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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Episode 843 - Pulsations

Episode 843 - Pulsations

 

Betty Cord avait beaucoup de mal à se concentrer sur la conversation. Son cœur battait à tout rompre. Comme si un étau lui compressait la poitrine.

De temps en temps, elle levait un regard suppliant sur son bourreau, lui intimant l’ordre d’arrêter immédiatement son supplice, mais rien n’y faisait.

Le bourreau, en l’occurrence Paula Dixon, avait deux kilos à perdre avant son mariage et comptait bien, à coups de grandes enjambées, entrer dans sa robe blanche sans difficultés.

Betty, elle, n’avait pas de poids à perdre. Ou du moins, elle n’avait pas la moindre envie d’en perdre. Mais devant l’insistance de Paula qui ne voulait pas aller courir seule, elle s’était sentie obligée de l’accompagner.

Betty avait la bile qui remontait et un goût d’acier dans la bouche.

- J’arrête !, finit-elle par dire entre deux râles.

Paula, de son côté, semblait en pleine forme.

- Allez, tu ne vas pas abandonner maintenant. On y est presque.

En effet, elles parvenaient à l’entrée de Chesnut Street.

- Encore un petit effort, Betty.

C’en était trop pour Betty. Elle ralentit le pas, puis s’arrêta. Courbée en deux, les mains sur les genoux, elle haletait de la même façon qu’une femme en train d’accoucher.

Voyant que sa meilleure amie avait jeté l’éponge, Paula retourna sur ses pas pour parvenir près d’elle.

- Quelle petite nature, dit-elle en la taquinant.

Betty reprenait doucement sa respiration.

- Je voudrais t’y voir… à ma place. Toi, tu as l’habitude de courir… tandis… tandis que moi je… suis toute… rouillée.

- C’est dans la tête que tu es rouillée, Betty.

- Dans ma tête et dans mon corps, je te promets ! D’ailleurs, il est temps que toi et Mike vous… enfin tu voies ce que je veux dire. Tu pourras alors dépenser ton énergie autrement.

La voiture de police d’Ellen Hayes entra dans le cul-de-sac. Ellen se gara près de chez elle, non loin de Paula et Betty. En sortant de la voiture, elle leur fit un signe amical de la main.

- Tu crois vraiment qu’elle va s’en sortir ?, demanda Paula à Betty.

- Tu parles d’Ellen ? (Betty haussa les épaules). Je n’en sais rien, mais elle semble déterminée.

- Tu devrais la surveiller. S’occuper de trois gosses quand on n’a que vingt-cinq ans, ce n’est pas évident.

Betty secoua la tête.

- Je me demande bien ce que Marisa a dans la tête pour partir sur un coup de tête et abandonner ses enfants.

Paula haussa les épaules.

- Rien, je suppose.

Elle se remit à trottiner.

- Allez, viens, il ne reste que quelques mètres.

- Tu veux ma mort ?, s’exclama Betty en commençant à courir.

- Non, juste une demoiselle d’honneur en pleine forme pour le mariage. Allez, courage !

 Tandis qu’elles couraient vers le bout de la rue où étaient situées leurs maisons, James Peyton arriva et gara sa voiture devant sa nouvelle demeure, en face de celle des Hayes.

Il entra dans la maison et découvrit Lisa sur le point de partir.

- Qu’est-ce que tu fais ?

Lisa haussa les épaules.

- Je m’apprêtais à partir. Je te remercie de m’avoir hébergée cette nuit.

James posa son attaché-case sur la petite table, près de l’entrée.

- Non, non, non… Tu vas m’expliquer ce qu’il s’est passé. D’abord pourquoi Jack t’as mise à la porte et ensuite pourquoi c’est Betty qui t’a accompagnée jusqu’ici.

Lisa balaya d’un geste de la main les questions.

- Ce n’est rien.

Elle saisit son petit sac de voyage et se dirigea vers la sortie.

- Maman… attend. Tu ne vas pas partir comme ça. Ou est-ce que tu vas aller ?

Lisa haussa les épaules.

- A l’hôtel, en attendant de trouver un petit logement pas très cher.

James perçut un tremblement dans la voix de sa mère. Etait-elle sur le point de pleurer ?

Il s’approcha d’elle.

- Ecoute, j’ai beaucoup réfléchi et je me suis dit que cette maison était un peu trop grande pour une seule personne. Que dirais-tu de venir y vivre avec Colleen.

Le visage de Lisa changea du tout au tout. En clair, il s’illumina.

- Tu es sérieux ?

- Bien sûr.

Lisa se jeta au cou de son fils.

- James, je suis si heureuse. On va enfin reformer une vraie famille.

- Oui, et puis moi ça me permettra de ne pas verser tout le loyer.

Le visage de Lisa se ferma.

- Que veux-tu dire ?

- Je veux dire que tu pourras payer une partie du loyer, ça me permettra de mettre davantage d’argent de côté pour mes projets futurs.

