois coups de couteaux dans le ventre. On pense qu’il s’agit d’une vendetta. Cela s’est passé à la maison. Nous étions sortis pour notre bridge hebdomadaire chez nos voisins. Nous avons été alertés par des cris. Lorsque nous sommes arrivés… Jordy était allongé près de la cheminée, il baignait dans son sang. C’était horrible. Et David était là, près de lui. Il avait le couteau dans la main. Je me souviens avoir hurlé avant de m’évanouir. David nous a dit que Jordy faisait partie d’un gang de la ville. Ils étaient venus récupérer l’argent que Jordy leur devait. Mais Jordy n’avait pas l’argent. Alors ils l’ont tué. David était dans sa chambre. En entendant du bruit, il est descendu et a vu son frère se vider de son sang. Les assassins étaient déjà partis. Ce sont ses cris que nous avons entendu et qui nous a fait courir ici. David avait enlevé le couteau de la chair de son frère. Malheureusement, personne dans le voisinage n’avait rien vu. Et il n’y avait que les empreintes de David sur le couteau. Cette fois, nous n’avons pas fait la même erreur qu’avec Eric. Nous l’avons cru innocent. Parce qu’il était innocent. »

Paula secoue la tête. « En êtes-vous vraiment sûre ? Ne vous êtes-vous pas encore une fois trompé ? »

« Non. David a toujours été un bon garçon. Exemplaire. Il ne pouvait pas avoir commis ce crime. Il ne pouvait pas avoir tué son frère. »

« Pourtant il a été condamné. »

« Mlle Dixon, savez-vous combien d’innocents croupissent en prison pour des crimes qu’ils n’ont pas commis ? »

Paula songe à Betty, qui pourrait connaître bientôt ce sort. « Alors, vous avez décidé de le faire sortir de cette prison. »

« Il ne supportait pas l’incarcération. Et nous ne supportions pas de le voir enfermé pour quelque chose qu’il n’avait pas fait. »

« Qui a eu l’idée de ce plan machiavélique ? Vous ? Votre mari ? »

Roberta secoue la tête. « Ni l’un ni l’autre. C’est Frank Dodge. Il est venu nous voir. Nous le considérions comme un ami. Il était toujours au petit soin avec David. Remarquez, John le payait grassement pour qu’il s’occupe bien de notre fils. Dodge savait que nous étions très riches. Un jour, il est venu nous voir et nous a dit qu’il avait un moyen de faire sortir David de prison. Mais que cela allait nous coûter une fortune. Nous étions prêts à tout. »

Paula soupire. « Même à faire assassiner son compagnon de cellule. »

« C’était un assassin. »

« C’était un être humain avant tout. »

« Je vous en prie, comprenez. »

« Comment s’y est pris Dodge ? »

« Le compagnon de cellule de David devait sortir de prison. La veille de sa sortie, et avec la complicité d’un des gardiens, il a versé un barbiturique dans sa boisson. Dans la nuit, le gardien est venu dans la cellule et, profitant du repos artificiel de l’homme, l’a empoigné et l’a pendu. »

« Avec l’aide de David ? »

« Je vous en prie. C’est pénible pour moi. »

« Très bien. Je connais la suite. Dodge avait un cousin qui excellait dans les faux papiers. Un détective l’a interrogé et il a craché le morceau. Il avait fabriqué des faux papiers pour David, avec le nom du malheureux compagnon de cellule de votre fils. David est sorti de prison sous le nom de l’homme qui a été pendu. Un échange d’identité en quelque sorte. David s’est enfui dans la nature et vous ne l’avez plus jamais revu. C’était la condition sine qua non qu’avait imposé Dodge pour être sûr que personne ne découvrirait la supercherie. Vous avez accepté de ne plus jamais avoir de nouvelles de lui. Et vous n’en avez plus eu jusqu’à ce que j’apparaisse dans votre vie. »

Roberta baisse les yeux. La tristesse lui empêche toute parole. La tristesse ou le remords ? Paula se pose la question. Mais elle n’est pas touchée par le désarroi de cette vieille femme. Elle secoue la tête. « Mme Bullock, comment avez-vous pu laisser faire une chose pareille ? Vous rendez-vous compte que vous avez fait tuer une personne qui avait purgé sa peine. Une personne qui était sur le point de recommencer une nouvelle vie ? Qui avait des projets pleins la tête. »

Roberta pose ses mains sur ses oreilles. « Arrêtez ! Arrêtez ! Vous me faites assez de mal comme ça. Partez ! »

Mais Paula persiste. « Tout n’est pas clair, pourtant. Pourquoi David est-il venu à Peyton Place avec sa véritable identité ? Quitte à être découvert ? Et pourquoi Peyton Place ? »

Paula entend alors le déclic de la sécurité d’un fusil. Elle se retourne. John Bullock est face à elle, un fusil pointé tout droit sur son cœur. Le sang de Paula se glace. L’air méprisant, John lui dit. « Je vous avais dit pourtant de ne plus nous importuner. »

« Mr Bullock, posez cette arme. »

« Je n’ai pas l’intention de m’en servir si vous quittez ma propriété immédiatement. Si vous ne partez pas, je n’hésiterais pas à vous abattre. »

Roberta proteste. « John, je t’en prie. »

Paula ne demande pas son reste et quitte la maison.

Seul dans la maison avec sa femme, John s’approche d’elle. « Est-ce qu’elle sait tout ? »

Roberta secoue la tête. « Non. »

 

A suivre...

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Marie A 07/03/2012 19:36

Est-ce qu'il reste une toute petit chance pour que le coeur de Mike ne se soit pas arrêté ? Steplé... dis oui... :-@

Mr. Peyton 08/03/2012 08:21



Ecoute, c'est un spoiler que je ne peux révéler, mais cependant je vais être gentil et réduire le nombre d'hypothèses à deux : soit il succombe, soit il guéri