Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Matt Carson - Saison 2 Episode 11

Matt Carson - Saison 2 Episode 11

Il ne m’a pas fallu plus de trois quarts d’heure pour retrouver Kirian au poste de police. Après avoir raccroché avec le jeune homme, j’ai appelé son père, et lui ai dit qu’il n’avait pas besoin de venir au poste de police, car de toute façon on ne le laisserait pas voir son fils. Puis j’ai pris une douche en répétant mentalement ce que j’allais dire pour la défense de Kirian. 

J’ai attrapé mes clés, ma veste et je suis monté dans la voiture sans même réveiller Chris et Allie. La situation est trop urgente pour m’attarder à la maison. 

En voiture, j’ai pensé… pensé… et encore pensé. Malgré l’abus d’alcool de la veille, mon cerveau était opérationnel. Je suis dit que si la police a arrêté Kirian, c’est qu’elle a quelque chose de très sérieux contre lui. Une preuve. Ou une peudo-preuve. Je me suis promis d’être vigilant et de ne pas feindre la surprise lorsque Brian Cord me déballera ce qu’il a contre mon client. 

Je suis maintenant en face de mon ami l’inspecteur Cord. Kirian est à côté de moi. Il se ronge les ongles. Brian me soulage lorsqu’il dit :

- Très bien, on peut commencer maintenant ? 

Cela veut dire que Kirian n’a pas parlé, comme je le lui avais demandé. Je décide de jouer franc-jeu.

- Allons droit au but, Inspecteur. Avez-vous quelque chose contre mon client ?

Je n’aime pas le regard que le lance Brian. Il a quelque chose contre Kirian, c’est sûr.

- Je veux simplement savoir où était votre client le soir du feu de joie. 

- Je crois qu’il a déjà répondu à cette question. 

Ne pas faire parler Kirian, c’est le but que je me fixe. Il va sentir que je le protège si j’échange directement avec Brian. Cela lui évitera de dire quelque chose qu’il risque de regretter par la suite. 

Un policier entre dans la pièce avec un objet enfermé dans un sac plastique. Je ne vais pas tarder à savoir ce que mijote l’inspecteur. Celui-ci remercie le policier et saisit l’objet. Il le pose sur la table et s’adresse directement à mon client.

- Est-ce que tu reconnais ceci ?

Je me penche pour regarder de plus près. C’est un morceau de chemise à carreaux rouge et noir, très vraisemblablement une poche de la chemise qui s’est déchirée. 

Kirian ne répond pas. Je vois à ses yeux qu’il reconnaît le morceau de tissu. 

- Alors, Kirian ! J’attends, s’impatiente Brian. Est-ce que ce morceau de chemise est à toi oui ou non ? 

Je vole au secours du prévenu. 

- C’est la poche d’une chemise standard. Il y a des dizaines de personnes à Peyton Place qui possèdent une chemise de ce genre. 

- Sauf que plusieurs témoins affirment que votre client portait une chemise de ce type le soir de la disparition de Lili Metcalfe. 

Je hausse les épaules : 

- Et alors ? Qu’est-ce que ça prouve ?

- On a retrouvé ce morceau de tissu près d’une clairière à White River… pas très loin du smartphone et du sac à main de Lili. 

Cette fois, Kirian remue sur son siège. 

- Mais c’est n’importe quoi ! proteste-t-il. J’ai jamais été jusque là-bas !

- Donc, tu admets que ce morceau de chemise t’appartient ? 

C’était justement ce que je redoutais. Kirian commence à parler pour dire des choses regrettables. Je pose une main sur son bras. 

- Ne dis rien, Kirian. 

Je me tourne vers Brian. Il jubile d’avoir fait réagir Kirian, et continue à l’acculer.

- Qu’est-ce que tu entends par « j’ai jamais été jusque là-bas » ? Ça veut dire que tu as tué Lili dans un autre endroit ? 

- J’ai pas tué Lili !! hurle Kirian. Je l’aimais, vous comprenez !!

Je calme d’un geste de la main mon client et me tourne de nouveau vers l’inspecteur.

