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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Matt Carson - Saison 2 Episode 16

Matt Carson - Saison 2 Episode 16

Inutile de vous dire qu’après une journée aussi chargée en événements, j’ai très mal dormi cette nuit. Chris également. Je le sentais se tourner et se retourner tous les quarts d’heure. Cette affaire nous met tous sur les nerfs. 

J’ai quand même réussi à m’endormir vers les quatre heures du matin, avec des visions cauchemardesques. Curieusement, mes cauchemars ne concernaient pas notre affaire. C’est une nouvelle fois Sylvia Gallagher, de San Francisco, qui est venu peupler mes rêves. Et comme toujours, je la rencontre dans une ruelle étroite de ville californienne. Et comme toujours, elle me regarde de haut, ses yeux emplis de haine, avant de me gifler. Et comme toujours, je me réveille en sueur, sentant presque la marque de sa main sur ma joue. 

Sylvia Gallagher…. Je dois la chasser de mon esprit. Mais elle revient toujours me hanter. 

De grosses gouttes de sueur perlent sur mon front, suintant la culpabilité et les regrets. 

Je me lève. Chris, lui, est déjà en train de s’occuper d’Allie. Dès que je mets un pied sur le sol, mon mal de crâne reprend de plus belle. Cette fois, c’est le fait de n’avoir pas réussi à dormir cette nuit. Je manque clairement de sommeil. Et de bon sommeil. Je rêve d’une nuit sans cauchemar et me demande si un jour, je retrouverais la sensation de me réveiller avec l’impression que le monde m’appartient. 

Ma douche a duré plus longtemps que prévu. Comme si l’eau saccadée pouvait décaper ma peau, enlever toute trace de ma responsabilité dans l’affaire Gallagher. Cette affaire qui m’a fait fuir San Francisco pour me retrouver dans ce que je pensais être un havre de paix : ma ville natale Peyton Place. Malgré moi, je me mets à rire sous le jet d’eau. Un havre de paix ? Quel naïf je faisais !

J’ai fui le cauchemar Gallagher pour me retrouver plonger dans le cauchemar Lili Metcalfe. Cette fois, je n’ai pas l’intention de merder. Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour résoudre cette affaire que Brian Cord pense être résolue. 

Je vais embrasser Allie, assise dans le parc installé dans sa chambre. Elle me regarde avec ses grands yeux rieurs. Une vague d’émotion me submerge. Je l’aime tellement, ma petite fille !

Je retrouve Chris dans la cuisine. À son regard, il m’en veut toujours. Je dépose un baiser sur sa joue ébène et je vais me servir un café. Je refuse poliment les toasts qu’il a préparés. Et comme il insiste, je finis par en manger un du bout des lèvres et lui dit : 

- Tu as mal dormi cette nuit. 

- Comme toi. 

Il est temps pour nous d’avoir une discussion. Il me semble important de commencer. 

- Cette histoire nous met sur les nerfs. Je suis désolé pour le dîner chez les Grainger. Je n’avais pas à aller fouiller les chambres, et je n’avais pas à te mêler à cette affaire.

Il s’installe en face de moi et me regarde longuement. Je le connais bien, mon Chris. Ce regard veut déjà dire qu’il me pardonne. 

- Moi aussi je suis désolé, Matt. Je me suis fâché…

- … à juste titre…

- … peut-être à juste titre, mais j’ai compris que l’histoire de Lili est en fait la continuité de l’affaire Gallagher.

Je fronce les sourcils.

- Je ne comprends pas. 

- Tu comprends très bien, au contraire. L’affaire Gallagher a laissé des traces. Tu n’arrives pas à en faire le deuil. Ça reste ancré en toi, comme une sangsue assoiffée de sang. Tu n’as pas envie d’un deuxième échec, alors tu te jettes à corps perdu dans l’affaire Lili Metcalfe, et tu n’es même plus l’avocat du prévenu. Tu ferais n’importe quoi pour résoudre cette affaire parce que tu penses qu’elle pourra te faire oublier celle de San Francisco.

Je lui souris. 

- Je te l’ai déjà dit, tu as raté ta vocation, tu aurais dû être psychiatre. 

Il me fait un clin d’œil. 

- J’ai un certain talent pour ça. 

Nous nous quittons avec une belle et sincère étreinte. Les tensions entre nous sont levées, et cela m’allège d’un poids. 

Dans la voiture, j’appelle Jen. Elle est encore chez elle, au son de sa voix, je sais qu’elle aussi n’a pas dormi sur ses deux oreilles. 

