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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Episode 832. L'ascenseur

Episode 832. L'ascenseur

Paula Dixon prit son courage à deux mains et décida d’aller travailler.

Ce matin, elle s’était levée avec une migraine carabinée et avait décidé de rester au lit, tentant de chasser les démons de son esprit.

Elle s’était levée, avait pris une douche bien chaude et s’était forcée à avaler une tartine à la confiture de fraises.

Sa migraine se dissipa en fin de matinée. Elle téléphona à l’hôpital et pria Ashley de l’excuser pour ne pas avoir donnée de nouvelle ce matin. Bien sûr, Ashley en avait profité pour la sermonner sur l’importance d’un travail qu’elle-même rêvait de faire : infirmière en chef.

« Ce n’est pas demain la veille que tu prendras ma place », pensa Paula en raccrochant.

Sa migraine reprit un moment, puis se dissipa.

Maintenant, elle roulait en direction de l’hôpital. A l’arrière de la voiture – ou plutôt dans sa tête – Cal Fullerton et Eric Bullock se chamaillaient.

CAL : Paula n’est pas prête à reprendre le travail.

ERIC : Bien sûr que si, ça lui fera le plus grand bien.

CAL : D’ailleurs, elle a démissionné, non ?

ERIC : Tu aimerais bien qu’elle démissionne, avoue…

Paula décida de les ignorer. Non, elle ne leur parlerait pas. Parce que les deux personnes qui sont à l’arrière n’existent que dans son esprit. Ce ne sont pas des fantômes. Ils sont morts et enterrés.

Au stop, elle ferma les yeux très forts. Et lorsqu’elle les rouvrit, ses deux compagnons n’étaient plus là. Elle sourit. Une première victoire.

Ils revinrent cependant lorsque Paula franchit le seuil de l’hôpital.

CAL : Cet hôpital me fait froid dans le dos.

ERIC : Tu n’es pas obligé d’être là.

CAL : Je ne veux pas te laisser seul avec Paula.

Paula se dirigea vers la réception où elle trouva une Ashley Pozzi particulièrement agitée.

ASHLEY : Ah, te voilà enfin !

PAULA (ironique) : Bonjour Ashley, je vais bien, merci.

ASHLEY : Je peux concevoir qu’une migraine te laisse au lit, mais tu aurais au moins pu prévenir. J’ai dû faire ton travail.

PAULA : Et tu as adoré ça, non…

ASHLEY : Ce n’est pas la question, la question c’est…

PAULA (Elle l’interrompt) : Ashley, tu ne voudrais pas que mon mal de tête me reprenne ?

Ashley ne répondit pas.

PAULA : Dans ce cas arrête de parler. Va courir voir le Docteur Rossi pour lui dire à quel point je suis désagréable avec toi et à quel point je fais mal mon travail… C’est ce que tu fais de mieux ici.

Rouge comme une tomate, Ashley ne répondit pas. Elle saisit un dossier et, pinçant les lèvres, quitta la zone de réception.

Concentrée sur son travail, Paula passa une bonne partie de l’après-midi sans Cal et Eric.

A seize heures trente, elle entreprit d’aller vérifier les stocks de médicaments au troisième étage de l’hôpital.

Elle prit l’ascenseur et, au moment où la porte allait se refermer sur elle, Mike Rossi la bloqua et entra dans la cabine. La porte se referma et l’ascenseur entreprit sa montée.

Paula fit un signe de tête au médecin, qui le lui rendit. Le silence était pesant et aucun des deux n’osait se regarder. Puis soudain, n’y tenant plus, Mike appuya sur le bouton afin de bloquer l’ascenseur.

Immédiatement, Cal et Eric firent leur apparition dans la cabine.

CAL : Qu’est-ce qu’il fait ?

ERIC : Il veut parler à Paula, c’est évident.

CAL : Elle n’a rien à lui dire. Paula, quoiqu’il ait à te dire, ne l’écoute pas. Je n’ai jamais aimé ce type.

ERIC : Tu n’as jamais aimé personne.