- D’abord, rien ne prouve que ce morceau de chemise appartienne à mon client. Et ensuite, vous accusez quelqu’un d’un meurtre alors que vous n’avez même pas de corps. 

Brian prend la preuve en main et me la montre.

- Il y a du sang, sur cette poche de chemise, et je suis prêt à parier qu’il s’agit du sang de Lili Metcalfe. Nous aurons les résultats dans peu de temps. Avant, j’espère bien qu’il va nous dire où on peut trouver le corps. 

Je proteste de nouveau, cette fois avec toute la véhémence possible. 

- Cette arrestation est arbitraire, Inspecteur. Si vous ne relâchez pas mon client immédiatement, je saisis…

Brian m’interrompt.

- Inutile de crier à l’injustice, Maître. Nous allons faire une perquisition chez le prévenu pour chercher la chemise avec une poche manquante. 

- Vous auriez dû la faire avant de l’inculper, comme dans une enquête normale. Ceci n’est ni plus ni moins qu’un simulacre de justice !

On sent à ma voix que je commence à m’énerver. Brian, lui, reste très calme. Et cela n’augure rien de bon pour la suite de l’interrogatoire. Il doit avoir une preuve bien plus probante que la chemise. Il regarde Kirian dans les yeux. 

- Vous me dites que vous aimiez Lili. Je veux bien vous croire. Mais si vous étiez amoureux d’elle, pourquoi l’avoir menacée ? 

Je me calme intérieurement. Je vois où Brian veut en venir : le témoignage de Seth qui dit que Kirian a envoyé un texto menaçant à Lili le jour de sa disparition. Ce qu’il ne sait pas, c’est que Jen a fait son enquête et qu’aucun texto n’a été envoyé à Lili depuis le portable de Kirian. Il avait gardé cette information sous le coude pour asséner un dernier coup à Kirian et le faire avouer. Je suis à la fois soulagé, car je ne vais faire qu’une bouchée de Brian avec ce texto qui ne repose que sur un témoignage fragile ; et à la fois déçu par l’investigation bien légère de Brian qui a négligé de s’informer auprès de l’opérateur de Kirian. Je fais semblant de m’insurger.

- Qu’est-ce que c’est encore que cette histoire à dormir debout ?

Brian m’ignore et se concentre sur le prévenu : 

- Vous avez envoyé un message à Lili le jour de sa disparition, à très exactement 17 h 26. Sur ce texto, vous la menaciez. Vous avez écrit, je cite…

J’entre en scène. 

- Inspecteur Cord, je suis surpris. Je pensais que vos équipes étaient bien plus compétentes que cela. Parce que si vous aviez eu la sagesse de vérifier auprès de l’opérateur téléphonique de mon client, vous auriez su immédiatement que Kirian Cross n’a jamais envoyé de texto à Lili ce jour-là.

Et toc ! Brian est un ami, le meilleur ami que j’ai à Peyton Place, mais lorsqu’il s’agit de boulot, on ne se connaît plus. 

Brian fronce les sourcils et me regarde d’un drôle d’air. 

- Maître Carson, vous vous méprenez. Je n’ai jamais dit que Kirian avait envoyé un texto depuis son téléphone habituel. 

Là, c’est moi qui fronce les sourcils. En tant qu’avocat, on apprend à se contenir devant un fait qui vous échappe. On doit conserver un air impassible. Et là, j’avoue que c’est difficile, car je ne vois pas où veut en venir l’Inspecteur Cord, et je ne sais pas ce qu’il a derrière la tête. Ce dont je suis sûr, c’est que ma défense va partir en fumée dans quelques instants. 

Le temps pour Brian d’ouvrir un dossier rouge qui se tient devant lui. Dans ce dossier se trouvent quelques clichés. Il sort le premier cliché.

- Nous avons retrouvé le téléphone portable de Lili Metcalfe pas très loin du morceau de chemise de Mr Cross. Dans la boite de réception de ses SMS, il y avait ceci.

