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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Episode 848 - Une surprenante conversation

Cela faisait une demi-heure qu’il tapotait nerveusement sur le tableau de bord de sa voiture. Jack Peyton n’avait pas l’habitude d’hésiter dans la vie. Il allait toujours de l’avant, prenait des décisions en tout état de cause et cela ne lui posait aucun problème.

Sauf que cette fois, planté devant la maison des Amos, il ne savait pas encore s’il devait franchir le pas et aller parler au fils de l’homme qu’il a envoyé à la mort.

Qu’allait-il lui dire, de toute façon ? « Salut, je m’appelle Jack Peyton et j’ai tué votre salaud de père parce que je savais le terrain miné ».

Il secoua la tête. C’était une mauvaise décision qu’il avait prise de venir ici. Mais Betty avait été très claire : Manuel Amos semblait être un jeune homme très têtu et il ne partirait pas tant qu’il n’aurait pas obtenu de réponse.

Alors Jack Peyton allait lui en donner, des réponses. Car ce qu’il désirait le plus actuellement, c’est que le jeune Amos quitte Peyton Place et retourne d’où il vient.

Il coupa le moteur et descendit prudemment du véhicule. A chaque fois qu’il se trouvait dans une situation délicate, la jointure entre sa jambe coupée et sa jambe artificielle lui faisait mal. Il prenait toujours cela comme un avertissement.

Manny Amos avait acheté une superbe propriété près de la plage où il comptait s’installer pour y faire ses sales coups.

La maison dominait toutes les autres et offrait une vue imprenable sur l’immensité de l’océan.

Jack alla frapper à la porte d’entrée.

Il n’a pas fallu cinq secondes à Manuel Amos pour aller répondre. Un instant, les deux hommes se toisèrent du regard, comme pour s’évaluer l’un et l’autre. Puis Jack prit la parole.

- Je suis Jack Peyton.

- Je sais qui vous êtes. » Le ton du jeune amène était peu amène.

La première partie de la conversation allait être facile pour Jack. Parce que ce sera la seule vérité qui sortira de sa bouche.

- Je suis désolé pour la dernière fois. Je vous ai claqué la porte au nez. Ce n’était pas très malin de ma part. Il faut dire que je n’étais pas moi-même. Ma fiancée venait de me quitter et j’étais totalement ivre.

- Je sais. Mme Anderson m’a tout expliqué.

Manuel semblait se détendre. Une bonne chose pour la suite des événements.

- Entrez.

Jack enleva le chapeau qu’il avait sur la tête et entra. Il apprécia le grand vestibule en marbre. Manuel le guida vers une porte en chêne, sur la droite. Et ils se retrouvèrent dans l’immense salon que Jack reconnaissait déjà. C’est là que Manny Amos avait menacé de tuer Betty et Rachel.

La pièce était dénuée de meubles. A la place, de grands cartons de déménagement. Manny Amos n’avait pas eu le temps de s’installer.

Ils se rendirent dans l’espace détente, le seul endroit meublé. Quelques fauteuils et une table faisaient face à une énorme baie vitrée qui ne laissait rien cacher du Grand Bleu.

Une femme les y attendait. Elle regardait l’océan. En les entendant arriver, elle se retourna. C’était une femme d’âge moyen, aux cheveux noirs et soyeux. Manuel fit les présentations.

- Je vous présente ma mère, Maria. 

Jack était frappé par la beauté naturelle et sauvage de cette femme. Il lui tendit la main.

- Ravi de faire votre connaissance.

- Mr Peyton, dit-elle simplement.

Elle avait une voix grave, profonde, qui donna la chair de poule à Jack. Comment cette femme merveilleuse avait-elle pu être l’épouse d’un sale type ?

Manuel dit quelques mots en espagnol à sa mère.

Maria se tourna vers Jack :

- Si vous voulez bien m’excuser, je vais aller préparer du thé.

Jack ne put détacher son regard de la démarche à la fois assurée et sensuelle de la femme.

Une fois Maria dans la cuisine, Manuel et Jack s’assirent face à l’océan.

- J’adore contempler l’océan, dit Manuel.

- C’est ce que votre père disait également.

Manuel eut soudain une lueur de nostalgie dans les yeux.

- Mon père… parlez-moi de lui.

Jack remua dans son fauteuil.

- Eh bien, il voulait acheter une propriété, Peyton Creek…

- Non, l’interrompit Manuel. Parlez-moi de l’homme qu’il était.

Jack ne comprenait pas le sens de la question.

- Pardon ?

Manuel se tourna vers lui.

- Je l’ai à peine connu. Il n’était presque jamais à la maison. C’était un homme très occupé et il ne prenait pas le temps d’être un père pour moi ni un époux pour ma mère.

Jack pensa que Manny Amos était un parfait idiot d’avoir délaissé une femme comme Maria.

- Je ne le connaissais pas plus que ça. Je sais juste qu’il était comme vous et qu’il contemplait souvent l’océan. Il disait que l’horizon l’apaisait.

- C’est tout ?

- Je vous demande pardon ?

- C’est tout ce que vous savez de lui ?

C’était une sale ordure, mais ça, Jack s’abstint de lui dire.

- Oui, je suis désolé.

A cet instant, Jack se demanda si Manuel et sa mère étaient au courant des activités illicites de Manny. Il décida d’en savoir plus.

- Je… n’ai jamais bien compris quel était le travail de votre père. Je sais juste qu’il voulait la propriété de Peyton Creek.

- Mon père était un homme d’affaires. Il a débuté sa carrière en ouvrant une entreprise de BTP au Mexique : Amos Stones. Lorsque nous sommes arrivés aux Etats-Unis, j’avais à peine six ans. Amos Stones s’est développée pour devenir l’une des plus grandes sociétés de BTP de la côte ouest.

