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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Episode 834 - Un cri dans la nuit

Chez les Cord

Chez les Cord

 

Son corps à moitié couché dans le canapé, Betty Cord commençait à piquer du nez. Son coude droit était posé sur l’accoudoir et son visage reposait sur la paume de sa main.

Elle luttait contre le sommeil en regardant Bonnie Franklin faire pour la centième fois la morale à MacKenzie Phillips.

Plus pour très longtemps, songea Betty dans un demi-éveil. Elle avait lu dans le dernier TV Guide que MacKenzie Phillips avait quelques problèmes personnels liés à la drogue et qu’elle allait devoir quitter le show. Betty songea plus que jamais qu’il était temps pour elle de se trouver une occupation digne de ce nom, parce qu’elle commençait à avoir une petite vie trop « plan-plan », abonnée à son magazine télé et accrochée à toutes les séries plus ou moins bonnes que diffusent les networks.

Une réflexion qui l’avança davantage vers les bras grands ouverts de Morphée. Inutile de résister.

C’est alors qu’elle entendit le cri strident. Son esprit brumeux me mit immédiatement en éveil. Ce cri n’était pas une réplique cinglante de MacKenzie, bien que cela aurait pu l’être.

Non, c’était Brian. Il cria de nouveau :

BRIAN : Mamaaannn !!!!

L’appel venait de l’étage. Betty ressentit la peur de l’enfant jusqu’au plus profond de ses entrailles. Elle se leva précipitamment et laissa la série Au Fil des Jours dérouler sa scène comico-dramatique dans un salon vide.

Elle grimpa les escaliers quatre à quatre et parvint en un éclair dans la chambre de Brian.

Le petit garçon, dans son pyjama noir et blanc, était debout devant la fenêtre. Il semblait tétanisé.

BETTY : Brian, que se passe-t-il ?

Brian montra du doigt la cour arrière.

BRIAN : Il y a quelqu’un dans la remise. Maman, c’est le croque-mitaine.

Soulagée à l’idée que son fils n’avait dû faire qu’un cauchemar, Betty s’approcha de la fenêtre.

BETTY : Brian, je t’ai déjà expliqué que le croque-mitaine n’existe pas.

Elle prit Brian dans ses bras. Le garçon ne répondit pas au câlin et continuait de regarder par la fenêtre. Betty pouvait sentir son petit corps se raidir.

BETTY : Tu as dû faire un cauchemar. Ça va aller. Tu veux que je t’apporte une tasse de chocolat chaud ?

BRIAN : Si c’est pas le croque-mitaine, alors c’est qui ?

Brian pointa du doigt la remise, au fond de la cour. Betty tourna la tête dans cette direction et se figea.

Brian avait raison. Il y avait quelqu’un à l’intérieur. Aucun doute possible.

Steven l’avait faite construire pour s’en servir d’atelier et il avait insisté pour avoir deux grandes fenêtres sur la façade avant.

D’ordinaire la nuit, l’atelier était plongé dans l’obscurité.

Pas cette fois.

Betty pouvait voir la clarté d’une bougie, en même temps qu’une ombre inquiétante se dissimuler à l’intérieur du petit bâtiment. Elle comprit alors la peur de Brian.

Son sang se figea dans ses veines. Avant tout, protéger Brian. Elle s’agenouilla près de l’enfant.

BETTY : Brian, tu ne sors pas de cette chambre, d’accord ?

Brian fit oui de la tête. Betty lui donna un baiser sur la joue pour le réconforter, puis sortit de la pièce et ferma la porte à clé.

Il lui fallait réfléchir, et vite. Elle devait appeler la police. Ellen Hayes habitait à deux pas d’ici, mais Betty savait qu’elle était de garde au poste.

Elle descendit et soudain, l’adrénaline couru dans ses veines. Elle saisit le téléphone. Lorsqu’elle eut quelqu’un en ligne, elle voulut qu’on lui passe Ellen, mais elle n’était pas au poste. Betty expliqua avec le peu de calme qui lui restait la situation.

Au bout du fil, l’agent semblait à moitié convaincu par l’histoire et parla du reflet d’un réverbère. Betty perdit son calme et hurla qu’il n’y avait pas de réverbère à l’arrière de la maison. L’agent finit par lui dire, sans la moindre conviction dans la voix, qu’il allait envoyer quelqu’un.

