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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

épisode 289 : Obscurité

LL'obscurité commence à pointer son vilain nez. Blottie en chien de fusil dans son lit crasseux, Rita Harrington ne s'en soucie guère. Par ailleurs, elle ne se soucie de plus rien. Au début, elle pensait que quelqu'un aller l'aider. Quelqu'un allait venir la délivrer. Mais rien n'est arrivé. Ses seules pensées, dorénavant, sont tournées vers Samuel.

La lourde porte d'entrée s'ouvre, comme toujours à cette heure. Invariablement, cette maudite porte grince trois fois par jour. Et toujours aux mêmes heures. Neuf heures le matin, midi et cinq heures le soir.

L'ampoule pendue au plafond s'allume. Rita cligne des yeux pour s'habituer à la lumière diffuse. Elle ne bouge pas. Ses yeux parcourent comme toujours les murs sordides peints en blanc cassé. Une peinture qui s'écaille à plusieurs endroits. Sa chambre de fortune est constituée d'un lit accompagnant une petite table de chevet et d'une armoire au fond de la pièce. Au milieu de la chambre se dresse une minuscule table ronde flanquée d'une seule chaise en bois, dont les pieds commencent d'ailleurs à pourrir. La pièce possède une seule fenêtre, très petite et placée en hauteur, de façon à ce que Rita ne puisse pas l'atteindre, même en plaçant le lit ou la chaise au-dessus. Elle avait déjà essayé de le faire, mais en vain. Et puis, de toute façon, la fenêtre possède un interstice trop petit pour que son corps puisse passer. Rita a donc abandonné tout espoir de sortir de cette prison.

Depuis toutes ces semaines, Rita s'était confinée dans ses habitudes. Afin de ne pas perdre la tête, elle pense à Sam… et à Norman. Et elle garde l'espoir qu'un jour elle pourra sortir de cet endroit maudit.

Sa seule distraction de la journée, c'est l'arrivée de cet homme, grand et mince. Un homme qu'elle ne connaissait pas. Il vient trois fois par jour lui apporter à manger et quelques magazines et romans.

Il dépose le plat, constitué de haricots verts accompagnés d'une viande douteuse, sur la table ronde. "Voilà pour vous, ma belle. Je vous ai apporté le dernier numéro de Glamour. Je suis sûr que vous allez apprécier l'article sur les Beatles."

Invariablement, la même colère montait à chaque fois que l'homme parlait comme s'ils étaient amis. Et invariablement, Rita se tournait vers cet homme qu'elle ne connaissait pas et lui disait : "Pourquoi suis-je ici ? Allez-vous enfin me le dire ?"

L'homme soupire et se dirige vers Rita. "Ecoutez, ma belle. Pourquoi poser toujours les mêmes questions. Vous savez très bien que je n'y répondrais pas."

"Je veux savoir… Je veux savoir où est mon fils. Où est-il ? Je vous en prie."

"Rita, vous savez déjà tout ce que vous devez savoir. Je vous l'ai déjà dit mille fois. Votre enfant va très bien. Vous n'avez aucun soucis à vous faire."

"C'est facile à dire. Voilà des semaines que vous me gardez prisonnière ici. Je ne sais même pas pourquoi. Et vous m'avez enlevé mon fils. Et je ne sais pas pourquoi non plus. Vous pouvez comprendre que je me pose des questions."

"Vous ne devriez pas vous en poser. Dans peu de temps, tout vous sera révélé."

Rita sursaute. Cette phrase-là, elle ne l'avait jamais entendu. "Quand ? Quand pourrais-je revoir mon fils ?"

L'homme soupire et se dirige vers la sortie. "Votre quota de questions est dépassé pour aujourd'hui, Rita. Bon appétit et à demain."

"Attendez, je…!"

Mais l'homme est déjà sortie et ferme la porte à clé.

 

***

 

UUne sourde appréhension saisit Lucas Cross lorsqu'il pose la main sur la poignée de la porte du bureau de Jack Peyton. Il ouvre la porte et son appréhension se transforme en peur.

Jack Peyton est assis à son bureau. Juste en face de lui, debout, David Bullock regarde Lucas. A sa gauche, l'air sévère, le Dr Rossi a les mains dans les poches. Mais pour Lucas, la surprise vient de la présence de l'avocat Steven Cord. Et cela présage, pour lui, de gros ennuis.

Jack lève la main. "Mr Cross, approchez-vous et asseyez-vous. Je crois que vous connaissez déjà Mr Bullock et le Dr Rossi. Laissez-moi vous présenter Maître Steven Cord."

Lucas enlève son chapeau, mais ne s'assoit pas. "Je connais Mr Cord de réputation."

"Vraiment ?" Jack se frotte le menton. "Mr Cross, savez-vous pourquoi je vous ai fait venir à mon bureau ?"

"Non, Monsieur." Mais Lucas ne le sait que trop. Des gouttes de sueurs sur son front le prouvent.

Steven fait un pas en avant. "Mr Cross. Vous avez dit à Mr Bullock que vous avez des renseignements sur la disparition de Rita Harrington et de son bébé."

"Non, Monsieur. J'ai déjà dit à M'sieur Peyton que c'est faux. Il ment, M'sieur Bullock. J'ai jamais rien dit de telle."

Le Dr Rossi s'avance à son tour. "Alors pourquoi avoir frappé Mr Bullock, dans ce cas."

"Je n'ai pas frappé M'sieur Bullock."

