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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

# 664. L'heure du choix

ronces.jpg

 

Debout devant l’entrée de la maison, Joe Pillburg examinait avec dégoût les ronces qui jonchaient le sol du jardin de Seth Buswell. Un jardin à l’image de son propriétaire : pas digne d’un directeur d’une grosse entreprise.

Hier, il était rentré chez lui passablement énervé contre cette avocate, Carolyn Russell. Elle l’avait envoyé promené avec un profond manque de respect.

Ça ne l’étonnait pas. C’était la fille de cette folle de Marsha, la meurtrière de son ex-mari et de Fred Draper.

La jeune Russell lui avait conseillé de se rallier à un syndicat. Cette gourde ignorait-elle donc qu’à Peyton Place, Jack Peyton faisait la pluie, le beau temps et… les syndicats. Le maire avait main mise sur absolument tout et régnait en maître sur sa ville.

Après son entretien infructueux, il était allé voir James Peyton, le rédacteur en chef du Clarion. Mais James n’avait rien voulu entendre. Malgré l’aversion qu’il avait pour Jack et ses magouilles, il avait déjà sorti un article au sujet de l’incompétence de Buswell, et ne pouvait en faire davantage.

Joe avait donc décidé de sortir une dernière carte de sa manche.

Il sonna à la porte de la maison, qui soit dit en passant avait besoin d’un ravalement de façade, mais n’entendant aucune sonnette se déclencher, frappa à la porte défraîchit.

Seth Buswell vint lui ouvrir peu de temps après. « Salut, Seth.

- Joe ! Qu’est-ce que tu viens faire ici ?

- Faut que je te parle.

- On se voit à la Fabrique dans une heure.

Il s’apprêtait à fermer la porte. Alcoolique, incompétent… mais aussi impoli et manquant de savoir vivre. Pillburg se demandait si Buswell avait une seule qualité. Il retint la porte. « C’est important, Seth.

- Très bien, je t’écoute.

- Je peux entrer ?

Seth semblait pris de panique. « C’est que…

- J’en ai pas pour longtemps.

A contrecœur, Seth le fit entrer et immédiatement, Joe compris l’origine de son embarra : l’intérieur de la maison de Buswell était une véritable porcherie.

Dans la salle à manger, des vêtements trainaient sur les chaises. Des vieux magazines jonchaient la grande table. De la poussière avait élu domicile dans recoins.

Tout comme Seth, Pillburg vivait seul et il n’avait aucune affection particulière pour le ménage, mais jamais il n’avait vu pareil désordre et une telle saleté dans une maison.

Il alla débarrasser une chaise de vieux Clarion, mais lorsqu’il voulut s’asseoir, il aperçut une tâche de ketchup incrustée depuis la nuit des temps sur le dossier. Il réprima une nausée et décida de rester debout. Il se tourna vers Buswell. « Seth, je suis venu te demander d’abandonner ton poste de directeur.

- Pourquoi ? Je fais du bon boulot.

Le ton n’était guère convaincant.

« Arrête, Seth. Toi et moi, on sait que tu n’es pas fait pour ce travail. Ton boulot, c’est à l’atelier de textiles que tu le fais le mieux. Je sais que tu n’es pas à l’aise. Tout le monde le sait.

- Jack Peyton est content de mon travail.

Joe ricana. « Pas étonnant. Tu es sa marionnette et c’est lui qui tire les ficelles.

- C’est pas vrai. Je prends des décisions et elles sont bonnes.

Joe se mit à rire. « Tu ne crois même pas ce que tu racontes.

Il se planta devant lui. « J’ai une proposition à te faire.

- J’ai pas à t’écouter…

- Attends de savoir ce que je te propose, je suis sûr que ça va t’intéresser.

Joe sortit de son sac une bouteille de vodka pleine, qu’il posa sur le coin de la table, entre une pile de magazines et deux assiettes : une qui avait dû servir au repas d’hier et l’autre Dieu sait quand.

Joe sourit. Le regard brillant de Seth devant la bouteille prouvait qu’il avait visé juste. Un filet de bave apparut à la commissure de ses lèvres. Ce type était vraiment irrécupérable.

Seth finit par murmurer, sans aucune conviction : « Reprends cette bouteille. Ma fonction m’interdit de boire.

- Allons, Buswell, Peyton n’en saura rien. Il ne viendra pas à la Fabrique aujourd’hui.

Seth secoua vivement la tête. « Non, je peux pas. J’ai promis. Si je bois, Mr Peyton me fiche à la porte.

- Tu n’as qu’à lui dire que tu n’arrives pas à diriger la Fabrique. Il te laissera tranquille.

- Je lui ai déjà dit. Il veut rien savoir.

- Est-ce que tu vas continuer à te laisser marcher sur les pieds encore longtemps ? Seth, bon sang, réveille-toi ! Je ne te reconnais plus. Quand tu étais ouvrier, tout le monde t’aimait. Tu étais quelqu’un de joyeux, d’ouvert, d’heureux. Regarde-toi maintenant ! Tu viens en costume avec une cravate qui te sert la gorge, tu ne parles plus à personne, tu n’es plus heureux. Je veux retrouver le Seth Buswell que j’ai toujours connu. Celui qui aimait boire son petit coup, qui faisait rire tout le monde. Est-ce que tu te souviens de ce Seth Buswell ?

Seth hocha la tête. Il n’arrivait pas à détourner les yeux de la bouteille. Il était comme hypnotisé par elle.

Joe jugea qu’il en avait fait assez. « Je te laisse la bouteille. A toi de réfléchir à ce que tu veux faire de ta vie : redevenir le gars joyeux d’avant, ou t’étouffer avec ta cravate.

Il fit volte-face et s’en alla, content de son effet… et aussi de quitter cet endroit à la limite de l’insalubrité.

 

 


 

à suivre...

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Marie A 20/02/2014 20:48

décidément, l'arrivisme amène à faire des choses pas très très jolies...
Allez Mr. Buswell, résistez ! Et DÉMISSIONNEZ !!!

Mr. Peyton 22/02/2014 18:44



Oui, Mr Buswell, nous sommes tous avec vous !!