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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Episode 845 - Une visite impromptue

Episode 845 - Une visite impromptue

 

L’œsophage de Jack Peyton accueillit le breuvage avec reconnaissance. La journée fut éprouvante pour l’homme d’affaires. Il avait dû régler les problèmes des habitants de la ville le matin à la mairie, et l’après-midi, il avait dû composer avec des problèmes d’assainissement des eaux sur un terrain où il avait prévu de construire une série de logements neufs.

Toute la journée, il fut tenté de prendre un verre de whisky, histoire d’apaiser son stress. Mais il avait tenu bon. Il s’était dit qu’une fois de retour à la maison, il allait pouvoir boire un verre et en savourer jusqu’à la dernière goutte en toute quiétude.

Sauf que… Mary était passée par là.

Lorsqu’il était arrivé au manoir, il avait immédiatement remarqué l’absence des bouteilles de whisky et autres alcools au bar du salon. Ils avaient tous été remplacés par un pichet de citronnade où y baignaient des glaçons.

Il eut une discussion immédiate et relativement agressive avec sa gouvernante à ce sujet. Mary avait répliqué, d’un ton monocorde, qu’elle n’avait pas envie d’avoir Nellie Cross dans les oreilles si jamais Monsieur Jack songeait à « purger sa peine » sur le carrelage du vestibule, comme il l’avait fait la dernière fois.

Jack fit donc contre mauvaise fortune bon cœur et se servit une bonne dose du breuvage confectionné par Mary à son attention.

Et finalement, la fraîcheur du liquide, mêlée à l’âpreté du citron, fit le plus grand bien à Jack.

Satisfait, il termina son verre en regardant par la fenêtre du salon.

Et son regard lui enleva toute la satisfaction que lui avait apportée la boisson. Son visage se crispa lorsqu’il vit Betty Cord ouvrir la grille de l’entrée et marcher d’un pas déterminé vers le manoir.

Qu’est-ce qu’elle lui voulait encore ?

- Mary !, appela-t-il.

Il n’obtint pas de réponse. Betty avançait dans l’allée plus résolue que jamais et son visage n’avait rien d’avenant.

- MARYYYY !, hurla-t-il.

La gouvernante daigna arriver d’un pas nonchalant.

- Quoi ?, demanda-t-elle de sa voix monocorde.

- Betty arrive. Allez ouvrir et dites-lui que je ne suis pas là.

- Vous me demandez de mentir ?

- Je vous demande de lui dire que je ne suis pas là, c’est tout.

- Pour moi, c’est mentir. Je n’aime pas mentir.

Le regard de Jack se fit menaçant.

- Mary, faites ce je vous dis.

La sonnette retentit. En soupirant, Mary alla ouvrir. Jack, resté au salon, écouta l’échange.

Betty : Je veux voir Jack.

Mary : Il n’est pas là.

Betty : Sa voiture est dans l’allée. Elle est arrivée ici par le Saint-Esprit ?!

Jack se mordit la lèvre. La voiture ! Il n’y avait pas pensé.

Mary : Sa voiture est bien là, mais lui non.

Betty : Vous vous fichez de moi, c’est ça ?

Mary : Si c’est ce que vous pensez…

Jack n’avait plus d’autres choix. Il sortit de sa cachette et se rendit à l’entrée.

- Ca va aller, Mary. Merci.

Mary haussa les épaules et maugréa en partant vers la cuisine : 

- Je vous avais bien dit que je n’ai pas l’habitude de mentir…

Jack se tourna vers Betty.

- Qu’est-ce que tu veux ?

- Dans un premier temps : entrer.

- Je n’ai pas envie de parler, Betty. Rentre chez toi, occupe-toi de ton fils et téléphone à ton mari.

Il s’apprêtait à fermer la porte, mais Betty l’empêcha de le faire. D’un coup de main, elle rouvrit la porte et entra dans le vestibule.

