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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Matt Carson - Saison 2 Episode 17

Matt Carson - Saison 2 Episode 17

Cet après-midi-là, j’arrive au bureau dans un état de stress intense qui se traduit par un simple bonjour à Amanda et Jen avant de m’enfermer dans mon bureau. 

Le FBI maintenant ! On nage en plein délire ! 

Le cabinet de Boston, le gouverneur du Massachusetts, et maintenant le FBI. J’ai l’impression qu’ils ne sont pas là pour Lili, mais pour Kirian. Pour le protéger. Mais de quoi ? 

Je n’ai finalement rien dit à Brian de ce que je savais sur Joey et Greg. Je dois me laisser encore le temps de réfléchir. J’ai bien conscience de jouer en solo dans cette affaire, et le fait de ne pas partager mes informations au FBI pourrait nuire non seulement à l’enquête, mais à ma carrière. Mon éthique se refuse cependant à déballer tout à la police. 

Je décide de me donner du temps pour approfondir mon enquête. Si je n’aboutis à rien, alors j’irais dire tout ce que je sais à Harry Hayes. Pourtant, j’ai l’impression de n’être pas loin de la solution de l’énigme. 

Il me manque un ou deux éléments du puzzle pour le compléter. 

J’appelle à l’interphone Jen et lui demande de venir dans mon bureau. 

Elle s’installe en face de moi et – comme à son habitude – me parle franchement. 

- T’as une tête de déterrée, Matt.

Je pousse un profond soupir.

- Rude matinée. Le FBI reprend l’affaire. 

Jen se redresse sur sa chaise.

- Pourquoi ?

- Ça, j’en sais trop rien. Kirian Cross semble avoir quelque chose de spécial pour qu’on s’intéresse autant à lui. 

Je balaie d’un geste de la main mes pensées. 

- Bon, Jen. J’ai besoin que tu contactes à nouveau ton copain des télécoms. J’aimerais savoir si Greg Standis a appelé Lili le soir de sa disparition. 

Je lui explique ma visite chez Greg. Si, comme le dit le professeur, il attendait Lili sur le parking et qu’elle n’est pas venue, dans ce cas il a dû forcément l’appeler à plusieurs reprises pour connaître la raison de son retard. Si au contraire, il ne l’a pas appelée, c’est qu’il ne s’inquiétait pas et, par conséquent, était au courant de sa disparition. 

Jen décide de s’y atteler immédiatement. Je lui suggère de téléphoner à son « ami » depuis mon bureau, Amanda n’ayant pas à entendre la conversation. Car après tout, les demandes de Jen sont loin d’être légales. 

Pour ma part, je décide d’aller prendre l’air. Je prends l’ascenseur et il m’amène au rez-de-chaussée, dans le hall de la Tour Peyton. Mais plutôt qu’une bouffée d’air frais, je préfère aller prendre un verre au Peyton Lounge, situé à droite de la réception de la Tour. 

J’aime beaucoup cet endroit. Je le trouve accueillant et chaleureux dans sa déco. La moquette beige est en parfait accord avec les tables et les confortables canapés ronds en cuir.  La lumière diffuse donne une ambiance intime à l’endroit. Une petite enceinte dispense des airs de jazz en sourdine. Je commande un verre de vin blanc et m’assois à ma table préférée, non loin de la cheminée. 

Le canapé rond est confortable. Un jour, je m’y suis même assoupi. C’était une journée marquée par la fin d’un procès assez dur que j’avais gagné. Le stress était retombé d’un seul coup et l’ambiance particulière du Lounge m’avait totalement déconnecté de la réalité. 

Aujourd’hui, ce n’est pas pareil. L’ambiance est toujours identique, bien sûr, mais je ne peux pas déconnecter mon cerveau de l’affaire Metcalfe, ne serait-ce que le temps d’un bon verre de vin. Le serveur vient justement me l’apporter. Je le remercie et porte une première gorgée à mes lèvres. J’accueille le nectar avec bienveillance et mon corps entier se détend.

J’aperçois Silver Peyton au comptoir. Elle me voit et me fait un petit signe. La grande patronne aussi a besoin de se détendre. 

Je ferme les yeux et me laisse bercer par la musique jazzy. Devant moi défilent les images de Lili, de Kirian, de Joey, de Greg, de Seth… de… Charm…

Et me voilà de nouveau assoupi dans un sommeil sans rêves. Je me réveille au bout d’un quart d’heure, heureux de cette petite pose. 