- Jen, laisse tomber pour l’instant tes recherches sur Standis. Je vais aller le voir directement. J’espère pouvoir progresser dans l’affaire en lui parlant en tête-à-tête.

- Têtu comme tu es, il y a des chances qu’il se mette à table. 

Je décide de plaisanter : 

- Je ne le crois pas ! Jen me fait un compliment ! Hors de question : pas d’augmentation pour l’instant. Inutile de me passer de la pommade.  

Jen rit derrière son portable, et moi aussi. Et ça nous fait du bien. Puis Jen nous remets sur les rails. 

- Tu as des nouvelles de Charmaine ?

- Je ne suis pas passé chez les Grainger ce matin. Je sais qu’on a emmené la gamine à l’hôpital, et qu’elle est sortie peu de temps après. Elle a passé la nuit chez elle.

- Tant mieux. Tu sais Matt, je voulais te dire un truc à propos d’elle.

- Je t’écoute.

- Te focalise pas trop sur ce qu’elle fait et ce qu’elle dit. Tu penses qu’elle a sans doute qu’elle a été témoin de la disparition ou du meurtre de Lili…

Elle s’arrête un instant. J’ai d’abord cru que la ligne était coupée, puis elle reprend : 

- La gamine est perturbée et c’est peut-être pas forcément à cause de la disparition de Lili. Elle entend des trucs à droite et à gauche, il se peut aussi qu’elle soit influencée par ce qu’elle voit à la télévision.

Je songe à Seth qui m’avait dit qu’elle lui avait dérobé un DVD de « The Walking Dead ». Pour avoir vu la série, je sais à quel point elle peut être sanglante. 

- Tu crois qu’elle n’a rien vu ? Qu’elle se fait des films ?

- Je dis que c’est possible, je ne l’affirme pas. 

Il y a une certaine émotion dans la voix de Jen, et je me demande si ma stagiaire n’est pas en train de faire un transfert, de se rappeler sa propre enfance chaotique. D’après son grand-père James, Jen était une fillette introvertie, qui ne parlait pas beaucoup et qui était surtout témoin de la longue déchéance de parents qui se déchiraient sans cesse jusqu’à se perdre dans l’alcool. 

- D’accord. De toute façon, pour l’instant, je focalise sur Standis. Je ne dis pas que c’est la clé de l’énigme, mais j’espère juste qu’il va m’aider à ouvrir une des portes du mystère. On se voit tout à l’heure. 

Je raccroche. 

Greg Standis habite un garage aménagé qu’il loue aux propriétaires de la maison située juste à côté. Je connais un peu le couple, deux retraités de l’éducation nationale. Ils n’avaient plus besoin de voitures et avaient envie de rendre service à un jeune professeur.

La façade extérieure du garage est très bien entretenue. En bois blanc, celle-ci se termine par un toit en forme de triangle où perce un hublot. J’en conclus que cet ancien garage est un duplex.

Je sonne à la porte et Greg Standis me répond après une bonne minute. 

J’ai devant moi un homme négligé. Cheveux ondulés châtains tombant sur ses épaules et barbe de trois jours. Un pli horizontal barre son front, ses joues sont creuses et son regard inexpressif. Curieusement, il dégage un certain charisme. Cela est sans doute dû à sa stature. Et à un regard doux. Il doit mesurer dans les deux mètres. Quant à son corps, c’est un régal pour les yeux : larges épaules, bras musclés, je devine des abdos en béton sous son ample chemise blanche. Le dessous de la ceinture n’est pas mal non plus. Standis porte un jean moulant qui épouse ses formes d’une façon presque grossière, ou alors sexy… c’est selon la perception. 

Il plisse les yeux en me regardant comme s’il avait un soleil invisible devant lui. Je pense qu’il vient de se réveiller. 

- Quoi ? me dit-il d’une voix rauque en guise d’introduction. 

- Greg Standis ? 

- Vous venez de frapper à sa porte, vous vous attendiez à voir le Père Noël ?

Très aimable, ce jeune professeur. Je décide de me présenter. 

- Je suis Matthew Carson, avocat. J’aimerais vous parler un instant. 

- Qu’est-ce que vous me voulez ? 

- J’aimerais vous parler de la disparition de Lili Metcalfe.

Je le sens sur la défensive.

- Je n’ai rien à voir avec cette histoire !

