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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Matt Carson - Saison 2 Episode 18

Matt Carson - Saison 2 Episode 18

Le dîner se passe comme je l’avais prévu. Chris nous a préparé une purée maison avec des boulettes de viandes grillées aux oignons, accompagnée d’une salade de concombres. Un vrai régal. 

Allie a davantage de purée sur le front et les joues que dans sa bouche, ce qui nous fait bien rire… et elle aussi d’ailleurs.

Notre discussion à table est animée. J’ai appris à Chris que les Cross de Peyton Place étaient parents de la gouverneure Whitemore. Chris semble maîtriser le sujet. 

- Sais-tu que la gouverneure Whitemore était écrivaine avant de se lancer dans la politique ? me demande-t-il ?

- Tu me l’apprends.

Il faut dire que lorsqu’elle a été élue gouverneure du Massachusetts, nous étions à San Francisco, c’est-à-dire à l’autre bout du pays, où l’on s’inquiétait des débordements d’un gouverneur de Californie aux idées extrémistes inquiétantes. 

Chris reprend : 

- Tu te souviens de ce bestseller mondial : « Woman In Me » écrit par une certaine Mary Danaher ?

- Tu parles que je m’en souviens ! C’est devenu un classique de la littérature américaine.

- Eh bien, Mary Danaher est Selena Whitemore. 

Je faillis avaler de travers ma bouchée de boulette de viande. 

- Tu plaisantes ! 

Chris secoue la tête. 

- Non, c’est la vérité. « Woman in me » raconte sa jeunesse passée à Peyton Place, tu devrais le lire. 

- Tu l’as lu, toi ?

- Je l’ai dévoré pendant mes études, j’ai bien dû le lire quatre fois avant de t’avoir connu. Ce roman est plus qu’une simple histoire, c’est un symbole. Whitemore est une femme admirable. Elle prouve à tout le monde qu’en venant au monde dans la pauvreté, on peut réussir à s’en sortir. Il faut simplement de la volonté. Ce livre m’a beaucoup aidé. En tant que black et homosexuel, ça n’a pas été évident pour moi. « Woman In Me » m’a fait comprendre que la pauvreté est un peu comme la couleur de peau et l’orientation sexuelle : ce n’est pas une fatalité. C’est vraiment grâce à ce livre que je suis devenu ce que je suis aujourd’hui : un mari et un père comblé, une vraie vie de famille que je n’aurais même jamais imaginés avant de lire ce livre. 

Après le dîner, je vais coucher Allie. Je reste un bon moment avec elle, à la regarder tripoter dans tous les sens Jasper, un petit ourson en peluche devenu officiellement son doudou. Je reste jusqu’à ce qu’elle s’endorme, puis vais rejoindre Chris dans le salon. 

Assis sur le canapé, il me tend le livre de Mary Danaher.

- Je suis allé le chercher au grenier. Je crois bien que je vais le relire. 

Je saisis l’ouvrage. La couverture pliée en certains endroits prouve un usage excessif du roman. 

Je me penche vers Chris et l’embrasse pour le remercier.

- Je t’aime. 

Il me sourit. 

- Moi aussi, je t’aime. Allez, viens. 

Je m’allonge sur le canapé, ma tête sur ses genoux et les pieds collés au bras opposé du divan. J’ouvre le livre et commence à lire le prologue. Pendant ce temps, Chris me masse le crâne et cela procure une détente encore bien meilleure que celle ressentie au Lounge cet après-midi. 

J’adore le style d’écriture de Mary Danaher. Je me plonge très vite dans l’histoire. L’écriture est fluide et les personnages très attachants. À la quarantième page, je comprends que Chris s’est endormi, car sa main ne caresse plus mes cheveux. 

Je souris et lui caresse doucement la joue. Il se réveille doucement, m’embrasse et se lève.

- Je vais aller me coucher. 

- Je te rejoins bientôt. 

- Ça, je n’en suis pas si sûr. Lorsqu’on se plonge dans ce roman, on ne voit plus temps passer.

Il a bien raison. Je regarde sa haute et rassurante stature se diriger vers la porte. Mon cœur est rempli d’amour pour cet homme. Je ne pense pas un jour pouvoir vivre sans lui. Je ne préfère même pas l’imaginer. 

Chris s’arrête soudain lorsque la sonnette de la porte d’entrée retentit. Il me regarde en haussant les sourcils d’un air de dire : « qui peut bien venir à pareille heure ? ». Je lui sers à mon tour un regard interrogateur.

Je laisse le livre et vais avec lui à la porte d’entrée. 

Mary Grainger est devant nous, le regard perdu, le teint blême. Je la regarde d’un air interrogateur. 

- Mary ? Quelque chose ne va pas ? Charmaine… ? 

Elle secoue violemment la tête. 