- Oh non ! Hors de question de te dérober, Jack. Je sais très bien pourquoi tu n’as pas envie de me parler.

- Ah oui ? Et pourquoi ?

- Parce que tu connais très bien l’objet de ma visite.

Jack fronça les sourcils.

- Betty, tu n’es pas là depuis cinq minutes que déjà tu me fatigues.

- Tu pensais qu’en lui claquant la porte au nez il allait partir tranquillement sans plus se poser de questions ?

- De qui parles-tu, à la fin ?

- Oh, ne fais pas l’innocent ! Il est venu te voir. Le fils d’Amos est venu chez toi et tu lui as fermé la porte au nez !

Jack accusa le coup. Ainsi il n’avait pas rêvé. Il était imbibé d’alcool et il avait bien cru que cette vision avait été le fruit de son imagination. Betty vient de lui cracher en pleine figure la vérité : le fils d’Amos existe réellement.

- Comment sais-tu ça ?, finit-il par demander.

Betty ne décolérait pas.

- A ton avis ! Il est venu me voir. Puisque tu n’as pas voulu lui parler, il est allé voir la personne qui était avec toi et son père quand celui-ci est mort.

- Et… qu’est-ce que tu as fait ?

- Ça t’intéresse vraiment de le savoir ? Parce qu’il n’y a pas dix secondes, tu voulais me mettre à la porte.

Jack soupira. Betty commençait vraiment à l’agacer.

- Ne commence pas à jouer avec moi. Dis-moi ce qui s’est passé.

- Hier, je faisais un jogging avec Paula et…

- Je me contenterais du principal, Betty. Alors va droit au but.

- J’ai trouvé Manuel Amos devant la porte de ma maison. Il voulait parler à la personne qui avait vu son père en vie pour la dernière fois. Il a été surpris par ta réaction. Je l’ai fait entrer à la maison et nous avons discuté.

Le sang de Jack ne fit qu’un tour.

- Tu ne lui as rien dit, j’espère !

- Dire quoi ? Que son père est mort en ayant marché sur une mine ? Pas la peine, il le savait déjà. Que tu savais que le terrain était miné et que tu as envoyé délibérément son père à la mort ?... Non, je ne l’ai pas dit.

Jack montra sur son visage un soulagement immédiat… qui fut de courte durée lorsque Betty reprit :

- Parce que c’est toi qui vas lui dire.

- Je ne peux pas lui dire une chose pareille. Il ne comprendrait pas.

- Il le faudra, pourtant.

- Betty, ce Manny Amos était un être abject. En l’envoyant sur ce terrain miné, je nous ai sauvés la vie, tu ne comprends pas ?

- Alors dis-lui ça. Dis- lui la vérité, mais arrête de te cacher et de faire comme si de rien n’était.

- Betty, je risque la prison s’il parle à la police !

- C’est un garçon qui me paraît intelligent. Tout le contraire de son père.

- Je ne peux pas prendre ce risque.

Betty s’approcha de Jack.

- Il va le falloir. Parce que j’ai vu une lueur dans les yeux de Manuel Amos. Ce garçon est déterminé à te parler et à apprendre la vérité sur son père. Et il ne quittera pas cette ville tant qu’il n’aura pas des réponses à ses questions. Il ne lâchera pas.

Betty s’apprêta à partir, et avant de franchir la porte, elle dit :

- Il réside avec sa mère dans la propriété de son père, sur la plage. Il souhaite que tu ailles le voir demain. Tu as plutôt intérêt à y aller, Jack. Manuel Amos n’est pas du genre à se contenter d’un claquement de porte à la figure. 

 

A suivre...

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Marie A 08/10/2016 10:18

Quand on dit que derrière le succès d'un homme, il y a toujours une femme... Que deviendrait Jack sans Mary pour veiller sur lui, hein ???

Mr. Peyton 08/10/2016 11:48

Oui, une vraie perle à l'état pur, cette Mary :-)