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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Matt Carson - Saison 2 Episode 15

Matt Carson - Saison 2 Episode 15

Jen est sur le secteur G de la carte déployée par la police. Ce secteur se trouve au milieu de la forêt séparant Peyton Place de White River. 

Je gare ma voiture sur le parking d’accueil de Green Global, un grand centre de villégiature construit dans les années 80 par Jack Peyton, un homme qui a beaucoup compté pour la ville de Peyton Place. 

La police a balisé les secteurs de recherche. Je fais quelques pas vers le nord et trouve le secteur G. Je vois plusieurs personnes qui arpentent les petits chemins de fortune, enjambent des troncs d’arbres, s’écorchent les bras avec des branches… pour tenter de retrouver une petite fille disparue ce matin. Cet élan de solidarité m’émeut. On nous dit que le XXIème siècle est le siècle de l’individualisme, mais lorsqu’il s’agit d’aider son prochain, les gens sont toujours présents. Depuis le début du siècle, nous avons assisté à des drames horribles : destructions des twin towers à New York, attentats en France, en Angleterre… Mais de ces drames a émergé un bel élan de solidarité envers les victimes. Plutôt que de parler d’individualisme, je dirais que le siècle dans lequel nous vivons est un siècle d’altruisme. 

Je trouve Jen dix minutes plus tard, après m’avoir dit par téléphone où elle se trouve. Je marche avec elle dans la jungle peytonienne. La nuit commence à tomber. J’entends au loin des chercheurs crier le nom de Charmaine. 

- La police nous a dit d’arrêter à vingt-et-une heures, me dit Jen. Passer cette heure, elle ne garantit plus notre sécurité. 

Je regarde ma montre. Vingt heures trente. 

- Tu voulais me dire quelque chose ? enchaîne ma stagiaire.

Je lui raconte les derniers faits que j’ai appris aujourd’hui. Elle siffle entre ses dents. 

- Ça se complique, me souffle-t-elle.

- J’ai devant moi un puzzle et aucun élément ne s’emboite. Je suis dans l’impasse. Il nous faut une nouvelle piste. 

- Tu penses à quoi ?

- Standis, le prof de maths. Sa présence sur les lieux de l’échange d’argent n’est pas un hasard, surtout qu’il s’est enfui quand il a vu Joey seul. 

- Tu penses que Standis aurait tué Lili ? 

- Je n’en sais rien. Peut-être une dispute qui aurait mal tourné. Un accident. Standis a pris peur et a camouflé le corps de Lili. 

Jen secoue la tête.

- Si Standis était là le soir du versement de l’argent, c’est qu’il était au courant pour les 20.000 dollars. Il serait parti sans l’argent ?

- Oui, parce que Joey Cross l’a vu. C’est à ce moment qu’il s’est enfui. Il a pris peur.

Jen sourit. 

- C’est la deuxième fois que tu me dis qu’il a pris peur. Standis est selon toi le plus grand peureux de la planète ?

- J’en sais rien, Jen. 

- Qu’est-ce que tu attends de moi ? 

- Je veux que tu creuses du côté de Standis, je veux tout savoir sur lui. Ses habitudes, ses manies, les gens qu’il voit…

- Très bien. Je te fais un dossier en béton dès demain. Mais au fait, t’es toujours sur l’affaire ?

Jen me rappelle ce maudit cabinet d’avocats de Boston qui a débarqué ce jour sans même savoir pourquoi. 

- Plus officiellement. Mais contrairement à ces trous du cul de Boston, moi je crois en l’innocence de Kirian Cross. Alors je veux trouver le meurtrier de Lili – si meurtrier il y a – pour leur balancer tout ça à la figure. 

Jen émet un petit rire. 

- Dis donc, t’es vachement remonté !

- Avoue qu’il y a de quoi !

On fait encore quelques pas et appelons Charmaine, dans l’espoir que la gamine nous réponde. Mais nous n’obtenons en retour que le léger bruissement des feuilles des arbres. 

Jen me dit : 

- Tu sais, l’histoire du blocage du square par la police.

J’avais oublié ce fait. Il faut dire que la journée a été particulièrement riche en rebondissements. 

- Oui, tu as des nouvelles ?

- Pas vraiment. Mais je me pose des questions. 

- Tu penses à une alerte à la bombe, un truc comme ça ?

- Non, justement. Je me suis connecté sur plusieurs sites d’infos de la région, dont le Clarion, et rien n’a été dit à ce sujet. Mais ce qui m’étonne le plus, c’est qu’on ne parle pas du tout de l’arrestation de Kirian Cross. 

Je m’arrête soudain de marcher et regarde ma stagiaire.

- Tu crois que le barrage du centre-ville a un rapport avec l’arrestation de Kirian ?

Elle hausse les épaules.

- Ça se tiendrait. En bloquant toute la zone de square, on bloque l’accès au poste de police. Les journalistes n’ont pas pu approcher le poste et personne ne sait que Kirian est en garde à vue. 