Le cliché montre l’écran d’un iPhone à la coque rose. La photo est agrandie et l’écran du téléphone s’étale sur toute la feuille A4. On y voit un texto. Le message est identique mot pour mot à ce que Seth m’avez dit. En haut, le nom de l’expéditeur : Cross. 

Je secoue la tête. 

- Ça ne prouve rien ! N’importe qui pourrait envoyer un texto en indiquant un faux nom.

Brian sourit.

- Sauf que nos équipes bien plus compétentes que vous ne pensez, cher Maître, ont tracé le numéro de téléphone portable qui a envoyé le SMS. Il s’agit d’un téléphone pré payé. 

- Raison de plus pour attester d’un complot. Quelqu’un veut faire accuser mon client. 

- Je n’ai pas fini, Maître. Il se trouve qu’à Peyton Place, il y a deux endroits où l’on peut se procurer un téléphone pré payé : au centre commercial, et au magasin général. Nous avons interrogé la gérante du magasin général et elle n’a vendu aucun téléphone pré-payé depuis deux mois. En revanche, le centre commercial en vend régulièrement. La dernière fois c’était une semaine et demie avant la disparition de Lili Metcalfe. 

Brian marque une pause. Je sens une goutte de sueur perler de mon front. 

- Et alors ?

- Et alors… et alors… le centre commercial est truffé de vidéos, comme vous le savez. Nous avons donc demandé les enregistrements du jour et de l’heure où le téléphone a été acheté. Et voilà le résultat !

Brian sort plusieurs autres clichés de son maudit dossier rouge et le plante à nouveau devant nos yeux. Pas de doute possible. On reconnaît facilement Kirian, sa grande silhouette, ses cheveux en bataille et sa chemise à carreaux rouge et noir. Sur un cliché, il paye en espèce. Sur un autre, on voit le commerçant lui tendre un paquet. Un troisième cliché est un agrandissement du paquet en question : il s’agit bien d’un téléphone prépayé. 

Gardez son calme… respirer lentement… Réfléchir…

Facile à dire lorsqu’on a le ciel qui vous tombe sur la tête. Je dois trouver une parade. Il le faut. Pour mon client… Je résume brièvement dans ma tête en feu les derniers faits : Kirian a acheté un téléphone prépayé sur lequel lui (ou un autre) a envoyé un message menaçant à Lili le jour de sa disparition. 

Sur ce petit résumé, je dois mettre en exergue « ou un autre », car si nous avons la preuve que Kirian a acheté un téléphone, rien ne prouve qu’il a tapé le texte et l’a envoyé à Lili… et rien ne prouve d’ailleurs que le téléphone est bien celui qui a servi à envoyer ce message. 

Brian poursuit :

- Mr Cross, où est le téléphone prépayé ? 

Cette fois, je laisse Kirian répondre, je n’ai pas d’autre choix. 

Mais Kirian n’a pas le temps de répondre. D’une violente volée, la porte de la salle d’interrogatoire s’ouvre en grand. Elle laisse passer une femme d’une soixantaine d’années. Blonde, cheveux descendant en cascade sur ses épaules, tailleur gris impeccable et de marque, attaché-case à la main, elle s’avance d’un pas rapide vers la table où nous sommes assis. 

Elle pose sa mallette… que dis-je : elle cogne sa mallette sur le bureau. 

Brian, aussi surpris que moi, se lève d’un bond, prêt à en découdre avec cette vieille et élégante dame qui se permet d’interrompre son interrogatoire. 

Mais elle ne lui en laisse pas le temps. Elle se tourne vers le prévenu et déclare d’une voix claire : 

- Kirian Cross, à compter de maintenant, ne dites plus un mot. 

Brian hausse les sourcils. 

- On peut savoir qui vous êtes et ce que vous faites dans cette salle d’interrogatoire ? 

- Je suis la nouvelle avocate de Mr Cross, annonce la dame élégante d’une voix calme et froide. 

 

A suivre...

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Betty 07/05/2019 17:19

Waouh, comme j'aimerai en lire plus... :)

Mr. Peyton 09/05/2019 18:52

Merci pour votre fidélité, Betty. Nous sommes à la moitié de l'histoire :)