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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Episode 839 - Magnétisme

Episode 839 - Magnétisme

 

Dans son petit bureau sans fenêtre, Selena Cross relisait un chapitre de son œuvre lorsqu’un petit paquet tomba sur son bureau. Surprise, elle se redressa et tourna la tête vers la personne qui avait jeté le paquet.

James Peyton lui souriait. Une nouvelle fois, le cœur de Selena fit un bond. Elle crut déceler dans ses yeux bleus une forme de passion, ou bien une fascination. Elle secoua la tête et revint sur terre.

SELENA : Qu’est-ce que c’est ?

JAMES : Les premières lettres destinées à Mary Donaher ?

SELENA : C’est une plaisanterie ?

Dans le paquet se trouvait une dizaine de lettres.

JAMES : Pas du tout ! Trois jours seulement après la parution du premier épisode, nous avons déjà reçu tout ce courrier, sans compter deux demandes d’interview.

Le visage de Selena se ferma.

SELENA : Je ne ferai pas d’interview.

JAMES : Je sais, tu veux rester anonyme et je veillerai à dire aux journalistes que je n’ai aucun contact avec Mary Donahue.

Selena regarda les lettres.

SELENA : C’est dingue !

JAMES : Et ce n’est que le début. Ton histoire plait, Selena. Tu as beaucoup de talent et j’ai eu raison de croire en toi.

Selena se leva et, spontanément, alla étreindre James.

SELENA : Merci, James. Merci pour tout.

Selena sentit James se figer dans son étreinte. Il semblait gêné de la situation. Elle desserra son étreinte et James en profita pour sortir de sa poche un chèque.

JAMES : Ton premier salaire.

Selena saisit le chèque et ses yeux se mirent à briller en même temps qu’un magnifique sourire naissait sur son visage.

SELENA : C’est plus que ce que vous m’avez promis.

JAMES : Tu le mérites. Mais… Selena, je veux que tu gardes cet argent pour toi. Mets-le à la banque. Il servira à financer tes études.

SELENA : James, je ne peux pas faire d’études, vous le savez bien.

JAMES : Tu dois y penser.

SELENA : Je dois surtout m’occuper de mon petit frère et de ma mère.

JAMES : Selena, penses un peu à toi. Tu ne vas pas finir le reste de ton existence à trimer pour les autres dans un trou perdu, tu mérites mieux que ça.

SELENA : En tout cas, merci beaucoup. Merci pour tout.

Ils se regardèrent longtemps. Le temps semblait suspendu au-dessus d’eux. La pièce était silencieuse.

Les deux visages se rapprochaient. Ils savaient tous deux que ce n’était pas bien, que ce n’était pas dans l’ordre des choses. Un homme de vingt-huit ans et une jeune fille qui n’en a pas encore dix-sept, mineure de surcroit. C’était de la folie.

Mais à cet instant, c’était leur folie. Et ils étaient tous les deux pris dans ce tourbillon flou, magnifique et terrifiant qu’était la passion.

Leurs lèvres se cherchaient, se rapprochaient jusqu’à ce que…

Quelqu’un frappa à la porte. Aussitôt, le charme se rompit, la volute de passion se dissipa et il ne restait plus que deux êtres se reprochant un moment de faiblesse.

Alex Brown ouvrit la porte et passa la tête par l’entrebâillement.

ALEX : Je pensais te trouver ici. Ton père te demande.

 

James, encore troublé par l’instant de proximité qu’il venait de vivre avec Selena, ne demanda pas son reste et sortit de la pièce.

Alex le laissa passer, puis il observa Selena un instant. Il lui sourit, et Selena, par politesse, lui rendit son sourire.

ALEX : Ça va ?

SELENA : Ça va.

ALEX : Bien installée ?

SELENA : Très bien, merci.

ALEX : Tu te plais bien parmi nous ?

SELENA : Oui.

Selena n’avait pas envie de parler à cet homme. Non pas qu’il était désagréable, mais elle avait juste envie de rester seule. Alex dû le comprendre car il n’insista pas.

