Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Matt Carson - Saison 2 Episode 2

Matt Carson - Saison 2 Episode 2

Dans la voiture, la tension est palpable. James s’est installé du côté passager. Il a le visage blême. Je le regarde un bref instant.

- Le poste de police est à cinq minutes d’ici. James, j’ai besoin d’avoir des détails, et j’en ai besoin maintenant.

- Mon ami Joey Cross m’a appelé tout à l’heure. Il était paniqué. Il m’a dit que les flics sont venus embarquer son fils Kirian pour lui poser des questions sur la disparition de Lila Metcalfe.

- Est-ce qu’ils lui ont lu ses droits ? 

- Je ne pense pas. Joey me l’aurait dit. Je pense que la police veut juste l’interroger. Écoute Matt, je connais bien la famille Cross. Kirian n’aurait jamais fait de mal à Lili. 

- Que représente Lili pour Kirian ?

- C’était sa petite amie. Il est probable que la police veut l’interroger pour cette seule raison ?

Je n’y crois pas.

- Deux semaines après la disparition ? Non, et puis ils ne l’auraient pas emmené au poste, ils l’auraient interrogé chez lui. Si Kirian est au poste, c’est qu’ils ont quelque chose contre lui. 

- Comme quoi ?

- Une preuve, ou un témoin. 

- Je te l’ai dit, Matt, Kirian est innocent ! C’est un chic garçon, un doux rêveur qui ne ferait pas de mal à une mouche.

Une question me vient alors à l’esprit.

- Pourquoi ton ami Joey t’a appelé toi ? Et pas directement un avocat ?

- Je suis très lié avec la famille Cross. Je pense que Joey s’est naturellement tourné vers moi parce qu’il sait que je connais un avocat très doué. 

J’arrête la voiture devant l’hôtel de police de la ville de Peyton Place. 

Je me précipite dans le couloir du poste. Je connais bien la maison et je sais où Kirian est interrogé. James me suit. 

J’arrive près d’une porte où il est inscrit « salle d’interrogatoire ». Un homme, la quarantaine passée, se lève d’une chaise flanquée à côté de la porte. Il a la beauté sauvage des bohémiens. Ses cheveux cendrés forment des bouclettes qui entourent son parfait visage. Son corps sculpté atteste d’un soin particulier à sa propre personne. Ce type doit faire de la musculation, même si je ne l’ai jamais vu au club de sport. 

Il se précipite vers James.

- Merci d’être venu si vite. 

- Joey, je te présente Matt Carson. C’est l’avocat dont je t’ai parlé. 

Joey sert ma main. 

- Je vous en prie, Maître, faites quelque chose. Kirian n’a rien à se reprocher. Je sais qu’il…

Je lève la main pour l’interrompre, car le temps presse. 

- Nous reparlerons de tout ça plus tard. 

Je fonce vers la porte, prends une profonde respiration et m’apprête à jouer à l’avocat méchant. 

Première étape : j’entre sans frapper en ouvrant la porte d’une manière brusque. J’obtiens l’effet escompté. Brian Cord, l’inspecteur de police, sursaute légèrement. 

Deuxième étape : je ne laisse pas l’inspecteur s’exprimer. Sans même regarder le jeune homme qui est assis en face de lui, je dis immédiatement et d’un ton sec : 

- Kirian, levez-vous. Nous partons. 

L’inspecteur Brian Cord est un ami très proche. Il est le fils de Steven Cord, mon prédécesseur. Un avocat hors pair qui a pris une retraite méritée et coule des jours heureux dans le sud de la France avec son épouse. 

Mon amitié avec Brian a été instantanée. Il m’a présenté Linda, sa femme. Moi je lui ai présenté Chris, et nous nous voyons maintenant très souvent. Nous tâchons de dîner tous ensemble au moins une fois par mois, selon nos emplois du temps.

Mais à cet instant même, l’instinct du flic et celui de l’avocat refont surface et nous sommes comme deux étrangers. Brian soupire.

- Je ne vous conseille pas de partir, dit-il.

Troisième étape : insister. 

- Vous n’avez rien contre mon client, je me trompe ? Venez Kirian !

- Il s’agit juste d’un interrogatoire, Maître Carson, se défend Brian. 

- Un interrogatoire à propos de quoi, Inspecteur ?

- De la disparition de Lili Metcalfe. 

- Et… ?

- Et Kirian Cross est le petit ami de Lili, il est donc naturel de l’interroger. 

- Lili est portée disparue depuis deux semaines. Pourquoi l’interroger maintenant ?

- Parce qu’il y a de nouveaux éléments qui…

- Avez-vous retrouvé le corps de Lili Metcalfe ?

- Non.

- Alors de quoi accusez-vous mon client ? 

- Maître Carson, ne jouez pas au plus malin avec moi. Une fille a disparu et j’interroge une personne proche qui pourrait nous renseigner et faire avancer l’enquête. 

