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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

# 589. Le premier édito

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Son carton en main, Carolyn peine à ouvrir la porte d’entrée du Cabinet d’Avocats Cord et Russell Associés. Une fois parvenu à cette opération délicate, elle entre dans la zone de réception. La moquette brune et les murs peints en couleur oranger donne un ton chaleureux à la pièce. Carolyn pense que le client, lorsqu’il entrera, se sentira tout de suite en confiance. Sur la gauche et sur la droite se trouvent deux bureaux se faisant face. Ces bureaux seront occupés par les secrétaires de Steven et de Carolyn. Au fond, trois portes. Celle de droite ouvre le bureau de Carolyn, celle de gauche celui de Steven. La pièce du milieu sera réservée aux archives. Dans un renfoncement, sur la gauche, une autre porte donne sur un bureau réservé au détective privé qu’ils s’apprêtent à embaucher.

Carolyn entre dans son bureau. Elle semble contrariée. Elle jette son carton sur le bureau en chêne en soupirant. Surpris par le bruit, Steven va la voir. « Carolyn, je ne vous attendez pas aujourd’hui. Je pensais ne vous voir que lundi.

- J’ai hâte de commencer. Et puis, le travail va m’aider à chasser mes idées noires.

Steven fronce les sourcils. « Quelque chose ne va pas ? »

- Tout va très bien. » Carolyn est peu convaincante.

Steven s’apprête à partir lorsque Carolyn reprend. « C’est toujours la même chose ! Je dois toujours payer le prix de ce que ma mère a fait ! »

Steven se retourne vers elle et s’approche. « Betty ? »

- Ce n’est pas seulement elle. Tout le monde – à part vous – me regarde de travers parce que j’ai le malheur d’être la fille de Marsha… La sorcière, comme tout le monde l’appelle. »

Steven est sincèrement désolé pour Carolyn. « Il ne faut pas que la méchanceté des gens vous atteigne. 

- Ce n’est pas de la méchanceté, Steven. C’est de la méfiance et je les comprends. Ma mère a tué mon père… Mais c’était il y a dix ans, elle était mentalement instable. Ce que les gens ont tendance à oublier, c’est qu’elle a été soignée et qu’elle n’est plus la même femme. Elle a changé. 

- Je suis vraiment désolé, Carolyn. Vous n’avez pas à pâtir de cela.

Carolyn sourit. « Vous êtes le seul dans cette ville à le penser… »

 

***

 

manoir des peytonLe grand salon du manoir des Peyton est divisé en deux. Au fond, un coin salon avec cheminée et une table en forme d’échiquier qui faisait la fierté de Martin Peyton, un canapé et deux fauteuils confortables changés récemment et donnant un aspect plus moderne que l’ancienne décoration jugée austère par Jack Peyton. En prolongement du salon se dresse une salle à manger avec une table pouvant accueillir une douzaine de convives. C’est là que la famille Peyton prend ses repas. La grande salle à manger, située à droite de l’entrée principale étant réservée aux grandes réceptions.

La table est dressée pour le dîner. Dans le coin salon, James savoure un Cherry comme apéritif. Jack entre dans la pièce en boitant. L’explosion du Peyton Professional, il y a six ans, lui a fait perdre la moitié une jambe. Il s’est alors fait faire sur mesure une jambe artificielle qui lui permet de se mouvoir sans grande difficulté.

Jack se dirige vers James et lui tend une feuille de papier, que le jeune homme saisit. « Qu’est-ce que c’est ? »

- Le premier édito du « New Clarion ».

James lit brièvement et lève la tête vers Jack. « C’est une plaisanterie. Tu veux que j’écrive un édito contre tes propres employés de la Fabrique… 

- Ils le méritent. Ils n’avaient pas à gâcher cette fête.

- Ils sont inquiets…

- Ils n’avaient qu’à régler ces problèmes à la Fabrique plutôt que de faire un scandale à l’inauguration.

- Je te rappelle qu’ils avaient demandé un rendez-vous qui leur a été refusé… par toi.

- La chose qui compte le plus pour cette ville, c’est le nouveau Peyton Professional et je n’admets que des gens viennent contester cette construction.

- Tu te trompes, Jack. Le Peyton Professional n’est pas la chose la plus importante pour la ville. Il est uniquement important à tes yeux. Tu te rends compte que tes employés crèvent de faim. Ils n’ont pas d’eau potable et vivent dans des taudis pendant que des pontes de la ville foulent une moquette impeccable dans ce nouveau bâtiment tellement luxurieux qu’il confine à l’écœurement.

Jack fronce les sourcils. « Peu importe ce que tu penses, je veux que tu publies cet édito. »

James se lève doucement. « Hors de question. Je ne veux pas que tu te mêles des affaires du journal. Ce qui veut dire ne pas y mettre ton nez, et encore moins écrire des éditos.

- Dois-je te rappeler que je suis le propriétaire de ce journal ?

