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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Episode 948

Episode 948

Plus la Limousine engrange des kilomètres, plus Betty se demande dans quel traquenard elle est tombée. Que pouvait bien lui vouloir la femme la plus influente du Massachussetts ?  

GLORIA : Vous devez vous demander ce que vous faites dans cette Limousine, n’est-ce pas ? 

Betty se tourne vers elle et soutient son regard, pas du tout intimidée par la femme assise à ses côtés.

BETTY : A votre avis ? 

Gloria laisse échapper un petit rire.

GLORIA : J’aime votre franc parler. N’importe qui à votre place aurait rougi et baissé la tête. 

BETTY : Je n’ai pas l’habitude de ma laisser impressionner. J’aimerais savoir où l’on va ?

GLORIA : Un peu de patience, Betty… Je peux vous appeler Betty ?...

BETTY : Si je peux vous appeler Gloria…

Nouveau rire de Gloria. 

GLORIA : Je vous aime bien, Betty. Vous êtes exactement comme je me l’imaginais.

BETTY : Vous avez enquêté sur moi ? 

GLORIA : Enquêter est un bien grand mot. Disons que j’ai pris quelques renseignements.

La Limousine s’arrête dans un parking donnant directement sur la forêt. Betty descend du véhicule, en même temps que Gloria. 

GLORIA : Il va falloir faire un petit bout de chemin à pieds. La route menant au projet n’est pas encore construite. 

Betty fronce les sourcils.

BETTY : Je n’aime pas trop ça…

GLORIA : Vous n’avez pas peur, j’espère ? 

BETTY : Une femme d’affaires qui m’emmène dans une forêt à la tombée de la nuit… laissez-moi au moins me poser des questions…

Le chauffeur reste dans la voiture pendant que Betty et Gloria traversent un petit chemin de terre. Parfois, quelques branches viennent gêner le passage. Gloria n’a pas l’habitude des randonnées en forêt et cela se voit. Malgré l’insolite de la situation, Betty ne peut s’empêcher de sourire en la voyant marcher sur ce sentier escarpé. 

Elles arrivent enfin à destination.

GLORIA : Nous y voilà !

Une énorme pancarte tenue par deux solides poteaux en bois affiche une image d’un endroit idyllique : bungalows plantés au milieu d’arbres, un petit ruisseau qui coule entre deux petites rues, des enfants qui jouent en courant devant les regards protecteurs de leurs parents. 

Betty fronce de nouveau les sourcils.

BETTY : C’est le projet de Jack Peyton ?

Elle avait vaguement entendu parlé d’un projet de villégiature que Jack voulait monter. Manuel lui en avait parlé. 

Manuel… son cœur se serra en pensant à lui et à l’enfant qui grandit en elle. 

JACK : C’est exact. 

Betty se retourne vivement vers la voix de Jack, surprise de le voir.

JACK : Je te présente Peyton Global. Un petit village où les gens riches et stressés pourront venir se reposer et apprécier la beauté de la nature et sa douce quiétude. 

Betty regarde autour d’elle. Pour l’instant, elle ne voit qu’un terrain défriché, deux bungalows de travail et des arbres déracinés.

BETTY : La quiétude de tes gens riches a un prix à payer, Jack. Et c’est la nature qui en paie le prix. 

Gloria regarde Jack d’un air amusé, en haussant les épaules.

JACK : Tout sera construit aux normes écologiques. 

BETTY : Mais combien d’arbres déracinés pour un bungalow grand luxe ? 

JACK (à Gloria) : Je t’avais dit qu’elle serait difficile à convaincre. 

BETTY : Convaincre de quoi ? 

Jack et Gloria se regardent, l’air complice.

BETTY : Bon, ça suffit maintenant. Vous allez tous les deux me dire ce que je fais ici avec vous. 

Gloria s’approche de Betty.

GLORIA : C’est très simple. Nous avons besoin d’une personne de confiance pour superviser tous les travaux du futur site. Quelqu’un qui dirige aussi bien les architectes que les ouvriers, qui s’assure que tout se déroule dans les normes et dans les temps. Et je veux que vous soyez cette personne. 

