Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Episode 841 - Le chèque

Episode 841 - Le chèque

 

C’est incroyable ce que les enfants oublient vite !

Betty avait préparé une purée de pommes de terre accompagnée d’une escalope de poulet et d’une salade de carottes. L’un des repas préférés de Brian.

Elle avait l’intention de reparler de l’incident avec Lisa. Elle avait besoin de savoir si l’enfant avait encore du ressentiment. Et lorsqu’elle évoqua les événements récents, Brian se contenta de hausser les épaules avec indifférence.

Betty se dit alors qu’elle avait peut-être agi trop sévèrement avec Lisa en l’envoyant chez James. Mais d’un autre côté, Lisa ne pouvait pas errer et squatter indéfiniment chez elle.

Betty tenta une nouvelle tentative auprès de Brian.

- Lisa ne t’a pas fait mal, j’espère.

De nouveau, Brian haussa les épaules.

- Non, mais c’est une méchante femme, je l’aime pas.

- Tu n’as pas été très gentil avec elle…

Betty s’attendait à ce que Brian s’épanche sur le sujet. Elle s’attendait à l’entendre dire qu’il n’avait rien fait et que c’est Lisa qui avait été méchante avec lui.

Au lieu de ça, son fils répondit :

- Quand je serais grand, j’irais marcher sur la lune. Comme Aramstong.

La phrase venait tellement mal à propos que Betty ne songea pas à corriger Brian sur le nom de l’astronaute. Au lieu de cela, elle fronça les sourcils.

- Quel rapport avec Lisa ?

- Aucun.

Bien… visiblement, Brian avait oublié sa mésaventure de tout à l’heure. Elle sourit, soudain plus détendue.

- Donc, tu veux marcher sur la lune…

- Oui.

- D’après ce que me dit ton institutrice, tu y es déjà suffisamment lorsque tu es en classe.

- Elle dit toujours que je suis dans la lune, mais c’est pas vrai. Dès fois, j’écoute pas ce qu’elle me dit parce que ce qu’elle dit c’est pas intéressant.

Betty s’apprêtait corriger sa phrase et en même temps lui faire une petite morale sur le fait que tout ce que dit un instituteur est intéressant, mais la sonnerie du téléphone la devança.

Brian bondit de sa chaise en souriant.

- C’est papa !

Il courut jusqu’au poste mural situé près de la porte d’entrée de la cuisine et dut se mettre sur la pointe des pieds pour répondre.

C’était bien Steven. Brian était aux anges.

- Papa ! Quand j’aurais fini mes études, tu pourras m’emmener à la NASA ?... Parce que je veux devenir astronome… oui, astronaute... oui… Lisa m’a frappée.

Betty ferma les yeux. Elle avait espéré que le petit ne mette pas le sujet à l’ordre du jour. Elle pouvait imaginer la tête de Steven.

Et Brian de continuer à débiter les infos du jour.

- Tante Paula va se marier avec le docteur Rossi. Maman est allée choisir la robe de tante Paula. Et James a emménagé dans la rue… oui… oui…

Betty redoutait l’instant qui, fatidiquement, arriva. Brian tendit le combiné à Betty.

- Papa veut te parler.

Brian dit au revoir à son père et courut dans sa chambre.

La voix de Steven réveilla en Betty des sensations contradictoire. D’un côté, elle était heureuse de l’entendre, comme rassurée par le ton à la fois protecteur et doux qu’il prenait toujours.

Et d’un autre côté, elle redoutait d’avoir une conversation avec lui. Une gêne s’installait systématiquement après quelques instants de discussion.

- Il s’en passe des choses en mon absence, dit Steven en guise d’introduction.

- Tu n’imagines même pas !

- Lisa a frappé Brian ? C’est quoi cette histoire ?

- Lisa s’était proposée de garder Brian le temps que Paula et moi allions à la quête d’une robe de mariée.

- Lisa ? Je suis étonné !

Betty sentit poindre dans la voix de Steven une certaine irritation.

- Oui, répondit-elle. Brian n’a pas voulu l’écouter et elle lui a donné une petite tape derrière la tête. Rien de bien méchant.

Betty se surprit à minimiser l’incident alors que quelques heures plus tôt, ce même incident l’avait mis dans tous ses états.

- Une femme frappe notre fils et pour toi, ce n’est pas bien méchant.

Betty ferma les yeux. Ce qu’elle avait redouté était en train de se produire.

- Steven, tu n’es pas sur place pour juger ce qui s’est passé. Brian va très bien.

- Je suis surpris que tu aies laissé Lisa garder Brian.

- Lisa a élevé trois enfants qui sont en parfaite santé physique et mentale.

- Lisa est imprévisible. Tu en as eu la preuve.

- Steven, on ne peut pas parler d’autre chose ?