Mike se frotte le menton. "C'est embêtant ce que vous me dites, parce que voyez-vous, je vous ai vu le frapper sur la jetée."

Lucas se renfrogne. "C'est qu'il le méritait. Je voulais lui donner une leçon, à ce p'tiot. Il raconte que des histoires."

David s'offusque. "Vous m'avez dit, sur la jetée, que vous aviez vu une voiture prendre Rita et son bébé le jour de sa disparition. Et que vous connaissez la marque de la voiture, sa couleur et son immatriculation."

"Et alors ?"

"Vous avez exigé 1.000 dollars pour me donner les renseignements."

"Vous divaguez, mon p'tit. J'ai rien demandé du tout."

"Qui espérez-vous convaincre, Cross ?" demande furieusement Jack.

Lucas baisse la tête. "C'est vrai, M'sieur Peyton. J'ai bien vu une voiture prendre la p'tite Harrington et son môme ce jour-là."

"De quelle couleur était-elle ?"

"Noire. Elle était noire. C'était une limousine."

Jack se lève et ironise. "Voyez-vous cela… Une limousine."

"Elle est partie en direction de White River."

"Vraiment ? White River ?"

"Oui, M'sieur."

"Pendant combien de temps allez-vous continuer à mentir, Mr Cross ?", demande Steven.

"Je mens pas, m'sieur Cord."

"Mr Cross, vous connaissez Kenny Stearns, n'est-ce pas ?"

"Bien sûr que j'connais ce bon vieux Kenny."

"Vous le connaissez même tellement bien que vous et lui vous êtes enfermés dans sa cave pendant deux jours et que vous avez bu toute la réserve de cidre et de whisky de Kenny."

"Je vois pas en quoi ça vous concerne."

"Ça me concerne dans la mesure où vous étiez tellement saoul que vous ne vous souvenez même plus que ce jour où vous étiez dans la cave des Stearns, c'était le jour de la disparition de Rita. Alors expliquez-moi, Mr Cross, comment vous avez pu voir la voiture si vous étiez enfermé parmi les cadavres de bouteilles de la cave de Kenny."

"J'ai… Vous bluffez."

"Pas du tout, j'ai interrogé Kenny et sa femme Ginny."

Jack pose un regard féroce sur Lucas. "Je vous avait prévenu, Cross. Rita Harrington est de ma famille. Et vous nous avez délibérément donné de faux espoirs."

"Je… je suis désolé, M'sieur Peyton. J'ai rien vu. J'ai voulu faire croire à ce gamin que je savais quelque chose. Vous comprenez, M'sieur Peyton. J'ai besoin d'argent. Il faut que je nourrisse ma famille."

"C'est surtout votre gosier que vous nourrissez, Cross. Prenez vos affaires et quitter la Fabrique immédiatement."

"Quoi ? Mais vous ne pouvez pas…"

"Je peux très bien. Et je le fais. Je ne veux plus vous voir traîner dans les parages, vous entendez."

"Mais qu'est-ce que je vais faire avec ma famille ? Ils vont crever de faim."

"Ils crèvent de faim déjà comme ça, parce que vous dépensez tout votre salaire dans la boisson. Maintenant, fichez le camp."

"Je vous en prie, M'sieur Peyton. J'ai fait une erreur. Je recommencerais plus."

"Dehors, Cross !"

Lucas se résigne. Il se tourne vers David. "Tout ça c'est ta faute. Je t'avais dit de fermer ta gueule. J'aurais ta peau, salaud."

Steven prend son air menaçant d'avocat. "Mr Cross, sachez que s'il arrive quoi que ce soit de regrettable à Mr Bullock, je vous en tiendrai personnellement pour responsable, vous avez bien compris."

"C'est une menace, Mr Cord ?"

"Non, c'est une promesse. Si vous touchez un cheveu de David, vous risquez de le regretter toute votre vie."

Lucas fait une grimace. Il se dirige vers la sortie. Puis il se retourne. "Vous n'en avez rien à faire, vous autre les riches, de savoir que je n'aurais plus d'argent pour subvenir aux besoins de ma famille. Vous vous fichez totalement de notre sort, n'est-ce pas ? Vous me dégoûtez."

Il crache par terre avant de s'en aller.

Steven prend la parole. "Il n'a pas tort. Au sujet de sa famille tout au moins. Même s'il dépensait son argent dans la boisson, il avait de quoi nourrir sa famille."

"Tu te poses trop de questions, Steven", dit Jack

"C'est facile, pour toi qui n'a aucun cœur de parler de la sorte."

Jack s'avance vers Steven. "Je n'avais pas fini ma phrase. Tu te poses trop de questions, tandis que moi, j'agis. J'ai déjà contacté la femme du Lucas, Nellie Cross. Elle commence demain comme couturière à la Fabrique. J'espère simplement qu'elle aura assez de cran et d'intelligence pour laisser tomber ce bon à rien."

Mike soupire. "Cela nous ramène au point zéro en ce qui concerne la disparition de Rita."

 

 

A suivre...

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Marie A 12/01/2012 12:59

Yeah yeah yeah ! ça bouge enfin, que voilà un bel épisode ;-D
C'est à espérer qu'enfin Steven se rende compte que Jack n'a que de bonnes intentions ;-)

Mr. Peyton 12/01/2012 16:16



Merciiii


Il faut espérer effectivement qu'on se rende compte des bonnes intentions de Jack. Mais il y a beaucoup d'aveugles au royaume de Peyton Place.