Lisa resta de marbre devant la nouvelle. Son visage ne trahissait pas d’émotions particulières. Lisa était comme vidée. Tant de jours de galère, pour entendre dire qu’elle devra payer une partie du loyer avec de l’argent qu’elle n’a pas ! Le sort s’acharnait contre elle.

James fronça les sourcils.

- Maman… quelque chose ne va pas ?

Lisa se ressaisit et tenta un maigre sourire.

- Si… tout va très bien chéri.

- Ne t’inquiète pas, je sais qu’une serveuse du Cider Barrell ne gagne pas des masses. Je te propose de payer un tiers du loyer et la moitié des frais généraux. Qu’en dis-tu ?

Lisa sourit. Elle trouvera un moyen de s’en sortir… une nouvelle fois.

- J’en dis que c’est formidable !

James sourit, embrassa sa mère et alla se servir un verre d’eau à la cuisine.

Lisa, elle, avait besoin d’air frais. Elle sortit sur le porche et s’appuya contre la balustrade, en tentant de réfléchir à la situation. Elle n’avait pas envie de dire à James qu’elle n’avait plus de travail, et en même temps, elle devait trouver de l’argent pour payer une partie du loyer. Elle avait donc plutôt intérêt à trouver du travail rapidement.

Au loin, Betty et Paula arrivaient devant chez elles.

Paula s’arrêta net. Avec joie, Betty fit de même et essuya son visage trempé de sueur à l’aide d’une serviette éponge qu’elle détacha de sa taille.

Paula regardait en direction de l’entrée de Betty, et donna un coup de coude à son amie pour l’inciter à regarder dans cette direction.

Un jeune homme était assis sur la plus haute marche, tout près de l’entrée.

- Tu le connais ? demanda Paula

- Non. C’est sans doute un commercial qui veut me vendre un aspirateur dernier cri.

- Un vendeur en jean et chemise à carreaux rouge et noir… ça m’étonnerait quand même.

Paula pencha la tête et apprécia la vue.

- En tout cas, il m’a l’air très mignon, ce jeune homme.

Betty feint de s’offusquer.

- Paula… je te rappelle que tu vas te marier très bientôt !

- Et que toi, tu es encore mariée. Alors pas de bêtises.

Betty rit.

- Les bêtises, c’est toi qui les sors, comme toujours.

Elles se quittèrent. Paula rentra chez elle au pas de course, tandis que Betty se traîna jusqu’à l’entrée.

Le jeune homme se leva lorsqu’il la vit. Paula avait raison, il était particulièrement séduisant. Jeune et séduisant. Il lui sourit, rajusta d’une main une mèche rebelle de ses cheveux noir.

- Betty Cord ?

Il tendit une main que Betty serra.

- Oui, c’est moi.

- Je… je m’excuse de venir ainsi sans prévenir, mais j’ai besoin d’avoir des réponses à mes questions.

Le petit ne perdait pas le nord et allait droit au but.

- Commencez déjà par me dire qui vous êtes.

- Je m’appelle Manuel. Manuel Amos.

Si Betty pensait qu’un jogging intense lui avait arraché les valves du cœur, ce n’était rien comparé à ce que ce même cœur ressentit lorsque le jeune homme a décliné son identité.

Amos.

Un fantôme du passé.

Betty tenta de maîtriser les pulsations de son palpitant, passa la langue sur ses lèvres et finit par dire :

- Que puis-je pour vous ?

Manuel Amos la regarda d’un air étonné.

- Mon nom ne vous dit rien ?

Bien sûr que ce nom lui disait quelque chose. Mais elle ne répondit pas.

- Je suis le fils de Manny Amos, qui a trouvé la mort sur le terrain de Peyton Creek.

- Oui, je suis au courant, souffla Betty.

- Je sais que vous l’êtes, puisque vous étiez là lorsque mon père a sauté sur une mine.

Betty déglutit.

- C’est exact. Que voulez-vous ?

- Savoir comment mon père est mort.

Nous y voilà !

- Vous devriez demander le rapport de police et…

- J’ai déjà lu le rapport de police, mais ce n’est qu’un rapport sur papier. Je voudrais que des gens qui ont connu mon père puissent me parler de lui. De ses derniers moments. J’ai besoin de savoir ce qu’il faisait, et à quoi il pensait lorsqu’il est mort. Je suis allé voir Mr Peyton chez lui, mais il m’a fermé la porte au nez.

Maudit Jack !, pesta Betty pour elle-même. Il n’était même pas capable de faire face à la situation.

Manuel se pencha vers Betty.

- Je me suis dit que vous pourriez peut-être m’en dire davantage sur la mort de mon père. 

 

A suivre...

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Marie A 01/10/2016 21:37

Gloups... Que les nuages qui s’amoncellent dans le ciel de Peyton Place sont inquiétants :-O

Mr. Peyton 08/10/2016 11:45

Je dirais même plus : ils sont noirs et menaçant ;-)