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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Episode 940

Episode 940

Carolyn Russel sortit de sa voiture et prit une profonde inspiration. Les effluves d’embruns venant de l’Océan la revigorèrent. Sa discussion avec Steven avait été particulièrement éprouvante – en particulier pour lui - et l’odeur iodée de la mer avait apaisé quelque peu les tourments de l’avocate.

Elle emprunta le quai de Peyton Place, passa devant la Taverne d’Ada Jacks avant de voir, un peu plus loin, un attroupement de personnes. 

Elle devina sans problème qu’elle arrivait à destination. Tandis qu’elle marchait vers les badauds, un homme se détacha du groupe et vint à sa rencontre. 

C’était Billy Chambers. Il portait son uniforme, il était donc de service. Il sourit à Carolyn. Le sourire de Billy accentuait les petites ridules qu’il avait près des yeux. Lorsque Billy souriait, ses yeux souriaient aussi.

- Tu as reçu ma carte d’anniversaire ? 

Il parlait surtout de l’invitation à dîner qu’il y avait glissée.

- Oui, merci d’y avoir pensé.

- Penser ? Je ne fais que penser à toi, Carolyn. 

Carolyn sentit la gêne la gagner.

- Billy, arrête, s’il te plaît...

-  Et que dis-tu de ma proposition d’aller dîner ensemble ?

- Je dis que ce n’est pas le moment d’en parler. Je suis en service, tout comme toi d’ailleurs. 

Billy opina.

- Je pense que c’est Ellen qui t’a appelée ?

Carolyn fit oui de la tête.

- Tu me mets au parfum ? 

- Seth Buswell, tu connais ?

- De nom, pourquoi ? 

- Il vient de porter plainte contre le jeune Hayes. Apparemment, Scott s’en serait pris à lui sans raison. Il aurait tabassé le vieux à titre gratuit.

Carolyn fronça les sourcils. Elle était déjà dans l’affaire.

- Qu’est-ce que tu en penses ? 

Billy haussa les épaules.

- Buswell s’est récemment fait virer de son poste à la Fabrique Peyton. Depuis, il traîne de bar et bar, buvant ce qu’il lui reste d’argent et promettant à Jack Peyton un procès retentissant. 

- Pour l’avoir viré ?

- Non, parce qu’il a perdu deux doigts d’une main, un accident avec sa machine à l’usine. 

- D’accord… d’accord… mais qu’est-ce que Scott Hayes vient faire dans tout ça ? demanda l’avocate.

Billy sortit son carnet pour être sûr de donner la bonne version à Carolyn.

- D’après Buswell, le jeune Hayes se serait jeté sur lui sans raison et l’aurait tabassé. C’est sa version.

- Où est Buswell ?

- L’ambulance vient de l’emmener à l’hôpital. Carolyn, il est sacrément amoché. 

- On est sûr que c’est Scott qui a fait ça ? 

- Aucun doute possible.

- Où est-il ? 

- Il est à la Taverne d’Ada. Je dois l’emmener au poste.

Carolyn acquiesça. 

- On se retrouve là-bas, souffla-t-elle.

 

Le poste de police se situait au centre-ville de Peyton Place, dans le même bâtiment qui abritait aussi le Tribunal et le bureau du Procureur. 

Carolyn entra dans une pièce où, sur la droite, un policier était juché derrière un bureau servant de réception. 

Billy précéda Carolyn et la fit entrer dans son bureau, une pièce assez grande pour supporter deux bureaux – le sien et celui de l’agent Ellen Hayes – et une grande armoire contenant les dossiers en cours. La pièce était sobrement meublée. Scott était assis sur une chaise, en face du bureau de Billy.

Carolyn était reconnaissante à Billy de ne pas avoir envoyé Scott en salle d’interrogatoire, une pièce déprimante avec un bureau au milieu et une vitre sans tain au mur. Ici, dans le bureau de Billy, l’ambiance était plus intime. 