Il s’apprête à fermer, et comme j’avais prévu son geste à l’avance, je pose une main sur la porte pour l’en empêcher.

- Vraiment ? Vous n’avez rien à voir avec cette histoire ? Alors expliquez-moi juste ce que vous faisiez dans les bois le soir de la disparition de Lili, à l’endroit même où elle avait rendez-vous avec Joey Cross ?

Les traits de son visage s’affaissent, ses yeux se déploient et son teint blêmit. J’ai touché ma cible. Comme il ne semble pas encore disposé à me faire entrer chez lui, je l’achève : 

- Pour l’instant la police ne sait rien. Moi je veux juste comprendre. Alors soit on discute tranquillement vous et moi, soit je préviens les flics et vous allez tout leur raconter au poste de police. 

- Je n’ai rien fait, se défend-il. 

- Je veux bien vous croire, mais il me faut plus de détails.

Cette fois, il s’écarte pour me laisser passer. 

L’intérieur de l’appartement est à son image, un brin chaotique. L’entrée principale donne sur un salon aux murs blancs où se dressent un canapé beige, une télévision à écran moyen et une petite table. A droite, des escaliers montent jusqu’à une mezzanine qui doit sans doute être la chambre de Standis. 

Le désordre règne dans le salon. Un tas de livres jonche la petite table, des copies d’interrogations sont éparpillées sur le canapé, certaines ont atterri sur le tapis de poil mauve. 

Il ne fait pas de place pour que je m’assoie, il ne m’offre rien à boire. Et c’est aussi bien. Je ne suis pas ici pour une visite de courtoisie. 

- La rumeur dit que vous avez eu une liaison avec Lili Metcalfe, votre élève, il y a quelques mois. 

Standis s’adosse au mur, en face de moi.

- Vous le dites vous-même, ce sont des rumeurs. 

- J’aurais tendance à les croire. 

- Excusez-moi, mais… j’aimerais savoir pourquoi vous vous intéressez à l’affaire. Vous avez un client à défendre ? 

Je me rappelle alors que personne n’est au courant de l’arrestation de Kirian. 

- Je veux juste éclaircir cette affaire, pour la famille de Lili. 

Je mens, parce qu’en fait, je n’ai aucun intérêt dans l’affaire. En faisant croire à Standis que je suis l’avocat des Metcalfe, il pourra peut-être se mettre à parler. 

Il croise les bras et fait une grimace. 

- La famille de Lili… vous parlez d’une famille ! Sa mère ne s’est jamais préoccupée d’elle et son père lui mettait la pression pour qu’elle ait de bonnes notes. Il voulait qu’elle aille étudier à Brown après son diplôme. 

- Elle vous faisait chanter pour avoir de bonnes notes, n’est-ce pas ?

Greg émet un petit rire.

- C’est aussi une rumeur ? 

Je hoche la tête en signe d’affirmation. Il se dégage du mur et avance vers moi, ses bras toujours croisés.

- Celle-là est fausse. Lili ne m’a jamais fait chanter pour avoir de bonnes notes. 

Il s’arrête un instant. Il se demande sûrement s’il doit parler ou se taire. Je l’encourage. 

- Greg, je cherche juste la vérité. Non seulement je ne vous juge pas, mais vous avez ma parole que ce qui se dira entre ses murs restera confidentiel. 

- J’ai pour principe de ne pas croire les avocats. 

- Si vous ne parlez pas, j’en conclus que vous êtes coupable. 

- De quoi ? De meurtre ? On n’a même pas retrouvé son corps. 

Je me tais, car j’attends qu’il continue. 

- Que voulez-vous savoir au juste ? me demande-t-il après quelques secondes d’hésitations. Je n’ai pas tué Lili.

- Vous étiez au lieu de rendez-vous qu’elle avait fixé à Cross ce soir-là. 

- Je ne l’ai pas tuée, répète-t-il. Lili et moi nous nous aimions. Oui, nous avons eu une liaison l’année dernière. J’ai voulu rompre, parce que j’avais peur que notre relation soit découverte. Ma carrière aurait été foutue. Mais j’ai toujours aimé Lili, même après notre rupture. J’avais la main légère pour corriger ses copies, je l’avoue. Je lui donnais des B ou des A là où on ne pouvait y voir qu’un C. Mais elle faisait des progrès constants, alors je l’encourageais en gonflant ses notes. Est-ce que vous allez me faire arrêter pour ça ? 