J’en sais maintenant suffisamment sur ce que Brian a contre Kirian. Il est temps d’arrêter de jouer. 

- Inspecteur, je désirerais m’entretenir en privé avec mon client. 

Brian lève les bras vers le ciel. 

- Je vous donne dix minutes. 

Je sors de la salle d’interrogatoire avec Kirian. Immédiatement, son père et James se précipitent vers nous. 

- Kirian… 

Joey essaie de communiquer avec son fils. Mais je l’en empêche.

- Pas maintenant, Monsieur Cross.

J’emmène Kirian dans une salle au fond du couloir. Une table est plantée au centre de la petite pièce, avec deux chaises. Une vieille ampoule trône juste au-dessus. Je sais que cette salle est sécurisée : pas de fenêtre, pas de vitre sans tain et pas de caméra. 

Je fais asseoir Kirian sur l’une des chaises tandis que je pose mon attaché-case sur la table. 

Kirian a hérité de la beauté de son père. Ses cheveux ébène coupé courts encadrent un visage bronzé. Mais ce que l’on retient lorsqu’on pose les yeux sur ce jeune homme, c’est son regard émeraude. Ses yeux verts font l’atout charme de Kirian. Ils ont dû faire chavirer pas mal de cœurs…

Il me regarde de la tête aux pieds, l’air surpris. Je me rends compte alors que mon jogging rouge et noir ne va pas vraiment avec mon rôle d’avocat.

- Je n’ai pas eu le temps de me changer, mais croyez-moi, en jogging comme en costume, je suis un bon avocat.

Je m’assois à mon tour. 

- Très bien. Il va falloir tout me dire, Kirian. 

- C’est mon père qui vous a embauché ?

C’est la première fois que j’entends le son de sa voix. Une voix rauque et virile pour un jeune homme qui n’a pas encore dix-huit ans. Je n’aime pas le ton qu’il prend avec moi.

- Kirian, ici c’est moi qui pose les questions. Et je veux des réponses claires et précises. Vous devez me dire tout ce que vous savez, sans rien omettre. Et me dire toute la vérité. Nous n’avons pas beaucoup de temps. 

Kirian se renfrogne. Il allonge ses jambes sous la table et croise les bras. Je soupire intérieurement. Ça ne va pas être facile, je le sens.

- Kirian, est-ce que vous savez où se trouve Lili Metcalfe ?

- Non.

- Est-ce que vous l’avez tuée ?

Il me regarde. Ses yeux émeraude brillent. Je sais qu’il va me dire la vérité.

- Non. Je l’aimais. Elle était tout pour moi, vous comprenez !

- Je te crois, dis-je sincèrement.

J’ai acquis pas mal d’expérience ces dernières années pour savoir quand on me ment ou non. Je pose mes deux mains sur la table. 

- Seulement voilà, tu n’es pas ici pour rien. Si la police t’a emmené au poste, c’est qu’ils ont quelque chose.

Kirian hausse les épaules.

- Je ne vois pas ce qu’ils pourraient avoir contre moi. J’aimais Lili.

Je fronce les sourcils.

- Tu parles d’elle au passé. Comme si elle était morte. 

Le jeune Cross baisse la tête. J’ai peur qu’il ne tombe dans un mutisme complet. Il faut que je le secoue.

- Écoute-moi bien. Nous sommes dans une pièce insonorisée. Il n’y a que toi et moi ici. Tout ce que tu me diras restera entre nous. Mais pour que je te défende le mieux possible, je dois tout savoir. Et quand je dis tout, c’est TOUT.

J’insiste sur le dernier mot. Kirian semble réfléchir. Je continue :

- Si tu me caches quelque chose, et que ça sort pendant l’interrogatoire, tu nous mettras dans un sacré pétrin. Il faut que je puisse anticiper toutes les questions que Br… l’inspecteur Cord va te poser. Tu n’es pas ici par hasard. Ils ont quelque chose contre toi. À toi de me dire quoi.

Kirian se pince la lèvre inférieure. Puis il se met à table.

- Lili est moi on s’est disputés le jour de sa disparition.

- Pourquoi ?

- Je ne voulais pas aller au feu de joie. Je trouve ça ringard. Elle, elle voulait y aller. Pour se faire voir. C’est l’une des filles les plus populaires du lycée. Il faut donc qu’elle se montre partout, un peu comme pour entretenir sa popularité, vous voyez ? 

J’acquiesce. Lili est le genre de filles, capitaine des pom-pom girls, pour qui la popularité représente le Graal. 

Kirian continue. 

- Elle a décidé d’y aller toute seule. Le soir du feu, j’étais pas bien. Je pensais sans cesse à elle. Je me suis dit que j’étais égoïste. Alors je suis finalement allé à ce feu de joie. Je voulais voir Lili, lui demander pardon. Visiblement, elle ne m’attendait pas. 

