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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Episode 836 - La bourde

Episode 836 - La bourde

 

La matinée promettait d’être belle. Scott Hayes s’était levé avant l’aube, excité à l’idée de pouvoir livrer le Clarion aux abonnés.

James Peyton l’avait appelé la veille pour lui dire que le livreur habituel était malade. L’occasion était trop belle et Scott accepta immédiatement de remplacer Cary au pied levé.

Il avait prévu de terminer la livraison pour huit heures, et ensuite, il pouvait filer ouvrir le magasin de Maggie Carson en attendant le début des cours.

Ce petit boulot pour le Clarion tombait à pic. Scott savait qu’Ellen avait besoin d’argent pour assurer le loyer et les besoins de la famille. Et tout le monde chez les Hayes savait qu’on ne pouvait pas compter sur Sutton.

Que Sutton fasse sa fainéante ne dérangeait nullement Scott. Lui aimait travailler. Il aimait savoir que le temps qu’il employait était rémunéré et servait pour le bien-être de la famille.

Il était comme ça, Scott. La plupart du temps, il passait pour un extra-terrestre auprès de ses camarades de classe qui eux ne pensaient qu’à s’amuser et qui n’auraient pas eu l’idée saugrenue d’aller travailler si tôt le matin.

L’avenir appartient aux personnes qui se lèvent tôt, avait dit un sage. Alors Scott, sur sa bicyclette et balançant aux abonnés la nouvelle édition du Clarion, avait l’impression ce matin que le monde lui appartenait.

Seule Selena Cross aurait dû le comprendre. Elle aussi travaillait très dure pour sa famille.

Mais Selena ne le calculait pas. Combien de fois avait-il voulu l’inviter à sortir… Combien de sourires en coin lui avait-il adressé sans qu’elle ne lui réponde…

Il arriva dans sa rue. Chesnut Street. Un cul-de-sac tranquille. Scott s’y plaisait énormément et il n’avait pas envie de quitter cet endroit si jamais la famille venait à manquer d’argent.

Il redoubla d’effort et passa la vitesse supérieure. Il lança le journal devant le palier des Cord et s’apprêtait à en faire de même chez Paula Dixon.

Il vit alors Mlle Dixon près de sa boite aux lettres et s’arrêta pour lui donner l’édition en main propre.

Mlle Dixon était vêtue d’une robe de chambre jaune, ses cheveux étaient tout ébouriffés et elle semblait livrer une bataille perdue d’avance contre la boite aux lettres.

PAULA : Satané machin, tu vas t’ouvrir !

SCOTT : Bonjour, Mlle Dixon. Des problèmes ?

PAULA : Oh, bonjour Scott. En fait, je n’arrive pas à ouvrir la boite aux lettres.

SCOTT : Laissez-moi voir.

Il observa la boite, entreprit de l’ouvrir avec la clé, puis secoua la tête.

SCOTT : La serrure est grippée. Il vous faut mettre du dégrippant.

PAULA : Et on trouve ça où ?

SCOTT : On en a à la maison. Je passerai en fin de journée, si vous voulez.

PAULA : Merci beaucoup, Scott. C’est très gentil à toi.

Il n’y échappa pas. A chaque fois qu’une femme faisait un compliment à Scott, il rougissait et devenait maladroit.

Il tendit le Clarion à Paula.

SCOTT : Tenez. A l’intérieur, vous trouverez un questionnaire de satisfaction sur la nouvelle présentation du journal. Je… faut que je… je dois y aller.

Il se gratta la tête et tourna les talons tandis que Paula l’interpela.

PAULA : Au fait, Scott, tu as des nouvelles de ta mère ?

C’était la question qu’il ne fallait pas poser. Ellen voulait que personne ne sache que leur mère est partie sans laisser d’adresse. Scott détestait mentir, mais il n’avait pas le choix.

SCOTT : Oui, elle nous a envoyé une carte postale de Miami.

Paula haussa les sourcils d’étonnement.

PAULA : Miami ? Il me semble qu’Ellen m’avait dit qu’elle était partie voir sa mère en Californie.

 

Cette journée si prometteuse avait viré au cauchemar pour Scott. Il était arrivé en retard au Central Store, avait oublié de passer une commande de pommes, était arrivé en retard au lycée, s’était lamentablement planté dans un test surprise sur l’évolution des espèces animales qu’il n’avait pas eu le temps de réviser, et pour finir il avait déchirer son short préféré au cours de sport, ce qui avait provoqué l’hilarité de ses camarades et une figure rouge de honte.