Désespérée, Paula s’appuya contre la cabine et ferma doucement les yeux.

PAULA (entre ses dents) : La ferme…

Mike la regarda avec surprise.

MIKE : Je n’ai encore rien dit.

Paula ouvrit les yeux et, dans un premier temps, voulu s’excuser, puis finalement s’abstint. Difficile de dire à un médecin que deux de ses ex, morts depuis des mois, voire des années, sont avec eux et se disputent.

PAULA : Mike, j’ai du travail.

Paula appuya sur le bouton pour remettre en marche le mécanisme de l’ascenseur. Mais aussitôt, Mike appuya de nouveau pour bloquer l’ascension.

MIKE : Pas avant d’avoir écouté ce que j’ai à vous dire.

PAULA : Je crois que l’on s’est tout dit la dernière fois. Je m’excuse pour la façon que j’ai eu de vous mettre à la porte de chez moi. J’aimerais maintenant que nous ayons des rapports uniquement professionnels, vous et moi.

Elle déclencha de nouveau le mécanisme, et Mike appuya sur le bouton pour l’arrêter.

Au troisième étage, attendant l’ascenseur, Ashley regardait l’affichage au-dessus des portes, s’impatientant. Une infirmière parvient près d’elle.

INFIRMIERE : Que se passe-t-il ?

ASHLEY : J’aimerais bien le savoir. Cet ascenseur a pourtant été vérifié le mois dernier.

Retour dans la cabine, où Paula commençait elle aussi à s’impatienter.

PAULA : Mike, soyez raisonnable.

Elle tenta de mettre la main sur le bouton déclencheur, mais Mike l’en empêcha. Il lui saisit la main et ne la lâcha pas.

MIKE : On ne sortira pas de cette cabine avant d’avoir parlé.

Paula soupira.

PAULA : Je vous écoute.

Au fond de la cabine, Cal trépigna.

CAL : Ne l’écoute pas !

ERIC : Au contraire, écoute-le Paula, ce qu’il a à te dire est important.

Paula regarda Mike dans les yeux et attendit. Mike se lança.

MIKE : Vous me reprochez d’avoir été la source de tous vos ennuis. Il y a quelques années, j’ai fait un choix entre vous et Marsha. Et j’ai choisi Marsha. Est-ce que je le regrette ? Non. Parce que j’ai appris à ne rien regretter de ma vie passée. Mais vous n’avez pas le droit de me reprocher les tragédies qui ont parcouru votre vie depuis lors. Vous avez choisi de fréquenter ce bon à rien de Cal Fullerton…

CAL : Eh ! Attention à ce que tu dis !

MIKE : … C’était votre choix, Paula. Pas le mien. J’ai essayé de vous prévenir, mais vous n’avez rien écouté. Et je pense même que vous avez fait exprès de continuer votre relation avec Cal uniquement pour me faire payer le fait d’avoir choisi Marsha et pas vous.

PAULA (elle secoua la tête) : C’est ridicule. J’étais déprimée. J’envisageais un avenir avec vous, et vous m’avez laissé tomber pour une femme qui vous a laissé faire de la prison pour un crime qu’elle avait commis. Je me suis sentie comme… comme une moins que rien. Cal était là. Il était là et il m’a aidé à remonter la pente.

MIKE (il hausse la voix) : A remonter la pente ! Mais écoutez-vous Paula ! Tout ce que Cal a réussi à faire, c’est de vous accompagner tout droit en enfer. Tout le monde a tenté de vous prévenir de ne pas l’épouser, mais vous l’avez fait. Et c’était votre choix, Paula. Le vôtre et pas le mien ! Alors ne me tenez pas pour responsable de vos choix, parce que c’est lâche et égoïste. Chacun est responsable de son choix de vie. Et imputer ses erreurs à d’autres, ce n’est pas faire preuve de maturité.

PAULA (elle s’impatienta) : Vous avez fini ?

MIKE : Non je n’ai pas fini. Je ne sais pas ce qui se passe en ce moment dans votre vie. Vous êtes perturbée et vous ne voulez pas me dire pourquoi. Libre à vous. Mais moi je crois savoir ce qui ne va pas dans votre tête en ce moment.

