Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Matt Carson - Saison 2 Episode 3

Matt Carson - Saison 2 Episode 3

Je me gare sur le trottoir de Chesnut Street, ma rue en forme de cul-de-sac. Inutile de mettre la voiture dans le garage puisque je vais repartir en ville, à mon cabinet où des dossiers urgents m’attendent. 

Pendant que je fais le trajet à pieds jusqu’à la maison des Grainger, j’analyse brièvement ce que je sais d’eux. Mary et Jim Grainger ont deux enfants : Seth qui à l’âge de Kirian, et Charmaine qui doit avoir huit ou neuf ans.

Mary est la parfaite femme au foyer. Elle s’occupe avec passion de son jardin. Vous devriez voir sa rangée de Lilas, c’est à faire pâlir de jalousie tous les habitants de la rue ! 

Je me souviens que deux jours après leur arrivée, Mary est venue devant notre porte pour se présenter. Elle avait apporté un panier de cookies. Nous l’avons fait entrer pour la remercier. Elle n’a pas manifesté la moindre réticence à voir deux hommes vivre ensemble, ni à voir que ces deux hommes élèvent ensemble un bébé. Mary a été merveilleuse avec Allie. 

Oui, on peut dire que Mary Grainger est une parfaite femme au foyer. Lorsque nous sortons de la maison, elle nous fait de grands gestes avec un sourire éclatant. 

Que dire de Jim ? C’est un homme beaucoup plus discret. Je sais qu’il a un poste de comptable à la Peyton Tower – anciennement Peyton Professional – et qu’il travaille en liaison directe avec Silver Peyton, la grande patronne de cette multinationale. La Peyton Tower héberge mon cabinet et Jim travaille juste à l’étage au-dessus. 

Leurs enfants, je dois dire que je les connais à peine. Je les aperçois lorsqu’ils prennent le bus pour aller à l’école. Mais à part cela, ils sont discrets et ne traînent pas dans la rue comme la plupart des mômes de leur âge. 

Celui qui m’intéresse, c’est Seth, bien évidemment. Je ne suis pas sûr d’en apprendre davantage sur la disparition de Lili, mais comme il a été un des derniers à l’avoir vue, peut-être en apprendrais-je plus que Brian ?

J’arrive devant la porte d’entrée et soudain me fige. J’entends des éclats de voix qui proviennent de l’intérieur de la maison. Une dispute. Une violente dispute même, à en juger par les cris hystériques de Mary. Je capte des bribes d’une phrase de Mary : « C’est elle ! Ne le nie pas ! »

Jim lui répond. Son ton est plus calme et je n’arrive pas à comprendre ce qu’il lui dit. 

Puis Mary reprend avec plus de force : « Je sais ce que tu as fait avec elle ! Tu me dégoûtes !! »

Il est temps pour moi de faire demi-tour. Inutile de débarquer en pleine tempête. Sauf qu’avant que je ne bouge, la porte s’ouvre et Jim se retrouve devant moi. 

Il m’observe avec un regard suspicieux. Il doit se demander depuis quand je suis devant sa porte d’entrée, et si j’ai entendu la conversation. 

- Matthew, dit-il calmement pour me saluer.

Je m’apprête à le saluer et à lui dire que je viens d’arriver, mais il me contourne et s’en va jusqu’à sa voiture, garée juste devant le portail d’entrée de la maison. Je le regarde partir et j’entends alors, derrière moi, la voix de Mary.

- Matt, quelle bonne surprise !

Je me retourne. Mary est là, devant moi, et elle affiche un large sourire sur son visage dépourvu de traces de tourments. Elle est très calme. Comme si rien ne s’était passé. Je me demande alors si son genre « femme au foyer parfaite » n’est pas qu’une façade pour les gens. 

Parce que passer d’un état de colère hystérique à un calme olympien relève d’un rôle d’acteur avec un Oscar à la clé ! Mary le joue à la perfection. Je suis totalement déstabilisé.

Elle continue à me sourire.

- Que me vaut ce plaisir ? J’ai fait un peu de thé, vous en prendrez bien une tasse. 

Je me ressaisis, me rappelant l’objet de ma visite. 

- Volontiers. 

Mary m’invite dans sa cuisine. Une pièce impeccable, comme toutes les pièces de la maison. Mary est en effet une femme au foyer modèle. Tout est propre chez elle. 

Elle dépose deux mugs sur l’îlot central brillant de propreté. 

