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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

# 612. Enquête à Boston

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Sur la route qui la menait à Boston, Carolyn Russell eut juste le temps de se rendre compte de la fluidité de la circulation avant de plonger ses pensées dans la seule enquête qui l’occupait : disculper Lisa Peyton et essayer de faire inculper le véritable coupable du meurtre du Dr Elby. Carolyn n’avait plus aucun doute quant à la culpabilité de Cal Fullerton. Elle savait que l’étau se resserrait autour lui et elle comptait mettre à profit son voyage à Boston pour trouvait des preuves pouvant faire rouvrir l’enquête.

 

Le Dr Jonathan Burns habitait dans la banlieue de Boston. Une petite rue calme peuplée de maisons identiques surplombant des jardins au gazon fraîchement tondu. Les maisons semblaient clonées et Carolyn trouvait cela d’une tristesse infinie. Ces maisons n’avaient pas d’âme. Elles étaient plantées là comme on plante des rangées de tomates dans un champ.

Elle alla sonner au numéro 26. Un septuagénaire au regard vide et à la barbe grise naissante vint lui ouvrir. Ses rares cheveux plantés sur son crâne étaient en désordre. Il portait un pantalon gris trop grand pour lui et une chemise qui devait être blanche à une certaine époque et qui maintenant était parsemé de tâches dont Carolyn préférait ignorer l’origine.

- Dr Jonathan Burns ?

- C’est moi.

Carolyn lui tendit une main qu’il ignora. « Je m’appelle Carolyn Russell et je suis avocate au Cabinet Cord et Russell à Peyton Place.

Le nom de la ville fit blêmir le visage de Burns. « Qu’est-ce que vous me voulez ?

Carolyn sut à cet instant que ça n’allait pas être facile. « Je suis l’avocate de Lisa Peyton. Il y a six ans, Mme Peyton…

Burns l’interrompit. « Je sais qui est Lisa Peyton et ce qu’elle a fait.

- Ce qu’elle n’a pas fait, plutôt.

- J’ai appris par les journaux que son procès avait été révisé et qu’elle est sortie de prison. Pourquoi a-t-elle besoin d’une avocate ?

- Elle veut que le véritable meurtrier soit arrêté et je pense que vous pouvez m’aider. Si vous voulez bien me recevoir.

- Vous aider ? Moi ? Et de quelle façon, je vous prie ?

Burns allait droit au but. Autant que Carolyn en fasse de même. « C’est vous qui avez autopsié le corps du Dr Elby. Le rapport d’autopsie a disparu de la morgue et il ne figure pas dans le dossier judiciaire.

Burns haussa les épaules. « Je ne vois pas en quoi je peux vous aider. Le rapport a dû être égaré par un stagiaire quelconque. Ça arrive souvent.

- Ce que j’espérais, c’est que vous ayez conservé une copie de ce rapport.

- Pour quelle raison ? Je suis un vieil homme à la retraite, je ne vois pas pourquoi j’aurais conservé une copie.

- Très bien. Vous avez été entendu lors du procès comme expert et vous avez dit à la cour qu’Elby avait été frappé à la nuque par une arme blanche, sans doute en bois. Pouvez-vous m’en dire plus ?

- Je n’ai rien de plus à ajouter. Cette histoire date de six ans, je ne m’en rappelle plus.

- Allons, Dr Burns, vous ne pouvez pas dire ça. Cette histoire a eu un impact tellement retentissant que vous ne pouvez pas ne pas vous en souvenir.

- Ecoutez, Mademoiselle, je vais vous donner un conseil. Oubliez cette affaire.

- Pourquoi ?

- Votre cliente est libre maintenant. Autant oublier.

- Ma cliente ne peut pas oublier cinq années passées en prison pour un crime qu’elle n’a pas commis simplement en claquant des doigts.

- Vous courez au-devant d’ennuis.

- J’ai l’impression que vous en savez beaucoup plus sur cette affaire que vous ne voulez en dire.

- Je n’ai rien à dire. Oubliez-moi et oubliez cette histoire.

Burns voulut refermer la porte, mais Carolyn, plus décidée que jamais, l’en empêcha d’un mouvement du bras. « Est-ce que vous connaissez le Dr Cal Fullerton ? 

- Je vous le répète, je n’ai rien à vous dire. Maintenant partez !

Cette fois, il fut plus fort qu’elle et referma la porte.

Devant la porte, Carolyn fulminait. Elle savait que Burns lui cachait quelque chose. Quelque chose de grave. En repartant, elle eut plus que jamais l’assurance que Burns connaissait le véritable assassin d’Elby.

 

***

 

Le Dr Jonathan Burns se passa une main sur les cheveux en soupirant. Il fallait bien que cette affaire remonte à la surface un jour où l’autre. Son cœur se mit à battre plus vite. Cette avocate semblait déterminée à connaître la vérité et aucun obstacle ne pourra l’arrêter.

Que faire ?

Tous les jours, il pensait à cette histoire. A cette femme jetée en prison pour un crime qu’elle n’avait pas commis.

Que faire ?

Il se dégoûtait à force d’y penser. Cette histoire le hantait, l’empêchait de fermer l’œil la nuit, de manger, de vivre convenablement.

Que faire ?

Il n’y avait qu’une chose à faire. Une seule chose qui pourrait le libérer de ce fardeau devenu, au fil des ans, insupportable. Il avait trouvé la solution.

Tranquillement, il monta dans la chambre, ouvrit l’armoire, en sortit une arme. Il descendit au salon, s’assit sur le canapé. Il avait toujours l’arme dans la main. Il se servit une bonne dose de whisky pour se donner du courage. Il avala la boisson comme s’il s’agissait d’un jus d’orange. Le liquide lui brûla la gorge. Puis il approcha l’arme de sa tempe, ferma les yeux et appuya sur la détente.

Le Dr Jonathan Burns, médecin légiste à la retraite, venait de mettre fin à tous ses problèmes.

 

 


à suivre...

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Marie A 31/10/2013 11:19

Eh ben, quel choc !
Il devait avoir subi de sacrées pressions au moment de l'affaire, pour qu'il ne voit pas d'autre solution pour s'en tirer :-(

Mr. Peyton 31/10/2013 14:05



Oui, encore une histoire dont le mystère s'épaissit. Mais quand donc cette ville de Peyton Place connaîtra-t-elle la plénitude totale ?