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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Episode 944

Episode 944

Le cœur de Betty commença à s’emballer lorsque sa Ford entra dans Chesnut Street. Elle était submergée d’émotions contradictoires. Elle aimait tant cette rue. Elle y avait vécu des moments formidables. C'était ici sa vie, auprès de son fils et de son mari.

Pourtant, une boule se forma dans son ventre dès qu’elle entra la voiture dans son garage. Comment allait-elle expliquer à Steven son départ soudain, et le fait qu’elle ne lui ait pas donnée de nouvelles tout ce temps ?

En sortant du garage, elle referma son manteau sur elle. La neige commençait à tomber. D’ici une heure, une belle couche blanche recouvrirait la rue. Betty avança dans l’allée qui menait au porche et respira profondément l’air iodé qui lui avait tant manquée. Elle aimait sa rue être voulait pour rien au monde la quitter.

Restait à savoir comment gérer la situation avec Steven. Elle voulait plus que tout voir leur couple fonctionner de nouveau. Elle y avait réfléchi pendant tout le trajet la menant à Peyton Place. Elle n'était enceinte que de quelques semaines, elle pourrait faire l’amour avec Steven et prétendre que l’enfant est de lui. Elle pourrait prétendre que l’enfant est né prématurément. Son amie Paula, infirmière à l’hôpital, pourrait l’aider à falsifier la date de conception dans le dossier médical. 

Aura-t-elle le courage – ou plutôt la lâcheté – de faire une chose pareille ? Pourrait-elle vivre toute sa vie avec ce mensonge ? Mieux valait sans doute tout dire à Steven... 

Elle secoua la tête et se remémora la fameuse réplique de Scarlet O’Hara dans « Autant en emporte le vent ».

J’y penserai demain...

Au moment où elle parvenait à mi-chemin du porche, elle entendit le portail en ferraille du voisin grincer. Elle se mordit la lèvre inférieure, se maudissant de ne pas être passée par la porte intérieure du garage donnant sur la buanderie. Elle avait juste envie de prendre un peu l’air après plusieurs heures de route, sans se douter que Manuel serait chez lui. 

Elle entendit les pas précipités derrière elle.

- Betty !

Elle se retourna vers Manuel et le gratifia d’un visage empreint d’une certaine contrariété.

- Manuel, tu n’es pas à la Fabrique ?

Le jeune homme s’approcha d’elle, incrédule. 

- C’est tout ce que tu as à me demander ? Pourquoi je ne suis pas à la Fabrique ? Ton mari revient, tu pars plusieurs jours sans laisser d’adresse et lorsque tu reviens, tu fais comme si de rien n’était.

- J’avais juste besoin de réfléchir. C’est pour ça que je me suis absentée.

- Réfléchir à quoi ? A nous ?

- Manuel, tu n’es pas le centre de mon monde !

- Toi tu es le centre du mien, Betty. Je t’aime et je ne vais pas te laisser tomber sous prétexte que ton mari est revenu.

Betty soupira intérieurement. Elle n’avait pas envie de parler à Manuel, pas envie de s’expliquer. Et surtout pas envie de lui dire qu’un enfant à lui grandit en elle. 

- Manuel, entre nous c’est fini, tu comprends. Ça n’aurait jamais dû commencer. C’était une erreur.

Le visage du jeune homme se contracta. 

- Tu ne peux pas dire ça. Je ne te crois pas !

- C’est Steven que j’aime…

Manuel lui agrippa soudain le bras.

- Je ne te crois pas !

La voiture de Steven vint se garer au même moment devant la maison. Betty fit un mouvement brusque afin que Manuel lui lâche le bras. 

Brian sortit de la voiture et se précipita vers sa mère. Heureuse de le revoir, Betty le serra dans ses bras. 

- Tu m’as tellement manquée, mon chéri !

- Maman, mais où t’étais !

- Je suis allée voir Grand-Mère. Elle t’embrasse très fort.

- Tu m’as vachement manqué.

Betty essuie une petite larme.

- Mais où est-ce que tu as appris à parler de la sorte ?

Steven s’approcha nonchalamment d’elle. Il la regarda dans les yeux, comme s’il désirait ardemment savoir ce qu’ils pouvaient lui cacher. 

Betty se pencha vers Brian.

- Chéri, il y a un gros cadeau de la part de moi et de Mamie Julie dans le coffre de la voiture. Tu peux aller voir, la voiture n’est pas fermée à clé. 

