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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

# 626. Sacré Seth Buswell !


chapeau.jpg

 

Jack Peyton ôta son chapeau. Le soleil n’avait fait qu’une brève apparition ce matin et il n’avait aucune raison d’encombrer son crâne de cet accessoire. Il se trouvait devant la maison de Seth Buswell et il était en colère. Seth devait commencer aujourd’hui son job de Directeur de la Fabrique et il ne s’était pas présenté. Il n’avait pas non plus répondu au téléphone. Jack l’avait attendu jusqu’à dix heures, et il avait été obligé d’annuler un rendez-vous très important pour essayer de le trouver.

 

Jack se demandait s’il n’avait pas fait le plus mauvais choix de sa carrière. Seth n’avait pas l’étoffe d’un cadre dirigeant.

 

La maison de Seth était entourée d’un jardin qui n’avait pas été entretenu depuis de nombreux mois. De nombreuses années, dirons-nous. Les mauvaises herbes arrivaient à la taille de Jack et il dut faire de longues enjambées pour parvenir à un semblant d’allée menant à l’entrée de la maison. Sa jambe artificielle ne l’aida pas à se dépêtrer de la jungle dans laquelle il piétinait, et il maudit intérieurement Seth d’avoir laissé à l’abandon son jardin. Et il se maudissait lui, Jack Peyton, d’avoir eu la mauvaise idée d’embaucher un incapable.

 

Lorsqu’il parvint en clopinant jusqu’à la porte, son front était trempé de sueur. Il frappa avec rage contre la porte après s’être aperçu que la sonnette ne marchait pas. Il nota que la peinture qui fut jadis blanche sur la porte s’écaillait fortement.

 

Seth Buswell habitait une grande maison. Jack avait entendu dire que le vieux l’avait héritée d’un cousin qui avait fait fortune dans l’industrie automobile dix ans plus tôt. Visiblement, Buswell devait souffrir d’un laxisme chronique qui lui avait fait abandonner l’entretien de son héritage. Jack espérait que ce laxisme ne franchirait pas la porte de ce domaine et ne viendrait pas contaminer la direction de la Fabrique.

 

C’en était trop. Voilà cinq fois maintenant que Jack abattait son poing contre la porte. Il cria : « Seth, ouvrez bon sang ! Qu’est-ce que vous faites ? ! »

 

Il fallut à Seth Buswell encore deux bonnes minutes avant d’ouvrir. Jack comprit très rapidement. Il suffisait de voir la tête qu’affichait Seth pour comprendre qu’il avait la gueule de bois. Il avait les yeux cernés, le visage bouffi et de l’écume au bord de la lèvre. Jack entra sans y être prié et observa le vestibule qui donnait directement sur un salon totalement en désordre. C’était bien plus qu’un simple désordre. C’était un véritable capharnaüm. Il y en avait partout ! Des vêtements sales jetés sur des chaises ; le canapé était investi de tellement de journaux qu’on ne distinguait même plus sa couleur. Sur la table, une bouteille de champagne et deux verres. Un des verres disposait encore du liquide jaunâtre à bulle et une touche de rouge à lèvres était imprimée sur le bord de la flûte à champagne. Jack se dirigea vers la table et saisit le verre avec l’empreinte du rouge à lèvres. « Je vois que vous ne vous êtes pas ennuyé, hier soir. »

 

Seth semblait totalement paniqué. Visiblement, il ne s’attendait pas à voir débarquer Jack chez lui. « Monsieur Peyton… Je… vous n’auriez pas dû venir. »

 

Jack regarda la tête de pochard de Seth et ricana. « Qu’est-ce que j’aurais dû faire ? J’étais censé vous présenter au personnel comme le nouveau Directeur ce matin. Vous ne répondiez pas au téléphone. Vous ne m’avez pas laissé le choix, Buswell. »

 

- Je… je suis désolé, je n’ai pas entendu le réveil…

 

- Dans l’état où vous êtes, vous n’auriez même pas pu entendre un avion franchir le mur du son. » Jack examina de nouveau la flûte à champagne. « J’espère qu’elle en valait la peine. »

 

- Monsieur Peyton, vous devriez retourner à la Fabrique. Je prends une douche et j’arrive.

 

Jack secoua la tête. « Pas question ! Je vous attends.

 

Seth se gratta le front. Puis il prit sa veste dans le vestibule. « D’accord, allons-y.

 

- Vous ne prenez pas de douche ?

