Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Matt Carson - Saison 2 Episode 19

Matt Carson - Saison 2 Episode 19

En arrivant au bureau ce matin, je trouve Amanda d’excellente humeur. J’ai bien vite compris pourquoi : Jen n’est pas au bureau. 

- Votre petite protégée a eu une panne d’oreiller, à ce qu’on dirait. Remarquez, avec la vie qu’elle doit mener…

Je me tourne vers ma secrétaire, l’air interrogateur. Elle me regarde et hausse les épaules. 

- C’est une gothique. Elle vit la nuit. Et allez savoir si elle ne se drogue pas. Parfois le matin, elle a des yeux vraiment bizarres, très brillants. 

- Les yeux brillants, cela veut dire qu’on est heureux et bien dans sa peau. Vous confondez avec les pupilles. Si elles sont dilatées, alors on pourrait s’inquiéter. Mais je regarde suffisamment Jen dans les yeux pour savoir qu’elle est clean. 

Amanda m’offre son regard noir, celui qu’elle me réserve toujours lorsque je prends la défense de Jen.

Je m’enferme dans mon bureau et, une fois assis devant mon plan de travail, je dégaine mon téléphone portable pour appeler Jen. 

Pas de réponse. 

Je ne m’en fais pas. Je pense qu’elle est en train d’enquêter sur les Grainger, comme je le lui ai demandé. 

Je me saisis du premier dossier de la journée, une affaire de recèle qui ne me passionne pas plus que ça. C’est d’ailleurs à cause de cela que je débute ma journée avec cette affaire. Ce qui est fait n’est plus à faire, comme on dit. Autant se débarrasser des affaires soporifiques au départ.

Je relis le procès-verbal de l’affaire, mais je suis obligé de refermer le dossier au bout de cinq minutes. Manque de concentration. 

Pour tout vous dire, Mary Grainger occupe toutes mes pensées. Sa visite d’hier était tellement impromptue que je ne sais pas quoi en penser. Jim a-t-il une liaison avec la stagiaire de son cabinet comptable ? J’ai du mal à l’imaginer trompant sa femme. Lui si poli, si droit, si… « Il faut se méfier de l’eau qui dort », disait ma grand-mère Maggie. 

Et si Mary n’avait qu’en partie raison ? Si Jim avait vraiment une liaison, mais pas avec la stagiaire. Et si c’était Lili ?

On sait maintenant que Lili est attirée par les hommes plus âgés qu’elle. 

Admettons cette hypothèse. Voici ce qui aurait pu se passer le soir du feu de joie. Jim rencontre Lili. Peut-être même l’a-t-il suivie ? Elle ne veut plus de lui puisqu’elle est de nouveau avec son prof de maths, et veut même s’enfuir avec. Jim la supplie, lui dit qu’il l’aime. Elle s’énerve. Jim s’énerve à son tour. Il pousse Lili et elle tombe sur une grosse pierre anguleuse et meurt. 

Si les événements se sont déroulés de cette façon, il me faut savoir si Jim est capable de camoufler un corps, et de monter un stratagème accusant Kirian. 

Je me gratte le menton tout en réfléchissant. De ce que je sais de Jim, cela ne me paraît peu probable. 

Pourtant… l’autre jour, à la cantine de la Tour Peyton, je l’ai vu sous un autre jour. Il n’était plus le gentil petit comptable qui passe inaperçu. Il m’a carrément fait comprendre, et avec une certaine froideur, de laisser sa famille tranquille. 

Oui, Jim avait changé de ton, d’expression également. Son visage était devenu plus crispé. 

Cela ne fait pas de lui pour autant un assassin. 

Bon ! Inutile de bosser sur un dossier, je sais que je n’arriverais pas à me concentrer. 

J’aimerais beaucoup savoir à quoi ressemble cette stagiaire du cabinet comptable. Mentalement, je décide d’accepter l’affaire que Mary voulait confier à un détective privé hier soir, et je vais essayer d’en savoir plus sur la libido de monsieur Grainger. 

Pour cela, j’ai un plan. 

En sortant de mon bureau, Amanda me rappelle mon rendez-vous de onze heures. Elle a peur que je ne revienne pas à temps. Elle me connaît bien. 

