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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Episode 840 - Une petite tape derrière la tête

Episode 840 - Une petite tape derrière la tête

 

Un léger malaise s’installa sur le chemin du retour. Betty regardait la route et faisait semblant de se concentrer sur sa conduite, tandis que Paula, la passagère, observait le paysage défiler.

Pourtant, tout s’était déroulé à merveille. Elles avaient parcouru les robes de mariée, on leur avait servi du champagne et elles avaient beaucoup ri, parlant de la vie de couple et de ce qui attend Paula en tant que femme dévouée à son mari.

Paula avait même dit à Betty qu’elle n’avait plus les visions de Cal et Eric, qu’ils étaient partis pour de bon.

Bref, tout se passait pour le mieux, jusqu’au moment où Betty avait soulevé un point important. Elle avait posé son verre de champagne sur la table et avait dit :

BETTY : Au fait, tu ne m’as pas dit combien de personnes tu comptes inviter.

PAULA : Je te l’ai dit, ça se fera en petit comité. Il y aura toi bien sûr dans le rôle de ma demoiselle d’honneur…

BETTY : Une demoiselle plus très fraîche, mais bon…

PAULA : Quelques membres du staff de l’hôpital…

BETTY : Ashley Pozzi, par exemple ?

PAULA : Je vais sans doute oublier de la mettre sur la liste… par inadvertance, si tu vois ce que je veux dire…

BETTY (elle rit) : Oui, je vois ce que tu veux dire. C’est tout ?

PAULA : C’est tout… quoi ?

BETTY : Tu ne vas pas inviter d’autres personnes. Je ne sais pas… tu dois bien avoir de la famille quelque part.

Et voilà ! Cette petite phrase somme tout innocente avait eu pour conséquence de plomber l’ambiance. Paula se referma comme un huître.

PAULA : Je n’ai pas de famille.

Betty insista :

BETTY : Allons, tu dois bien avoir de la famille quelque part. Tout le monde a de la famille quelque part…

PAULA (sombre) : Je t’ai dit que non.

BETTY : Une tante, ou…

PAULA (sur la défensive) : Betty, n’insiste pas ! Je t’ai dit que je n’ai plus de famille !

Depuis cet instant, un rideau était tombé entre les deux amies. Paula commanda sa robe et elles repartirent pour Chesnut Street.

Il fallait pourtant que l’abcès crève. Betty n’avait pas envie de laisser entre elle et Paula le moindre sujet pouvant les priver d’une amitié sincère. Betty se décida donc à faire le premier pas.

BETTY : Paula, je suis désolée, je n’aurais pas dû insister, tout à l’heure.

Paula se tourna vers son amie.

PAULA : C’est moi qui suis désolée. Je n’aurais pas dû te parler de la sorte. Excuse-moi.

BETTY : On est toujours amie ?

PAULA (elle sourit) : Plus que jamais.

Elles arrivèrent dans le cul-de-sac. Ellen était sur le trottoir, en train de sortir sa poubelle. Elle fit signe à Betty qui lui rendit son geste.

PAULA : Tu devrais lui parler.

BETTY : A qui ?

PAULA : A Ellen.

BETTY : Pourquoi ?

PAULA : Je ne sais pas… disons que l’histoire du départ de sa mère ne colle pas trop.

BETTY : Tu penses que les Hayes ont des problèmes.

PAULA : Je ne sais pas. Disons que tu devrais avoir une discussion avec Ellen.

Paula n’en dit pas plu. Betty gara sa voiture devant chez elle.

Les deux femmes sortirent du véhicule.

PAULA : Est-ce que tu crois que je devrais inviter Lisa au mariage ?

BETTY : Est-ce que tu veux gâcher ton mariage ?

PAULA : Non.

BETTY : Alors, tu as la réponse. Allez, je vais aller voir si Lisa n’a pas cassé Brian pendant mon absence.

Elles se quittèrent sur un fou rire.

Mais à l’instant même où Betty franchit la porte d’entrée de sa maison, son rire s’évanouit comme il était venu. A la place, un masque de cire se profila sur son visage.

Brian et Lisa étaient dans la cuisine. Le petit pleurait, tandis que Lisa élevait la voix.

LISA : Arrête de pleurer. Ce que tu fais s’appelle un caprice et je ne cèderai pas !

Betty déboula dans la cuisine.

BETTY : Que se passe-t-il ?

Aussitôt, Brian se précipita vers sa mère et l’enlaça.

BRIAN : Maman ! Lisa a été méchante avec moi.

Betty caressa les cheveux de son enfant et tourna un regard interrogateur vers Lisa. Celle-ci secoua la tête.

LISA : Bien sûr, c’est toujours moi la méchante !

BRIAN (entre deux sanglots) : Oui, t’es méchante ! (puis à Betty) : Elle m’a frappé !

Betty toisa du regard Lisa.

LISA : Quoi ? Ne me regarde pas comme ça ! Ton fils à le sens de l’exagération.

BETTY : Est-ce que tu as frappé Brian ?

BRIAN : Oui, elle m’a frappé, Maman.