- J’espère ne pas arriver à un mauvais moment, dis-je. 

J’espère ainsi qu’elle me parle de la dispute qu’elle venait d’avoir avec son mari. Mais non !

- Pas du tout, vous et Chris êtes toujours les bienvenus ici. Je trouve d’ailleurs que pour des voisins, nous nous voyons peu souvent. Que diriez-vous de venir dîner vendredi de la semaine prochaine, avec Allie bien sûr ! Votre fille est adorable !

Je n’en crois pas mes oreilles. Mary me parle comme si rien ne s’était passé. Elle verse le thé sans un tremblement, alors qu’à peine deux minutes plus tôt, elle était dans un état totalement agité. Je ne peux m’empêcher de l’admirer pour ce changement de personnalité radical. 

- Eh bien, je vais en parler à Chris, mais nous n’avons rien de prévu, je pense que ça ira. 

- Parfait ! me répond-elle avec un sourire explosif. 

Je me vois raconter cette scène à Chris ce soir. Il me dira à coup sûr « Cette femme est flippante ». Il aura raison. 

Nous discutons un peu de mon travail, et d’Allie. Mary me dit que Charmaine a reçu les félicitations de son professeur de dessin, ce qui semble la gonfler de fierté. Puis j’en viens au but de ma visite.

- Seth est ici ? 

- Il est à l’étage, il se prépare pour aller au lycée, me dit-elle. 

- Est-il possible de lui parler ?

Je détecte alors un changement d’expression sur le visage de ma voisine que je n’arrive pas à définir. De la crainte, peut-être ? 

- Puis-je savoir pourquoi ? me demande-t-elle d’un air suspicieux. 

Je la rassure. 

- Trois fois riens. En fait, c’est au sujet de la disparition de Lili Metcalfe. 

Mary affiche une expression de circonstance et soupire.

- Pauvre fille ! Et ses parents ! Comme je les plains les pauvres !

Puis elle lève un sourcil et son expression change à nouveau. Cette fois, je lis de la curiosité dans ses yeux. 

- Pourquoi vous intéressez-vous à l’affaire ?

- Je défends un client qui pourrait être impliqué dans cette histoire. 

Alors là, Mary se la joue carrément excitée. 

- Vraiment ! Racontez-moi !

Je lui souris. 

- Secret professionnel, Mary. 

- Seth a déjà été interrogé par la police, et il a dit tout ce qu’il savait. 

- Oui, sauf que moi je ne sais pas ce qu’il a vraiment dit à la police. Écoutez Mary, je ne veux pas embêter Seth avec cette histoire, mais j’ai besoin d’en savoir plus pour pouvoir défendre mon client. 

- Votre client… il a tué Lili ? 

- Je ne pense pas, non. C’est pourquoi j’ai besoin de l’aide de Seth.

- Je… je ne sais pas. Vraiment, cette histoire l’a beaucoup bouleversé, vous savez. Vos questions risquent de le perturber.

Je sais que j’ai en face de moi un mur encore plus rigide que celui qui a été construit pour séparer Berlin dans les années 60. Mary ne m’autorisera pas à parler à Seth, quoi que je puisse dire. Alors je n’insiste pas.

- Très bien, Mary. Je comprends.

- Ne m’en veuillez pas, Matt…

- Aucun problème. Je vais vous laisser, j’ai un travail monstrueux qui m’attend au bureau. 

Au moment où je veux quitter la pièce, j’aperçois dans l’encadrement de la porte qui conduit de la cuisine au vestibule la jeune Charmaine. Habillée d’une robe blanche, ses longs cheveux blonds un peu en bataille, elle me fixe de ses yeux. 

Je lui souris.

- Salut Charmaine, dis-je de ma voix la plus enjouée. 

Mais la fillette ne me répond pas. Elle continue de me fixer et je commence à me sentir gêné par ce drôle de regard sur moi. Ce n’est pas un regard de fillette que je vois. Charmaine reste comme prostrée devant moi, et j’ignore totalement pourquoi. J’avoue me sentir déstabilisé par cette petite fille au regard trop profond.

Puis soudain, comme un coup de vent, Charmaine se retourne et court se réfugier à l’étage. 

Mary pose une main rassurante sur mon épaule. 

- Ne lui en veuillez pas, elle est très timide. 

Je prends congé d’elle, mais pas de l’idée de parler à Seth. Je vais tout simplement l’attendre ce soir, à la sortie du lycée. 

