Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

# 674. Une question de temps

5926862557 Des-cachets-d-aspirine

 

Carolyn Russell avala d’un trait son verre d’aspirine, puis se massa les tempes.

Elle avait des maux de tête et elle savait pourquoi. Elle n’avait pas fermé l’œil de la nuit. D’un côté, elle pensait à son agresseur, de plus en plus persuadée qu’il s’agissait de Billy Chambers. Et d’un autre côté, elle appréhendait sa cohabitation avec la famille Cord.

Elle s’était levée à six heures, avait pris une rapide douche et s’était éclipsée pour aller au bureau avant le réveil de Betty.

Arrivée au bureau, elle avait préparé le café pour Emilie et la secrétaire de Steven.

Maintenant, elle jetait un œil à un dossier dont elle avait la charge. Une plainte pour escroquerie. Une vieille dame qui s’était fait dépouiller de cent soixante-douze dollars en souscrivant un abonnement à un magazine qui n’existait pas.

A huit heures, Emilie vint la saluer et la remercier pour le café, avant de lui rappeler que son rendez-vous vient d’arriver. « Faites entrer.

Joe Pillburg s’avança vers Carolyn, qui lui fit signe de s’asseoir. Elle n’aimait pas cet homme, mais au téléphone, il semblait paniqué et lui avait dit qu’il avait besoin d’un conseil.

« Monsieur Pillburg, avez-vous suivi mon conseil ?

Pillburg haussa les sourcils. « Votre conseil ?

- La formation d’un syndicat.

- Je n’en ai pas eu le temps, madame. J’ai été mis à la porte par Monsieur Peyton.

- Il vous a renvoyé ? Pourquoi ?

Pillburg haussa les épaules. « Ca, si je le savais…

- Racontez-moi.

- C’est simple, monsieur Peyton m’a dit qu’il ne voulait plus de moi. Il a carrément jeté mes affaires personnelles dehors, et il m’a agressé.

Carolyn afficha sa surprise. « Agresser ?

- Oui, Madame. Il m’a saisi par le col de ma chemise et il m’a plaqué contre le mur de  l’atelier.

- Pourquoi a-t-il fait ça ?

- Pour protéger Seth Buswell. Vous comprenez, je devenais dangereux pour lui. J’étais sur le point de dévoiler l’incompétence du nouveau directeur. Et ça n’a pas plu à Monsieur Peyton.

- Je ne comprends pas pourquoi. Si Monsieur Buswell n’est pas compétant dans son poste, il devrait prendre des mesures contre lui.

- C’est parce que Buswell est le pantin de Monsieur Peyton. En fait, c’est lui qui tire toute les ficelles. Il continue à diriger la Fabrique à travers Buswell.

Carolyn secoua la tête. « Mais pourquoi ?

- Monsieur Peyton a été obligé de quitter son poste de directeur. Entre la mairie qu’il dirige et sa société immobilière, on lui reprochait de ne pas assez s’occuper de la Fabrique. Les employés ont menacé de faire grève et réclamaient un nouveau directeur capable de gérer les problèmes, notamment sur les salaires, le manque de sécurité et la vétusté des appareils. Pour éviter une pagaille, Monsieur Peyton a décidé de laisser sa place à ce bon à rien de Buswell, mais en fait, c’est lui qui dirige toujours la Fabrique.

- Vous ne m’avez pas expliqué ça la dernière fois.

- Sauf votre respect, Madame, vous ne m’en avez pas laissé le temps.

C’était vrai. Carolyn se pencha en avant. « Monsieur Pillburg, que voulez-vous faire ?

- Il n’est plus question de régler ça devant un syndicat. Je veux porter plainte contre Monsieur Peyton pour licenciement abusif.

- Vous voulez récupérer votre poste ?

- Je veux devenir Directeur de la Fabrique.

- Ce n’est pas de mon ressort. Si j’accepte de vous défendre, c’est pour licenciement abusif exclusivement, pour que vous récupériez votre poste. Je ne peux pas vous faire nommer directeur.

- Mais vous pouvez peut-être négocier cela avant un procès. Jack Peyton a une réputation à tenir. Les élections à la mairie approchent et il ne voudra pas faire de vague, vous comprenez. Un procès serait préjudiciable pour lui.

Carolyn réfléchit. S’attaquer à Jack Peyton, c’était comme réveiller un volcan, elle en avait parfaitement conscience. Devait-elle en parler à Steven ? Après tout, Steven et Jack étaient de la même famille.

La plainte de Pillburg tenait la route, si tant est qu’il ait relaté les faits tels qu’ils ont réellement eu lieu.

Elle se leva. « Ecoutez, avant d’accepter cette affaire, il faut que j’en parle à mon associé. Jack Peyton est un gros calibre. Je veux être sûre que mon associé va me suivre.

Pillburg se leva à sa suite. « Merci, Madame.

- Je vous appelle pour vous tenir au courant.

 

***

 

Steven vint la voir à neuf heures. « Nous espérions t’avoir à la table du petit déjeuner ce matin.

Carolyn ne put réprimer un petit rire. « Je doute que Betty espérait m’avoir à sa table.

Elle soupira et poursuivit. « Steven, ça ne va jamais marché. Betty me déteste. Et d’ailleurs j’ignore pourquoi. Mais cette cohabitation ne me dit rien qui vaille.

Steven alla s’asseoir en face de Carolyn. « Ne t’inquiète pas pour Betty. Elle comprend la situation. Elle sait ce que tu endures en ce moment.

- Oui, mais ça ne l’empêche pas de me détester. Et pour tout te dire, je me sens terriblement mal à l’aise chez vous.

- Ca ne va pas durer. J’ai des nouvelles à propos de Billy Chambers.

Carolyn remua sur son siège. « Je t’écoute.

- J’ai réussi à savoir où il était juste après avoir quitté New York. A White River. Il avait loué un petit appartement.

Carolyn blêmit. « Mais c’est à seulement dix minutes de route de Peyton Place.

- Exact. Son propriétaire l’a décrit comme une personne tranquille. Il ne le voyait jamais. Mais il payait toujours son loyer.

- Il avait quitté la police ?

- Oui. Il avait démissionné peu après ton départ.

- Comment se fait-il qu’il soit de nouveau réintégrer ?

Steven haussa les épaules. « Ca je n’en sais rien. Il remplace Walker.

- Est-ce que tu crois qu’il s’est présenté de lui-même à ce poste ?

- Impossible de savoir. Jack Peyton doit savoir. C’est lui le maire.

- En parlant de Jack Peyton. Il faut que je te dise un truc.

Carolyn lui parla de l’affaire Joe Pillburg. Steven la prévint qu’elle s’attaquait à un gros poisson. Mais il lui donna le feu vert et lui proposa même de l’aide.

Steven se leva. « Je dois y aller, j’ai un rendez-vous. Je vais encore approfondir mes recherches sur Chambers, mais je crois qu’on tient le type qui te harcèle. Ce n’est plus qu’une question de temps, maintenant.


 

à suivre...

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

Marie A 10/03/2014 21:24

Juste comme ça en passant... Carolyn aurait un *petit* intérêt à mener une rapide enquête avant de se lancer dans un procédure contre Jack :-)

Mr Peyton 10/03/2014 22:54

Carolyn doit ressentir une sorte d'adrénaline à devoir s'attaquer à un gros poisson, mais si elle est intelligente, elle devrait en effet faire une petite enquête avant de "ferrer le poisson" ;-)