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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Episode 846 - Glamazing

Episode 846 - Glamazing

 

Un rayon de soleil matinal vint chatouiller la joue de Lisa Peyton. Elle ouvrit les yeux et s’étira, le cœur léger.

Son retour dans cette maison de Chesnut Street lui faisait un bien énorme. Elle avait pourtant été le théâtre de bien des malheurs pour Lisa, mais curieusement, elle n’en gardait que des bons souvenirs : l’odeur du thym et du romarin plantés dans le jardin, le chant des oiseaux à son réveil, le rayon de soleil dans sa chambre qui semblait lui souhaiter une bonne journée…

Et elle avait chassé les souvenirs de Cal Fullerton, du cadavre enterré dans le jardin, de la nuit qu’elle avait passée enfermée dans cette chambre, et du lendemain matin où la police était venue l’arrêter pour un meurtre qu’elle n’avait pas commis et qui avait été le début d’un long cauchemar. Non, Lisa Peyton n’était pas du genre à se laisser aller à la mélancolie morbide.

Elle tira les couvertures et se leva. Aujourd’hui était un jour nouveau. Et aujourd’hui, elle avait des raisons d’être satisfaite : elle avait trouvé du travail.

Désespérée après avoir appris que James comptait sur elle pour payer une partie du loyer de la maison, elle s’était empressée de lire les petites annonces du Clarion.

Et une annonce en particulier lui avait sauté aux yeux. Pour ce poste, il fallait être à l’aise avec les gens, aimer aller de l’avant et avoir la discussion facile et un grand pouvoir de persuasion. Tout ce qui la caractérisait !

Elle avait téléphoné et un homme, un certain Richard McCormick, lui avait donné rendez-vous dans un café à White River. Il lui avait expliqué qu’elle pouvait se faire beaucoup d’argent en vendant des produits de beauté à domicile.

Faire du porte à porte n’avait pas enchanté Lisa, mais Richard (il avait demandé de l’appeler Richard), l’avait convaincue. Les produits de beauté « Glamazing » n’étaient pas seulement des produits de beauté : ils pouvaient changer la vie des femmes. Les produits étaient présentés dans une mallette très facilement transportable. Il y avait tout ce qu’il fallait à une femme pour la rendre belle : rouge à lèvres, blush, mascara etc. Mais il y avait aussi des produits miracles et Lisa devait insister sur ce point : une crème réparatrice capable de cacher toutes les petites ridules, une autre à appliquer le soir et censée apporter une nuit calme. Et le must des musts : une crème qui fait disparaître les boutons et l’acnée !

Lisa aimait écouter Richard. Il parlait avec une telle passion de ses produits qu’elle-même était conquise.

Ils avaient ensuite déjeuné ensemble et Richard lui avait parlé de lui, de sa jeunesse en Irlande, de son départ de Dublin pour New-York, et Lisa buvait toutes ses paroles.

Puis Richard avait offert deux mallettes à Lisa. Si celle-ci arrivait à les vendre dans les trois jours, elle gardait l’intégrité de la vente. Ensuite, si le travail lui plaisait, elle devrait acheter à Richard les mallettes suivantes moitié prix et elle empochait la totalité des ventes. De plus, elle n’avait aucune contrainte : elle pouvait acheter le nombre de mallettes qu’elle voulait.

Lisa repartit de son entretien le cœur délesté d’un poids et les mains lestées de deux mallettes.

Dans le bus qui la ramenait à Peyton Place, elle échafaudait déjà des projets. Si elle vendait suffisamment de mallettes, elle pourrait s’acheter une voiture et partir jusqu’à New York pour vendre les produits « Glamazing ». 

Elle en était sûre : « Glamazing » allait changer sa vie !

Elle descendit dans la cuisine en chantonnant et prépara le café. Puis elle disposa sur la table tasses, assiettes et couverts et sortit les céréales du placard.

Colleen et James descendirent en même temps.

- Ca sent bon le café, dit James.

Lisa sourit.

- Asseyez-vous, je vais servir.

Colleen s’assit et avisa le paquet de céréales avec une moue.

- Je vais regretter les pancakes de Mary.

- Désolée, je n’ai pas le temps de faire des pancakes. Et d’ailleurs, je n’en ai jamais fait.

- Ceux de Mary sont vraiment excellents, elle y met des myrtilles entières, c’est délicieux.

Lisa s’assit à table.

- Chérie, j’aimerais commencer cette journée sans avoir à parler de Mary.

Ils se turent en sirotant leur café. James se fit une tartine à la confiture qu’il trempa dans son bol. Il sortit le pain trempé pour le porter à la bouche et le liquide dégoulina par les deux commissures de ses lèvres jusqu’au menton.

Colleen fit une grimace.

- Beurk ! Tu pourrais manger mieux que ça.

- Tu pourrais aussi regarder ton assiette au lieu de celle des autres, répliqua James.

Lisa sourit de nouveau. Tout semblait redevenir normal. Comme au bon vieux temps.

Elle s’éclaircit la voix.

- J’ai une chose importante à vous dire.

- On t’écoute, dit James après une nouvelle coulée de café sur son menton.

- J’ai un nouveau travail.

James arrêta de manger et regarda sa mère.

- Tu as quitté le Cider Barrell ?

- Oui, Charlie ne payait pas assez bien.

- Et c’est quoi ton nouveau travail ?, demanda Colleen.

- Je suis commerciale maintenant. Je vais vendre des produits de beauté.

