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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Matt Carson - Saison 2 Episode 22

Matt Carson - Saison 2 Episode 22

Nous voilà tous les trois devant la porte de la maison de Greg Standis ce mardi soir. 

Jen, Brian et moi.

J’inspire un bon coup avant de sonner à la porte. 

- J’espère que tu sais ce que tu fais, me lance Brian.

- Non, pas vraiment. 

Je ne suis pas sûr de mon coup. J’ai une très forte intuition, sans plus. Le piège que nous avons mis en place tous les trois est fragile. Trop fragile, je dirais. Un seul faux pas, et on retourne à la case départ. Je n’ai pas voulu impliquer l’agent spécial Hayes dans la combine, je ne le connais pas suffisamment pour savoir ce qu’il pense de ce genre de plan un peu bancal. 

- Ton Standis, il est pas pressé de te répondre, me dit Jen.

Je fronce les sourcils. 

- Pourquoi est-ce que tu dis toujours « ton ». « Ton » Standis, « Ta » famille Grainger. 

Jen s’offre un sourire.

- Ouh, mais c’est qu’il est bougon aujourd’hui, « mon » Matt. T’inquiètes, ça va bien se passer.

Voyant que personne ne répond, Brian appuie de nouveau sur la sonnette. Je le sens nerveux. Lui qui il y a encore deux jours croyait dur comme fer à la culpabilité de Kirian Cross voit aujourd’hui les choses sous un autre angle, et c’est, je pense, ce qui l’angoisse. Sa certitude a été fortement ébranlée par ma théorie. 

Enfin Greg Standis ouvre la porte. Lorsqu’il nous voit, son visage vire au pourpre. 

- Qu’est-ce que vous voulez ? 

Brian incline la tête.

- Parait qu’il y a une partie de poker qui se joue ici ? On aimerait être de la partie.

- On ne fait rien de mal, se défend Standis.  

Brian passe devant Standis et entre dans la maison. 

Le prof de maths proteste.

- Eh, mais vous n’avez pas le droit de rentrer chez les gens comme ça ! Je veux voir votre mandat !

Comme Standis suit Brian jusqu’à la table où se trouvent quatre convives, Jen et moi en profitons pour entrer à notre tour dans la petite maison du professeur. 

Des quatre invités de Standis, je ne connais que Jim Grainger. Lorsque Brian parvient près de la table, il rentre la tête dans ses épaules, signe évident qu’il est mal à l’aise. Les deux autres convives, un homme d’environ trente ans, costume impeccable et cravate assortie, et une femme qui doit approcher la quarantaine, bardée de bijoux autour du cou, des bras et des doigts, se lèvent en même temps.

- On est bien trop nombreux pour un poker, dit Brian. 

Il montre du doigt les deux personnes que je ne connais pas.

- Vous… et vous… du balai ! 

Costume-cravate et Bijoux-fantaisies ne demandent pas leur reste et s’en vont. 

Brian s’installe à une des places libres.

- On joue pour combien ? 

- Un dollar symbolique, répond Standis.

Brian fronce les sourcils. 

- Vous êtes sûrs ? Je dis ça parce que vous jouez tous les mercredis à ce jeu, je dis ça aussi parce Jim Grainger ment à sa femme en lui disant qu’il travaille tard le mercredi pour ne pas qu’elle sache qu’il est en train de jouer au poker. 

À l’énoncé de son nom, Jim redresse la tête et regarde Brian, l’air apeuré. 

Brian poursuit.

- Et je dis ça aussi parce qu’aujourd’hui je suis allé à la banque et qu’on m’a dit que Jim a voulu emprunter 10.000 dollars récemment. Un prêt qui lui a été refusé en raison de ses antécédents. Apparemment, Jim, lorsque vous habitiez dans le Connecticut, vous avez contracté pas mal de dettes que vous n’avez pas réussi à payer. 

Jim ne dit toujours rien. 

Brian secoue la tête.

- Quel dommage, vous êtes venu dans cette jolie petite ville de Peyton Place pour repartir de zéro avec votre famille. Et maintenant je vous trouve à une table de poker. Quel gâchis ! 

Jim baisse la tête d’un air coupable. Soudain, il me fait de la peine. Je crois qu’il souffre beaucoup de cette addiction au jeu. Je sais qu’il aimerait arrêter, comme un alcoolique aimerait ne plus toucher une bouteille, ou un drogué une seringue. Mais une force obscure, terrée au fond de son cerveau, l’en empêche. C’est une lutte permanente. Mais Jim m’a toujours apparu comme un homme relativement faible, et même si je sais qu’il était parti du Connecticut dans le but d’arrêter le jeu, je sais maintenant qu’il n’en a pas eu la force. 

