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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Episode 864 - Le grand jour (deuxième partie)

Episode 864 - Le grand jour (deuxième partie)

Sutton Hayes s’était levée du mauvais pied ce samedi matin. Les va-et-vient incessants des préparateurs du mariage l’avaient réveillée très tôt, alors qu’habituellement, elle aimait faire la grasse matinée et profiter du début du weekend.

En descendant à la cuisine, elle s’aperçut qu’elle n’était pas seule à être de mauvaise humeur.

Scott et Ellen étaient en pleine discussion. Scott venait de faire brûler des toasts. Il était très agité.

Ellen tentait de maîtriser sa colère.

- Scott, je t’ai juste demandé de faire attention. On ne peut pas se permettre de jeter de la nourriture par la fenêtre.

Scott prit les toasts brûlés et les jeta à la poubelle.

- Tu sais quoi, Ellen ? J’en ai plus qu’assez de devoir faire attention à tout ici. C’est moi qui me coltine tout le boulot !

- Scott, je sais que je te demande beaucoup, mais tu dois faire des efforts. Je n’y arriverais pas toute seule.

- Je crois qu’on a une autre sœur, non ?

Sutton se montra à cet instant. Scott en profita pour la montrer du doigt.

- La voilà, justement. La sœur prodige.

Sutton alla se servir un jus d’orange, tandis que Scott continuait ses invectives.

- Je suis surpris de te trouver debout à cette heure. D’habitude, tu n’émerges qu’à midi.

Sutton fit la moue.

- Scott, je ne suis pas d’humeur…

Scott prit à parti Ellen.

- Tu vois, elle ne fiche rien de la journée ! Moi je bosse comme un malade entre mes cours pour faire vivre la famille. Et elle, elle se pavane comme une princesse.

Sutton haussa les épaules.

- Je croyais que t’aimais bien travailler.

- Je contribue à faire vivre notre famille. Je te nourris et toi, tout ce que tu sais faire c’est mettre tes pieds sous la table quand le dîner est prêt.

- Je te signale que moi aussi je travaille. Je fais du babysitting et je te prie de croire que ce n’est pas de tout repos.

Scott était rouge de colère.

- Quoi ? Tu es assise sur un canapé en train de regarder la télé et attendre que ça se passe. J’appelle pas ça du travail.

- Ca suffit, vous deux ! cria Ellen.

- Tu as raison, dit Sutton. Ça suffit.

Et elle partit en claquant la porte.

Toujours en colère, Scott fit valser le paquet de céréales par terre. Fort heureusement, il n’était pas ouvert.

Ellen se dirigea vers lui.

- Scott, dis-moi ce qui ne va pas.

- Tu sais très bien ce qui ne va pas. C’est Sutton qui…

Ellen l’interrompit.

- Sutton n’est pas le problème. Sinon la crise que tu viens de nous faire, tu l’aurais fait depuis belle lurette.

Scott haussa les épaules. Il commençait à se calmer.

- Excuse-moi, ce doit être tous ces boulots qui me tapent sur les nerfs. Il faut que j’y aille. Je dois aller me préparer pour bosser au mariage.

Ellen regarda Scott monter les escaliers pour se rendre dans sa chambre. Elle soupira, persuadée que son frère ne lui avait pas tout dit sur les raisons de son emportement soudain.

 

Il suffoquait dans le bus. Malgré la fenêtre ouverte, il devait faire au moins 30°. Il était assis depuis dix minutes dans le véhicule et il avait dû perdre au moins un kilo de sueur. Sa chemise blanche était trempée.

Il n’avait jamais aimé avoir chaud. Sa corpulence – disons plutôt son embonpoint car il n’était pas non plus obèse – devait forcément y être pour quelque chose.

Il s’essuya une nouvelle fois le front avec son mouchoir avant de décider qu’il n’en pouvait plus.

Il se leva, saisit sa valise et tituba jusqu’à l’avant du bus. Il dit au chauffeur :

- Arrêtez-vous au prochain arrêt.

Le chauffeur afficha une moue de surprise.

- Vous avez payé pour aller jusqu’à l’aéroport de White River, Monsieur.

L’homme haussa les épaules. Il n’était pas d’humeur à discuter avec un chauffeur de bus.

- Et alors, il y a une loi qui m’interdit de descendre avant ?

Le chauffeur secoua la tête.

- Non, mais on ne rembourse pas le trajet que vous n’avez pas fait.

- Je m’en fiche, tout ce que je veux, c’est descendre de ce maudit bus avant que je ne fonde comme neige au soleil.

Le chauffeur regarda l’homme et eut envie de dire que cela n’était pas sur le point d’arriver vu son embonpoint, mais il préféra se taire. Il arrêta le véhicule et ouvrit les portes.

L’homme descendit et prit une grande inspiration. L’air frais lui fit le plus grand bien.

Il avait encore le temps, son avion ne partait que ce soir. Sa prochaine étape était le Colorado. Il espérait y rester plus longtemps que la Nouvelle Angleterre.

Il se mit à la recherche d’un taxi. Il avait largement de quoi s’en payer un jusqu’à White River.

Il arriva à un carrefour et vit, sur sa droite, des gens qui préparaient une fête dans une rue.

Une fête de voisinage, voilà qui pourrait être intéressant pour lui. Il s’engagea dans la rue dont il vit le nom sur une pancarte : « Chesnut Street ».

Une jeune fille, l’air ronchon, sortait d’une maison. Il la héla.

- S’il vous plaît, Mademoiselle ?