 

Je regarde brièvement ma montre. Elle affiche huit heures quarante-cinq. Je soupire. Nous sommes en début de journée et j’ai déjà l’impression d’avoir vécu une journée de travail complète. 

Je rentre à la maison, bien décidé à prendre une seconde douche qui ne me fera que du bien. Chris nettoie le carrelage de la cuisine tandis qu’Allie est dans son parc, visiblement hypnotisée par l’oreille droite de son ours en peluche qu’elle tente désespérément d’arracher de la tête. Je l’embrasse et lui montre le pauvre animal.

- C’est ce que ton papa fera dans quelques années à ton petit-ami s’il se conduit mal avec toi.

Dix minutes plus tard, je suis douché, enfin habillé convenablement, et prêt à partir pour le travail. 

Dans la voiture qui m’emmène à la Peyton Tower, Green Day me donne des frissons avec leur Wake-me up when september ends, une de mes chansons préférées. 

Je me souviens alors du clip vidéo de la chanson : un jeune homme qui apprend à sa fiancée qu’il s’est engagé dans l’armée. Je me rappelle la colère de la fiancée, qui avait peur de perdre l’homme de sa vie. 

Les pensées sont comme des pierres plates qu’on lance sur l’eau et qui font des ricochets. Elles prennent un point de départ, puis elles s’enchaînent. La colère de la fiancée me fait alors automatiquement réfléchir sur celle de Mary Grainger envers Jim ce matin. 

Depuis leur arrivée à Peyton Place, les Grainger ont donné d’eux l’image de la parfaite famille américaine sans histoire et dont le couple s’aime d’un amour indéfectible. N’est-ce qu’une façade ? Bien des familles donnent l’impression d’être unies, alors que derrière les volets verts de leur parfaite maison, ils se déchirent et partagent des secrets inavouables. 

Quels sont les secrets des Grainger ? Je tente de me remémorer les paroles de Mary ce matin tandis que les premières notes de 21 Gunsdémarrent. Pour une fois, j’éteins le lecteur CD pour me concentrer. 

« Je sais ce que tu as fait avec elle ! Tu me dégoûtes !! »Ce sont les mots exacts qu’elle a prononcés. 

Elle ? Une femme ? Je vois mal Jim tromper sa femme. En même temps, on dit toujours qu’il faut se méfier de l’eau qui dort. 

Et si !... Mon cœur s’emballe ! Se pourrait-il que ce « Elle » désigne Lili Metcalfe ? 

Mon cerveau est maintenant en ébullition. J’arrive à la Peyton Tower et me gare à la place qui m’est réservée. J’éteins le moteur et reste un instant assis au volant. Je regarde sans les voir les passants qui se pressent pour entrer dans la tour. 

« Je sais ce que tu as fait avec elle ! Tu me dégoûtes !! »Jim serait-il mêlé à la disparition de Lili ?

Je me souviens ne pas avoir entendu la réponse de Jim. Il ne parlait pas assez fort. Peut-être tentait-il de calmer la situation ? Et si Mary s’adressait à Seth, et non à Jim ? Il est possible que Seth fût présent lors de la dispute. Jim a pu prendre la défense de Seth. Le jeune homme serait alors monté dans sa chambre pendant que Mary me parlait sur le pas de la porte.

Je secoue la tête. Je me fais sans doute des films, et peut-être que la dispute ne portait pas sur Lili mais sur autre chose. 

Je sors de ma voiture. En tout état de cause, je sais au moins une chose : quelque chose n’est pas clair dans cette famille. Et si cela a un rapport avec la disparition de Lili Metcalfe, je dois absolument le savoir.

 

A suivre...

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Betty 11/04/2019 08:45

Oh comme je suis contente ! Matt carson, reprend du service !
Et surtout, j'étudie les détails... Mais quelle curieuse, je suis...
Merci pour cette nouvelle histoire

(Mais oups, je n'ai pas reçu ce troisième épisode.)

Mr. Peyton 11/04/2019 18:35

Merci pour vos compliments Betty. Et il faut être curieuse... peut-être aurez-vous la solution de l'énigme avant le dernier épisode ...

J'ai vérifié et l'avertissement de l'épisode 3 a bien été envoyé par e-mail. Peut-être s'est-il retrouvé par inadvertance dans vos indésirables. Si cela se reproduit, n'hésitez pas à m'en avertir.