De toute évidence, Manuel n’avait aucune idée des affaires douteuses de son père.

- Pourquoi voulait-il acheter le terrain de Peyton Creek ?, demanda-t-il.

Manuel fronça les sourcils.

- Il ne vous l’a pas dit ?

- Non, mentit Jack. Et je n’ai pas pour habitude de poser de questions.

Maria arriva avec le thé, et pendant qu’elle le servait, Manuel précisa :

- Comme je vous l’ai dit, nous avions peu de contacts avec mon père. Il était très distant.

Maria l’interrompit.

- Ton père avait énormément de travail. C’était un bon père de famille.

- Maman, il ne s’occupait pas de nous. Il s’est rendu à Peyton Place sans qu’on le sache.

- Il avait prévu de nous faire venir ici.

- Pourquoi ?, demanda Jack. Je veux dire, votre société est en Californie il me semble. Pourquoi voulait-il déménager à l’autre bout du pays ?

Ce fut Maria qui répondit.

- Il voulait s’implanter ici. C’est pour ça qu’il avait prévu l’achat de ce maudit terrain. Celui-ci devait être le premier d’une longue liste.

- Mon père était un homme avide de pouvoir, continua Manuel. Il n’en avait jamais assez. Je crois qu’il aurait dominé l’Amérique entière s’il n’avait pas été tué aussi bêtement.

Le sujet était mis sur la table. A Jack maintenant de s’expliquer.

- Je me sens un peu responsable de son décès, dit-il avec une hypocrisie qui le surprit lui-même.

- Pourquoi ?, demanda Manuel.

- Parce que ce terrain appartenait à la mairie. J’aurais dû me douter qu’il était miné. Mais il n’y avait aucun document le prouvant.

Maria posa sa tasse sur la table.

- Vous n’avez pas à vous sentir coupable, Monsieur Peyton. Ce n’est pas votre faute. C’est la cupidité de Manny qui l’a mené à la mort.

- Ma mère a raison, Monsieur Peyton. Vous n’y êtes pour rien.

Et pour le coup, Jack se sentit réellement coupable. Visiblement, la mère et le fils ne connaissaient pas l’histoire du trésor de Peyton Creek.

Ils discutèrent ensuite de leur vie. Manuel lui apprit qu’il avait vingt-cinq ans et qu’il venait de terminer des études d’architecte. Maria dirigeait de son côté deux œuvres de charité. La vie normale d’une famille normale.

Jack voulait maintenant s’assurer d’une chose : le départ imminent des Amos.

- Je suppose que vous allez prendre la succession de votre père à Amos Stones…

Manuel secoua la tête.

- Non. Ce n’est pas pour moi. Nous allons sans doute vendre Amos Stones.

Maria protesta en espagnol. Jack devina qu’elle n’était pas d’accord.

- Je sais, mama. C’est notre patrimoine, mais je ne me sens pas d’attaque pour diriger une telle entreprise. Je suis architecte, pas homme d’affaires.

Manuel n’avait pas répondu à sa question. Jack décida donc de la poser sans détour.

- Vous comptez repartir en Californie bientôt ?

Manuel haussa les épaules.

- Oui. Plus rien ne nous retient ici. Pouvez-vous vous occuper de la vente de la maison ?

Jamais Jack n’avait été autant soulagé de toute sa vie. Le fils Amos va repartir et il n’entendra plus jamais parler de cette famille.

Il sourit.

- Bien entendu.

Jack se leva péniblement. Maria le regarda, surprise.

- Quelque chose ne va pas, Monsieur Peyton ?

- Ce n’est rien. J’ai… j’ai perdu une partie de ma jambe dans un accident il y a quelques années, et parfois, ça me lance.

- Je vous conseille alors de prendre chaque soir deux tasses de thé à l’abuta. Vous verrez, c’est très efficace. Surtout pour les affections douloureuses au niveau des articulations.

Elle saisit un stylo et écrivit sur un bout de papier, puis tendit le papier à Jack.

- Je vous donne l’adresse d’un herboriste que je connais bien. Il est à New York. Il vous en procurera.

Jack était vraiment touché par la sympathie de cette femme.

- Je vous remercie, c’est très aimable à vous.

Manuel raccompagna Jack sur le pas de la porte.

- J’avais espéré en apprendre plus sur mon père, mais je vois que vous le connaissiez autant que moi. J’ai encore une dernière question à vous poser. La plus importante pour moi.

Jack pensait en avoir terminé avec cette conversation, et soupira intérieurement.

- Je vous écoute.

- Est-ce que mon père a souffert avant sa mort ?

Jack secoua la tête.

- Non, je peux vous le promettre, il n’a pas souffert. Il est… il est mort sur le coup.

- Merci. Je vais le dire à Mama, cela atténuera quelque peu son chagrin.

Jack serra la main de Manuel. Une poignée chaleureuse et naturelle.

- Je vous souhaite un bon retour en Californie. Et je vous tiendrai au courant pour la revente de cette maison.

Jack repartit soulagé d’un poids, alors qu’un autre poids venait de s’abattre sur lui : il avait la désagréable sensation d’avoir agi comme le plus grand hypocrite que la terre n’ait jamais connu !

A suivre...

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Marie A 19/10/2016 09:38

Que voilà une rencontre charmante ! Vraiment on ne serait pas triste si Mme Amos décidait de gérer ses œuvres de charité depuis la côte est...

Mr. Peyton 22/10/2016 08:56

Bah on se demande surtout comment Mme Amos a pu épouser Mr Amos... voilà bien deux personnalités bien différentes ;-)