PAULA : Vous marchez sur les plates-bandes de Mildred Stewart maintenant ?

MIKE (ignorant la remarque) : Ce qui ne va pas, c’est que vous vous battez contre vos sentiments. Vous m’aimez, autant que je vous aime, mais vous vous interdisez toute relation avec moi, parce qu’en même temps, vous avez cette amertume au fond de vous.

Mike saisit Paula par les deux mains et plongea son regard dans le sien. Cal fit un pas pour tenter de les séparer, mais Eric le retint.

MIKE : Il est temps pour vous de voir les choses en face. Nous nous aimons. Vous gâchez votre vie en évitant de le reconnaître.

PAULA (incertaine) : Mike, je…

MIKE : Tais-toi. Paula, aujourd’hui et pour la première fois, je vais faire un choix à ta place. Je te demande de m’épouser. Et le non ne fait pas partie des réponses possibles.

Il l’embrassa doucement. Au contact de ses lèvres sur les siennes, Paula frémit. Et soudain, c’était comme si tout un rideau noir s’effondrait. Et derrière ce rideau, un magnifique soleil brillait. Elle se laissa aller et goûta la chaleur du baiser sucré. Plus rien d’autre ne comptait au monde que ce moment magique.

Mike décolla ses lèvres de celle de Paula et déposa un baiser sur son front.

MIKE : Alors, qu’est-ce que tu en dis ?

PAULA : J’en dis que j’ai été la fille la plus stupide au monde. Et que tu as été le médecin le plus patient du monde.

Ils s’embrassèrent de nouveau. Paula se laissa aller contre le mur et, sans le savoir, déclencha le mécanisme de l’ascenseur.

La cabine parvint au troisième étage et, avec le petit tintement familier, les portes s’ouvrirent.

Ashley Pozzi, debout devant l’ascenseur, regarda d’un air médusé le médecin et l’infirmière s’embrasser. Plus rien ne semblait compter pour eux.

Eric et Cal en profitèrent pour sortir de la cabine. Au passage, Cal mit la main aux fesses d’Ashley.

Ashley sentit quelque chose qui la frôlait, mais elle était tellement déconcertée par le spectacle qui s’offrait à elle dans la cabine de l’ascenseur qu’elle n’y prêta pas attention.

Cal et Eric s’en allèrent par le couloir.

ERIC : Je crois qu’on n’a plus rien à faire ici.

CAL : Dommage, nos disputes vont me manquer.

ERIC : Je ne pensais pas dire ça un jour, mais… à moi aussi. J’espère qu’ils vont être heureux tous les deux.

CAL : Paula le mérite.

Ils entrèrent dans la cage d’escalier. Eric montait les marches. Cal le suivit. Mais Eric s’arrêta, le regarda et sourit en faisant non de la tête. Il lui indiqua d’un geste de la main les marches à descendre.

Cal se retourna et haussa les épaules.

CAL : Au moins, il fera plus chaud là-bas.

Eric montait, Cal descendait… et tous deux disparurent à tout jamais dans une brume blanche.

 

A suivre...

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Marie A 05/07/2016 22:23

Oh que c'est beau ! Les paroles de Mike, les portes qui s'ouvrent devant Ashley, Eric et Cal qui font ami-ami... C'est un peu triste aussi, de voir Cal descendre les escaliers. Même s'il n'a pas mérité de monter... il était sympa en fantôme. Enfin, chacun récolte ce qu'il sème. ;-)

Mr. Peyton 12/07/2016 18:22

Oui, Cal a fait beaucoup trop de mal autour de lui depuis quelques saisons... on ne pouvait décemment pas le faire monter.

Betty 03/07/2016 10:03

Enfin, enfin.... on peut partir en vacances
Je leur souhaite d'être très heureux ensemble...

Mr. Peyton 03/07/2016 11:06

Pour une fois, tout est bien qui finit bien. Profitons-en, c'est assez rare :-)