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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

# 660. C'est joli, le Kansas

bidonville 1

 

Billy Chambers ne cessa de pester contre Jack Peyton tout le long du trajet.

Certes, il lui rendait service en le rapprochant de Carolyn, mais à quel prix !

L’homme le tenait à la gorge. Il avait réussi à découvrir son petit secret et s’en servait pour faire de lui son larbin.

Jamais il ne serait venu ici se terrer dans cette petite ville où tout le monde se regarde en chien de faïence si Jack Peyton ne l’avait pas obligé. D’un autre côté, Carolyn était ici. Un mal pour un bien.

Le nouveau sergent de police de Peyton Place fronça les sourcils et se demanda un moment s’il ne s’était pas trompé de route. Celle-ci se rétrécit brusquement jusqu’à devenir un sens unique. Le macadam avait laissé place à un terrain boueux. Aucun panneau n’indiquait où il se trouvait.

Il était persuadé avoir quitté la ville lorsqu’il vit les habitations. Un frisson le parcourut. Comment pouvait-on vivre dans un endroit aussi crasseux ?

Il gara sa voiture à quelques mètres de la première maison et parcourut le reste du chemin à pieds.

Il maudit encore plus Jack alors que ses bottes brassaient neige et boue à chacun de ses pas.

Les maisons étaient construites les unes à côtés des autres. Elles se réduisaient à un toit en tôle mal ajusté sur des murs en carton goudronné. Billy se demanda comment elles pouvaient tenir debout.

Grave Street. La poubelle de Peyton Place. Une rue à l’écart de la ville que les habitants huppés des belles maisons blanches aux volets verts tentaient d’oublier.

 Il chercha le numéro 25. Les numéros étaient inscrits très grossièrement sur les portes en carton.

Il trouva la maison et frappa doucement, persuadé qu’un coup porté plus fort allait faire s’effondrer l’édifice de fortune.

Au bout d’un temps qui lui parut interminable, il entendit une voix à l’intérieur. « Foutez-moi l’camp !

Le sergent ignora la sommation et ouvrit la porte. L’homme était assis sur l’unique table au milieu de l’unique pièce. Une bouteille pratiquement vide se trouvait dans sa main. Billy s’avança : « Lucas Cross ?

L’homme rota. « Qu’est-ce que vous lui voulez ?

- Est-ce que vous êtes Lucas Cross ?

- Ca dépend…

Billy perdit rapidement patience. L’ivrogne n’était pas du genre à être bavard et il n’avait pas de temps à perdre. Il le saisit par le col de sa chemise crasseuse et le força à se lever et tout en veillant à lui postillonner au visage, il cria : « Je suis le sergent de cette ville et j’ai pas de temps à perdre avec des formules de politesse. Alors tu vas répondre gentiment à mes questions avant que je me fâche. OK ? »

Le petit discours fit son effet et Lucas Cross hocha la tête, une lueur de crainte dans les yeux.

Billy lâcha sa proie. « Très bien. J’ai un message pour toi.

- Pour moi ?

Billy regarda autour de lui. « Pour toi, abruti ! Y’a personne d’autre ici, que je sache !

- Qu’est-ce que vous voulez ?

- Je veux que tu quittes la ville. Et par la même occasion l’Etat.

Lucas ne comprenait pas, et les vapeurs d’alcool ne l’aidaient pas à se concentrer. « Qu’est-ce que ça veut dire ?

- T’es sourd ou quoi ? Ça veut dire que tu dégages. Et tout de suite.  

- Mais… Je… j’ai nulle part où aller. J’ai une femme et deux enfants qui comptent sur moi et…

Lucas n’eut pas le temps de terminer sa phrase. Billy lui décrocha un violent coup de poing dans l’estomac, qui paralysa un instant l’alcoolique. Tandis qu’il tentait de reprendre son souffle, Billy lui dit : « Justement, parlons-en de ta petite famille. De ta belle-fille par exemple. Un beau brin de fille, hein ! » Il saisit une touffe des cheveux de Lucas et approcha son visage du sien. « Sale pervers, je sais que t’arrête pas de la mâter cette gosse.

- Que… je sais pas de quoi vous parler.

Billy frappa à nouveau à l’estomac. « Et menteur, par-dessus le marché.

- J’ai rien fait à Selena.

- Et t’auras pas l’occasion de faire quoi que ce soit. Parce que dans deux minutes, tu quittes cette ville et jamais plus t’y remettras les pieds.

- Mais j’ai pas d’argent pour partir.

- T’inquiète pas pour ça. Allez viens !

Billy saisit Lucas par le bras et l’obligea à quitter la maison avec lui.

 

Ils étaient maintenant à la station de bus de White River. Dans la voiture, Billy montra du doigt à son passager le bus où il était inscrit « Lawrence - Kansas ».

Lucas secoua la tête. « Au Kansas ? Mais c’est à des milliers de kilomètres d’ici ! Comment je vais faire pour vivre ?

Billy sortit une enveloppe bombée de sa poche et la tendit à l’homme. « Trouve-toi du travail. Prends-toi en main. Fais ce que tu veux, je m’en fous. Tout ce que je veux, c’est que tu ne reviennes plus ici. Si je te revois trainer dans le coin…

Billy laissa sa phrase en suspens et passa son index sur sa gorge.

Lucas ouvrit l’enveloppe et Billy décela une lueur de satisfaction dans les yeux de l’ivrogne. Il devait y avoir cinq mille dollars en petite coupure. Il n’avait pas compté.

Lucas sortit de la voiture et s’engouffra dans le bus.

Comme Jack le lui avait demandé, il attendit que le bus parte afin de s’assurer que Lucas quitte bel et bien la ville.

Mission accomplie.

 


à suivre...

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Marie A 13/02/2014 14:22

Ben voilà une situation où Jack se rattrape à merveilles ! Après ça, on lui pardonnerait presque ses manipulations à la direction de la fabrique Peyton :-)

Mr. Peyton 15/02/2014 08:42



Oui, Jack n'a pas complètement changé, heureusement