Billy s’assit derrière son bureau tandis que l’avocate prit le siège vide à côté de Scott. 

- Alors, mon garçon, commença Billy. Si tu nous disais ce qu’il s’est passé sur le port tout à l’heure.

Scott, un grand gaillard de 18 ans, maigre comme un clou, haussa les épaules.

- J’étais assis sur le ponton, près à déjeuner et ce vieux type…

- Seth Buswell ?

- Oui, il était ivre et voulait que je lui donne à manger. J’avais à peine de quoi manger pour moi, alors j’ai refusé et lui ai dit d’aller faire la manche ailleurs. Ça lui a pas plu, et il m’a carrément prit mon sandwich des mains. Ça m’a rendu furax. 

Dans sa tête, Carolyn formulait déjà une première défense : celle d’un jeune garçon qui n’a pas beaucoup d’argent et qui meurt de faim. Si on lui enlève son maigre déjeuner, c’est comme si on lui retirait la vie. Certes, c’était un peu gros comme défense, mais si l’affaire va jusqu’au procès, le jury sera clément envers le pauvre garçon. 

Scott continua : 

- J’ai voulu lui reprendre des mains, mais il a sorti un couteau et m’a menacé.

- Un couteau, tu dis ? 

- Oui, inspecteur. Je ne me suis pas laissé faire. On est comme ça chez les Hayes, on est tous des « rentre-dedans ». 

- Qu’est-il advenu du couteau ?

- Il est tombé dans la mer lors de la bagarre. Après, j’ai eu le dessus sur le vieux. Je lui ai flanqué un coup dans le ventre et il s’est plié en deux. En tombant, son visage a heurté un poteau, c’est pour ça qu’il est amoché. 

Carolyn se leva, satisfaite. 

- Bien, je crois que cette affaire est réglée. Mon client s’est simplement défendu. En voyant le couteau, il s’est senti menacé et il a frappé Seth Buswell, un homme qui, il me semble bien, a un casier judiciaire.

Elle se rappela que Buswell avait un jour fait appel à elle parce qu’il avait conduit en état d’ébriété. 

Billy posa les deux mains sur son bureau.

- Très bien. Je vais aller interroger Seth Buswell. En attendant, tu es libre Scott. Mais tu restes à la disposition de la justice. Ça veut dire que tu ne dois pas quitter la région, d’accord ?

Ellen, Carolyn et Scott sortirent du bâtiment. La neige recommençait à tomber après une journée d’accalmie. Scott s’éloigna des deux femmes pour aller aider deux gosses à faire un bonhomme de neige dans le square.

- Merci, Maître Russell, dit Ellen. 

- Ce n’est rien. Et ne vous en faites pas pour votre frère, il ne risque pas gros.

- Que va-t-il se passer, maintenant ?

- Eh bien, Billy va mener son enquête. Ils vont tenter de retrouver le couteau dans la mer. Si c’est le cas, ça veut bien dire que Buswell était armé. Nous plaiderons alors la légitime défense. Mais je suis presque sûre qu’on n’ira pas jusqu’au procès.

Elles firent quelques pas ensemble, avant qu’Ellen ne dise.

- Pour vos honoraires, est-ce que je peux payer en plusieurs fois ?

Carolyn lui sourit.

- J’attends toujours la conclusion de l’enquête avant de parler argent.

Carolyn sentit qu’Ellen lui était reconnaissante, pas seulement pour avoir défendu Scott, mais aussi pour les honoraires. Les Hayes ne devaient pas crouler sous l’or. 

 

A suivre...

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MarIe A 05/06/2018 21:38

Mais quelle histoire ! Espérons que Scott s'en sorte vite et bien ! Un bon garçon comme ça qui se démène pour s'en sortir...

Mr. Peyton 06/06/2018 06:56

Oui, si le pauvre perd son travail, la famille Hayes va encore devoir se serrer la ceinture.