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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Episode 831. Amour propre

Episode 831. Amour propre

James Peyton était bien décidé à parler à sa mère dès maintenant. Il ne pouvait pas la laisser habiter avec lui à Chesnut Street.

Concentré sur la route, il évita un chat qui traversait sans la moindre gêne, comme si l’asphalte lui appartenait.

James regarda l’heure fixée sur le tableau de bord. Sa mère n’avait sans doute pas encore repris son travail au Cider Barrell, aussi eut-il envie d’aller faire un tour à Chesnut Street pour y voir une fois de plus la nouvelle maison dont il prendra les clés dès demain.

Lorsqu’il tourna pour entrer dans le cul-de-sac, il aperçut une camionnette de déménagement juste en face de son nouveau « chez lui ». Il fronça les sourcils et pila devant la camionnette.

Il pensa alors au pire. Son père avait appris qu’il voulait la maison et a dénoncé le contrat de bail que James avait signé. Puis il a offert le bail à une autre famille. C’était la seule explication possible.

Enfin… non, cette explication ne tenait pas la route. Jack Peyton était puissant dans cette ville, mais pas suffisamment pour dénoncer un bail sans que le locataire en soit informé. Ca n’avait pas de sens.

Il s’éjecta de la voiture et vit deux hommes porter des cartons dans la maison.

Il s’apprêta à aller leur parler lorsqu’il vit, sur le pas de la porte, Lisa qui donnait des instructions aux hommes.

LISA : Faites attention, ce carton est fragile.

Elle vit James et lui sourit en lui faisant un signe de la main.

Le rouge monta aux joues du jeune homme. Il se précipita vers elle.

JAMES : Maman, mais qu’est-ce que tu fais ici ?

LISA : Surprise ! Je suis allée voir Erin Bradford et lui ai expliqué que j’allais emménager avec toi. Ça n’a pas été facile, mais elle a finalement consenti à me donner les clés avec un jour d’avance.

James pesta contre l’agent immobilier. De quel droit avait-elle fait une chose pareille ? C’est James qui a signé le bail, et non Lisa. Il est vrai que sa mère arrivait souvent à être persuasive.

Lisa, voyant le visage contrarié de son fils, fronça les sourcils.

LISA : Quelque chose ne va pas ?

JAMES : Je me demande comment Erin a pu te donner les clés avant moi.

LISA : Elle me connaît. Elle travaille pour ton père, je te rappelle. Ne lui en veux pas.

JAMES : Elle n’avait pas à faire ça.

James avait sans doute haussé un peu trop le ton. Lisa fronça de nouveau les sourcils.

LISA : J’ai l’impression que ça te contrarie. C’est parce que j’ai eu les clés avant toi ?

JAMES : Maman, je…

Il voulait lui expliquer, c’était le moment de le faire. Mais un des déménageurs le poussa pour entrer dans la maison.

LISA : Ecoute, James, je suis désolée. Je ne pensais pas que cela pouvait te contrarier à ce point.

JAMES : Ce n’est pas ça le problème. Enfin… pas que ça.

LISA : Alors, qu’est-ce qui ne va pas, chéri ?

JAMES : Je crois qu’il y a eu un malentendu.

LISA : A propos de quoi ?

James haussa les sourcils. Comment sa mère ne pouvait-elle pas comprendre ?

JAMES : Maman, lorsque j’ai pris cette location, je l’ai prise… pour moi.

Lisa mit encore quelques instants à comprendre. Puis, lorsqu’elle comprit, elle traduisit cela par un « oh » de surprise.

JAMES : J’avais l’intention de me retrouver seul ici. Tu comprends, j’ai ma propre vie. Et toi tu as la tienne à mener. Tu as un endroit formidable au manoir.

LISA : Avec Jack ? Tu plaisantes !

JAMES : Tu ne t’es jamais plainte jusqu’à présent.

LISA : James, es-tu en train de me dire que je ne suis pas la bienvenue ici ? De même que Colleen ?

JAMES : Tu seras la bienvenue, mais seulement en visite.

James se mordit les lèvres. Il eut le cœur serré en voyant la déception s’afficher sur le visage de sa mère. Peut-être y avait-il même plus que de la déception, James n’aurait su le dire. C’était comme si Lisa avait attendu d’emménager ici depuis très longtemps.

JAMES : Cette maison représente de mauvais souvenirs pour toi. Je ne comprends pas pourquoi tu tiens tant à y vivre.

LISA : Je voulais qu’on reforme une famille.

JAMES : J’ai passé l’âge de vivre avec ma mère et ma sœur, tu ne crois pas ?

LISA (d’une voix mal assurée) : Si, je comprends. Je comprends très bien, mon fils.

Lisa avait l’air abattue. Puis soudain, elle changea de visage. Elle redressa la tête et sourit à son fils.

 

Lisa Peyton se rendit compte de son erreur dès qu’elle vit venir son fils sur le perron de la maison. Ou peut-être même avant.

Elle dut en effet reconnaître qu’elle avait forcé la main à James la dernière fois, lorsqu’il lui avait dit qu’il avait pris cette maison en location.

Au fond d’elle-même, elle savait très bien qu’elle n’était pas prévue dans les projets, pas plus que Colleen. Mais elle n’avait plus d’endroit où aller depuis que Jack l’a mise à la porte. Elle a vu en cette maison un nouveau départ et l’opportunité de s’en sortir.

Inutile de dire à James que Jack ne veut plus d’elle au manoir.

Son fils avait raison. Il n’était plus en âge de vivre avec maman. Lisa devait s’y faire. Elle allait devoir penser à trouver un autre endroit pour dormir.

Elle chassa sa déception et se forgea un sourire.

LISA : Tu as raison, chéri. Où avais-je la tête ! Bien sûr, tu n’as pas besoin d’une mère et d’une sœur dans les pattes. Excuse-moi, je n’avais pas compris.

Lisa faisait des efforts pour ne pas trahir sa déception, et elle dût s’arrêter de parler pour ravaler sa salive, sans quoi sa voix aurait tremblé.

JAMES : Tu te plais bien, au Manoir, non ?

(Pas depuis que ton père m’a virée)… avait-elle envie de dire.

LISA : Oui… oui bien sûr.

Elle se tourna vers les porteurs et, en douce de James, essuya une larme. Elle prit une voix autoritaire.

LISA : Changement de plan, messieurs. On rapporte tous les cartons au Manoir.

Elle respira profondément, afin d’être sûre de pouvoir affronter le regard de James sans qu’il ne se doute de rien. Parce qu’elle n’avait pas envie qu’il sache que Jack l’avait chassée du domaine. Elle n’avait plus de toit, plus de travail, mais il lui restait encore une chose : son amour propre.

Elle glissa les clés de la maison dans la main de James.

LISA : C’est mieux ainsi. Je sais que lorsque je viendrais te rendre visite, je serai reçu comme une reine.

JAMES (il lui sourit) : Compte sur moi.

Lisa dévala l’allée et s’engouffra dans la camionnette de déménagement.

 

A suivre...

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Marie A 28/06/2016 20:09

Ah ben voilà quelque chose qu'il fait beau lire ! Lisa qui pense à quelqu'un d'autre qu'elle ? C'est bien dommage pour sa situation, mais on est bien content pour James !

Mr. Peyton 02/07/2016 21:43

Oui, Lisa devient humaine ! Alléluia !!