Non, ils ne pouvaient pas. Parce que leur conversation, quoiqu’il arrive, était toujours tendue. Dès qu’il leur arrivait de parler de choses sans importance, une gêne s’installait entre eux.

Les blessures n’étaient pas encore refermées. Betty se demandait si elles le seraient un jour…

La sonnette de la porte d’entrée arriva comme une délivrance pour Betty. Un soulagement intense qu’elle espérait neutre dans le ton de sa voix.

- Quelqu’un sonne à la porte, il faut que je te laisse.

Le ton n’était pas neutre. Il transpirait le soulagement de devoir raccrocher.

- Au revoir, dit Steven. Je vous appelle demain.

- A demain, alors.

Elle raccrocha au moment où la seconde sonnerie retentit. Elle inspira à fond et alla ouvrir à Ellen Hayes.

- Je ne vous dérange pas ?, demanda la jeune policière.

- Non, Ellen. Entrez. 

Ellen resta sur le pas de la porte.

- Je n’en ai pas pour longtemps. Je viens vous donner le chèque du loyer, et je m’excuse pour le retard.

Betty prit le chèque et sourit à Ellen.

- Ce n’est pas grave pour le retard.

Ellen allait prendre congé quand Betty vit que le chèque venait du carnet d’Ellen.

- C’est un chèque à vous ?

- Oui. Maman a pris son carnet de chèques avec elle lorsqu’elle est partie voir notre tante.

L’explication était plausible, bien sûr. Cela tenait la route, mais Betty pensa soudain à ce que lui avait dit Paula quelques heures plus tôt.

- Est-ce que tout va bien, Ellen ?

Ellen haussa les épaules.

- Oui, bien sûr.

Le ton se voulait léger, il était plutôt tendu.

- Vous êtes sûre ?

Ellen baissa les yeux, et Betty avait l’impression qu’elle était sur le point de craquer.

- Ellen, est-ce qu’il y a un problème avec Marisa ?

Et Ellen éclata en sanglot.

 

Elles avaient passé une bonne demi-heure sur le canapé, tasse à café en main. Ellen avait tout racontait à Betty et maintenant, elle était soulagée. Le poids du secret était trop lourd à porter. Elle se sentit soudain plus légère.

Betty avait écouté, sans faire de commentaire.

Et maintenant qu’Ellen avait terminé, elle se demandait ce que Mme Cord allait faire.

Betty soupira.

- Je savais que Marisa était un peu… spéciale. Mais j’ignorais qu’elle avait ce genre de lubie. Laisser seule des enfants en bas-âges pour partir avec le premier venu, ce n’est pas caractéristique d’une personne responsable.

Cela s’engageait mal. Ellen avait peur que Betty ne renouvelle pas le bail de la maison.

- Je peux m’occuper des enfants, Mme Cord. Et je peux subvenir à leur besoin.

Betty lui sourit.

- Quel âge as-tu, Ellen ?

- Vingt-quatre ans, Madame.

- Tu es encore jeune. Es-tu sûre de vouloir élever tes frères et sœur, dans l’éventualité où Marisa ne revient pas ? C’est une grosse responsabilité…

Ellen se contracta.

- Je suis capable de le faire. Ecoutez, n’ayez aucune crainte pour le loyer. Mon travail à la police paie beaucoup.

- Je ne m’inquiète pas pour le loyer, Ellen. Je m’inquiète pour toi. Il faut avoir les épaules larges pour s’occuper de trois personnes.

- J’y arriverais… J’y arrive ! S’il vous plaît, ne prévenez pas les services sociaux. Ils vont séparer Scott, Harry et Sutton et aucun de nous n’arrivera à le supporter.

Betty hésitait, Ellen le sentait bien.

- Betty, nous formons une famille, une famille unie. Lorsque Marisa était à la maison, c’est moi qui m’occupais des enfants, pas elle. Le fait qu’elle soit partie ne change rien à notre situation d’avant.

- Ça change beaucoup, au contraire. Tu es responsable de tes frères et sœur, maintenant.

- Comme je l’ai toujours été.

Betty se redressa.

- Très bien, voilà ce que je te propose : je te laisse t’occuper seule de tes frères et sœur, mais si jamais je vois que tu n’y arrives pas, je serais obligée de prévenir les services sociaux.

Ellen sentit le soulagement envahir tout son être.

- Merci, Mme Cord… Merci.

 

A suivre...

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

Marie A 23/09/2016 21:51

Et laisser ta porte et tes bras ouverts quand ils auront besoin de conseil, ce serait aussi une solution, Betty ! Plutôt que de tout de suite menacer d'avertir les services sociaux... Mais bon, moi, ce que j'en dis ^_^

Mr. Peyton 26/09/2016 18:12

Euh... des conseils ? De Betty ? Tu es vraiment sûre que c'est une bonne idée ?! :-))