Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Episode 1020

Episode 1020

Sutton a attendu toute la journée avant d’aller rejoindre Scott dans sa chambre. Elle ne lui avait pas posé de questions sur ce qu’ils allaient faire chez Manuel. Elle était trop préoccupée par ce qu’elle allait dire à la barre pour son témoignage demain. 

Devrait-elle parler de ses délires ? Son journal intime où elle faisait semblant d’être la maîtresse de Manuel ? Non, ça ne ferait de toute façon pas avancer l’enquête. 

Devrait-elle dire qu’elle s’était introduite chez Manuel à son insu et qu’elle s’était glissée dans son lit en attendant son retour ? Sur ce point, elle n’avait pas le choix. Elle pensait dire à la Cour que c’était pour lui faire une blague, que quelques jours auparavant ils avaient parlé d’un roman qu’ils avaient chacun lu et qui parlait d’une femme qui faisait tout pour séduire un homme et, pour rire, elle avait dupliqué une des scènes du roman.

Ça pouvait coller, mais si jamais on lui demande le titre du livre ? Ou son auteur ? Il n’existe pas. Elle pourrait toujours dire qu’elle ne s’en souvient plus… Mais comment ne pas se souvenir d’un livre qui vous marqué ? 

Elle est alors allée voir Ellen pour des conseils, et comme elle s’y attendait, Ellen lui a dit qu’elle devait s’en tenir à la stricte vérité. Sutton n’avait pas envie qu’on sache qu’elle voulait allumer Manuel. Ellen lui a dit : « Tu es responsable de tes actes, et tu dois les assumer. Dis à l’avocat, s’il te le demande, que tu étais tombée amoureuse de lui. Parce que c’est le cas, n’est-ce pas ? »

Ellen avait raison. Sutton avait fait quelque chose de stupide, mais pas quelque chose de mauvais.

Le soir venu, à la demande de Scott, elle revêt un pantalon et une chemise noire, et couvre sa tête blonde d’un bonnet noir que Scott lui a prêté.

En entrant dans la chambre de son frère, elle le voit qui fourre des objets dans un sac, ainsi qu’un soda et un sandwich emballé dans de la cellophane. 

SUTTON : Tu veux piqueniquer dans la maison de Manuel ? 

SCOTT : Tais-toi et suis-moi !

Ils sortent en catimini de la maison et remontent Chesnut Street jusqu’à la maison de Manuel Amos, ayant autrefois appartenue à Paula Dixon. Il fait nuit noire, seuls les réverbères projettent une lumière artificielle sur l’asphalte. Les nuages sont noirs, cachent la lune et menacent d’envoyer sur terre de gros flocons de neige. Demain, il est possible que Chesnut Street se réveille vêtue d’un blanc manteau. 

Scott fait entrer Sutton par une fenêtre en lui faisant la courte échelle. Il lui demande de ne pas dire un mot. Sutton, dont un des nombreux points faibles à l’école est le sport, parvient avec difficulté à se hisser par la fenêtre et elle atterrit comme un poids mort dans le salon. La pièce où Manuel a cessé de vivre… Le cœur de Sutton se soulève à cette pensée.

Scott arrive rapidement dans le salon et rabat la vitre de la fenêtre de façon à faire croire qu’elle est fermée.

Il allume une lampe torche. En balayant la pièce, Sutton la trouve sordide. Comme si le spectre de Manuel était encore là, comme s’il était caché derrière le fauteuil et qu’il allait bondir hors de sa cachette en criant : « Surprise ! »

C’est presque ça qui s’est passé, finalement. Bon, ce n’était pas Manuel, ni son fantôme, et la personne qui a surgit de derrière le fauteuil n’a pas crié « Surprise ».

Sutton, bouche bée, observe une jeune fille d’origine afro-américaine qui, timidement, dévoile ses cheveux bouclés et ses yeux noirs. Dès qu’elle voit Sutton, elle se rabaisse. Sutton se tourne vers son frère.

SUTTON : Qu’est-ce que c’est que ça ? Tu peux m’expliquer ?!

SCOTT : On est là pour ça, je te rappelle. 

Puis il s’adresse à la jeune fille.

SCOTT : N’aies pas peur, c’est ma sœur, Sutton. Je t’ai déjà parlé d’elle. 

La jeune fille sort timidement de sa cachette. Scott peut alors faire les présentations.

SCOTT : Sutton, je te présente Edina Jackson. 

