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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Episode 947

Episode 947

Betty tortillait sa serviette en pinçant les lèvres. Assise devant une table magnifiquement dressée du Colonial, elle attendait Steven. 

Juste avant de venir, elle avait appliqué une belle couche de fond de teint sur son visage blafard, cachant les cernes de ses yeux résultant d’une nuit sans sommeil. 

Elle avait réfléchi toute la nuit à sa situation. Elle pouvait élaborer tous les scénarios possibles, et malgré les incertitudes de l’avenir qui la hantait, elle était sûre d’une chose : elle tenait à Steven et ne voulait pas le perdre. 

Lui dire la vérité, lui dire qu’elle attend un enfant de leur voisin, n’était pas la bonne solution pour le garder près d’elle. Alors elle devait mentir, elle devait faire entrer le futur enfant dans la vie de Steven d’une manière douce et elle avait élaboré un plan. 

La première partie de son plan se jouait maintenant, dans cette superbe salle de restaurant. Elle devait reconquérir Steven, faire en sorte que ses suspicions puissent fondre comme neige au soleil. 

Un bon repas au Colonial était un début. Elle avait appelé Steven à son cabinet pour l’inviter, et avait demandé à Ellen de garder Brian. 

Et elle se trouvait là, plantée seule devant son assiette, ne sachant comment allait se dérouler la soirée. Ne sachant même pas si Steven allait venir. Il avait accepté son invitation du bout des lèvres. 

Elle regarda sa montre. Il avait vingt minutes de retard. Pas de quoi paniquer. Steven était un avocat et il avait beaucoup de travail. Il a pu être retenu. Elle attendait d’un instant à l’autre que Gérard, le maître d’hôtel du Colonial venu tout droit de France, ne vienne lui apprendre que Steven avait appelé pour décommander. 

Mais cela n’arriva pas. Steven vint dix minutes plus tard, s’excusant du retard. 

- Ce n’est pas grave, répondit Betty.

L’opération séduction allait pouvoir commencer.

- Je suis contente que tu sois venue, Steven. Cette soirée nous fera du bien.

Steven soupire.

- Je dois t’avouer que ton invitation m’a surpris.

- Une femme a bien le droit d’inviter son mari au restaurant. Parce que nous sommes toujours mariés, Steven.

Gérard arriva pour prendre les commandes. Steven pencha pour un plateau de fruits de mer tandis que Betty se contenta de la salade du chef. Comme boisson, l’avocat commanda pour un vin blanc californien.

En attendant leurs commandes, Betty et Steven parlèrent de tout et de rien, mais surtout pas d’eux. Betty sentait Steven mal à l’aise. Il parlait peu, et Betty dut faire un effort pour trouver des sujets de conversation. 

Une fois les assiettes pleines, Betty s’exclama : 

- Ca m’a l’air délicieux. 

Steven joua de sa fourchette avec une écrevisse. 

- Brian aurait aimé manger des fruits de mer. 

- Oh, ne t’inquiète pas pour lui, il était ravi de pouvoir manger avec Harry et les Hayes. 

- Eh bien si, vois-tu, je m’inquiète pour lui. Il a beaucoup souffert lorsque tu es partie sans laisser d’adresse. 

Le sourire s’effaça du visage de Betty. 

- De même qu’il a beaucoup souffert lorsque toi, tu es parti. 

- Ce n’était pas la même chose. Moi, c’était pour le travail et il savait où je me trouvais. 

- C’était pour le travail ? Ou bien pour t’éloigner de moi ?

Steven décida de jouer franc-jeu.

- Le procès de Washington m’a beaucoup apporté, mais oui… c’était pour m’éloigner de toi. Parce que je ne savais plus où j’en étais avec toi. Je t’en voulais toujours pour cette histoire d’élection. 

- Et tu m’en veux encore ? 

- C’est de l’histoire ancienne. Je te l’ai dit lorsque je suis revenu… avant que tu t’enfuies.

Betty sentit qu’elle devait recadrer la conversation.

- On tire un trait et on recommence comme avant ? 

- C’est ce que tu veux ?

Betty opina :

- C’est ce que je veux.

- Alors pourquoi t’es-tu enfuie à mon retour ? 

Betty prit une profonde inspiration. 

- Je te l’ai dit : j’avais peur. C’était stupide de ma part. J’ai juste voulu me retrouver seule pour réfléchir.

Steven secoua la tête : 

- Il y avait d’autres moyens que la fuite pour cela. Un simple « Steven, je vais aller passer quelques jours chez ma mère pour réfléchir à nous » aurait suffi.