Betty raccrocha avec rage. « Envoyer quelqu’un » dans le jargon de la police de Peyton Place équivalait à dire « On vous appellera » à l’issue un entretien d’embauche.

Elle devait protéger son fils et le seul moyen était d’affronter le croque-mitaine… ou qui qu’il soit d’autre.

Steven gardait un revolver dans le tiroir fermé à clé de son bureau. Betty savait s’en servir, elle avait pris des cours au stand de tir de White River.

D’un pas déterminé, elle alla dans sa chambre et saisit une petit boite rouge située tout en haut de l’armoire. La boite contenait la clé du tiroir du bureau. Elle s’en empara et alla chercher l’arme dans le bureau de son mari.

Jamais elle n’avait autant souffert de l’absence de Steven. S’il avait été là…

Betty soupira. Steven n’était pas là et elle devait se débrouiller seule puisque la police pensait qu’il y avait des réverbères à l’arrière des maisons !

Elle arma le revolver et, toujours d’un pas décidé, passa par la porte de la cuisine et longea l’allée.

Son pas se fit moins résolu au fur et à mesure où elle avançait, fixant la lumière dans la remise.

Au bout de dix secondes qui lui parurent dix minutes, elle parvint devant la porte de la remise et sut qu’elle ne pouvait plus reculer. Elle n’hésita qu’une fraction de seconde, fraction de seconde employée à se dire qu’il ne fallait pas hésiter, et ouvrit la porte.

Elle pointa son revolver sur l’ombre et entendit un cri strident. Un appel… une supplication. Une voix qu’elle connaissait bien. « Ne tire pas ! », disait-elle.

Betty reprit son souffle. Ses mains tremblaient et elle prit un certain temps avant de revenir à la réalité des choses. Elle finit par baisser son arme, et arriva à articuler.

BETTY : Lisa ! Mais qu’est-ce que tu fais ici ?

Lisa avait les yeux grands ouverts et fixait Betty, une bougie à la main. Elle était en état de choc.

LISA : Ce que je fais ici… rien. J’ai juste failli me faire tuer !

Betty reprit totalement son sang froid.

BETTY : Tu… tu as fait une peur bleue à Brian !

LISA : Il s’en remettra. Moi en revanche, je vais avoir du mal.

BETTY : Bon sang, Lisa. Qu’est-ce que tu fabriques !

LISA : Je te l’ai dit. Jack m’a mise à la porte et je n’ai nulle part où aller.

BETTY (maintenant en colère) : Et tu t’es dit que tu allais squatter la remise de ta vieille amie Betty !

LISA : Juste le temps de me retourner.

BETTY : Ton fils habite au bout de l’allée et il a plus de chambres de libre chez lui qu’il y en a au Colonial !

Lisa baissa les yeux.

LISA : Il ne veut pas de moi. Il me l’a dit. Et je ne veux pas qu’il me sache dans le besoin…

BETTY : Lisa, tu ne peux pas rester ici.

LISA : Juste une nuit, Betty. S’il te plait.

BETTY : Il n’y a même pas de matelas pour dormir.

LISA : Je peux dormir sur le sol. Laisse-moi rester, s’il te plait.

Betty fixa la bougie que Lisa avait à la main.

BETTY : Pour que tu mettes le feu à la remise ? Pas question.

Elle attendit un petit instant, puis dit :

BETTY : Le canapé dans le salon est plus confortable. Mais juste pour une nuit, on est bien d’accord !

 

A suivre...

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Marie A 30/08/2016 09:30

Mais quel plaisir de retrouver ton enfer XD !
A ce qu'on voit, la dèche ne change pas notre Lisa... toujours plus importante que les autres. Et Betty qui se considère officiellement comme son amie, voilà une déclaration inattendue !
J'espère que tes vacances valaient le coup, meilleures que les nôtres passées à s'inquiéter pour le sort de celui que tu as abandonné dans une bien fâcheuse posture ^_^

Mr. Peyton 02/09/2016 18:30

Quel plaisir de te retrouver, chère Marie A. :-)
Bon, disons que Betty considère plutôt Lisa comme sa meilleure ennemie...
Bah oui, et même pas l'ombre d'un scrupule m'a traversé l'esprit cet été, alors que j'avais les doigts de pieds en éventail sur le sable chaud. Honte à moi :-))