- Ça ne me dit toujours pas ce que vous faisiez dans la forêt le soir de sa disparition. 

- Lili et moi, on s’est remis ensemble il y a quelques semaines. C’était plus fort que nous. Nous sommes faits l’un pour l’autre, c’est une telle évidence ! Seulement moi, j’étais encore réticent, partagé entre mon amour pour Lili et ma carrière professionnelle. Un jour, Lili a émis l’idée de partir loin de Peyton Place, d’aller vivre dans une grande ville comme New York ou Los Angeles. Au début, je pensais qu’elle me parlait de plus tard, une fois qu’elle serait majeure avec son diplôme en poche, mais j’ai vite compris qu’elle voulait partir maintenant. Elle m’a dit qu’elle avait 20.000 dollars sur son compte épargne et qu’avec cet argent, on pouvait refaire notre vie ailleurs, là où personne ne nous jugera. 

- Et vous avez accepté ?

- Au départ, non. Je ne voulais pas qu’elle dépense son argent pour nous. Mais…

Soudain, il s’arrête et me regarde. Je vois de la peine dans ses yeux. Il reprend : 

- Lili était tellement malheureuse ici, à Peyton Place, avec des parents peu aimants et autoritaires. J’ai fini par accepter. Quand je le lui ai dit, elle a sauté de joie. Elle m’a donné rendez-vous ce fameux soir, sur le parking près de la forêt, pour notre fuite. Mes bagages étaient dans le coffre, il y avait une place pour ceux de Lili. J’avais préparé une salade de pâtes, du fromage et un Bordeaux rouge pour la route. J’ai attendu sur le parking, mais Lili n’était pas là. Alors j’ai marché dans la forêt pour me dégourdir un peu les jambes, et surtout pour prendre mon mal en patience. Un moment, j’ai entendu du bruit et, pensant que c’était Lili, j’ai marché dans cette direction. C’est là que j’ai vu Joey Cross avec un sac dans la main. Il m’a regardé, et je suis reparti vers le parking. Et j’ai attendu, mais Lili n’est jamais venue. J’ai donc pensé qu’elle avait changé d’avis. 

- Pourquoi ne pas avoir parlé à Cross ? 

- Pour lui dire quoi ? « Salut Cross, qu’est-ce que tu fais ici en pleine forêt avec un sac dans la main ? Ah, au fait, moi je m’enfuis ce soir avec une fille mineure… »

Je réfléchis un instant. Le parking de la forêt, qui devait être désert à cette heure, était le parfait endroit pour se donner rendez-vous et fuir en cachette. L’aire de stationnement doit se situer à environ cinq cents mètres de l’endroit où Lili avait donné rendez-vous à Joey… L’histoire de Standis se tient. 

Une chose est certaine : soit il me ment, soit Lili lui a menti sur la provenance de l’argent. 

- Vous ne vous êtes pas demandé ce que Joey Cross faisait en pleine forêt la nuit ? 

Standis hausse les épaules. 

- J’avais autre chose à penser. 

Je remercie le professeur et prends congé de lui. 

Avant de m’engouffrer dans ma voiture, j’appelle Brian Cord et lui donne rendez-vous au food truck pour déjeuner.

Je commande un sandwich du jour avec un coca et Brian un hot dog moutarde ketchup et un café. Nous nous installons sur les marches du kiosque. Le soleil, haut dans le ciel, nous offre une belle clarté sans chaleur à cette période de l’année. 

J’attaque mon sandwich, le « spécial Moses » que j’adore : avocat, thon, crevettes entières et mayonnaise. Avec aussi quelques feuilles de salade fraîche pour se donner bonne conscience. Ce sandwich est mon préféré. Certes, il est un peu lourd à digérer, mais il est parfait pour mon estomac encore vierge de toute nourriture ce jour. 

Nous mâchons sans mot dire pendant un moment, puis Brian prend la parole.

- Je suppose que tu as des questions à me poser…

- Des tas. 

- Je t’écoute. 

- D’abord, pourquoi avoir bloqué l’entrée du centre-ville ce matin, au moment même où Kirian est entrée au poste de police pour être arrêté ?

- Pour ne pas mettre au courant la presse de l’arrestation. 

- Pourquoi ?

Brian secoue la tête. 

- Je n’en sais rien, Matt. Les ordres viennent « d’en haut ». 

- D’en haut ? Ça veut dire ?...

- Du gouverneur du Massachusetts. 

J’ai bien failli en laisser tomber mon sandwich s’il n’était pas si bien cramponné à mes mains. 