Je secoue la tête.

- Mais pourquoi la police tient-elle tant à ce que personne ne sache qu’ils ont arrêté un suspect ?

- À mon avis, ton Kirian est sacrément protégé. D’abord ce cabinet qui débarque… les trous du cul, comme tu les appelles. Et maintenant ce barrage. Faudrait peut-être découvrir pourquoi on traite Kirian Cross comme s’il était la huitième merveille du monde. 

Encore une fois, Jen n’a pas tort. Une nouvelle vague d’admiration me submerge. Cette fille est en or, à n’en pas douter. Pour ma part, j’avais l’esprit bien trop embrouillé par les déclarations de Joey et la disparition de Charmaine pour avoir pensé que le barrage de police avait un quelconque lien avec notre affaire. 

Tout en marchant dans la forêt dense, je note mentalement d’aller parler à Standis, c’est ma priorité numéro une pour demain. Ensuite, j’irais voir Brian pour en savoir plus sur son barrage, et je parlerai à notre avocate de Boston. Si elle ne me dit pas toute la vérité sur sa présence ici, je ne lui donnerai pas une phrase de mon dossier. Moi aussi, je sais faire du chantage quand il faut. 

Soudain, Jen s’arrête. Je regarde ma montre. Il reste encore quinze bonnes minutes avant la fin des recherches. Je suppose donc qu’il est temps de faire demi-tour et de se présenter devant le chef des équipes de recherches. Mais Jen ne bouge pas. Je suis sur le point de lui demander si elle compte rester plantée là longtemps quand elle tend son index vers un chêne. 

Je plisse les yeux pour mieux voir. 

Et je vois.

Je vois le morceau de ce qui doit être une robe blanche qui dépasse du tronc de l’arbre. Je me rappelle qu’hier, Charmaine portait une robe blanche. Je me rappelle aussi la description faite par le chef d’équipe. 

Jen doit sûrement penser au pire. Qu’allons-nous trouver derrière cet arbre ? J’imagine déjà Charmaine désarticulée, les yeux restés ouverts par l’horreur de sa dernière vision… 

Je marche lentement vers l’arbre. J’essaie de refluer ces images d’horreur. Je pense à ma petite Allie que j’aime tant. Et si jamais un jour…

Lentement, je contourne l’arbre, le cœur battant à cent à l’heure. J’ai l’impression qu’il va exploser dans ma poitrine. 

Je vois une petite main… deux petites jambes. Je me force à regarder le visage. 

C’est bien Charmaine qui est derrière cet arbre. 

Je pousse un énorme soupir de soulagement. Mon cœur cogne contre ma poitrine. 

Charmaine est adossée à l’arbre. Elle me regarde avec des yeux bien en vie… les mêmes yeux qui ont l’habitude de me regarder, de me juger.

Je fais un pas de côté, et regarde Jen.

- C’est elle. Elle est en vie. 

Elle aussi soulagée, Jen se saisit de son sifflet pour lancer l’alerte. Puis elle vient nous rejoindre. 

Je m’accroupis en face de Charmaine, de façon à être à sa hauteur. La pauvre gamine a le visage sale et ses beaux cheveux blonds totalement en bataille. Quant à sa robe, elle n’est guère plus propre.

- Tu nous as fait une peur bleue, tu sais ? dis-je doucement à la fillette. 

La fillette me toise toujours avec ses yeux étranges. Des frissons parcourent mon dos. J’effleure son bras de ma main droite.

- Que fais-tu ici ? 

Je n’attends pas de réponse. Je n’ai d’ailleurs jamais entendu le son de sa voix. Cependant, j’insiste : 

- Pourquoi es-tu partie de la maison ? 

Et c’est alors que le miracle se produit. Charmaine ouvre la bouche et articule : 

- Pour aller chercher Lili…

Je me redresse et regarde Jen. Elle est aussi interloquée que moi. Je ravale ma salive et me tourne de nouveau vers l’enfant.

- Tu sais où est Lili ? 

Cette fois, elle ne répond pas. Ses yeux reprennent l’expression que je connais bien : des yeux qui me jaugent. Ou bien des yeux qui auraient vu quelque chose. Charmaine aurait-elle assisté à l’enlèvement de Lili ? Ou pire : à son meurtre ? 

- Charmaine, où est Lili ? Tu veux bien me montrer où elle est ?

J’ai l’impression que Charmaine ouvre la bouche pour essayer de me parler. 

Trop tard. Les secours arrivent, Mary Grainger en tête. La mère se précipite vers sa fille. Charmaine se relève et elles s’étreignent. Mary pleure, on peut voir la joie, l’émotion et le soulagement dans les traits de son visage. Elle me regarde et murmure un merci. 

Mais moi, je n’ai pas la réponse à ma question. Où est Lili Metcalfe ?

 

A suivre...

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