Tandis que Brian se précipitait vers la voiture garée dans le garage, et que le petit Harry retournait tranquillement chez lui, Steven parvint devant Betty. Après une seconde d’hésitation, il se décida à parler. 

- Comment vas-tu ?

Betty remit en ordre ses cheveux mouillées par la neige.

- Steven, je suis contente de te voir. 

- Vraiment ?

Il y avait de l’amertume dans la voix de Steven, Betty le ressentit immédiatement. Embarrassée, elle ne sut quoi dire. Elle s’aperçut alors que Manuel était resté là depuis le début, planté devant elle sans rien dire. 

- Steven, je te présente Manuel Amos, notre nouveau voisin. 

Steven tourna la tête vers le jeune homme.

- Nous nous connaissons déjà. Mr Amos est venu me voir, il voulait de tes nouvelles. Voilà un voisin bien prévenant, tu ne trouves pas ?

Betty ne sut dire s’il y avait une part de raillerie dans les propos de Steven. Elle sentit le feu se loger dans ses joues. 

Manuel sentit le malaise. 

- Je ferais mieux d’y aller. 

Il tourna les talons et repartit chez lui.

Betty observa un instant Steven. Elle ne décela aucune émotion particulière sur son visage. Elle détourna soudain le regard et entra dans la maison. 

Comment allait-elle pouvoir gérer une telle situation ? Une situation dans laquelle elle s’est fourrée et qu’elle regrette amèrement. 

Elle sentait les pas de Steven derrière elle. Elle allait devoir lui donner une explication, lui dire pourquoi elle était brusquement partie chez sa mère le jour même de son retour… 

Brian fit une belle diversion lorsqu’il entra avec son cadeau dans les mains. Une figurine d’un dinosaure.

- Merci Maman, il me manquait justement celui-là pour finir ma collection. 

Il embrassa Betty. 

- Je sais, mon chéri. Et tu sais quoi, ce soir je vais te préparer ton repas favori. 

Les yeux de Brian se mirent à briller de joie. Steven s’avança vers lui.

- Que dirais-tu d’aller présenter ton nouveau dinosaure à tous ceux qui sont déjà sur ton étagère. 

Brian tourna les talons et monta les marches en quatrième vitesse.  

Steven posa son chapeau sur le portemanteau. 

- Visiblement, il est heureux de te revoir.

Betty se tourna vers lui.

- Et toi ? Est-ce que tu es content de me revoir ?

Steven soupira et prit son temps pour répondre : 

- Je n’en sais rien. Il va falloir qu’on règle quelques affaires.

Betty n’était pas prête.

- Tout à l’heure si tu veux bien.

Mais Steven, lui, était plus que prêt. 

- Non, tu ne vas pas te défiler, pas maintenant Betty. Je veux des réponses, et je les veux tout de suite ! Pourquoi est-ce que tu t’es enfermée dans la salle de bains la nuit de mon retour ? Et pourquoi tu es partie le lendemain sans laisser d’adresse ? Tu réponds maintenant et avec franchise à ses deux réponses, et je te laisse tranquille.

Voilà qui était franc et direct. Tout le contraire de la réponse qu’apporta Betty. 

- Ton retour m’a bouleversée. Je ne savais pas comment gérer les choses. Je me suis dit qu’aller quelque temps voir ma mère pourrait m’aider à prendre conscience de ce qui nous arrive.

Steven fronça les sourcils. 

- Ce qui nous arrive ? Betty, je ne comprends rien à ce que tu me racontes. 

C’était à prévoir. Betty agissait comme un vulgaire politicien à qui on poserait une question gênante : en répondant à côté de la plaque. Steven méritait mieux. Mais elle n’avait pas mieux à lui offrir. Hormis la vérité, mais elle n’avait aucune intention de la lui dire.

- Laisse-tomber Steven, le principal est que je suis revenue.

- Qui me dit que tu ne vas pas repartir demain ? Quelle garantie est-ce que j’ai ?

Betty s’approcha de lui et l’embrassa. Pour la première fois depuis son retour, elle allait dire une vérité. 

- Je t’aime, ça devrait te suffire comme garantie.

 

A suivre...

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MarIe A 03/07/2018 10:12

Le plus à plaindre dans toute cette histoire, c'est Manuel...

Mr. Peyton 04/07/2018 21:01

Et je crois bien qu'on n'a pas fini de le plaindre, le pauvre...

Betty 12/06/2018 18:13

Oh là là !!! Comme ça va être dure pour Betty les jours à venir !

Mr. Peyton 12/06/2018 18:22

Oh oui !!! Vous n'imaginez pas à quel point !