- Steven, tu ne veux pas oublier tout ça ?

Betty rêvait à une réponse du genre « oui, tu as raison, oublions tout ça », mais cela aurait été trop facile. 

A la place, Steven posa ses couverts et se pencha en avant. 

- Je ne peux pas, Betty. J’ai l’impression que tu n’es pas tout à fait franche avec moi. Tu me caches quelque chose, et j’aimerais bien savoir ce que c’est. Tu ne peux pas me laisser sans explication, Betty. Tu es partie pendant plusieurs jours, bon sang !

Betty sentit des larmes monter aux yeux. Steven ne se laissa pas intimider et continua : 

- Je voulais tout reprendre à zéro avec toi. C’est pour ça que je suis revenu. 

- Tu voulais ?... Ça veut dire que tu ne veux plus ? 

- Je ne sais pas Betty. En ce moment, tu n’es pas honnête envers moi. Tu ne l’es peut-être même pas avec toi-même.

- Ecoute, on ferait mieux de parler d’autre chose. 

- Et quoi ? On parle de tout et de rien et on laisse l’essentiel de côté ? C’est ça que tu veux ? Est-ce que tu crois que tout va s’arranger en parlant d’autre chose ?

Cette fois, la larme tant refoulée tomba sur la joue de Betty.

- Je veux que tu me reviennes, Steven. Parce que je t’aime. C’est tout ce que je veux ! 

- Le problème, Betty, c’est que je n’arrive pas à te faire confiance. Je t’aime. Je t’ai toujours aimé, même lorsque je suis parti à Washington. Mais j’ai perdu confiance en toi.

- Est-ce que tu es en train de me dire qu’on devrait se séparer ? murmura Betty d’une voix chevrotante.

- Je suis en train de te demander de me dire ce qu’il se passe. Je te laisse la chance de t’expliquer, mais dès que je parle de ton départ précipité, tu ne veux rien me dire. 

- Je suis désolée, Steven.

- Pas autant que moi.

La tension était palpable. Betty n’avait pas prévu ce genre de conversation. Mais à quoi s’attendait-elle au juste ? Steven avait raison sur toute la ligne, elle s’en rendait compte !

Steven posa sa serviette.

- Ecoute, j’ai encore un dossier à traiter, il faut que je retourne au cabinet. Je vais aller régler la note à la réception. 

Il laissa Betty seule à table. Elle pencha la tête vers la salade du chef qu’elle n’avait pas touchée. Elle n’y touchera pas. Cette soirée n’a été qu’un fiasco sur toute la ligne. 

Elle avait besoin d’air, aussi quitta-t-elle le Colonial cinq minutes après Steven.

Elle erra dans le square de Peyton Place, se demandant que faire. Jamais de toute sa vie Betty n’avait été autant incertaine de son avenir. 

Elle se planta devant la statue de Samuel Peyton et regarda l’œuvre un moment, comme si le fondateur de la ville allait se matérialiser devant elle et lui donner des réponses à ses questions. 

Le vent se leva et Betty frissonna. Il était temps pour elle de rentrer. Chesnut Street était à dix minutes de marche du square.

Elle marchait d’un pas rapide, soudain pressée de revoir Brian, lorsqu’une limousine s’arrêta à ses côtés. La vitre se baissa et, intriguée, Betty se tourna vers le passager arrière. Il s’agissait d’une femme d’environ cinquante ans, peut-être plus. 

- Betty Cord ?

Betty écarquilla les yeux de surprise. 

- Comment connaissez-vous mon nom ?

- Je m’appelle Gloria Emmerson. 

Betty n’en revenait pas. Gloria Emmerson, d’Emmerson Corp., la chaîne d’hôtels. Que venait-elle faire ici ? 

- J’aimerais que vous montiez en voiture avec moi, Betty. J’ai quelque chose à vous montrer.

- Cela ne me dit pas comment vous connaissez mon nom.

- S’il vous plait, Betty. Montez, vous n’allez pas le regretter. Ce ne sera pas long et après, mon chauffeur vous ramènera chez vous.

 

A suivre...

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MarIe A 03/07/2018 09:42

Comment Betty s'arrange pour agir toujours exactement à l'opposé de son intérêt dépasse l'entendement ! Ça serait comique si ce n'était pas aussi triste.

Mr. Peyton 04/07/2018 21:14

Tu sais, je crois que le problème de Betty, c'est qu'elle ne réfléchi pas aux conséquences de ses actes, et ce qui découle de ça, c'est que le bonheur qu'elle recherche tellement se transforme en malheur.