Greg Standis, toujours debout, commence à s’énerver.

- Mais qu’est-ce que vous voulez à la fin ? 

- Résoudre l’affaire de la disparition de Lili Metcalfe, souffle Brian.

- Mais enfin, quel rapport avec nos soirées poker ? 

Brian se lève et rejoint Standis. 

- Vous et Lili, vous étiez ensemble, n’est-ce pas ? 

Comprenant que j’ai vendu la mèche, Standis se tourne vers moi. 

- Je n’aurais pas dû faire confiance à un avocat ! Vous n’êtes qu’un sale menteur, Carson ! 

Je garde mon calme, les insultes de Standis ne m’atteignent pas.

- Oui il m’arrive de mentir, mais uniquement pour la bonne cause. 

Brian balaie d’un mouvement de main notre discussion. 

- Bref, venons-en au fait. Vous avez eu une relation avec Lili Metcalfe l’année dernière. Puis vous avez rompu. Mais l’amour est plus fort que tout, et depuis quelques semaines, vous êtes de nouveau ensemble, c’est bien ça ? 

- Ce que maître Carson vous a dit et n’aurait pas dû vous dire est vrai. 

Il me regarde d’un air mauvais. Si ses yeux avaient été des revolvers, je serais bien en peine de vous écrire cette histoire ! 

Brian reprend : 

- Sauf que lorsque vous avez repris votre relation, Lili était encore avec le jeune Kirian Cross. Et avant d’être avec Kirian, c’est-à-dire entre vous et Kirian, Lili est sortie avec Joey Cross. 

Brian s’arrête un instant en secouant la tête, avant de dire. 

- Elle avait un penchant pour les personnes plus âgées qu’elle. Récemment, elle vous a dit qu’elle allait rompre avec Kirian, et elle vous a dit aussi que Joey lui avait dit qu’il possédait 20.000 dollars d’économies sur un compte. Monsieur Standis, c’est vous ou elle qui avait eu l’idée de faire chanter Joey Cross en échange de cet argent ?

Standis, bras croisés, observe le policier. Puis il dit lentement : 

- Je n’ai pas fait de mal à Lili. Je l’aimais. 

- Ce n’était pas ma question. Allez, Monsieur Standis, si vous parlez, nous pourrons avancer dans l’enquête. 

- Lili ne m’a jamais parlé de Joey Cross. Elle m’a dit qu’elle avait 20.000 dollars d’économies et qu’elle voulait…

Brian l’interrompt.

- Ça, c’est la version que vous avez débitée à Maître Carson.

Standis s’approche de Brian et le défi du regard.

- C’est la vérité ! 

De nouveau, Brian balaie d’un geste de la main ce que vient de dire Standis. 

- D’accord, d’accord. Admettons que Lili vous ait menti en disant que les 20.000 dollars lui appartenaient. Reste que vous saviez qu’une telle somme d’argent existait. 

- Inspecteur, vous commencez à m’ennuyer avec vos questions. Si vous avez quelque chose contre moi, emmenez-moi au poste, ou bien faites demi-tour et partez d’ici avec votre clique !

Jen s’approche de la table et saisit quelques noisettes se trouvant dans une coupelle. Puis elle va s’asseoir dans un fauteuil délavé. 

- Je crois qu’on va rester encore un peu, dit-elle. 

Brian reprend : 

- Bon, ces 20.000 dollars. Lili voulait s’enfuir avec vous. Mais vous aviez un autre projet : épurer vos dettes et celle de votre grand ami Jim Grainger. 

Standis secoue la tête. 

- Ce type, je le connais à peine. C’est juste quelqu’un qui vient jouer au poker le mercredi. 

Brian ricane et se tourne vers moi. 

- Matt, à ton avis ça fait combien de temps que je suis flic ?

Je vois où il veut en venir. Il a décidé de jouer un petit sketch, je lui donne donc la réplique.

- Je ne sais pas Brian, je dirais… une dizaine d’années. 

Brian pointe un doigt vers Standis. 

- Parce que tu vois, ce type-là, il pense que je suis un bleu. 

Je secoue la tête. 

- Tu n’es pas un bleu, Brian. 

Derrière moi, Jen étouffe un rire. 

De son côté, Brian a toujours l’index pointé en direction du prof de maths. 