Puis je sirote mon verre de vin. Cette fois, je décide de penser à Allie, à Chris… ma famille qui m’attend ce soir, avec qui je vais déguster un bon plat tout en racontant cette journée bizarre. Je reste une bonne demi-heure supplémentaire à boire mon vin et songer aux gens que j’aime. Je n’ai pas envie de me lever, d’affronter de nouveau la réalité qu’on croirait irréelle. Je me laisse encore cinq minutes, puis cinq autres. 

C’est lorsque le serveur vient me demander si j’ai besoin de quelque chose que je me force à me lever, à le remercier et à rejoindre mon bureau. 

L’ambiance du Lounge s’est volatilisée dès lors que je franchis la porte de mon cabinet. Amanda bondit vers moi.

- Monsieur Carson, la stagiaire est dans votre bureau depuis votre départ. Je ne sais pas ce qu’elle y fait. Quand j’ai voulu le lui demander, elle a aboyé comme un chien enragé. Je voulais la déloger, mais…

- Merci Amanda, je m’occupe de la stagiaire. 

Amanda n’arrive jamais à prononcer le nom de Jen. Pour elle, Jen reste et restera la stagiaire. Sans doute pour espérer. Car une stagiaire n’est pas faite pour rester dans une entreprise. 

Amanda se penche vers moi.

- Je crois qu’elle s’est servie de votre téléphone, Monsieur. Ce qui, vous en convenez, est illégal. Quelle insolence ! 

Je n’ai qu’une envie, c’est faire demi-tour et retourner dans mon cocon jazzy pour y déguster un nouveau verre de vin. Mais ce ne serait pas raisonnable. Je me tourne vers ma secrétaire et pose mes mains sur ses bras. 

- Je vais aller lui parler, ne vous inquiétez pas. 

Et avant qu’elle ne radote autre chose sur Jen, j’entre dans mon bureau. 

Assise à ma place, les pieds sur le plan de travail de mon bureau, Jen ricane.

- Elle a flippé, hein ! me dit-elle à propos d’Amanda.

- Tes pieds, Jen ! 

Elle les enlève du bureau et se lève. 

- J’ai deux chiffres pour toi : 250 et 12.

Jen aime les énigmes, mais aujourd’hui je ne suis pas d’humeur aux devinettes.

- Je t’écoute.

- 250, c’est ce que tu me dois en dollars. Ou du moins c’est ce que réclame mon informateur. Et 12 c’est le nombre d’appels que Greg Standis a passé à Lili le soir de sa disparition. Elle n’a jamais décroché. 

- Ça veut donc dire qu’il ne sait rien sur sa disparition. Il a vraiment cherché à la joindre pour lui demander où elle se trouve et pourquoi elle ne vient pas. 

- Ou bien il a joué la comédie et appelé exprès Lili pour se couvrir. 

- Greg n’a pas tué Lili. Mettons qu’il ait monté un plan pour se débarrasser de Lili et garder l’argent pour lui, il l’aurait mis à exécution une fois qu’il était sûr d’avoir le fric en sa possession. Ça me paraît logique. 

- Il a peut-être tué Lili pensant qu’il trouverait le sac d’argent déposé au lieu du rendez-vous, et qu’il n’avait plus qu’à le prendre. Il ne savait pas que Cross serait encore là.

- Tu oublies une chose : Lili ne lui a pas parlé du chantage qu’elle faisait subir à Cross, elle lui a dit que c’était son argent à elle. 

- Il a peut-être menti. Réfléchis Matt, tu crois que Standis t’aurait dit qu’il était de mèche avec Lili ? Il risque gros. 

Jen m’embrouille. Ou bien c’est Standis qui m’a embrouillé. 

- Bon, on ne va pas non plus se focaliser sur Standis. On a d’autres pistes à exploiter, dis-je.

- Comme quoi ? 

- Concentrons-nous sur ceux dont on est certain qu’ils ont vu Lili peu de temps avant sa disparition. Il y a Kirian Cross et Seth Grainger. À un moment donné, ils étaient tous les trois ensemble, non loin de feu de joie.  Seth et Kirian se sont violemment disputés. Les versions des garçons ne concordent pas. Kirian dit qu’ils se sont battus, et Seth affirme le contraire. Ce qu’on sait, en revanche, c’est que Kirian est parti en premier et que Seth est resté avec elle. 