Betty agrandis les yeux de surprise. Elle a envie de rire tellement elle trouve la situation grotesque. 

BETTY : Moi ? C’est une plaisanterie ?

Jack secoue la tête.

JACK : Oh crois-moi Betty, j’aimerais bien. Mais Gloria a insisté pour te proposer le job.

BETTY : Mais… mais pourquoi ? Je n’ai aucune qualification pour ce poste !

GLORIA : Ne vous sous-estimez pas, Betty. J’ai étudié les chiffres de la Fabrique Peyton lorsque vous la dirigiez. Vous avez fait un travail exceptionnel. Jamais la firme s’était aussi bien portée quand vous étiez la directrice.

BETTY : Mais diriger une fabrique de textiles et superviser un chantier aussi énorme, ce n’est pas la même chose !

GLORIA : Betty, vous êtes une femme de poigne. Nous nous ressemblons vous et moi. Nous avons besoin de quelqu’un comme vous pour diriger les travaux. 

Betty réfléchit. La proposition est autant alléchante que surprenante. Tout cela arrive trop soudainement pour elle. 

BETTY : Pour diriger un chantier aussi grand que Peyton Global, il faut… de l’expérience, du savoir aussi. En architecture par exemple, je n’y connais rien. Je ne saurais même pas lire un plan !

GLORIA : Je ne vous demande pas de prendre la place de nos architectes. Je veux que vous soyez au-dessus d’eux.

Betty n’en croit pas ses oreilles. Il y a une heure, elle essayait de sauver son mariage et maintenant, on lui propose de superviser un chantier. 

BETTY : C’est un travail très difficile. Et qui demande beaucoup de temps.

JACK (à Gloria) : Tu vois bien, Gloria. Betty n’a pas envie de…

Gloria interrompt Jack.

GLORIA (à Betty) : Pas autant de temps que ça. Vous avez l’envergure d’une patronne, Betty. Je sens que vous avez ça dans le sang. Alors faites de Peyton Global votre enfant ! Concevez-le du début à la fin. C’est une expérience passionnante, non ?

Son enfant… Les paroles de Gloria ravivent les angoisses de Betty. 

BETTY : Je… je n’en sais rien.

Gloria prend Betty par l’épaule et pointe un index vers le terrain en friche. 

GLORIA : Regardez ce terrain, Betty. Et imaginez-le une fois les travaux terminés. Qu’en pensez-vous ? 

BETTY : Comme je l’ai dit à Jack, ce terrain dénature la forêt de Peyton Place. Mais une villégiature en pleine forêt, ça fera recettes. La ville de Peyton Place pourra en tirer des bénéfices, notamment chez les commerçants.  En revanche…

GLORIA : Oui ?...

BETTY : J’enlèverais le nom de Peyton Global.

Jack hausse les épaules.

JACK : Pourquoi ? 

BETTY : Jack… à Peyton Place, on a droit à du Peyton partout : Peyton Immobilier, Peyton Professional, Fabrique Peyton…Tout ce que tu construis porte ton nom, comme si tu avais soif de posséder.

Jack hausse les épaules, visiblement vexé. 

JACK : Je ne vois pas en quoi c’est mal. 

GLORIA : Betty a raison, Jack. Elle a perçu une chose fondamentale : Peyton Global n’est pas vendeur. Celui qui en entendra parler pour la première fois ne se doutera jamais qu’il s’agit d’un site de repos en pleine nature.

Betty commence à se prendre au jeu : 

BETTY : Tout à fait ! Il faudrait trouver un nom plus accrocheur et surtout en rapport au thème de la nature et du repos.

Jack grogne, il n’est pas content. 

JACK : J’ai déjà déposé le nom.

GLORIA : Eh bien, ce qui est déposé peut-être repris et un nouveau nom peut être déposé. Où est le problème ? 

Elle se tourne avec enthousiasme vers Betty.

GLORIA : Betty, je vous adore ! Vous êtes intelligente et je vous veux dans mon équipe. S’il vous plaît, dites oui !

Jack est beaucoup moins enthousiaste.

