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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Episode 999

Episode 999

Gloria Emmerson entre dans le bureau de Jack Peyton au moment où ce dernier s’apprête à raccrocher. Il lui fait signe d’entrer.

- Bien, merci Julie. Non, ce n’est pas un problème. Qu’elle prenne le temps qu’il faut et qu’elle nous revienne en forme.

Il raccroche et se frotte le front avec sa main. Gloria hausse les sourcils.

- Betty ? 

- Elle ne viendra pas aujourd’hui. Visiblement, elle n’est pas encore bien remise des événements. 

- Pauvre petite. Avec tout ce qui lui tombe dessus en ce moment… 

Elle s’arrête un instant, puis regarde Jack.

- Mais dis-moi, pour quelqu’un qui n’aime pas Betty, tu sembles te faire beaucoup de soucis pour elle. 

Jack sourit faiblement.

- Betty et moi, c’est une sacrée histoire. Nous n’avons pas toujours été ennemis. On a même failli se marier un jour. Il y a bien longtemps de ça.

Gloria ne feint même pas la surprise.

- Je sais. 

- Pourquoi ça ne m’étonne pas ?

- Parce que tu es comme moi Jack, quand tu fais affaire avec une personne, tu épluches sa vie. C’est ce que j’ai fait avec toi. 

Jack semble perdu dans ses pensées.

- C’était un drôle de mariage. Interrompu par le mari disparu de Betty, et par une tentative d’assassinat de mon frère sur ma personne, tentative qui s’est retourné contre lui. 

Gloria hoche la tête.

- Parce qu’il venait de découvrir que tu étais le vrai père de James.

Cette fois, Jack souligne son étonnement par un haussement de sourcils.

- Tu sais que tu me fais peur, parfois. Tu en sais plus sur moi que moi sur toi. 

Ils sont interrompus par le bourdonnement de l’interphone. Jack décroche.

- Oui, Marnie…

- Monsieur Buswell est ici. Il souhaite vous parler.

- Seth ?

Jack est contrarié. Cet homme ne lui rappelle que de mauvais souvenirs. 

- Qu’il prenne rendez-vous, je n’ai pas le temps de le…

Mais déjà Seth ouvre la porte du bureau, suivi par une Marnie paniquée.

- Je suis désolée, Monsieur, mais…

Seth sourit à Jack.

- Monsieur Peyton, ça ne prendra qu’un moment. 

Jack capitule. Après tout, autant qu’il le reçoive maintenant pour en finir. 

- C’est bon Marnie. 

Seth entre. Gloria se lève de sa chaise et s’adresse à Jack.

- On se voit tout à l’heure, j’ai un projet à te soumettre sur les emplacements des bungalows. 

Elle s’en va sans même saluer Seth. 

Celui-ci s’avance vers Jack. 

- M’sieur Jack, vous allez bien à ce que je vois. 

Jack soupire. Il souhaite abréger la conversation rapidement.

- Seth, qu’est-ce que vous voulez ?

- Ben voilà. Y’s’trouve que l’pauvre M’sieur Manuel est mort. Paix à son âme. Alors je m’demande si ça vous dirait de m’reprendre à l’Usine en tant que Chef d’Equipe. 

- Non, ça ne me dit rien.

- Z’avez besoin d’un chef, M’sieur. Et j’connais l’boulot. Même avec un doigt en moins, j’peux diriger la Fabrique. 

- Non, vous n’y connaissez rien, Buswell. 

- J’suis un bon élément pour la Fabrique. J’y ai travaillé depuis des années. Et puis, savez, j’ai une famille maintenant. J’ai une petite fille, elle s’appelle Clara et elle…

- Ecoutez Seth, je ne peux pas vous reprendre. 

Seth accuse le coup.

- Pourquoi ?

- Parce que vous n’êtes pas un bon élément pour la Fabrique, comme vous dites. Vous êtes un ivrogne qui ne se soucie pas le moins du monde de la sécurité du personnel. Si je vous ai nommé chef de la Fabrique, c’était parce que vous étiez manipulable. A travers vous, c’était moi le vrai boss, vous n’avez été qu’une image pour la Fabrique : celui du vieil ouvrier expérimenté que tout le monde écoutait. Mais vous avez perdu cette image à l’instant même où Manuel Amos a pris votre place. Vous êtes devenu aigri, vous avez commencé de nouveau à boire, et vous avez tout fait pour mettre des bâtons dans les roues d’Amos. 

- Parce que ce poste était pour moi, M’sieur Jack. J’me suis battu pour le reprendre. Ça devrait vous satisfaire de savoir qu’on se bat pour un job. 

- Je n’appelle pas ça se battre, Seth. Vous avez dépassé les bornes avec Manuel Amos et je n’ai plus aucune confiance en vous. 

Seth n’abandonne pas. 

- Alors vous avez p’tête un aut’ job pour moi. J’sais pas… simple ouvrier.

Jack secoue la tête. 

- Désolé, Seth. Votre avenir n’est plus à la Fabrique. Maintenant, je vous demanderais de sortir de ce bureau et de ne plus revenir m’importuner. 

- Mais M’sieur Jack, je…

Jack interrompt la conversation avec un haussement de ton. 