- Tu vois ce type-là, il pense que je suis venu comme ça, juste ici pour dire bonjour. Il a pas pensé une seule seconde dans sa tête remplie de chiffres mathématiques, que j’ai fait quelques petites recherches sur lui, que j’ai vu que lui et Jim Grainger se sont connus sur un site de paries et qu’ils ont sympathisé.

Il se tourne vers Standis. 

- C’est même toi qui as proposé à Grainger de venir à Peyton Place en lui disant qu’un poste de comptable se libère à la Tour Peyton et qu’il pouvait poser sa candidature. Ben oui mon gars, je suis pas un bleu, j’ai réussi à avoir accès à vos échanges sur le site. 

Standis ne répond pas. Que peut-il répondre d’ailleurs ? Cette fois, Brian pointe un doigt sur Jim Grainger, toujours assis à la table. 

- Lui, tu vois, il voulait refaire sa vie. Repartir de zéro avec sa famille. Mais il est retombé dans l’engrenage du jeu à cause de toi. Je suppose qu’il a résisté un certain temps. Il te disait que le jeu, c’était fini pour lui, qu’il devait penser à sa famille. Mais toi, tu as réussi à lui retourner le cerveau, tu as réussi à l’amadouer pour qu’il reprenne ses mauvaises habitudes !

Brian fait une pause. Il tourne le dos à Standis et marche jusqu’au mur en face de lui. Puis il se retourne et continue. 

- Et puis vous avez encore perdu de l’argent avec vos soirées poker. Vous vous êtes fait déplumé, sans doute par le type en costard cravate. Peu importe. Vous êtes des loosers, ni plus ni moins. Alors vous, le matheux, quand vous avez appris que 20.000 dollars vous tendaient les bras, vous avez décidé que cet argent n’irait pas dans la poche de Lili. Contrairement à ce que vous avez fait croire à cette gamine, vous n’aviez pas du tout l’intention de partir avec elle. Vous vouliez cet argent pour épurer vos dettes et celles de Grainger. Parce que Grainger voulait arrêter de venir à vos soirées du mercredi. Il avait perdu trop d’argent et voulait stopper l’hémorragie. Alors, en remboursant sa dette, et en lui donnant même un petit bonus, c’est comme si vous lui aviez tendu une carotte pour qu’il continue à jouer. 

Brian s’appuie négligemment le dos au mur. 

- Vous vous êtes mis d’accord avec Grainger pour vous partager les 20.000 dollars.  Vous êtes allés au rendez-vous qu’avait fixé Lili à Joey Cross. Mais Lili n’était pas là. Joey était seul, il vous a vu, et vous avez pris la fuite. 

Un rictus se forme sur les lèvres de Standis. 

- Si vous êtes sûr que ça se soit passé comme ça, ça prouve bien que je n’ai rien fait à Lili puisqu’elle n’était pas là. Et de toute façon, Cross est reparti avec l’argent, non ? 

Brian applaudit de ses deux mains. 

- Voilà enfin des paroles censées ! Mais dites-moi, vous comptiez faire comment pour subtiliser l’argent à Lili ? 

Cinq secondes de silence. Standis va-t-il avouer ? Il finit par lâcher :

- Le matin du rendez-vous, Lili était avec moi. Pendant qu’elle a pris sa douche, j’ai pris son téléphone et j’ai laissé un texto à Cross, en lui disant de venir un peu plus tôt. Sur place, j’avais l’intention de prendre Cross par surprise en l’assommant. Puis j’aurais pris le fric avant l’arrivée de Lili. Mais il m’a vu avant, mon plan est tombé à l’eau et j’ai aussitôt déguerpi. 

Standis passe une main dans ses cheveux, sa voix tremble. 

- Ce soir-là, je l’ai attendu comme nous avions convenu sur le parking, mais elle n’est pas venue. Je ne sais pas où elle est, je ne sais pas si elle est encore en vie. Je ne lui ai pas fait de mal, je l’aimais !

Je m’interpose, car la situation devient grotesque pour moi.

- Vous avez une drôle de façon de le montrer. 

- Je voulais rembourser mes dettes et celle de mon ami, ça n’a rien à voir avec l’amour que je porte à Lili. Jamais je ne lui aurais fait le moindre mal, vous pouvez me croire. 

Des larmes coulent sur ses joues. 

Brian se décolle du mur et avance vers lui.

- Personne ici n’a dit que vous lui aviez fait du mal…

Il se tourne alors vers Jim Grainger.

- En revanche, vous…

Jim redresse la tête et ses yeux s’agrandissent.