- Ça ne pèse pas lourd dans la balance, en tout cas pour l’inspecteur Cord. 

- J’aimerais que tu fasses des recherches sur toute la famille Grainger. Seth, Charmaine, Mary et Jim. Ils ont un rapport avec la disparition, j’en suis certain. 

Je vois briller les yeux de Jen. Faire des recherches la passionne vraiment. 

Je m’apprête à continuer mon argumentation lorsque j’entends, depuis le secrétariat, Amanda crier. 

Jen et moi nous regardons, puis nous nous précipitons pour aller voir ce qu’il se passe. 

Et là, j’ai eu un bref instant où mon cerveau s’est déconnecté, où j’ai pensé être entré dans une autre dimension. 

Ce n’est pas possible ! Je vis depuis quelques jours des événements qui n’ont aucun sens, ou du moins dont je n’arrive pas à trouver de sens. 

Le tableau qui s’offre devant moins anéantit toute volonté en moi. J’ai l’impression en cet instant que je n’arriverais jamais à connaître le fin mot de toute cette histoire tant cela me semble dénué de sens. 

Le cri d’Amanda était un cri de joie, visiblement. Puisqu’elle étreint la personne qui vient d’entrer dans le cabinet. 

- Ça fait tellement longtemps ! clame Amanda en regardant la vieille bique. 

Car oui, la personne qu’Amanda est heureuse de retrouver, c’est notre vieille avocate blonde qui m’a piqué mon client. 

- Comment allez-vous, Amanda ? demande-t-elle d’une voix sirupeuse. 

Cette fois, c’en est trop. Je piétine plusieurs jours sur une affaire très compliquée dont je n’ai même plus de client. Je ne suis pas sûr de grand-chose sur cette affaire, mais je suis sûr d’une chose, cette vieille mégère bostonienne va me dire ce qu’elle fabrique ici avec toute sa clique de gens autour d’elle et me dire pourquoi son prestigieux cabinet s’intéresse tant à l’affaire de la disparition de Lili Metcalfe. Je me le jure mentalement, cette femme ne quittera pas mon bureau sans m’avoir tout dit. 

Je m’avance.

- On peut savoir ce qui se passe ici ?

Amanda se tourne vers moi tout sourire.

- Maître Carson, c’est Maître Russell-Fergusson. Elle a un temps été associée de Maître Cord avant de nous quitter pour un prestigieux cabinet à Boston. 

Je fronce les sourcils. Avant de reprendre le cabinet, j’avais étudié son historique. Steven Cord avait repris ce cabinet à Maître Dowell. Et effectivement, Steven a été associé à une femme avocate pendant plusieurs années. 

La mégère s’avance vers moi en souriant. 

- Carolyn Russell-Fergusson. 

Elle me tend la main. Je la lui serre.

- Matthew Carson. Je suggère que vous veniez dans mon bureau. Je crois que nous avons beaucoup de choses à nous dire. 

 

Maître Russell-Fergusson accepte un café. Elle le sirote assise en face de moi et me souriant. 

- Vous devez être fâché, et vous avez raison. Je n’aimerais pas non plus me faire piquer une affaire. 

- Vous êtes venue pour chercher le dossier Metcalfe ?

- En effet. 

- N’espérez pas partir avec les documents sans me donner une explication. 

- Ce n’est pas mon intention. 

Je la regarde, surprise. Je l’observe un peu plus et je me dis que j’ai exagéré ses traits. L’avocate n’a finalement rien d’une mégère. Son visage, marqué par les années, est au contraire très doux. Ses cheveux blond coupé court lui donnent à la fois un air autoritaire, mais également un charme envoûtant. 

Je reprends : 

- Donc, vous allez me dire pourquoi vous avez débarqué sans prévenir et m’avez fait virer de l’affaire ?

- D’abord, je tiens à m’excuser. Au nom de mon cabinet. Nous n’avons pas l’habitude d’agir de la sorte, mais quand je vais tout vous dire, vous allez comprendre. 

Je hausse les épaules.

- Je ne demande que ça !

- Matt… je peux vous appeler Matt ?

Je hoche la tête en signe d’assentiment. Elle reprend : 

- Matt, je ne veux pas vous mettre sur la touche. Au contraire, je veux que vous nous aidiez à comprendre cette affaire. 

