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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Matt Carson - Saison 2 Episode 1

Matt Carson - Saison 2 Episode 1

Un brouillard épais recouvre la ville de San Francisco. La nuit est tombée et j’avance dans une ruelle sombre. Au loin, on entend le bruit des moteurs de voitures, les klaxons, quelques éclats de voix. 

La vie…

Là où je me trouve, tout est calme. Trop calme. 

La mort…

La température a considérablement chuté. Malgré mon trenchcoat, le froid s’insinue en moi, pénètre ma peau, pique au vif mes os. Je frissonne. 

Une femme apparaît devant moi. A cause de brouillard, je ne la reconnais pas immédiatement. Mais au fond de moi, je sais de qui il s’agit. 

La femme émerge de la brume et s’avance vers moi. Son regard est encore plus glacial que la température hivernale de cette soirée.

Maintenant, elle me fait face. C’est bien elle. Je remarque que, depuis notre dernière rencontre, des rides s’étaient creusées aux abords de ses yeux, de sa bouche et de son front. Cette femme que j’avais connue si belle est maintenant détruite par la vie… par ma faute. 

Elle me regarde d’un air à la fois accusateur et méprisant. Elle a toutes les raisons de me détester. Malgré la culpabilité qui me ronge les os et l’esprit, je ne peux détourner mon regard d’elle.

 J’ai détruit cette femme et sa famille. 

Il faut que je lui dise ce que je ressens. Lui dire que les pressions subies étaient trop fortes, lui dire aussi à quel point je suis désolé et comme j’aimerais que…

La gifle est partie sans que je m’en aperçoive. Elle est violente, la femme y a mis toute sa haine à mon égard. Je sais que ma joue gauche portera un hématome pendant quelques jours, mais mon cœur est brisé à jamais. 

J’aurais aimé qu’elle me parle, qu’elle m’insulte, qu’elle me crache à la figure mes fautes. 

Au lieu de cela, elle continue à me regarder sans parler, et cela m’est insupportable. 

De mon côté, j’aurais tant voulu lui dire ce que j’ai sur le cœur, mais aucun son ne sort de ma bouche. 

Une pluie fine et froide commence à tomber. Elle me picote le visage, mais je n’en ai que faire. 

Je regarde cette femme en face de moi, et je me dis que je ne pourrais jamais lui redonner la vie sereine qu’elle avait jadis. 

Je baisse enfin la tête, m’avouant vaincu. 

La femme me contourne. Je sens encore son regard brulant de colère sur moi.  Puis j’entends ses pas s’éloigner. 

Je me retourne, elle n’est plus là.

Au loin, j’entends des voix que je connais bien. Le début d’une chanson. 

 

Écoute le bruit de la pluie qui tombe

Descendant comme une flamme d’Armageddon…

 

La musique se rapproche…

 

…Écoute les chiens hurler sans arrêt

Sur un hymne appelé Foi et Misère…

 

Jusqu’à hurler dans mes oreilles, au point de me réveiller. 

J’ouvre les yeux et me retrouve dans mon lit. Ce n’est pas de la pluie qu’il y a sur mon visage, mais des larmes qui ont coulé durant mon sommeil, jusqu’à mouiller mon oreiller. 

Le lecteur CD crache la chanson Holiday, des Green Day, mon groupe préféré. J’ai toujours aimé me réveiller au son de leurs chansons, elles me donnent la force de me lever chaque matin. 

Pourtant, ce matin, il est difficile pour moi d’émerger de ce rêve. Je me mets assis sur le lit et aussitôt une violente tempête secoue mon crâne. J’ai l’impression d’avoir du coton à la place du cerveau. 

Je regarde alors la photo posée sur ma table de nuit. Je la saisis. Elle me rassure. Sur cette photo, je pose avec mon compagnon Chris et notre petite fille adoptive Allie. La photo a été prise dans notre salon, près de la cheminée, un havre de paix pour nous trois. 

J’oublie alors le cauchemar. Mon esprit redevient lucide. Je ne suis pas à San Francisco, mais à Peyton Place. Je ne suis pas le type paumé qui reçoit une gifle, je suis Matt Carson, avocat à la Cour et j’ai mon propre cabinet depuis presque un an ici, dans cette petite ville où je suis né. 

La douche me procure un bien fou ! Les jets puissants sont mes meilleurs alliés, ils détendent mes muscles. Je reste plus longtemps que prévu sous les éruptions d’eau chaude, puis j’enfile un jogging rouge et noir et descends à la cuisine, plus détendu que jamais. 

Chris est assis à côté de notre petite Allie. Elle va bientôt avoir un an et elle est belle comme un cœur. Je vous vois venir, vous pensez : c’est un père fier de sa fille qui parle ! Mais je vous l’assure, avec ses petites boucles blondes, ses yeux bleus et ses bonnes petites joues rosées, elle est à croquer. 

Je regarde mon compagnon donner à manger à notre enfant et le cœur me serre. Chris a accepté de vendre le bar qu’il possédait à San Francisco pour venir ici, à Peyton Place, et s’occuper à plein temps d’Allie tandis que moi, je travaille à plein temps à dénoncer des contrats et défendre des voyous.