Mon cabinet occupe le sixième étage. Le cabinet comptable de la Tour se trouve au dixième. Je décide de prendre l’ascenseur et pendant la montée de la cage, je revois mon plan en silence. 

Le cabinet comptable Erhlinger & Dorci est le plus gros cabinet du comté de Peyton Place. Il occupe deux étages de la Tour Peyton. Lorsqu’on franchit la porte d’entrée, un élégant escalier sur la droite donne à l’étage où les comptables et aides-comptables sont rassemblés. L’accès n’est réservé qu’aux personnes travaillant au cabinet.

En face de l’entrée se dresse un magnifique comptoir de réception en marbre blanc où Sandra, la fidèle secrétaire, travaille sur son ordinateur. Je m’approche d’elle.

- Bonjour Sandra !

Elle lève sa tête brune et me regarde de ses yeux bleus perçants en me souriant.

- Monsieur Carson, quel bon vent vous amène ? Monsieur Belmann n’est pas là, si c’est lui que vous venez voir.

Harold Belmann est mon comptable. Car oui, je confie ma comptabilité à ce cabinet et je peux vous dire que cela me coûte un bras !

- Non, en fait je suis venu voir la stagiaire de Jim Grainger. 

Sandra me regarde d’un drôle d’air, se demandant bien ce que je pouvais avoir affaire avec la stagiaire de Jim Grainger.

J’émets un petit rire gêné, puis lui explique : 

- Jim m’a dit qu’elle devait terminer son stage à la fin du mois prochain, et j’ai pour ma part besoin d’une autre stagiaire. Les affaires marchent bien, les dossiers s’empilent et même avec l’aide de Jen et d’Amanda, les retards s’accumulent. Je voulais donc la rencontrer pour savoir si elle pouvait rejoindre mon cabinet à la fin de son stage. Jim m’a dit tellement de bien d’elle. 

Tout n’était que mensonge. Je n’ai pas du tout l’intention d’engager une nouvelle stagiaire, je n’en aurais d’ailleurs pas les moyens. Quant à Jim, il s’est bien gardé de me parler d’elle. De plus, je ne sais même pas si la stagiaire en question finit bien son stage à la fin du mois prochain. Si jamais Sandra la connaît bien et qu’elle sait que ce n’est pas le cas, je suis fichu. 

Elle saisit son téléphone et appuie sur une touche. 

- Connie, quelqu’un veut te voir en réception. 

Puis elle raccroche et me demande de patienter sur un confortable fauteuil longeant le mur gauche de la grande entrée du cabinet. 

Quelques minutes plus tard, une belle jeune fille d’une vingtaine d’années descend nonchalamment les escaliers. Sa démarche est féline. Chaque mouvement de ses hanches fait virevolter les plis de sa jupe blanche. 

Elle s’avance vers moi et me tend la main. Cette fille est d’une beauté irrésistible. Un petit nez pointu, des yeux vert clair et une chevelure blonde magnifique. 

Je me lève immédiatement et me présente.

- Matthew Carson. 

- Vous désirez me voir, Maître Carson ?

Sa voix est douce, mélodieuse même. Si Jim Grainger est tombé amoureux d’elle, je comprends. En revanche, ce que je ne comprendrais pas, c’est qu’elle puisse avoir une liaison avec un type aussi quelconque que Grainger. 

- Oui, j’ai une proposition à vous faire, Mademoiselle… ?

Autant connaître son nom si je veux en savoir plus sur elle. Sa réponse est au-delà de mes espérances. 

- Connie Standis. 

Il a fallu une fraction de seconde avant que l’information, distribuée par cette belle bouche pulpeuse, arrive à mon cerveau. Puis vient la demande de confirmation : 

- Standis, comme le professeur de maths du lycée de Peyton Place ?

Elle sourit et deux magnifiques fossettes apparaissent sur ses joues.

- Oui, je suis sa sœur. 

Si je m’attendais à cela ! Grainger engage la sœur de Standis comme stagiaire. Est-ce que cela veut dire que Standis et Grainger se connaissent ? 