- Dois-je te rappeler que j’en suis le rédacteur en chef ! C’est à moi de décider du contenu du journal et je ne vais certainement pas publier ce torchon. » Il lève la feuille de papier vers Jack.

Celui-ci montre son mécontentement par un regard froid. « Je t’ai donné une sacrée opportunité en te nommant rédacteur de chef du Clarion. Sans moi, tu serais encore pigiste dans une sombre feuille de choux. J’estime que tu me dois bien un édito. »

James regarde Jack dans les yeux. « Mon cher Père, si tu voulais faire de moi ton pantin en me nommant à ce poste, et bien c’est raté. » Il déchire la feuille en quatre et la jette dans la cheminée. « C’est moi qui tiens les rênes de ce journal et c’est à moi d’écrire les éditos. »

Jack est furieux. « Ne pousse pas le bouchon trop loin fiston. »

Au loin, on entend la sonnette de la porte d’entrée.

Les jumeaux Peyton, Gary et Colleen, dévalement les escaliers menant au vestibule. Gary arrive le premier en bas. « Je vais ouvrir ».

Colleen, devenue une jeune fille très jolie, ne demande pas mieux et entre dans le salon.

Gary ouvre la porte et se retrouve devant la femme au chapeau de paille qu’il avait vu ce matin, lorsqu’il était sur la plage avec Amanda. De nouveau, un sentiment de malaise l’envahit. « Vous désirez ?... »

La femme au chapeau lui sourit. Gary pâli et commence à comprendre ce qui arrive. La femme enlève ses lunettes, puis son chapeau et laisse tomber ses cheveux bruns sur ses épaules. « Bonjour, Gary. »

Gary est tétanisé. Il ne sait que faire… que dire…

Des larmes commencent à monter aux yeux de la femme. « J’ai rêvé de ce moment tous les jours depuis…

Elle se tait. Gary la regarde intensément et fini par dire ce simple mot. « Maman... »

Colleen arrive au même moment. « Gary, qu’est-ce que tu fais, le repas est… »

Elle s’arrête brutalement en voyant la femme sur le pas de la porte.

Lisa Peyton remarque avec émotion que sa fille lui ressemble beaucoup. Les mêmes cheveux bruns, les mêmes yeux marron et le même petit nez retroussé. Elle est émue. « Colleen… »

Colleen réagit différemment de Gary. Elle se plante devant sa mère avec un air de défi. « Qu’est-ce que tu fais ici ? Ils t’ont libéré de prison ou tu t’es évadée ? »

Lisa est déstabilisée par l’attitude agressive de sa fille. « J’ai purgé ma peine. »

- Je croyais que tu en avais pris pour vingt ans. »

- Mon procès a été révisé et j’ai eu une remise de peine. »

- Qu’est-ce qui se passe ici ? » Jack arrive en clopinant. Il est aussi surpris que les jumeaux. « Lisa ! Je ne pensais jamais te revoir. »

- Tu pensais vraiment que je ne viendrais pas prendre des nouvelles de mes enfants ? »

Colleen s’écrie : « Tu n’as plus d’enfants. Tu les as abandonnés après avoir commis ces crimes affreux.

- Je suis venue pour m’expliquer.

Colleen se fâche. « Expliquer quoi ? Que tu as tué papa… ton propre mari… et son médecin pour le faire taire ? Que tu as enterré son corps dans le jardin de notre maison ? Nous savons tout cela, Maman. Nous savons depuis longtemps tout ce que tu as fait…

- Ce n’est pas comme ça que ça s’est passé, chérie.

Attiré par la voix en colère de sa sœur, James vient à son tour et regarde sa mère. « Maman… »

Colleen regarde Lisa droit dans les yeux. « Ce n’est plus notre mère… C’est un monstre.

Lisa avance ses bras vers sa fille. « Colleen, laisse-moi t’expliquer…

Colleen devient hystérique. « Il n’y a rien à expliquer. Fiche le camp d’ici. Fiche le camp de nos vies !

Lisa balbutie. « Il faut que tu m’écoutes… Ecoute-moi je t’en prie. »

- Je ne veux pas t’écouter. Tu nous as fait assez de mal comme ça ! On ne veut plus te voir.

La haine de Colleen impressionne tout le monde. Jack s’approche de Lisa. « Tu devrais partir, Lisa. »

Lisa regarde tour à tour, Jack, Gary, James et Colleen et s’enfuit en courant.

 

 


A suivre...

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Marie A 20/09/2013 19:14

Autant l'année passée on avait envie de la gifler, autant on a de la compassion pour Lisa ! Espérons qu'elle réussisse à donner à Cal ce qu'il mérite !

Ah, et bravo James :-)

Mr. Peyton 21/09/2013 09:42



Après tant d'épreuves subies, il était peut-être temps pour Lisa de manifester un peu d'humanité. Et puis, comme je le dis souvent, malgré tous ses défauts, ses enfants sont tout pour elle. Et
c'est sur ce sujet qu'elle se montre le plus vulnérable. 


Bon weekend