J’aime mon métier, mais je dois dire que chaque fois que je vois Chris avec Allie, et cette belle complicité entre un père et sa fille, je ne peux m’empêcher d’être envieux. Chris a eu droit au premier mot, au premier pas. Moi j’ai l’impression d’être un spectateur et non un acteur de ces scènes. Je travaille trop. Je passe parfois dix heures par jour au bureau. Chris ne me le reproche pas. Il est bien avec Allie, et le fait d’être séparés pendant la semaine renforce nos moments de complicité lorsque le soir, nous regardons ensemble House Of Cardsou Game Of Thronesblottis l’un contre l’autre, une tasse de chocolat chaud dans les mains. Ou bien les dimanches, où je peux pleinement profiter de mon petit bout de choux et où Chris peut alors se reposer. 

J’embrasse Allie (quatre fois), puis Chris et m’assois à la table du petit déjeuner. Chris, comme toujours aussi prévenant, m’a préparé des œufs brouillés et du bacon. Il me sert une tasse de café, s’assoit en face de moi pendant qu’Allie joue avec une bouteille de lait vide, et me regarde droit dans les yeux. 

- Encore ce cauchemar ? me demande-t-il. 

Moi qui pensais apparaître devant lui détendu… Chris n’est pas dupe. Il me connaît bien. 

J’acquiesce d’un signe de tête. 

- Matt, il faut que tu arrêtes de te rendre responsable de ce qui est arrivé à San Francisco. 

Je goûte le bacon. Il est excellent, comme toujours.

- C’est facile à dire. Ce qui est bizarre, c’est que je ne rêve pas de Travis Gallagher, mais de Sylvia. 

- Sa mère ?

- Oui, c’est toujours elle qui apparaît. Et toujours dans le brouillard, avec ce regard tellement méprisant. 

Chris soupire. 

- Tu sais Matt, si les cauchemars persistent, tu devrais peut-être aller voir quelqu’un…

Je lève les yeux vers lui, surpris.

- Un psy, tu veux dire ?

- Je veux dire quelqu’un qui peut t’aider à surmonter ce qui s’est passé à San Francisco. À te faire comprendre que tu n’avais pas le choix, que tu subissais des pressions et…

- J’avais le choix, Chris. J’ai fait le choix de fermer les yeux. Et ce pauvre Travis a été condamné à cause de moi. 

Je saisis le Clarion, le quotidien régional du Comté de Peyton, et le déplie, afin de faire comprendre à Chris que cette conversation est terminée. 

Je secoue la tête en lisant la Une du journal. L’article parle de la disparition d’une jeune lycéenne, Lili Metcalfe. 

- Ils n’ont toujours pas trouvé la gamine… dis-je.

Lili Metcalfe a disparu il y a maintenant deux semaines, le soir du feu de joie, organisé par le lycée de Peyton Place.

Chris boit une gorgée de café.

- Au bout de deux semaines, je suppose que les espoirs s’amenuisent de la retrouver en vie, me dit-il.

Je regarde Allie et l’imagine avec une quinzaine d’années en plus. Mon cœur se sert. Je pense à Allison, ma sœur, disparue elle aussi à Peyton Place quelques semaines avant ma naissance.  

Chris, comme toujours, devine mes pensées. 

- Ça doit te rappeler de mauvais souvenirs…

Il veut ajouter quelque chose, mais la sonnette de la porte d’entrée retentit. Allie fait tomber la bouteille de lait sur le carrelage brun. Ce qui devait inévitablement arriver vu ses petites menottes.

Chris se lève et va ouvrir tandis que je jette la bouteille vide dans la poubelle. Au passage, j’embrasse deux nouvelles fois mon petit cœur sur ses joues bien rondes, et lui murmure :

- Tu sais que ton deuxième papa t’aime très fort.

Chris revient à la cuisine avec James Peyton. Je suis surpris de le voir. James Peyton est le rédacteur en chef du Clarion, le quotidien régional du Comté de Peyton. C’est aussi le grand-père de Jen, une jeune fille bizarre mais adorable que j’emploie comme assistante et qui m’est très précieuse. 

Des rides d’anxiété viennent s’ajouter aux rides de vieillesse barrant le front du journaliste. Ses yeux bleus – qui autrefois ont dû faire des ravages auprès des filles – semblent éteints. 

- Veux-tu une tasse de café ? demande mon toujours prévenant Chris

James secoue la tête.

- Non merci, je n’ai pas le temps.

- Quelque chose ne va pas ? dis-je immédiatement. 

James s’avance vers moi, l’air grave.

- Matt, il faut que tu viennes au poste de police. C’est urgent. 

Je fronce les sourcils, je n’aime pas la tournure que prennent les événements.

- Tu as un problème ?

- Pas moi. Mais le fils d’un ami. Il vient d’être emmené par les flics pour être interrogé sur la disparition de Lili Metcalfe. Il faut que tu le sortes de là, Matt. Ce garçon est innocent. J’en mets ma main à couper. 

Le regard suppliant de James m’aide rapidement à prendre une décision. Ce garçon embarqué par la police doit beaucoup compter pour lui. Pas le temps de me changer. Je saisis ma veste de jogging accrochée au portemanteau du vestibule.

- Bien, tu m’expliqueras tout dans la voiture. 

 

A suivre...

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Commenter cet article

MarIe A 07/04/2019 11:03

James grand-père ?!?!? C'est là qu'on voit comme le temps passe !
Sinon, très bon début, cette petite famille est adorable. Ça présage de beaux moments de lecture.

Mr. Peyton 07/04/2019 11:33

Merci beaucoup pour ta fidélité, ma chère. J'espère que tu passeras de bons moments avec cette petite série sans prétention. En tout cas, tu en sauras plus sur ce que sont devenus nos héros.