Elle se tourna vivement vers l’homme et le toisa du regard. Elle n’avait pas l’air d’apprécier être dérangée.

L’homme posa sa valise et retira son chapeau.

- Il y a une fête qui se prépare ? demanda-t-il innocemment. Je vois que la rue est très agitée.

- Vous êtes perspicace, vous !

C’était de l’ironie, mais l’homme ne releva pas.

- Que célèbre-t-on ?

- Un mariage.

Tous les sens de l’homme se mirent en éveil. Un mariage. Quelle opportunité pour lui.

- Un mariage religieux ?

La jeune fille haussa les épaules.

- Vous avez déjà vu un mariage non religieux dans une petite ville de la Nouvelle Angleterre, vous ?

- Je ne suis pas d’ici.

- Alors sachez une chose. Je ne crois pas qu’on ait récemment célébrer un mariage uniquement civil dans cet Etat. Ici, la religion, c’est sacré.

Elle fonça les sourcils.

- Mais pourquoi me posez-vous toutes ces questions, d’abord ? Qui êtes-vous ?

L’homme ne pouvait s’empêcher de sourire. Un mariage ici, c’était vraiment une aubaine.

- Juste quelqu’un qui aime les mariages. Bonne journée, Mademoiselle.

 

Sutton regarda un instant l’homme s’éloigner. Il avait une drôle de démarche. Sa valise semblait très lourde puisque tout son corps penchait vers elle.

Elle haussa les épaules et décida qu’il était temps d’aller réclamer son dû.

Justement, Lisa Peyton venait de sortir de chez Paula et s’engageait dans la rue.

Lorsqu’elle vit Sutton, Lisa poussa un profond soupir.

- Attends-moi là, dit-elle simplement à la jeune fille.

Sutton regarda Lisa faire demi-tour et se rendre chez Betty.

 

Betty ouvrit à la deuxième sonnerie, juste le temps pour Lisa de se dire qu’elle allait vivre une nouvelle fois une belle humiliation. Mais après tout, elle l’avait cherché.

- Quoi ?, demanda Betty peu amène.

Elle avait des bigoudis sur la tête et ses ongles venaient d’être vernis. Elle les séchait en balançant ses mains en l’air.

- Betty, j’ai besoin des cent euros. Et j’en ai besoin maintenant.

Betty secoua la tête.

- Nous avions dit après la fête.

Lisa secoua la tête. Elle semblait en colère.

- Tu as peur de quoi, au juste ? Que je prenne les billets et que je m’enfuis avec.

- Avec toi, on ne sait jamais…

C’était petit de la part de Betty.

- Ecoute, ces cent euros, c’est pour la petite Hayes. Je veux lui rembourser la mallette qu’elle m’avait achetée. Je n’ai plus d’argent Betty, et je compte sur ces cent dollars pour la rembourser.

Betty vit au loin Sutton qui regardait la scène.

- Entre, dit-elle à Lisa.

Une fois à l’intérieur, Lisa patienta un instant. Puis Betty revint avec les billets, qu’elle tendit à Lisa. Cette dernière fronça les sourcils.

- Il n’y a que soixante-quinze dollars ! s’exclama-t-elle.

- C’est exact.

- Nous avions conclu un accord pour cent dollars.

- Je te paye cent dollars. Mais tu n’en reçois que soixante-quinze.

Lisa secoua la tête.

- C’est quoi cette histoire ?

- Disons que tu commences à me rembourser maintenant. Je te rappelle que tu me dois 6000 dollars. Je prends donc vingt-cinq dollars sur les cents. Ce qui fait que tu ne me dois plus que 5975 dollars.

Lisa sentit la colère monter en elle.

- C’est n’importe quoi ! Tu n’as pas le droit de faire ça ! Ce n’est pas légal et tu le sais !

- C’est le seul moyen que j’ai trouvé pour récupérer ma mise. Chaque travail que tu feras, tu me donneras systématiquement 25% de tes gains.

Lisa était estomaquée du toupet de Betty.

- J’espère que tu plaisantes ! Tu n’auras pas un cent ! Et je vais te dire une chose, garde tes cent dollars, je n’en ai pas besoin. J’en ai plus qu’assez de voir la façon dont tu me traites. Je n’ai plus un sou. Tu as peut-être été arnaquée dans cette histoire, mais au moins tu peux te permettre d’aller chez le coiffeur, de te payer une robe. Moi, je n’ai plus rien Betty. Juste l’aumône de mon fils, c’est tout. Alors garde ton fric, paye toi un bon resto avec si ça te fait plaisir, et trouves-toi une autre poire pour s’occuper de ce foutu mariage !

Lisa tourna les talons.

Lorsqu’elle parvint près de Sutton, la jeune fille voulut parler, mais Lisa ne lui en laissa pas le temps. Elle pointa un doigt menaçant sur elle.

- Toi, tu te tais ! Tu auras tes maudits cent dollars bientôt. Mais en attendant, je ne veux plus t’entendre ni te voir, tu m’as bien compris. Parce que sinon, je ne réponds plus de mes actes !

Lisa était vraiment en colère. Sutton ne l’avait jamais vu dans un tel état et préféra ne rien dire.

 

A suivre...

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Marie A 24/12/2016 18:14

Lisa devrait vite vite vite s'éloigner de la rue ! Ce voyageur *enveloppé* ne dit rien qui vaille, et on sait que ce genre de personnage trouve facilement une oreille attentive en notre *amie*...

Mr. Peyton 25/12/2016 11:40

Ce n'est pas faux, ce que tu dis. Pauvre Lisa ! :-))