- Qu’est-ce que tu me racontes ? C’est n’importe quoi ! Pourquoi le gouverneur s’intéresse-t-il à cette histoire ? 

- Je n’en sais rien, Matt. Je me contente d’obéir aux ordres. Apparemment, personne ne doit savoir que Kirian Cross a été arrêté. 

- Mais pourquoi ?

- Visiblement, ton ex-client est ultra protégé. Tellement protégé que je n’arrive pas à avancer dans l’enquête. On me met des bâtons dans les roues. 

- Justement, j’ai peut-être une nouvelle piste pour toi : Greg Standis, le prof de maths de Lili. 

Brian soupire. 

- Matt, pourquoi tu t’acharnes sur cette affaire ? Tu n’y es plus impliquée. 

- Détrompe-toi, j’y suis encore. Je reste persuadé que Kirian est innocent et je compte bien le prouver. 

Brian termine son hot dog et s’essuie les mains avec la serviette. 

- Tu n’as pas bien compris, Matt. Je t’ai dit qu’on me met des bâtons dans les roues. 

- Ça veut dire ?

- Ça veut dire que ton Kirian Cross va sans doute être libéré, malgré toutes les preuves qui s’accumulent. Ne me pose pas de questions, je ne peux pas t’en dire davantage. 

Voilà pour moi une bonne nouvelle. Sauf que j’aimerais pouvoir innocenter Kirian en trouvant le bon coupable. 

Je bois une gorgée de coca à même la bouteille. J’aimerais pouvoir parler à Brian de mon entrevue avec Standis, et de celle que j’ai eue avec Joey Cross. Mais je leur ai fait une promesse. J’évalue la situation : dans l’intérêt de l’enquête – comme du mien – je dois en parler à l’inspecteur, suffisamment pour ne pas entraver la bonne marche de l’enquête tout en respectant la promesse faite aux deux hommes. 

Un exercice ingrat et difficile.

J’allais commencer lorsqu’un homme, de loin, nous interpelle. Il lève la main et court vers nous. Une fois à notre hauteur, il offre un joli sourire à Brian.

- Brian ! Comment ça va mon pote, depuis le temps…

Brian se lève et se jette dans ses bras.

- Ça alors, c’est pas croyable, s’exclame l’inspecteur. Harry Hayes, ça doit faire…

- Dix-huit ans, mon pote. J’ai quitté Peyton Place après mon diplôme. 

Brian se tourne vers moi.

- Matt, je te présente Harry Hayes. Harry et moi étions voisins pendant notre enfance. On était les meilleurs amis du monde. 

Hayes me tend la main avec un sourire ravageur. Cet homme est d’une beauté incroyable. Cheveux noirs coupés en brosse, un regard bleu perçant et deux fossettes sur les joues lorsqu’il sourit. Il doit faire des ravages auprès des filles. 

- Ravi de vous connaître, me dit-il. Brian et moi, on était inséparables à l’époque.

Il regarde Brian et sourit.

- Tu te souviens de l’été où on jouait à Star Wars. 

- Oui, j’étouffais dans mon costume. Il faisait tellement chaud. 

- Et tu t’étais fâché parce que je te disais que la chaleur n’y était pour rien.

- Oui, tu m’avais dit de ton air innocent que c’était parce que j’étais trop gros. Tu n’avais pas tort, mais cette fois-là, tu m’avais vexé.

Je regarde Brian avec des yeux surpris. 

- Tu avais des kilos en trop quand tu étais gamin ? 

Il rit : 

- J’étais obèse tu veux dire, ou en tout cas pas loin de ce critère.

Je suis surpris. Brian n’a certes pas la taille mannequin, mais il bien loin de l’obésité. Il se tourne vers moi et devine mes pensées, car il me dit : 

- À un moment donné de ma vie, j’ai dû faire un choix entre l’école de police et les gâteaux au chocolat. Et comme j’ai toujours rêvé d’être flic de terrain… Assez parlé de moi. 

Il pose la main sur le bras de son ami.

- Dis-moi plutôt ce que tu viens faire ici ?

- C’est une chose assez délicate à te dire, Brian. Je suis ici pour reprendre l’enquête sur la disparition de Lili Metcalfe.

Brian fronce les sourcils. Harry ajoute : 

- Je suis ici en tant qu’agent fédéral. Je fais partie du FBI et on reprend l’enquête à zéro. 

 

A suivre...

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