A dix-huit heures, il rentra chez lui et alla au sous-sol dans l’établi chercher le dégrippant. Tout en cherchant, il maugréa pour lui-même.

SCOTT : L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. Tu parles ! Si l’avenir est aussi moche que cette journée, je le laisse aux autres.

Ellen, qui depuis la cuisine avait entendu le boucan que faisait Scott dans l’établi, descendit le voir.

ELLEN : Qu’est-ce que tu fais ?

SCOTT (énervé) : Je cherche le dégrippant !

ELLEN : Pourquoi faire ?

SCOTT : T’as rien d’autre à faire qu’à poser des questions !

Surprise, Ellen recula. Elle n’avait pas l’habitude d’entendre Scott hausser le ton.

Scott trouva finalement le dégrippant. Il voulut passer devant Ellen pour monter, mais elle se mit sur son passage.

ELLEN : Qu’est-ce que tu as ce soir ?

SCOTT : Le dégrippant n’était pas à sa place !

ELLEN : Scott, tu ne vas pas commencer. Je dois déjà gérer Sutton et je n’ai pas la moindre envie d’avoir de problème avec toi. Alors, dis-moi ce qu’il y a, qu’on crève l’abcès une bonne fois pour toute.

Scott se calma. Il regarda sa sœur dans les yeux.

SCOTT : Ellen, il faut qu’on dise la vérité au sujet de Maman.

Il vit de la peur dans les yeux d’Ellen.

ELLEN : Pourquoi ? Il s’est passé quelque chose dont je devrais être au courant.

SCOTT : Paula Dixon. Je l’ai vue ce matin. Elle m’a demandé des nouvelles de Maman. Je lui ai dit qu’elle était à Miami, alors que toi tu lui as dit qu’elle se trouvait en Californie pour voir sa sœur malade. Et crois-moi, il faut s’appeler Sutton Hayes pour ne pas savoir que Miami est très loin de Los Angeles !

ELLEN : Et que lui as-tu répondu ?

SCOTT : Je lui ai dit que notre tante imaginaire de Californie allait mieux et qu’elles étaient parties toutes les deux profiter du soleil de Floride qui, tout le monde le sait, est bien meilleur que celui de L.A. !

Il y avait un mélange de colère et d’ironie dans la réponse de Scott. Mais en réalité le jeune homme avait peur. Les Hayes n’avaient jamais été une famille unie. Aujourd’hui, ils sont unis… par un mensonge. Quelle belle famille ils formaient !

SCOTT : Ellen, il faut qu’on leur dise la vérité, parce qu’un jour où l’autre, elle se saura et on sera mal.

ELLEN : Scott, réfléchis. Si Betty Cord apprenait que Marisa a quitté le domicile familial et que je suis la seule, avec mon maigre salaire de flic, à subvenir aux besoins de quatre personnes en plus de devoir payer un loyer pour une maison au-dessus de nos moyens… que crois-tu qu’elle fera ?

SCOTT : Et quand Mme Cord verra le nom du débiteur sur le chèque, que crois-tu qu’elle va penser ?

ELLEN (elle hausse les épaules) : Je peux toujours l’expliquer.

SCOTT : Et que crois-tu qu’elle pense en ce moment, sachant que Marisa n’a plus de travail et qu’en plus elle part en vacances aux quatre coins du pays s’éclater avec une tante sortie d’on-ne-sait-où ?  Hein ? Tu peux répondre à ça ?

 Ellen baissa la tête. Elle ne pouvait pas répondre à ça.

SCOTT : Ellen, il faut qu’on dise la vérité. Il n’y a pas d’autre solution.

ELLEN : Laisse-moi encore un peu de temps, tu veux ?

SCOTT : Pourquoi faire ?

ELLEN : Je te demande juste un peu de temps.

Scott soupira, mais acquiesça.

 

A suivre... 

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Marie A 06/09/2016 10:38

Combien de fois faudra-t-il le répéter : le mensonge n'apporte que des problèmes, même s'il est fait avec les meilleures intentions du monde. Bien triste pour ces jeunes pleins de courage.

Mr. Peyton 10/09/2016 10:18

Certes, mais nous sommes dans une petite ville de Nouvelle Angleterre où les gens font des secrets et des mensonges leur religion ;-)