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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

épisode 311 : Seule

Lisa Peyton est une femme seule et malheureuse. Elle en devient aigrie. Elle qui a été élevée à la ville souffre d'être cloîtrée dans un grand manoir dominant une petite ville où les habitants semblent cacher tous les secrets du monde derrière leurs volets en bois verts. Lisa n'est pas de ce monde. Elle a grandi dans l'anonymat des grandes villes, loin des commérages de voisinage. Oui, Lisa Peyton est une femme malheureuse, dont la déprime s'accentue lorsqu'elle prend conscience qu'elle n'est pas heureuse en mariage non plus.

 

LLisa Peyton se réveille. Elle se tourne vers son mari, Linden, encore endormi. Doucement, elle se lève et se rend dans la salle de bains attenante à la chambre. Elle se regarde longuement dans la glace. Des cernes noirs entourent ses yeux.

 

Mary, la fidèle servante du manoir, dispose le petit déjeuner sur la table lorsque Jack Peyton arrive en souriant dans le salon. "Bonjour, ma petite Mary. La vie est merveilleuse, n'est-ce pas ?"

Et il fait quelque chose qu'il n'avait jamais fait auparavant : il embrasse Mary sur la joue. Choquée, Mary s'essuie la joue du revers de sa main. "Vous êtes tombé sur la tête, Mr Peyton ?"

"Non. Je suis heureux, voilà tout. Pouvez-vous m'apporter une tasse de café ?"

Mary se tourne vers Jack. "Mr Peyton, le café se trouve sur la table, à quelques pas de vous. Ça ne vous fatiguera pas de vous lever, de faire trois pas et de prendre la cafetière. A moins que vous aillez peur, en soulevant cette petite carafe, de vous flanquer une hernie ?"

"Me traiteriez-vous de paresseux, Mary ?"

"Oh, s'il n'y avait que ça… La liste des doléances est longue."

"Vous avez tort de vous plaindre de moi, Mary. Préféreriez-vous être au service d'un vieux débauché ? Au moins, moi, je n'ai jamais tenté de vous courir après. Mais c'est peut-être là ce qui vous chagrine."

Mary pince les lèvres, outrée. "Par-dessus tout, vous êtes grossier et vous avez l'esprit mal tourné."

"C'est ce que vous aimez en moi, Mary. C'est la raison pour laquelle vous restez à mon service, n'est-ce pas ?"

Mary soupire et connaît bien maintenant Jack pour ne pas se formaliser. "Si vous avez besoin de moi, je suis à la cuisine."

Jack fait un clin d'œil. "Ne me tentez pas, Mary… Ne me tentez pas."

Mary hausse les épaules et s'en va sous le rire tonitruant de Jack.

Lisa Peyton fait son apparition. "Tu sembles d'excellente humeur, aujourd'hui."

"Je suis d'excellente humeur, chère belle-sœur. Je n'en dirais pas de même pour toi."

Lisa se sert un café. "Pourquoi dis-tu ça ?"

"Tu as une mine affreuse, Lisa. On dirait que tu n'as pas dormi depuis trois jours. Il n'y a pas de problème avec Linden, j'espère ?"

"Bonjour, Maman. Salut, Jack."

James entre dans le salon, coupant court à la conversation. Il saisit une brioche se trouvant sur la table et s'apprête à partir. Lisa le retient. "Et ? Où vas-tu comme ça ?"

"Je dois aller à l'école, Maman. Je suis déjà en retard."

"Et les jumeaux ? Qui va les emmener ?"

"C'est Papa qui les conduit Nous nous sommes mis d'accord hier soir. J'ai un devoir d'anglais très important à rendre. Il faut que je passe à la bibliothèque avant le début des cours."

Lisa hausse les épaules. "Heureuse de l'apprendre."

"A ce soir…"

James s'en va en courant.

Jack regarde Lisa. "J'aimerai avoir encore la fougue de ses seize ans."

Lisa ne répond pas. Jack se lève. "Bon, je dois aller travailler. Ah, au fait, je vous réserve à tous une surprise ce soir. Tâchez d'être là."