Je commence à m’impatienter. Tout ceci ne me semble être que du baratin. 

- Maître Russell, je ne vois pas comment nous pourrions nous aider mutuellement. Nous n’avons pas la même opinion sur cette affaire. 

- Je vous demande pardon ?

- Vous êtes ici pour bâcler l’enquête quitte à envoyer un innocent en prison, moi je suis ici pour défendre Kirian Cross et prouver son innocence. 

Carolyn Russell-Fergusson émet un petit rire. 

- Vous n’y êtes pas. Nous avons exactement le même point de vue. Il faut que Kirian Cross soit déclaré non coupable. Si on en arrive à l’audience préliminaire, nous devons absolument convaincre les jurés de ne pas poursuivre le jeune homme pour assassinat. Pour l’instant, notre défense est entièrement basée sur le fait qu’il n’y a pas de cadavre, donc qu’on ne peut pas prouver le meurtre. Mais il nous faudra davantage, Matt. Et c’est là que vous entrez en jeu. 

Je secoue la tête. 

- Vous voulez que je vous dise tout ce que j’ai appris ?

- Nous avons fait une enquête sur vous, Matt. Je sais que vous êtes aussi intelligent que fouineur. Et puisque vous êtes convaincu de l’innocence de Kirian Cross, c’est que vous avez d’autres suspects en vue. 

- Très bien, mais avant cela, je veux que vous répondiez à ma question : pourquoi protégez-vous Kirian Cross, et pourquoi le FBI est ici ? 

- Je vais vous répondre. Nous agissons au nom de la gouverneure Whitemore. Son staff nous a appelés pour que nous vous venions en aide, il pense que nous avons plus de moyens que vous. Et il a sans doute raison. 

- Mais pourquoi la gouveneure Whitemore s’intéresse-t-elle tant aux Cross ? 

- Parce que c’en est une. 

- Quoi ?

- La gouverneure du Massachusetts s’appelle Selena « Cross » Whitemore. Elle a pris le nom de son mari après son mariage. Le nom des Cross n’a pas bonne réputation à Peyton Place. Il y a eu une affaire sordide il y a quelques années qui a impliqué toute la famille Cross et depuis, Selena a préféré garder ses distances avec eux. Elle est partie à Boston est n’est plus jamais revenue dans cette petite ville. Je pensais que vous saviez tout ça. 

Les bras m’en tombent. J’ai les jambes en coton. Je préfère m’asseoir pour bien digérer la nouvelle. Kirian Cross est donc le neveu de la gouverneure du Massachusetts ! Celle-ci veut éviter tout scandale, cela peut se comprendre. 

- Je l’ignorais. Je ne suis à Peyton Place que depuis peu.  

Je pense alors à James Peyton, qui m’a dit récemment qu’il était sorti avec la sœur de Joey Cross. Était-ce de Selena qu’il parlait ? 

Carolyn entreprend de me raconter la fameuse histoire sordide impliquant les Cross. Cela s’est passé dans les années 80 et en effet, c’est l’une des histoires les plus incroyables dont j’ai entendu parler. À l’issue d’un procès retentissant, Selena est partie de Peyton Place sans jamais y être retournée.

Je me lève et vais me servir un verre d’eau. J’en propose un à Carolyn, qui refuse poliment.

J’avale mon verre d’un trait, puis le pose sur le rebord du Minibar.

- Je comprends pourquoi elle ne veut plus d’un autre scandale, ça pourrait sacrément nuire à sa carrière en tant que gouverneure.

- Il n’y a pas que ça, Matt. 

Carolyn se lève.

- Cela va bien au-delà de la fonction actuelle de Madame Whitemore. La gouverneure est très populaire dans l’État, on commence à parler d’elle dans les médias. Tout le monde est satisfait des décisions qu’elle prend. Ce que je veux dire, c’est que Selena Whitemore ne va pas se contenter du poste de gouverneure. Elle n’a pas voulu se lancer dans la bataille cette année par respect pour Hillary, mais le parti Démocrate songe sérieusement à elle pour les échéances présidentielles à venir. 

Maître Russell-Fergusson se dirige vers moi et m’offre un regard sérieux.

- Il est très probable que dans quatre ou huit ans, Selena Cross Whitemore devienne Présidente des Etats-Unis d'Amérique. Et rien ne doit entraver sa route. Cette femme est une chance pour notre pays. 

 

A Suivre...

 

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