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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Episode 1016

Episode 1016

Dans la voiture qui les emmène chez les Rossi, Mike et Melissa se remémorent leur années fac avec nostalgie. Mike est heureux de pouvoir retrouver son amie qu’il n’avait pas vue depuis des lustres. Ils avaient une relation particulière, qui n’a jamais dépassé le cadre de l’amitié. Mike a toujours considéré Melissa comme une sœur. Il aimait se confier à elle lorsqu’il avait des problèmes et elle savait l’écouter et lui prodiguer conseils. Pas étonnant qu’elle ait choisi une carrière en psychiatrie. 

Mike en vient à l’objet de la visite de Melissa.

MIKE : Je te remercie d’être venue. 

MELISSA : L’hôpital de New York me devait de nombreux jours de congés, alors j’en ai profité. 

MIKE : Tu profites de tes congés en travaillant ! Je sais que tu as toujours été une sacrée bosseuse, mais quand même…

MELISSA : Ce que je viens faire ici, je ne le considère pas comme un travail, mais plutôt comme une façon d’aider un vieil ami. 

MIKE : Tu sais que le Dr Steward va prendre sa retraite dans quelques semaines.

MELISSA : Mildred ? Mon Dieu, je ne l’ai plus vue depuis le séminaire de 1978.

MIKE : La place est libre, si jamais tu te décidais à quitter New York. 

MELISSA : Pour venir vivre à Peyton Place (elle rit), moi dans une petite ville ? Qu’est-ce que je ferais de mes journées ?

MIKE : Tu travaillerais. 

Melissa se met à rire.

MELISSA : Tu ne me feras pas dire qu’il y a plus de patients pour psychiatre dans cette petite ville qu’à New York.

MIKE : Hey ! On est à Peyton Place. Ici, les psychiatres sont des aides de premières nécessités. Mildred pourra te le dire. D’ailleurs, si tu es d’accord on pourra déjeuner ensemble tous les trois un de ces jours ?

MELISSA : Ça me fera plaisir de revoir Mildred.

Ils arrivent chez les Rossi. 

MIKE : En tout cas, essaie de songer à ma proposition. 

Ils entrent dans la maison et Mike aperçoit Paula assise sur le canapé, la tête tournée vers la baie vitrée qui offre une belle vue de l’Océan. 

MIKE : Bonjour chérie.

Paula ne répond pas, comme si elle ne l’avait pas entendu venir. Sur le pas de la porte, Melissa observe et ne dis rien. Mike appelle Paula une seconde fois, puis comme il n’a pas de réponse, il lui touche l’épaule. Cette fois elle réagit en sursautant légèrement, puis elle se tourne vers Mike.

PAULA : Bonjour.

MIKE : Comment te sens-tu aujourd’hui ?

PAULA : Aujourd’hui ? (elle plisse le front)… quel jour sommes-nous ? 

MIKE : On est lundi aujourd’hui.

PAULA : Ah…

Puis Paula tourne de nouveau la tête vers l’Océan.

MIKE : Paula ?

Pas de réaction, de nouveau Mike pose la main sur son épaule, et de nouveau Paula sursaute.

PAULA : C’est si beau la mer, tu ne trouves pas. C’est si apaisant.

Puis elle retourne à sa contemplation. Melissa s’approche. 

MIKE (à Paula) : Chérie, je voudrais te présenter quelqu’un. 

Melissa intervient.

MELISSA : Bonjour Paula, je m’appelle Melissa Kerrigan et je suis une amie de votre mari. 

Paula regarde toujours par la fenêtre. Melissa fait signe à Mike de lui laisser le champ libre. Elle sort de son sac un sachet en papier. 

MELISSA : J’ai ramené du thé vert au gingembre et au citron. Tu veux bien nous en faire une tasse, à Paula et moi ?

Mike prend le sachet et s’exécute. Une fois seule avec Paula, Melissa tombe elle aussi sous le charme de la vue depuis la baie vitrée. 

MELISSA : Moi aussi j’aime l’océan. Vous savez comment je le préfère ? Quand il est en colère, quand le vent souffle fort et que les vagues viennent chuter sur les rochers. Et vous Paula ? Vous aimez voir la mer se déchaîner ? 

PAULA : Je la préfère calme. C’est tellement mieux. 

MELISSA : Ça vous apaise, n’est-ce pas ?

Paula se tourne vers Melissa comme si elle la voyait pour la première fois.

PAULA : Qui êtes-vous ?

MELISSA : Une amie d’enfance de Mike. Je m’appelle Melissa. Je suis là pour vous aider, Paula.