Jack s'en va. Seule dans la pièce, Lisa saisit sa tasse de café et se rend au bar. Elle se verse une bonne rasade de whisky puis ajoute un peu de café. Elle se rassoit. Linden entre et embrasse sa femme sur la joue. "Bonjour, chérie. Encore une journée enneigée. Je me demande quand le soleil va faire son apparition."

Lisa hausse les épaules et boit une gorgée de son café spécial. "Il est déjà présent à Denver."

Linden ne retient pas cette remarque. Il se sert un café et saisit un pain brioché. "Que comptes-tu faire de ta journée ?"

"A ton avis ? Que puis-je faire dans une ville microscopique aujourd'hui ? J'ai épuisé mon stock de romans de Phyllis A. Whitney. Je vais sans doute m'attaquer à de « vieux » Agatha Christie. Je ne suis pas encore assez déprimée pour lire Barbara Cartland."

Linden soupire. "Lisa, il y a plein de choses que tu peux faire, ici."

"A oui ? Et quoi ?"

"Je ne sais pas, tu peux faire du bénévolat à l'église paroissiale, par exemple."

"Et me retrouver avec des chochottes qui ne parlent que de leur progéniture et leur mari formidable, non merci."

Linden se met en colère. "En tout cas, c'est mieux que de ruminer ici toute la journée avec un verre de whisky pour seule compagnie."

"James t'a parlé, n'est-ce pas ?"

"Oh, il n'aurait pas eu besoin de le faire. Je sais ce qu'il y a dans ta tasse de café."

"Ah oui ? Vraiment ?"

"Il suffit que je regarde la carafe de whisky posée sur le bar. Le bouchon a été enlevé et n'a pas été remis. Mary ayant fait le ménage ce matin, elle aurait remis le bouchon."

"J'oubliais que tu avais une formation de journaliste d'investigation." Elle dit cela avec un tel dédain que Linden pose sa tasse en renversant la moitié sur la nappe.

"Lisa, pourquoi est-ce que tu agis comme ça ? Tu étais d'accord pour venir…"

"Je n'avais pas le choix."

"Tu étais d'accord pour venir. On avait conclu un accord. Un essai de six mois. Il reste encore trois mois. Mais je vois que tu ne fais aucun effort pour t'adapter. J'ai l'impression que tu ne remplis pas notre accord."

Lisa le regarde en plissant les yeux. "Alors voilà à quoi tu réduis notre couple… A un simple accord !"

"Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire."

"Linden, sais-tu quel jour on était, hier ?"

Linden hausse les épaules. Puis il comprend. "Oh Lisa, je suis désolé…"

"Et oui, Linden. Hier, c'était la Saint-Valentin. Et je n'ai même pas eu le droit à un simple bouquet de fleurs."

"Lisa, je… c'est vrai que le Clarion me prend beaucoup trop de temps."

"Ce n'est pas ça, Linden. Le problème, c'est que tu as oublié. Comment veux-tu que j'arrive à me faire à cette vie, si toi tu n'as aucune considération pour moi ?"

"Lisa, je t'ai dit que j'étais désolé."

"Laisse tomber. Je vais aller préparer les jumeaux." Lisa boit le reste de son café-whisky, se lève et quitte la pièce, laissant Linden avec un air perplexe.

 

 

A suivre...

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Marie A 13/02/2012 13:12

Vraiment charmant ce petit échange entre Jack et Mary ;-)

Quant à Lisa, qui va lui faire comprendre que tout est question d'état d'esprit ? Son mari a oublié la St Valentin, la belle affaire !!! Et où est-ce qu'il est écrit que c'est l'homme qui doit
combler sa femme ? Elle pouvait aussi lui offrir un bon cigare cubain de contrebande pour lui prouver son attachement... non ?

Mr. Peyton 13/02/2012 15:12



Ahahaha... Tu apprendras très vite que Lisa n'est pas femme à faire des cadeaux à qui que ce soit.