- Je n’ai rien fait !

Brian s’avance vers lui.

- Vous savez quoi ? Mon ami Matt Carson a une hypothèse sur la disparition de Lili. Et c’est une hypothèse que je trouve très solide. 

Il me décroche un regard.

- Matt ? Tu veux nous donner ton hypothèse. 

À moi d’entrer en scène. Comme un comédien qui monte sur les planches devant des milliers de spectateurs, j’ai le trac. Je m’éclaircis la voix, afin de ne pas la faire trembler, et je me lance : 

- Greg, aviez-vous décidé de partager les 20.000 dollars en parts égales ? 10.000 pour vous et 10.000 pour Jim Grainger ? 

Greg secoue la tête. 

- J’ai proposé 5.000 à Jim. C’était moi qui prenais tous les risques. Lui n’avait rien à faire. 

J’émets un petit bruit avec ma bouche avant de dire : 

- Sauf que l’inspecteur Cord a découvert que le compte en banque de Jim Grainger était débiteur de 12.000 dollars. Vos 5.000 dollars n’auraient pas suffi. 

Greg Standis se tourne vers Grainger en fronçant les sourcils. Jim, de son côté, baisse la tête. Et moi, je continue : 

- Vous savez ce que je pense qu’il s’est passé ce soir-là ? Je pense que Jim Grainger avait besoin de 12.000 dollars et qu’il savait que vous n’étiez pas prêt à lui accorder cette somme. Alors, il a décidé de vous doubler. Il a suivi Lili ce soir-là. Je suis même sûr que, caché dans l’ombre, il a assisté à la bagarre entre Kirian et Seth lors du feu de joie. 

Je me tourne vers Jim Grainger et cette fois, je m’adresse à lui : 

- Une fois qu’elle est partie à son rendez-vous, vous avez rattrapé Lili. Vous lui avez raconté la vérité, vous lui avez dit que son grand amour Greg Standis voulait la doubler et prendre tout le fric. Vous lui avez fait du chantage, c’est ça : une bonne partie de l’argent de Cross en échange de votre silence. Vous l’aviez menacée d’aller tout raconter à ses parents : ses relations avec des hommes plus âgés, et le chantage qu’elle faisait sur Cross. Sachant ses parents très sévères, Lili se voyait déjà en pensionnat à l’autre bout du pays.  

Jim lève les yeux vers moi. Ses yeux sont humides. Greg l’observe et sert les poings. 

- Espèce de salopard ! C’est toi qui l’as tué !

Jim se lève. 

- Je ne l’ai pas tué ! hurle-t-il. 

Un silence s’installe. Puis Jim reprend plus calmement. 

- Ecoutez, c’est vrai j’ai essayé de négocier avec elle : 15.000 pour moi et 5.000 pour elle. 

- Tu vas me le payer très cher, ça ! vocifère Standis. 

Brian intervient.

- Du calme, on n’est pas dans une arène ici. 

- J’avais besoin de cet argent, Greg ! Quand je lui ai dit que tu te servais d’elle, elle s’est mise dans une colère folle. J’ai voulu négocier, j’étais prêt à baisser ma part à 12.000. C’est vrai, j’ai menacé d’aller tout raconter à ses parents, mais elle s’en fichait. Elle voulait prendre tout l’argent pour elle et déguerpir aussitôt de la ville. Mais je ne l’ai pas tué, je n’allais pas la tuer alors qu’elle n’avait pas l’argent sur elle !

Je secoue la tête. 

- Non, cela n’aurait pas été très logique.

Il me regarde. Ses yeux m’implorent.

- Matt, j’ai beaucoup de défauts, c’est vrai. Mais je ne suis pas un meurtrier. 

Je m’avance vers lui.

Un rapide coup de sonnette à la porte d’entrée me soulage. Comme nous l’avions convenu dans notre plan, Jen se lève pour aller répondre. 

Et moi, je peux répondre à la question de Standis. 

- Il s’est passé à peu près ce qu’il va se passer maintenant. 

Jen ouvre la porte. 

Immédiatement, Mary Grainger se précipite sur elle en la rouant de coups et en hurlant :

- Espèce de sale trainée ! Je vais t’apprendre à coucher avec des hommes mariés. Sale putain ! 

Jen prend les coups en reculant, sans rien dire. Mary s’aperçoit enfin de notre présence. Elle pose un regard fou sur moi, Brian, Greg et Jim. Elle reste interdite. J’ai même l’impression qu’elle ne comprend pas ce qui se passe. 