SUTTON : Et qu’est-ce qu’Edina Jackson fait ici ? Tu peux me le dire ? 

SCOTT : Allons dans la cuisine, à l’arrière de la maison, on est sûrs de ne pas être vus. 

Une fois dans la cuisine, Scott sort le sandwich et le soda. Edina se précipite sur la collation comme si sa vie en dépendait. Et Sutton pense que sa vie doit en dépendre. Elle est très maigre et ne doit pas manger à sa faim. 

SUTTON : Tu aurais pu lui rapporter un dessert, quand même ! 

Scott sort le Clarion.

SCOTT : Je t’ai aussi rapporté le journal du jour, au cas où tu voudrais t’informer.

EDINA : Merci, Scott.

C’est la première fois qu’elle parle, elle a une voix fluette. 

Sutton s’assoit à la table de la cuisine.

SUTTON : Parfait ! Tout ceci est très conviviale, mais maintenant j’aimerais savoir ce que tu fais ici. 

SCOTT : Elle vient de New York.

SUTTON : Elle a aussi une langue, il me semble. 

Edina termine son sandwich. 

EDINA : Je me suis enfuie de mon foyer. 

SUTTON : Quel âge as-tu ? 

EDINA : Quatorze ans. 

Sutton se tourne vers son frère.

SUTTON : Scott, c’est qu’une gamine ! Il faut prévenir les services sociaux, ou la police. 

EDINA : Non ! Ils vont me renvoyer en foyer et je ne veux plus…

Elle s’interrompt. 

SUTTON : Tu ne veux plus… ?

SCOTT : Edina subit des attaques de son surveillant. 

EDINA : Il me regarde comme si j’étais… comestible. 

SUTTON : OK, je comprends. Et c’est pour ça que tu t’es enfuie. Mais tu sais que la police est là pour te défendre ?

EDINA : Il n’y a pas que ça…

SUTTON : OK, commence par le début.

EDINA : Quand ma mère a accouché de moi, elle m’a laissée à l’orphelinat. Elle n’avait pas les moyens de m’élever et ne voulait pas demander à mon père de me prendre en charge. Il n’était pas mûr pour s’occuper de moi. J’ai été dans plusieurs familles d’accueil, puis j’ai atterri au foyer l’année dernière. C’est très dur là-bas. Un peu comme une prison. Je n’avais qu’une hâte, c’était m’enfuir de cet enfer. 

SUTTON : Ce que tu as fait. 

EDINA : J’ai profité d’une sortie au parc pour me sauver. J’ai couru jusqu’au port et sans que personne ne me voit, je me suis engouffré dans la cale d’un bateau de marchandise. 

SUTTON : Bateau qui était à destination de Peyton Place, je suppose.

SCOTT : En déchargeant le bateau, c’est là que j’ai vu Edina. Elle m’a raconté son histoire et j’ai décidé de l’aider.

SUTTON : En la cachant dans une maison sous scellée où un meurtre s’est déroulé. Tout ça sans penser aux conséquences. 

SCOTT : C’est vrai qu’aider son prochain, toi tu connais pas. 

SUTTON : Scott, tu as violé une scène de crime. Les scellés sont encore posés, ça veut dire que la police n’a peut-être pas terminée son travail.

SCOTT : Le coupable est arrêté de toute façon. 

SUTTON : Tu as vraiment un poids chiche à la place du cerveau. 

SCOTT : Tu ne vas rien dire à Ellen, n’est-ce pas ? 

SUTTON : Pas pour l’instant, mais un jour où l’autre, il faudra bien faire quelque chose. Edina, qu’est-ce que tu comptes faire ? Te cacher ici jusqu’à ta majorité ? Parce que je te préviens, ça ne pourra pas se faire.

Edina fait non de la tête.

EDINA : Si je suis à Peyton Place, ce n’est pas par hasard, c’est pour une bonne raison. J’ai fouillé dans les dossiers du foyer et j’ai appris que mon père habite à Peyton Place. Ou en tout cas habitait ici au moment de ma naissance. 

SUTTON : Et il s’appelle comment, ton père ?

EDINA : Lew Miles. Je voudrais le connaître, peut-être qu’il pourra m’aider ? 

SUTTON : Et ta mère ?

EDINA : Je ne sais pas où elle est. Ne dis à personne que je suis là, d’accord ? Je vais essayer de retrouver mon père et après, vous n’entendrez plus parler de moi. 

Sutton soupire. Elle n’a pas d’autre choix que se taire pour l’instant.

A suivre...

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article