Lisa commença son speech sur « Glamazing » qui visiblement n’intéressait pas James. Après avoir engloutit le reste de sa tartine et vidé sa tasse de café, il prit son attaché case et fila au travail.

Colleen se leva à son tour.

- Bien, je te souhaite bonne chance et bon courage dans ton nouveau travail.

Elle alla prendre ses livres, prête à partir pour l’école. Mais avant, elle se tourna vers sa mère.

- Alors comme ça tu as quitté le Cider Barrell ?

- Oui, les journées étaient harassantes, les pourboires se faisaient rares, et j’avais envie de changer de vie.

Colleen s’approcha de Lisa.

- Maman, tu as été virée du Cider Barrell.

Lisa écarquilla les yeux et bafouilla :

- Comment… tu…

- Je suis une fidèle cliente de Charlie, tu sembles l’oublier. C’est lui qui m’a raconté l’histoire.

- Depuis quand le sais-tu ?

- Depuis le lendemain de ton renvoi. J’attendais que tu m’en parles.

- Chérie, j’aimerais que James ne soit pas au courant, d’accord ?

Colleen haussa les épaules.

- Comme tu veux. Mais si tu veux un conseil : arrête de mentir aux gens qui t’entourent. Un jour, ça va te retomber dessus.

Elle alla à la porte et avant de partir, elle dit :

- Et puis je suis contente que tu aies pris ce nouveau job, tes horaires sont flexibles et ça te laissera le temps d’apprendre à faire des pancakes.

 

Une fois Colleen partit, Lisa débarrassa la table rapidement. Elle avait hâte de commencer son travail de commerciale et sa première cliente était toute trouvée. Quoi de plus naturel que d’aller voir une future mariée avec des produits de beauté.

Une heure plus tard, elle alla donc sonner chez la future Madame Rossi.

Paula Dixon la reçu avec les honneurs qu’elle méritait :

- Qu’est-ce que tu veux encore, Lisa ?

Lisa lui sourit.

- Je viens changer ta vie.

Paula soupira.

- Tu as décidé de quitter les Etats-Unis ?

Lisa ne releva pas.

- Paula, dans quelques semaines tu vas te marier. Ce sera le jour le plus important de ta vie. Je me souviens, lorsque Linden et moi…

- Lisa, vas droit au fait, je dois aller à l’hôpital dans moins d’une heure.

- Il me faudra moins de temps que cela pour te convaincre.

Elle entra dans la maison sans y être invitée et poursuivit :

- Quand tu sauras pourquoi je suis ici, tu me remercieras.

- J’en doute fortement. Dis-moi ce que tu veux.

Lisa posa la mallette sur la table du salon et l’ouvrit.

- Je te présente les produits Glamazing !

Paula secoua la tête.

- Dites-moi que je rêve… !

- Paula, ces produits sont vraiment miraculeux.

- Ecoute Lisa, j’ai déjà mis à la porte une représentante « Avon » la semaine dernière, ce n’est pas pour acheter des produits Glamish…

- Glamazing, corrigea Lisa.

- Appelle-les comme tu veux, je ne connais même pas cette marque.

- Attends que je t’explique.

Et Lisa lui expliqua tout ce que Richard lui avait dit lors de leur rendez-vous. Paula fut surprise de voir autant d’animation sur le visage de Lisa.

- Attends… tu me dis que si tu appliques cette crème sur le visage le soir avant de te coucher, tu dors mieux.

- C’est ça !

Paula secoua la tête.

- Lisa, tes produits, c’est de l’arnaque. Tu t’es faite avoir. Il n’existe pas de crème somnifère.

- C’est une exclusivité Glamazing. Tu appliques cette crème et les pores de ta peau se relâchent, si bien que tu dors mieux.

- C’est n’importe quoi !

- Comment peux-tu dire ça, tu n’as pas essayé.

- Tu l’as essayé, toi ?

- Je n’en ai pas besoin, je dors très bien.

- Ecoute Lisa, je vais être en retard à…

- Donc, tu m’achètes la mallette ?

- Je n’ai pas dit ça, je n’ai pas…

- C’est seulement cinquante dollars.

Paula faillit s’étrangler.

- Seulem… Lisa, c’est hors de prix !

- Tu vas te marier, Paula. Il te faut de la qualité. Glamazing a les meilleurs produits de beauté sur le marché.

- Vraiment ? Alors pourquoi je n’en ai jamais entendu parler ?

- Ecoute Paula, je débute dans ce métier. Tu es ma première cliente. En tant qu’amie, je te demande de m’acheter cette mallette. Je sais que les produits sont bons et que tu ne le regretteras pas.

- Depuis quand sommes-nous amies ?, demanda Paula.

Lisa ne répondit pas. Elle se contenta de regarder Paula avec un regard implorant. Paula capitula.

- C’est bon, je te l’achète, ta mallette.

Satisfaite, Lisa ressortit de chez Paula sans mallette et avec cinquante dollars en poche. 

 

A suivre...

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Marie A 12/10/2016 09:31

Elle fait un peu penser à Pierrette, notre bonne Lisa. Mais après tout, pourquoi pas ? Elle ne manque en tout cas pas de culot pour pénétrer chez les gens... A la réflexion, bonne chance pour ce nouveau travail ^_^

Mr. Peyton 12/10/2016 18:23

De la chance, je puis t'assurer qu'elle va en avoir besoin notre Pierrette :-))