Il est temps pour moi de conclure cette affaire. 

- Jim, Mary vous a suivi ce soir-là dans la forêt, dis-je. Elle était persuadée que vous aviez une liaison avec une autre femme. Mary est d’une jalousie maladive. Elle a tellement peur de vous perdre qu’elle se perd elle-même en se persuadant que vous ne l’aimez plus et que vous avez des aventures avec d’autres femmes plus jeunes qu’elle. Lorsqu’elle vous a vu seul dans la forêt avec Lili en train de négocier votre part du gâteau, elle a pensé avoir trouvé en Lili la jeune femme que vous fréquentiez. 

Brian se plante devant Mary. 

- Mme Grainger, est-ce que Maître Carson dit vrai ? 

Jim Grainger se lève d’un bond et crie : 

- Ne leur dis rien, Mary ! Nous voulons un avocat !

Je me tourne vers lui.

- Vous en avez un ici, Jim. Je suis prêt à vous aider. Tout ce que nous souhaitons, c’est connaître la vérité. 

Mary, de son côté, me semble être en état de choc. Un peu comme si elle revivait la scène. Doucement, elle raconte : 

- « Elle » était là, avec Jim. Je… je croyais que… Je suis entrée dans une colère folle. J’avais envie de faire du mal à cette fille qui me prenait mon mari, j’avais envie de la détruire comme elle était en train de détruire notre famille. Nous nous sommes violemment disputées, puis je l’ai saisie par les épaules et je l’ai poussée. Elle est tombée et j’ai entendu un craquement. Je me suis penchée en avant. Jim a pris son pouls et m’a dit qu’elle ne respirait plus. J’ai vu alors une mare de sang entourer ses cheveux.

Mary se met à sangloter. 

- Elle avait les yeux ouverts. J’ai su alors qu’elle avait heurté la pointe d’un gros caillou.

Jim se rend près de sa femme. 

- C’était un accident. Ma femme n’avait aucunement l’intention de tuer Lili. 

Brian ignore la remarque – sans aucun doute vraie – de Jim.

- Qu’avez-vous fait après ?

Cette question s’adresse aussi bien à Jim qu’à Mary. C’est Jim qui répond. 

- J’ai dit à ma femme que je m’occupais de tout et je lui ai demandé de rentrer à la maison et de faire comme si de rien n’était. J’ai porté Lili jusqu’à la grande falaise, là où en bas il y a les rochers les plus escarpés et où personne n’ose s’aventurer. J’ai jeté le corps depuis le haut de la falaise. Je l’ai vu rebondir sur un rocher, puis finir dans l’océan. 

Il prend une profonde respiration, tenant fermement la main de sa femme. À cet instant, je me dis que Mary était bien stupide de penser que son mari puisse aimer quelqu’un d’autre qu’elle. Il continue : 

- Lorsque je suis retourné sur les lieux du drame pour tout nettoyer, j’ai repensé à la bagarre entre Seth et Kirian. Je me suis rappelé que Kirian avait déchiré un morceau de sa chemise. C’est là que je me suis dit qu’il pourrait faire un coupable idéal si jamais on retrouve le corps de Lili. Je suis retourné à l’endroit où a eu lieu la bagarre et j’ai retrouvé le morceau de tissu et je l’ai mélangé au sang encore frais de Lili. Son sac à main était là, je n’avais pas pensé à le jeter avec elle dans la mer. Alors j’ai pris le morceau de chemise et le sac de Lili et j’ai été les poser dans la forêt de Whiter River, sachant qu’on allait un jour les retrouver. 

- Pourquoi Seth est allé témoigner de la bagarre ? demande Brian.

Jim hausse les épaules.

- Par acquit de conscience, je suppose. L’enquête piétinait et Seth croyait vraiment que Kirian était coupable. 

Je pose à mon tour une question qui me turlupine : 

- Et Charmaine ? Ses dessins de Lili ? 

C’est encore Jim qui répond, Mary est toujours en état de choc.

- Notre petite fille n’a rien vu. Elle nous a entendu parler un soir, Mary et moi, de ce qui est arrivé. Elle a transposé tout cela sous forme de dessin. Je disais à Mary qu’on ne retrouverait jamais le corps de Lili, alors Charmaine pensait qu’elle n’était pas morte et qu’elle était encore dans la forêt.  

Un silence s’installe, nous restons tous interloqués devant les aveux des Grainger.

Tout ceci est un bien beau gâchis !

 

A suivre...

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