ALEX : Je te laisse travailler.

Il referma doucement la porte. 

 

***

 

Dans l’ascenseur qui le menait à l’étage où travaillait son père, James tenta de se calmer. Il s’appuya contre la paroi de la cabine et se forçant à respirer normalement.

Son visage était en feu et il avait encore en tête l’odeur du doux parfum de Selena.

Si Alex n’avait pas interrompu leur petit tête-à-tête, que se serait-il passait ?

Il était très attiré par la jeune fille, il ne pouvait plus se le cacher, et il ne pouvait plus le cacher à Selena. Par ailleurs, elle semblait elle aussi tomber sous le charme de James.

Il secoua la tête. Quelle folie ! Il ne pouvait pas se permettre de tomber amoureux d’une mineure. Mais le fait est qu’il était déjà amoureux d’elle, et depuis longtemps.

Le tintement de l’ascenseur indiquant qu’il parvenait à l’étage indiqué chassa ses pensées.

Son père avait demandé à le voir et il se demandait bien pourquoi. Cela faisait plusieurs mois qu’ils ne s’étaient pas parlé, et James trouvait que c’était très bien comme ça.

Il fut introduit dans le bureau de son père par une secrétaire aux cheveux frisés indomptables et aux joues rouges qui tentait maladroitement de lui sourire. Une timidité maladive sans nul doute.

Il dut reconnaître que Jack avait maigri depuis la dernière fois où il l’avait vu. Il avait les joues creuses et le teint blême.

James avança vers le bureau.

JAMES : Tu as demandé à me voir.

JACK : C’est pour ça que tu es ici.

JAMES : Je t’écoute.

JACK : J’ai pris connaissance de la nouvelle ligne éditoriale du Clarion. Et je me pose une question : pourquoi n’ai-je pas été consulté ?

JAMES : Il s’agit d’une nouvelle ligne éditoriale, comme tu dis. Tu n’as donc pas besoin d’être consulté sur le sujet.

JACK : Le Clarion est à moi, que je sache.

JAMES : Il appartient à la rédaction de prendre ce genre de décision. Tu ne fais pas partie du staff rédactionnel, il me semble.

JACK : Je suis le président de ce journal, James. Il m’appartient, tu comprends ça !

JAMES : Donc, tu m’as fait venir pour me faire des reproches, comme à ton accoutumée.

JACK : Je t’ai fait venir pour te féliciter.

Voilà une phrase qui avait de quoi laisser James interloqué.

Jack se leva.

JACK : Nous avons eu beaucoup de problèmes, toi et moi. Nous nous sommes laissés emportés par toutes sortes d’émotions négatives. Je ne sais pas si un jour on pourra surmonter nos problèmes. Mais je suis juste, James. Je l’ai toujours été. Et aujourd’hui, malgré le fait que tu n’en a encore fait qu’à ta tête sans me consulter, je dois avouer que tu as fait du bon boulot avec cette nouvelle ligne rédactionnelle. Tu as su dynamiser le journal et je t’en félicite.

Jack tendit la main à James. Passé la surprise, James serra la main de son père.

 

A suivre...

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Marie A 18/09/2016 13:57

28 ans ?!? C'est vrai que le temps a passé pour lui aussi, mais ça fait un choc... Et pour pas changer, on va dire qu'on le savait, que Jack était un grand homme !

Mr. Peyton 18/09/2016 15:33

Eh oui, il est arrivé à l'âge de seize ans à Peyton Place, c'était en 1970. Nous sommes maintenant en 1981/1982... Le temps passe.

En revanche pour Selena, je me permets quelque liberté sur son âge, elle a l'air de ne pas vieillir. Elle était sensée avoir 14/15 ans en 1978. Bon, pour ma défense, je dirais que ce n'est pas mieux que les personnages qui grandissent de dix voire quinze ans en l'espace d'une année dans les soaps qu'on voit à la télé :-)