Il s’arrête. Je l’encourage à continuer : 

- Pourquoi dis-tu cela ?

- Elle était avec un autre type. Ils semblaient bien s’amuser. Ils étaient juste devant le feu, à rire et s’amuser à balancer leur cours de l’année dernière. Quand je les ai vus s’embrasser, je suis devenu comme fou. J’ai fait un tour en ville pour me calmer les nerfs. Ensuite, je suis retournée au feu. Lili était toujours avec ce type, mais ils étaient maintenant seuls, pas très loin de la forêt. Ils s’embrassaient. J’ai pris le gars par l’épaule, je l’ai forcé à se retourner et je lui ai mis mon coup de poing dans la figure. Un bon droit ! Le mec est tombé par terre. Lili a commencé à m’insulter et à me donner des coups de poing sur la poitrine. Je l’ai saisi par les poignets, puis je l’ai jetée à terre. Elle est tombée. J’ai immédiatement fait demi-tour et je suis rentré chez moi.

- Est-ce que tu connais le type avec qui elle était ?

- Vaguement, c’est un nouveau venu à Peyton Place. Il doit s’appeler Rainger ou un truc comme ça.

- Grainger ? 

- Oui, c’est ça. Seth Grainger. 

Je connais la famille Grainger. Tout simplement parce que ce sont nos voisins. Ils ont acheté la maison de Steven Cord, juste à côté de la nôtre il y a deux mois maintenant. 

- Très bien, dis-je. Est-ce que tu as autre chose à me dire ? 

Kirian fait non de la tête. 

Nous retournons voir Brian Cord dans la salle d’interrogatoire. 

- Mon client est prêt à coopérer, Inspecteur. 

Pendant l’interrogatoire, j’objecte quelques questions. Brian cherche à savoir si Kirian est mêlé à la disparition de Lili, ce que je peux concevoir. Mais en tant qu’avocat, je ne veux pas que Kirian puisse dire une phrase, ou un mot qui pourrait faire croire à l’inspecteur qu’il est impliqué dans l’affaire. 

Kirian s’en tient à ce qu’il m’a dit. La police n’a rien d’autre contre lui et Brian est obligé de le laisser partir. 

Le jeune homme ne demande pas son reste. Il sort de la salle. Son père Joey se précipite vers lui. Mais Kirian n’est visiblement pas fan d’effusions en tous genres. Il dit simplement :

- Ça va Papa. Je t’attends dehors.

Je m’aperçois que James n’est plus là. Joey s’approche de moi. 

- Merci, Maître. Je passerai vous voir dans la journée pour régler vos honoraires.

Je lui dis que rien ne presse. Simple formule de politesse, parce qu’en fait, on a tous besoin que l’argent tombe dans nos poches.

Brian me rejoint à la sortie du poste de police. Il me sourit.

- C’est le nouveau costume de choc des avocats ?

Il fait référence à mon jogging rouge et noir.

- Je devais faire vite. Tu étais sur le point d’avaler tout cru ce pauvre gamin. 

- Pauvre gamin… ça reste à prouver. 

- Tu crois qu’il a quelque chose à voir dans cette affaire ? 

- Ça fait deux semaines que la fille a disparu. Les parents n’en peuvent plus, ils sont au bord de l’implosion. Quand je vais les voir, ils espèrent que je leur apporte une nouvelle, bonne ou mauvaise. Et quand je leur dis que l’enquête est au point mort, je peux voir tellement de souffrance dans leurs yeux que ça m’arrache le cœur. 

Je pose une main sur le bras de Brian.

- Ce n’est pas une raison pour essayer de créer un coupable.

- Ce n’est pas ce que je fais, Matt. Tu me connais bien. Je veux juste faire avancer l’enquête. 

- Je sais, Brian… Je sais.

Je compatis à sa frustration. Brian doit quelque part se sentir responsable d’une enquête qui n’avance pas. Comme moi je me sens responsable du désastre de l’affaire Callagher, mon dernier procès à San Francisco.

Nous nous quittons. Lui retourne au poste de police. Quant à moi, je rentre dans ma voiture, bien décidé à aller parler à Seth Grainger. 

 

A suivre...

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

MarIe A 07/04/2019 11:14

1) Ben on est soulagée d'apprendre que Brian est devenu un homme bien !
2) Très habile ce "coule des jours heureux dans le Sud de la France avec son épouse"... On veut des noms ^_^
3) Ça y est, tu as réussi, on va suivre cette histoire avec intérêt ;-D

Mr. Peyton 07/04/2019 11:33

1) C'est en effet une bonne nouvelle pour Brian.
2) Je ne peux pas donner de nom... mais tu en sauras plus dans la dernière saison des Plaisirs de l'Enfer.
3) Merci beaucoup ;-)