- Non, Charmaine va bien. Mais… Matt, j’aimerais vous parler, c’est important. 

Je regarde ma montre. 

- Ça ne peut pas attendre demain ?

- J’aimerais autant vous parler maintenant. 

Je m’écarte pour laisser entrer Mary, sachant que l’autre Mary (l’écrivaine) allait devoir attendre. 

Chris nous laisse en tête-à-tête et, après avoir salué Mary, monte se coucher. 

J’installe ma voisine dans le salon. Elle jette un œil sur le roman posé sur la table basse. 

- Un vrai chef-d’œuvre, dit-elle. Je l’ai relu l’année dernière, je ne m’en lasse pas. C’est une belle plaidoirie pour l’égalité des sexes.

- J’ai l’impression que chacun s’identifie d’une manière différente à travers le personnage du roman. Vous en tant que femme, et Chris en tant que double minorité. 

Je propose à Mary un café, mais elle préfère un verre de whisky. Lorsque je lui tends le verre, je remarque que sa main tremble. 

- J’ai besoin de votre aide, Matt. Je voudrais engager un détective privé. Je suppose qu’en tant qu’avocat, vous devez en connaître et même travailler avec eux. Je paierais ce qu’il faut. 

Sa demande me surprend. 

- Pourquoi avez-vous besoin d’un détective privé ? 

- C’est compliqué…

- Est-ce que Jim est courant de votre démarche ?

Elle secoue vivement la tête tout en fixant son verre de whisky. Elle en avale une gorgée.

- Non, surtout pas. 

Je fronce les sourcils. 

- J’en conclus donc que vous voulez engager un détective privé… pour obtenir des renseignements sur Jim ?

Elle hoche la tête, le regard toujours obsédé par son verre.

- Je ne suis pas folle, Matt. Je vois très bien ce qui se passe avec Jim. 

Elle s’arrête brusquement. Je l’encourage à continuer :

- Et que se passe-t-il avec Jim ? 

- Il a une maîtresse. Et je veux pouvoir le prouver. 

- Pourquoi ne pas parler directement avec Jim ?

Mary hausse les épaules.

- C’est ce que j’ai fait, et ça a été un vrai désastre. Il s’est fermé comme une huître. Vous êtes bien placé pour le savoir, vous avez sans doute entendu notre conversation, c’était la fois où vous étiez venu voir Seth.

« Je sais ce que tu as fait avec cette fille… » Les paroles sont encore dans ma tête. C’était donc ça… Un moment j’avais pensé que Mary parlait de Lili, de sa disparition et j’avais pensé que Jim y était pour quelque chose. Mais non, Mary parlait de la pseudo-infidélité de son mari. 

Encore une énigme résolue. Même si le puzzle n’est pas complet, certaines pièces s’en vont faute de place sur le tableau. C’est toujours ça en moins. 

Reste que je ne vois pas Jim avoir une relation avec une autre femme. 

- Qu’est-ce qui vous fait dire que Jim est infidèle ? je lui demande.

- Il y a des choses qu’une épouse devine, vous savez. Travailler tard le soir, un soir dans la semaine en particulier, dire qu’on ne pourra pas venir dîner parce qu’un client se plaint des résultats du mois, etc.

Je hausse les épaules.

- Il m’arrive aussi de travailler tard le soir, et ce n’est pas pour autant que…

Elle m’interrompt.

- Matt, vous êtes avocat, ce n’est pas la même chose qu’être comptable. 

- Détrompez-vous, Mary. Les comptables ont aussi beaucoup à faire, surtout en période fiscale. 

Mary lève vers moi des yeux délavés et vides. 

- La période fiscale est terminée depuis deux mois. Et puis, son travail tard le soir, c’est depuis l’arrivée de la nouvelle stagiaire à son bureau. 

Elle se lève, la nervosité la gagne. Elle pose son verre sur la table basse, à côté du roman de Mary Danaher. 

- Excusez-moi, je n’aurais jamais dû venir vous ennuyer avec mes problèmes. Oubliez ma visite, Matt. Je me débrouillerai seule. 

- Non, Mary, vous n’avez pas à…

- Je ne suis qu’une vieille idiote radoteuse qui vient pleurer chez un avocat qui a sans doute autre chose à faire qu’à écouter mes stupidités. Embrassez Allie pour moi. 

Puis elle s’en va, sans même me laisser le temps de la raccompagner. 

Je reste un moment interdit dans le canapé. Mary Grainger est une femme à la personnalité complexe.

 

A suivre...

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Commenter cet article

Betty 31/05/2019 08:29

Voilà de bonnes nouvelles de Séléna... :)

Mr. Peyton 02/06/2019 21:04

En effet, c'est un réel plaisir de voir que Selena est partie de rien pour se retrouver au sommet :-)