 

- Je vous ai assez fait perdre de votre temps, Monsieur Peyton. Allons-y. Je prendrai une douche avec les ouvriers à la Fabrique… Venez.

 

Seth s’empressa d’ouvrir la porte d’entrée et de faire sortir Jack. Celui-ci avait la nette impression que Seth voulait qu’il parte rapidement. Sans doute était-il gêné du désordre. Il y avait de quoi. Cette maison n’était pas digne d’un nouveau Directeur d’usine.

 

Ils sortirent tous les deux sous le soleil qui commençait enfin à se manifester. 

 

***

 

hospitalLe soleil se reflétait sur la vitre de la chambre de Carolyn Russell, à l’hôpital de Boston. Steven Cord venait d’arriver pour constater que son associée n’avait pas encore repris connaissance. Il l’observa longuement. Son front était bandé et elle avait des ecchymoses sur le visage.

 

Juste avant, il avait parlé au médecin qui restait réservé sur l’évolution de son état de santé, même s’il déclarait que le pire était passé.

 

Un homme vêtu d’un costume trop large entra dans la chambre. Il se présenta à Steven comme l’inspecteur Summerset.

 

Steven lui serra la main. « Steven Cord. Je suis l’associé de Mlle Russell.

 

- Comment va-t-elle ?

 

- Son état est stable.

 

- Elle est toujours dans le coma ?

 

Steven fronça les sourcils. « Excusez-moi, mais pourquoi un inspecteur de police s’intéresse-t-il à Carolyn ?

 

- J’avais quelques questions à lui poser encore.

 

- A quel sujet ?

 

- A propos du Dr Burns.

 

- Le Docteur Burns ?

 

- C’est elle qui a trouvé le corps.

 

Steven fronça les sourcils. « Je ne vous suis pas… Qui est le Docteur Burns ? »

 

Summerset le regarda avec surprise. « Vous ne lisez pas les journaux ? Le docteur Burns s’est suicidé. Et votre associée était venue le voir. C’est elle qui l’a découvert. Est-ce que Mlle Russell travaillait sur un dossier en rapport avec le docteur Burns ? »

 

Steven fit appel à sa mémoire. Il se souvint qu’il y avait un médecin légiste à Peyton Place du nom de Burns. Il avait quelquefois travaillé avec lui lors de procès. Se pourrait-il qu’il s’agisse du même Burns que Carolyn a trouvé mort ?

 

Summerset haussa les sourcils. « Maître Cord ?

 

- Je… non, en fait je ne m’immisce pas dans les affaires de mon associée. Je ne peux pas répondre à votre question. Mais vous avez sans doute interrogé Mlle Russell avant son accident.

 

- C’est exact. Mais j’aimerais avoir d’autres précisions.

 

- D’autres précisions ? Comme quoi par exemple ?

 

- Je ne peux rien vous dire…

 

- Je suis l’avocat de Mlle Russell. J’ai le droit de savoir ce qu’il en est.

 

Summerset hésita un instant, puis finit par lâcher : « Quelque chose ne concorde pas dans l’emploi du temps de Mlle Russell.

 

- Précisez…

 

- Mlle Russell a appelé la police à 15h26 très précisément.

 

- Et ?

 

- Et un témoin affirme l’avoir vue entrer chez Burns à 15h00. Il s’est passé une bonne vingtaine de minutes entre le moment où Mlle Russell est entrée dans la maison et où elle a appelé la police. »

 

Steven fronça les sourcils. Dans quelle galère Carolyn était-elle allée se fourrer ? Il prit le ton habituel de l’avocat : « Qu’êtes-vous en train d’insinuer, Inspecteur ?

 

- Je n’insinue rien. J’aimerais pour l’instant pouvoir revenir sur l’emploi du temps de Mlle Russell afin d’éclaircir certains points.

 

 


à suivre...

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Marie A 25/11/2013 13:56

Bien sûr, la petite fouille de Carolyn ne POUVAIT pas avoir passé inaperçue :-(

Dommage que le destin de l'entreprise soit en jeu, mais ça fait une bonne leçon à Jack... Pourvu qu'il en tire les conséquences !

Mr. Peyton 25/11/2013 22:32



Je pense qu'il sera bien obligé d'en tirer les conséquences un jour ou l'autre 


Et pour Carolyn, il fallait bien s'en douter... il y a toujours des curieux derrières les rideaux des fenêtres qui n'ont rien d'autre à faire qu'à épier leurs voisins.