- Au revoir, Monsieur Buswell ! 

Seth tourne les talons et sort penaud de la pièce.

 

***

Mike a besoin de reprendre une gorgée de whisky.

- Tu… es vraiment le fils de Paula ?

Craig acquiesce d’un hochement de tête. Mike n’arrive pas à croire.

- Paula m’a juré qu’elle n’était pas ta mère ! Jamais elle n’aurait osé me mentir sur un sujet pareil !

- C’est plus compliqué que ça, Mike. 

- Alors explique-moi, parce que là je suis perdu. 

Craig s’enfonce dans le canapé et prend une profonde inspiration.

- C’était quand Paula était étudiante à New York. C’était les vacances de Thanksgiving et elle revenait passer les fêtes chez ses parents à Peyton Place. L’autocar l’a laissée à White River car une tempête de neige empêchait le conducteur d’aller jusqu’à Peyton Place. Paula aurait dû rester la nuit à White River, mais elle a préféré braver la tempête. Elle s’est installée au bord de la route et a commencé à faire de l’autostop. Une voiture s’est arrêtée, et le cauchemar a commencé. 

Mike ferme les yeux. Il a peur d’entendre la suite. Craig poursuit : 

- Paula est tombée sur la mauvaise personne. Le conducteur était seul, c’était un homme. Il a roulé quelques kilomètres et s’est arrêté, prétextant que la tempête l’empêchait d’avancer. Paula a tout de suite flairé le danger et elle a tenté de sortir de la voiture. Mais l’homme l’en a empêché. Il l’a violée et battue, puis il l’a laissé pour morte sur le bas-côté de la route, dans la neige. 

Mike n’en peut plus. Il se lève et va se servir un whisky. Ses mains tremblent lorsqu’il verse le liquide dans le verre. Il regarde par la baie vitrée, comme si le paysage pourrait le calmer, apaiser la tristesse et la colère. Mais rien n’y fait. Il sait que Craig va reprendre son histoire. Il n’a plus envie d’écouter. Pourtant il le doit. 

- On a retrouvé Paula le lendemain. C’est un couple qui était en voyage de noces et qui parcourait la Nouvelle Angleterre en voiture. Grâce à Dieu, Paula était en vie, grâce au manteau qu’elle portait et qui l’a empêché d’être en hypothermie. On l’a conduite à l’hôpital où elle est restée quelques jours dans le coma, et lorsqu’elle s’est réveillée…

- Ça suffit ! interrompt Mike. Je ne veux plus rien entendre. 

Craig se lève et va rejoindre le médecin.

- Je sais que c’est dur à entendre… Mais tu dois tout savoir… pour Paula, et pour comprendre ce que je fais ici !

Mike pousse un profond soupir et d’un mouvement de tête, invite le jeune homme à continuer.

- A son réveil, Paula ne réagissait pas. Elle était dans un état qu’on appelle catatonique. En tant que médecin, tu dois savoir ce dont il s’agit. 

Oui, Mike savait très bien ce dont il s’agit. Un état catatonique : refus systématique de toute situation, passivité, raideur corporelle généralisée. Généralement, le patient ne bouge plus, ne parle plus, n’a plus conscience de ce qui l’entoure. 

Craig poursuit :

- Plus tard, les médecins ont découvert que Paula était enceinte. Mais son état ne s’améliorait pas. Elle a accouché sans s’en rendre compte. De moi. Et comme elle ne pouvait pas s’occuper du bébé, les parents de Paula ont confié l’enfant à son grand-oncle, qui vivait en Australie. Et un beau jour, un an après très exactement, l’état de Paula s’est amélioré. Elle est revenue à elle, mais elle avait tout, absolument tout oublié : le viol, l’accouchement… Alors les parents de Paula ont pris une décision qui a eu de lourdes conséquences : ne rien dire à Paula. D’après eux, s’ils lui avaient parlé du bébé, ils auraient dû lui parler de la nuit d’enfer sur la route en pleine tempête de neige. Et ils ont eu peur que si elle se rappelait ce moment, elle finirait par retomber dans un état catatonique. Paula était très fragile à l’époque. 

- Alors ils n’ont rien dit pendant toutes ces années…

- Oui. Ils ont attendu un an, le temps que Paula se remette complètement, pour partir en Australie élever l’enfant. 

- Comment Paula a-t-elle appris la vérité ?

- Au début, la mère de Paula ne voulait rien dire. Mais à force d’insister, elle a fini par tout lâcher. Paula a eu des flashes sur ce qui s’était passé et elle a commencé à tomber en dépression. J’ai cru qu’il était bon pour elle de revenir à Peyton Place, auprès de toi. 

- Cacher pendant si longtemps l’existence d’un enfant à sa fille. Quels monstres ! 

- Je ne veux pas prendre leur défense, mais ils ont eu peur pour elle. Voir leur fille dans un état catatonique pendant plus d’un an, et une fois qu’elle se réveille vivre avec la peur au ventre qu’elle ne retombe malade, ils ont pris la mauvaise décision, mais ils avaient surtout voulu épargner Paula.

Craig pose une main sur l’épaule de Mike. 

- Je suis désolé.

A suivre...

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