LISA : Je ne l’ai pas frappé.

BRIAN : Si elle m’a frappé !

LISA : Je lui ai juste donné une petite tape derrière la tête. Pas de quoi en faire un drame ! Je suis allé le chercher à l’école et il ne voulait pas me suivre. Il voulait que tu viennes. Il a fait un scandale devant les instituteurs et les parents. Je te jure, Betty, il m’a humiliée devant tout le monde.

Betty sentit monter la colère. Elle se baissa vers Brian.

BETTY : Tu devrais aller jouer dans ta chambre, je viendrais t’y rejoindre tout à l’heure.

Brian s’exécuta docilement. Une fois seule avec Lisa, Betty monta sur ses grands chevaux.

BETTY : Est-ce que le fait que Brian ne voulait pas te suivre à la sortie de l’école nécessitait que tu le frappes ?

LISA : Encore une fois, je ne l’ai pas frappé. Je lui ai juste donner…

BETTY : Une tape derrière la tête, oui je sais. Pour moi ça s’appelle frapper.

LISA : Arrête, ton Brian n’est pas en sucre. Il est colérique, difficile à gérer et tu le sais aussi bien que moi puisque c’est ton fils.

BETTY : Justement, Brian a des problèmes. Ce n’est pas une raison pour lui crier dessus et le taper. Tu aurais dû le comprendre, bon sang ! Tu es mère toi aussi !

LISA : Colleen, Gary et James ont tous les trois reçus des petites tapes derrière la tête quand ils étaient enfants. Est-ce qu’ils ont été traumatisés pour autant ? Non !

BETTY : Brian est fragile en ce moment. Tu n’avais pas à agir comme ça avec lui.

LISA : Désolée, Betty. Mais je ne crois pas avoir mal agi.

BETTY : Fiche le camp d’ici !

LISA (interloquée) : Quoi ?

BETTY : Tu m’as bien entendue. Je ne veux plus te voir dans cette maison !

LISA : Mais… mais nous nous étions mis d’accord pour que je dorme ici cette nuit. Tu ne vas pas me laisser tomber parce que j’ai osé donner une petite tape derrière la tête de ton fils !

BETTY : Fiche le camp d’ici !

LISA : Betty, je n’ai nulle part où aller. Et je n’ai pas d’argent.

BETTY : Je sais très bien où tu vas aller.

En colère, Betty sortit de la maison et emprunta le trottoir, se dirigeant vers l’entrée du cul-de-sac.

Lisa comprit immédiatement. Elle suivit Betty qui marchait d’un pas déterminé.

LISA : Betty, je t’en prie, ne fais pas ça.

Mais Betty n’écoutait pas. Elle marchait d’un pas solide vers la maison de James. Lisa tentait en vain de l’en empêcher.

LISA : James ne doit pas savoir… Il ne doit pas savoir que je suis à la rue. J’ai ma fierté. Je ne veux pas que mon fils sache que…

Betty traversa l’allée menant à l’entrée de James et sonna à la porte. Lisa était derrière elle.

James ouvrit, surpris.

JAMES : Betty ? (puis il vit Lisa derrière) Maman ?

BETTY : Ton père Jack a mis ta mère à la porte du manoir et elle ne sait pas où aller dormir ce soir. Est-ce que tu peux l’héberger ?

Derrière, Lisa affichait un sourire gêné.

LISA : Juste pour cette nuit. Il est un peu tard pour trouver un hôtel pour dormir.

JAMES : Mais pourquoi…

Betty l’interrompit.

BETTY : Ne pose pas de questions.

Elle saisit Lisa et la fit entrée dans le vestibule.

BETTY : Lisa aura tout le loisir de t’expliquer ce qu’elle voudra bien t’expliquer. Moi je rentre chez moi. Mon fils m’attend.

Sans un autre mot, Betty dévala l’allée du jardin de James et repartit vers sa maison d’un pas tout aussi déterminé qu’à l’aller.

 

A suivre...

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Betty 20/09/2016 14:22

Tout à fait d'accord Marie A, Betty démarre sur les "chapeaux de roue". Dès qu'il s'agit de son fils, elle n'est plus lucide. Comment James va-t-il réagir ? Le pauvre qui est aussi menacé par Jack...

Mr. Peyton 26/09/2016 18:10

Eh bien, James est quand même le fils de Lisa, s'il savait que sa mère est à la rue, il devrait pouvoir faire un effort pour l'accueillir ;-)

Marie A 20/09/2016 09:31

A la décharge de Lisa, il faut quand même reconnaître que Brian n'est pas le garçon le mieux élevé et le plus facile à gérer. Encore une fois, Betty réagit un chouïa excessivement... Et refiler la "patate chaude" à James n'est vraiment pas sympa !

Mr. Peyton 26/09/2016 18:08

En effet, faut reconnaitre que Brian est un peu difficile, mais y peut-il quelque chose lorsqu'il voit, impuissant, ces deux parents se détacher l'un de l'autre...
Pour le "chouïa" de Betty, tu es bien trop gentille avec elle.