PAULA : Je n’ai pas besoin d’aide. 

MELISSA : De quoi avez-vous besoin ? 

PAULA : De rien.

MELISSA : Tout le monde a besoin de quelque chose dans la vie. 

PAULA : Alors peut-être que j’ai besoin de contempler l’océan.

Une pause, avant que Melissa ne reprenne : 

MELISSA : Lorsque j’étais enfant, j’étais très attirée par l’océan. Toute petite, je m’amusais à sautiller sur les vaguelettes sur la plage. Un jour, j’ai voulu aller plus loin, je voulais découvrir ce qu’il y avait dans ce grand bleu. J’ai avancé… avancé, jusqu’à ce que je perde pied. J’étais trop petite pour savoir nager, mais au lieu de me débattre, je me suis laissée glisser par la mer, je sentais qu’elle me prenait pour elle, qu’elle me voulait. Et puis mon père est venu et m’a ramené à la rive. Pendant de longues années, je n’ai plus vu la mer, mes parents m’interdisaient de l’approcher. En vacances, nous partions toujours à la montagne. Moi, tout ce que je voulais, c’était retourner dans l’océan, et à nouveau m’imprégner de cette sensation d’être happée, dominée par une force supérieure. A ma majorité, je suis partie en vacances en France, sur la côte ouest et j’ai retrouvé l’océan. J’ai fait la même chose que lorsque j’étais enfant, je suis allée dans l’eau jusqu’à y perdre pied. Mais ce n’était plus la même chose. Le rapport de force avait changé. Je n’étais plus l’enfant qui avait failli se noyer, j’ai réussi à dompter l’océan. C’est comme si nous étions à égalité, lui et moi. Et j’ai eu la sensation alors d’avoir le même pouvoir que lui. C’était enivrant. 

Mike, le plateau supportant les tasses de thé à la main, reste sur le pas de la porte et écoute Melissa. 

MELISSA : Vous savez ce que je crois, Paula ? Je crois qu’on a tous une force en nous qui nous aide à vivre. Parfois, cette force reste enfuie en nous et c’est ce qui nous ralenti, qui nous empêche d’aller de l’avant. 

Paula se tourne vers Melissa : 

PAULA : Et vous avez trouvé le moyen d’aller de l’avant en combattant l’océan. 

MELISSA : En le domptant. Chacun a des démons en soi, il faut savoir les dompter, leur faire comprendre qu’on n’a pas peur d’eux. C’est comme ça qu’on arrive à les combattre.

Après avoir bu le thé et fait un laïus sur les bienfaits du thé vert, Melissa repart, accompagnée par Mike. Paula n’a pas dit grand-chose et ne s’est pas mêlée à la conversation, mais Mike avait l’impression qu’elle écoutait. 

MIKE : J’ai l’impression qu’elle va déjà mieux.

MELISSA : Le processus sera long. Tu ne vas pas retrouver la Paula que tu connaissais du jour au lendemain, mais j’ai bon espoir. J’ai vu qu’elle avait compris mon histoire, le tout sera de mettre en pratique la théorie. Il va falloir que je creuse, et je pense que je creuse très profond pour savoir ce qui bloque en elle.

Mike hausse les épaules.

MIKE : C’est évident, voyons ! C’est le viol il y a quinze ans et le fait de découvrir qu’elle a un fils. 

MELISSA : Tu me parles là des conséquences de son état. Mais le réel traumatisme qui a fait que ta femme est restée pendant quinze ans sans que son cerveau n’arrive à assimiler l’agression et l’accouchement, c’est ça que je dois chercher. C’est peut-être le viol, mais ça peut remonter à plus loin encore. 

MIKE : Est-ce que tu penses qu’elle pourra redevenir la Paula que j’ai connu ?

MELISSA : Je te l’ai dit, Mike. J’ai bon espoir. 

MIKE : En tout cas, merci pour tout.

Melissa sourit.

MELISSA : C’est à ça que servent les amis.

A suivre...

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Betty 10/01/2020 17:37

Meilleurs voeux pour cette nouvelle année 2020, que tous vos souhaits se réalisent...

Paula ne va vraiment pas bien !
Je ne sais pas si j'aurai parlé de l'océan et apprendre à le maitriser.
Paula va peut-être essayer et se faire "engloutir" à tout jamais.

Mr. Peyton 28/01/2020 07:02

Merci chère Betty,
A mon tour, je vous souhaite une très belle année 2020 remplie de bonheur et de santé.
Quant à Paula... espérons que sa thérapie fonctionne..