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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Episode 996

Episode 996

De retour à son bureau, Carolyn salue sa secrétaire et lui trouve un air maussade. Celle-ci lui dit que trois clients ont appelé pour annuler leur rendez-vous. Puis elle ajoute : « Il va falloir que vous repreniez certains dossiers importants de Maître Cord. Vous allez devoir travailler deux fois plus. »

Ce n’est pas le souci principal de Carolyn. Elle décidera dans quelque temps comment faire : si Steven reste en prison, elle fera venir un avocat pour le remplacer temporairement, ou bien elle fera appel à un cabinet de White River. L’important pour l’instant est de faire sortir Steven de l’impasse dans laquelle il se trouve. 

Ça ne va pas être facile, songe Carolyn. 

En rentrant dans son bureau, elle fronce les sourcils. Son mug et le thermos de café se trouvent sur le plan de travail. A côté, bien plié, le Clarion attend d’être lu.

Ce n’est pas bon signe. Si sa secrétaire a posé le journal sur son bureau, c’est qu’il y a quelque chose d’important qu’elle doit lire.

Elle s’assoit et se sert une rasade de café, puis elle ouvre le Clarion et croit que son cœur va lâcher. En tout cas, il fait des bons incroyables dans sa poitrine. 

La première page annonce la couleur avec un titre qui en dit long. « Meurtre à Peyton Place. Un avocat réputé soupçonné. »

Carolyn dévore l’article et son sang se glace au fur et à mesure des paragraphes. 

Tout est dit. La liaison de Betty et Amos, le fait que Steven est allé voir la victime quelques heures avant le meurtre et l’avait menacé avec une arme qui ressemble étrangement à celle qui a servi à tuer Manuel Amos. 

A l’intérieur du journal, trois pages complètes sur les événements, avec une biographie de Steven et de Betty. Encore heureux qu’on ne mentionne pas la grossesse de Betty.

Carolyn jette le Clarion à la poubelle. Elle enrage. Maintenant que la ville est au courant de l’arrestation de Steven, le cabinet risque de couler. Plus personne ne va vouloir être défendu par un criminel présumé.

Tout à coup, elle fait le rapprochement avec les trois annulations de rendez-vous. Trois clients qui ont lu le Clarion sûrement. 

Carolyn réfléchit à un moyen d’enrayer les annulations. Elle appelle sa secrétaire à l’interphone. « Donnez-moi les coordonnées des trois clients qui ont annulé. Et s’il y a d’autres clients qui téléphonent pour annuler leur rendez-vous, passez-les-moi ! »

Elle va appeler les trois clients récalcitrants et, avec toute sa verve d’avocate, va tenter de minimiser l’affaire en leur parlant d’un malentendu. Ça ne sera pas facile… rien ne va être facile dans les jours qui vont venir.

L’interphone bourdonne. Carolyn décroche pensant que sa secrétaire allait lui donner les coordonnées des trois clients, mais non. « J’ai Julie Anderson sur la 2. »

Carolyn appuie sur le bouton 2. « Julie ? »

A l’autre bout du fil, la mère de Betty semble angoissée. « Je suis convoquée par la police pour faire une déposition ! »

Carolyn emploie un ton doux pour rassurer Julie. « C’est normal, ils veulent connaître votre version. 

-Mais que dois-je leur dire ?

-La vérité, tout simplement. Tenez-vous en à cela. Et Julie… surtout n’occultez rien. Répondez franchement aux questions, c’est la seule façon d’aider Steven.

-Je n’en suis pas aussi sûre.

-C’est si vous mentez que Steven risque gros. Et vous aussi. La vérité, quelle qu’elle soit, est toujours la meilleure solution et c’est la vérité qui aboutira à la résolution de cette enquête. Je passe vous chercher, nous irons toutes les deux au poste de police. »

Julie raccroche, un peu plus rassurée. 

Quant à Carolyn, elle se passe une main dans les cheveux en soupirant. 

Cette histoire est un vrai merdier ! 