JACK : Betty n’est plus dans les affaires depuis longtemps… 

Betty réfléchit. Pendant un instant, elle n’a pas pensé au bébé, à Manuel et à Steven. Et cela lui a fait du bien. Peut-être que ce travail pourrait être un soutien dans les prochains mois qu’elle va devoir affronter. 

BETTY : Il faut que j’en parle à mon mari avant.

GLORIA : Bien sûr. Je n’attendais pas une réponse immédiate. 

Dans la Limousine qui la raccompagne à Chesnut Street, Betty prend le temps de réfléchir à la proposition. A ses côtés, Gloria est plongée dans son agenda et Betty la remercie secrètement de ne pas lui mettre la pression.

Lorsqu’elle entre dans la maison, elle voit Steven se lever rapidement du fauteuil où il était installé, un verre de whisky à la main. Il fronce les sourcils.

STEVEN : Mais où étais-tu passée ? 

Betty peut voir dans les yeux de son mari que celui-ci s’était inquiété de son absence. Peut-être pensait-il qu’elle était encore une fois partie sur un coup de tête.

STEVEN : Tu vas me dire où tu étais ou bien tu vas éluder la question ? 

Betty s’approche de lui.

BETTY : J’étais à Peyton Global avec Gloria Emmerson et Jack. Steven, tu ne vas pas en croire tes oreilles : Gloria Emmerson me propose de diriger les travaux du centre de villégiature. 

Steven fronce les sourcils.

STEVEN : J’espère que ce n’est pas encore un sale coup de Jack. 

Betty secoue la tête.

BETTY : Jack n’est pas très chaud pour m’embaucher. C’est Gloria qui insiste. Elle a dit qu’elle avait étudié les chiffres de la Fabrique lorsque j’étais directrice et qu’elle a été impressionnée. 

STEVEN : C’est un chantier de grande envergure, tu sais. Une ville dans une ville. Qu’est-ce que tu lui as répondu ?

BETTY : Que j’allais en parler avec toi avant de prendre une décision.

STEVEN : Vraiment ? Voilà une grande première.

Betty hocha la tête. Ce sarcasme, elle le mérite.

BETTY : Steven, je ne ferais rien qui puisse nuire de nouveau à notre couple. Si tu penses que ce n’est pas une bonne idée, j’irais voir Gloria et je déclinerais l’offre.

Un silence s’installe. Steven va se resservir un verre, et après quelques secondes qui ont paru à Betty une éternité, il dit : 

STEVEN : Qu’est-ce que tu en penses ? 

BETTY : J’aimerais beaucoup m’engager dans ce projet, je m’en sens capable. Mais je ne le ferais pas sans ton accord, je te le promets. 

STEVEN : Tu vas devoir travailler avec Jack.

BETTY : Tout comme toi.

Betty marque un point. 

STEVEN : Alors je te suggère de bien peser le pour et le contre et de donner une réponse définitive à Emmerson et Peyton demain. On dit que la nuit porte conseil.

Betty sourit.

BETTY : Ça veut dire que tu n’y vois pas d’inconvénients ? 

STEVEN : Non, si c’est ce que tu veux.  

Betty est reconnaissante envers Steven. Prise d’une impulsion soudaine, elle se penche vers lui et l’embrasse sur les lèvres.

Gênée, elle recule et baisse la tête. Mais Steven semble avoir bien apprécié ce baiser. Avec son index, il remonte le menton de Betty pour qu’elle le regarde dans les yeux. Elle y voit alors du désir. Steven approche doucement ses lèvres des siennes. Le couple s’embrasse passionnément. Betty sent le désir monter en elle et elle sait que Steven ressent la même chose de son côté. 

Steven attrape la main de Betty et tous deux montent dans leur chambre. 

 

A suivre...

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MarIe A 03/07/2018 09:49

Aaah ouais... d'accord, voilà un dénouement inattendu ! D'un côté tant mieux pour l'avenir, si ça ne leur retombe pas sur le nez...

Mr. Peyton 04/07/2018 21:15

Oh oui... attention à leur nez :-))