Il me faut le savoir. Je calme mon excitation en respirant profondément. Inutile d’effrayer cette petite fleur en lui transmettant ma dose de stress. 

Je lui souris.

- Bien, mademoiselle Standis.

- Appelez-moi Connie.

- Connie… comme Constance ? 

- Exact.

- C’est le prénom de ma mère, dis-je. 

La voilà totalement sous mon charme. Tant mieux, les choses sérieuses vont pouvoir commencer. 

- Connie, j’aurais besoin d’une stagiaire pour mon cabinet. Quand terminez-vous votre stage ici ? 

Connie hausse les épaules.

- Le mois prochain. En réalité, j’espère que ce stage aboutira à une embauche. 

- Je vois, et je suppose que vous vous plaisez bien ici. 

- Oui, Monsieur Carson. Jim est vraiment un patron hors pair.

Elle a dit « Jim » et pas « Monsieur Grainger ». Ce qui peut juste vouloir dire qu’elle s’entend bien avec son patron. 

Je décide de creuser.

- Comment avez-vous eu ce poste de stagiaire ? N’y voyez pas d’indiscrétion de ma part, je veux juste connaître la personne qui vous a recommandé. Peut-être pourrait-elle me recommander une stagiaire aussi compétente que vous ?

- Il se trouve que mon frère connaît bien Jim.

De mieux en mieux ! La gamine est aussi jolie que bavarde et ça tombe plutôt bien, car je suis avide de renseignements. 

- Ah, je vois. Je connais Jim, vous savez. C’est mon voisin. Nous habitons Chesnut Street. Je connais aussi un peu Greg, mais je ne savais pas que Greg et Jim se connaissaient. 

- Ils jouent au poker ensemble tous les mardis soir chez Greg. 

Tiens donc, cette petite m’en apprend plus en cinq minutes que dix jours passés à enquêter. 

Après quelques autres questions d’usage, je remercie Connie et redescends à mon cabinet. 

Je m’assieds à mon bureau, mon cerveau est en ébullition. Jim Grainger et Greg Standis sont amis et se voient tous les mardis pour jouer au poker. 

Comment dois-je prendre cette nouvelle ? Est-ce que cela a un rapport avec la disparition de Lili ? Est-ce que finalement Mary aurait vu juste et Jim et Connie sont amants ?

Je balaie cette dernière hypothèse. Je ne vois pas Connie coucher avec un type comme Jim. Je ne vois d’ailleurs personne coucher avec Jim. Cet homme est tellement… je ne saurais pas trouver un mot exact le décrivant. Disons qu’il est tellement peu intéressant qu’aucune fille ne pourrait s’intéresser à lui. 

Je prends un dossier pour m’occuper l’esprit. Mercredi, je dois plaider une contestation d’héritage et il me faut avoir tous les détails en tête pour être au meilleur de ma forme. 

Lorsque je me plonge dans un dossier, plus rien ne compte que son contenu. Même pas l’heure. Amanda vient frapper à ma porte pour de me demander si elle peut partir. Je regarde ma montre : dix-huit heures ! Je n’ai pas vu l’heure passée. 

- Bien sûr, vous pouvez y aller, Amanda.

Elle semble hésiter. Je la regarde et l’encourage à parler : 

- Autre chose ?

- Que comptez-vous faire pour votre stagiaire ? Il est clair qu’il y a abandon de poste et cela peut signifier un renvoi définitif. Si vous voulez que…

Jen ! Je n’avais plus pensé à elle. Elle n’a pas donné signe de vie de la journée. Ce n’est pas normal. 

- Merci, Amanda, nous en reparlerons demain. Bonne soirée. 

Amanda s’en va en fermant la porte.

J’essaie une nouvelle fois d’avoir Jen sur son téléphone portable. J’ai immédiatement sa messagerie. 

L’inquiétude me gagne. Jen devait enquêter sur les Grainger aujourd’hui. Elle aurait dû m’appeler. 

Je soupire. « Jen, où es-tu ? »

Je me lève pour rentrer à la maison et décide de ne pas trop m’inquiéter. Si Jen ne donne pas de nouvelles demain, j’appelle Brian pour lui signaler sa disparition. 

 

A suivre...

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article