 

***

 

Betty avait prévu d’entrer dans le bureau de James et de jeter le Clarion sur sa table. La colère aidant, elle est entrée dans le bureau, a refermé la porte en la claquant, et a jeté le Clarion non pas sur la table, mais en plein dans le visage de James, après l’avoir frappé avec derrière la tête. « Comment as-tu pu nous faire une chose pareille ! »

James n’en mène pas large. « Betty, je…

-Tu viens de détruire ma vie, James. Et celle de Steven aussi ! »

James se lève. « Excuse-moi Betty, mais là tu inverses les rôles. Tu n’as pas eu besoin de moi pour détruire ta vie… »

Betty pleure de rage. Elle secoue la tête. « Ce qui est écrit là est un tissu de mensonges !

-Si tu lis l’article, nous ne parlons que de suppositions et de rumeurs. 

-Ça suffit à faire de Steven un coupable idéal pour un meurtre et à moi une coupable idéale pour adultère !

-Je suis désolé, Betty…

-Ça tu peux l’être ! En venant ici, j’ai longé les murs, tout le monde me regarde bizarrement depuis cet article. La ville entière me juge, je suis humiliée, montrée du doigt… Ma vie est fichue. Tout ça pour vendre ton torchon ! Tu me dégoûte ! Je ne vais pas en rester là, je vais attaquer le journal en justice et je vais te faire payer amèrement cet article. 

James n’a pas le temps de répondre. Betty s’en va en claquant la porte. 

Il se rassoit et soupire, maudissant Debbie Michels et son article, mais quelque chose au fond de lui le laisse penser que Debbie n’a fait que son travail et que l’article n’attaquait pas Betty de front. Debbie n’avait émis aucune certitude dans son article, elle a simplement interrogé des habitants de Chesnut Street. C’est plutôt à eux que Betty devrait en vouloir.

 

***

 

Carolyn et Julie sortent du poste de police. L’avocate passe un bras derrière le dos de la mère de Betty. « Vous voyez, ce n’était pas si terrible que ça de dire la vérité. »

Julie n’est pas convaincue. « Même si ça implique de devoir enfoncer Steven ?

-Je vous l’ai dit Julie, on n’obtient que des ennuis en mentant à la police. C’est à travers la vérité qu’on solutionne le problème. Et puis, vous leur avez donné de quoi réfléchir en leur donnant la copie du rapport médical que Steven a reçu par pli anonyme. Cela va impliquer d’autres personnes dans le drame. Des personnes qui en veulent à Steven et qui seraient donc capable de commettre un meurtre et de l’en faire accuser. Je vais d’ailleurs creuser dans ce sens. »

Julie lui sourit. « Vous êtes une sacrée bonne avocate. » Elle est maintenant soulagée, sachant que Carolyn fera tout pour innocenter Steven. 

Elles entendent alors une voix en colère qui s’élève dans le square. C’est Betty qui invective une femme au passage. « Quoi ! Qu’est-ce que vous avez à me regarder comme ça !! Fichez-moi la paix vous entendez !! »

La femme à côté de Betty est choquée par l’intervention de Betty. Carolyn traverse la rue en courant et rejoint rapidement Betty. Avec un sourire d’excuse à la femme, elle prend solidement le bras de Betty et l’entraîne hors du square. « Betty, il faut vous calmer ! »

Betty se met à pleurer. « Tout le monde me regarde de travers. Je n’en peux plus de cette situation. 

-Vous devez être forte, Betty. Pour vous, mais aussi pour Steven. 

-Steven… il ne veut même plus me voir. 

-Je sais que vous traversez sans doute la période la plus douloureuse de votre vie. Mais vous devez absolument vous ressaisir. 

-Ce n’est pas vous que la ville entière voit comme la traînée de Peyton Place !

-Les choses vont se tasser avec le temps. 

-Carolyn, nous sommes dans une petite ville, les choses prennent du temps pour se tasser, vous le savez aussi bien que moi ! Je vais attaquer le Clarion. »

Carolyn secoue la tête. « Je vous le déconseille.

-Pourquoi ?

-Parce que vous allez remettre une couche sur des choses qui finiront par se tasser. J’ai lu l’article du Clarion. Il n’y a rien que l’on puisse attaquer. Il n’y a que des sous-entendus, et des témoignages. Croyez-moi Betty… »

Toujours en état de choc, Betty se sent plus ses jambes la tenir. Elle s’effondre sur l’asphalte en pleurant. 

A suivre...

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