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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Episode 829. Encore un conseil avisé

Episode 829. Encore un conseil avisé

 

Alex Brown entrouvrit la porte du bureau de James Peyton et passa la tête dans l’ouverture.

ALEX : Je peux te parler deux minutes ?

JAMES : Entre.

Alex était le rédacteur en chef adjoint du Clarion. James l’avait engagé deux ans auparavant. Il avait été impressionné par son CV qui, pour un homme de 31 ans, était plus que bien garni.

James n’était pas d’humeur à parler travail en ce moment. Sa principale préoccupation était de trouver les mots pour dire à sa mère qu’elle ne faisait pas partie des bagages qu’il comptait amener dans sa nouvelle maison de Chesnut Street.

Alex déploya sa grande stature dans le bureau et se tint debout, devant James, en lui souriant. Un sourire ravageur qui faisait fondre toutes les femmes qui travaillaient au Clarion, de la femme de ménage à la pigiste. Alex, afro-américain aux proportions impeccables (on dit de lui qu’il a tout ce qu’il faut où il faut), était considéré comme un homme non seulement intelligent, mais beau comme un dieu.

Sauf que le sourire qu’il déployait en ce moment devant James n’était pas de bonne augure. Cela présageait une conversation pénible. Car en effet, le sourire d’Alex (quand il n’était pas destiné aux jeunes femmes), signifiait toujours qu’il avait un « truc important à dire », et ce n’était pas bon.

ALEX : J’ai un truc à te dire.

James réprima un sourire.

JAMES : C’est ce que j’ai cru comprendre lorsque tu as passé la porte du bureau. Quelque chose ne va pas ?

ALEX : Non, tout va bien.

JAMES : Mais tu as quand même quelque chose à me dire.

ALEX : On voit souvent la jeune fille Cross au Clarion…

JAMES : Selena. Oui, je l’ai engagée.

ALEX : Sans en parler au staff ?

James haussa les épaules.

JAMES : C’est juste pour quelques semaines. Elle avait besoin d’un job et je lui donne quelques papiers à classer.

ALEX : On la voit souvent taper à la machine.

James soupira. Il ne pouvait pas lui dire que Selena corrigeait son roman pour une imminente parution dans le Clarion. La jeune fille avait été claire à ce sujet : personne ne devait savoir. James n’avait pas l’intention de trahir sa confiance.

JAMES : Il y a un problème avec Selena ?

ALEX : Non, simplement, on se demande pourquoi elle est ici.

JAMES : Je viens de te le dire.

ALEX : Elle… elle ne rédige pas d’articles ?

JAMES : Alex, est-ce que tu as vu dans le Clarion un article signé Selena Cross ? Non. Alors je ne vois pas où est le problème.

ALEX : Il n’empêche que le staff se pose des questions.

JAMES : Le staff, ou toi ?

ALEX : Tout le monde. Les secrétaires pensent qu’elle fait le boulot à leur place et elles commencent à jaser. J’ai juste pas envie d’avoir une grève sur le dos, tu comprends…

JAMES : Alex, ne t’inquiète pas. Tu peux rassurer tout le monde. Selena Cross n’écrit pas d’article et ne corrige pas ceux des autres journalistes. Elle est ici pour apprendre. J’aimerais que personne ne vienne la déranger, d’accord ?

ALEX : OK.

Il s’en alla et James voyait bien qu’il n’était pas plus rassuré que lorsqu’il était entré dans le bureau.

James se frotta les lèvres avec sa main droite. Il ne sait pas s’il arrivera longtemps à garder le secret. Lorsque le feuilleton va paraître, beaucoup vont vouloir connaître l’auteur.

Il eut soudain l’envie irrépressible d’aller voir travailler Selena. Il se rendit donc dans le petit local où la jeune fille, penchée sur sa machine à écrire, tapait frénétiquement les touches pour former des mots sur le papier.

Elle ne vit pas James immédiatement et sursauta lorsqu’il arriva près d’elle.

SELENA : Vous m’avez fait peur.

JAMES : Tu avances bien ?

SELENA : Faudra voir le découpage, mais je pense qu’il y a déjà de quoi publier trente numéros.

JAMES : Génial.

SELENA : Je suis nerveuse.

James fronça les sourcils.

JAMES : Quelqu’un est venu te voir ?

Selena le regarda avec surprise.

SELENA : Non. Mais le Clarion relooké va paraître à partir de lundi prochain, et ça veut dire que dans moins d’une semaine, mon roman va commencer à être lu.

JAMES : Tu veux toujours le publier sous un pseudo ?

SELENA : Oui, je vous ai expliqué à quel point c’est important.

Voyant que James semblait préoccupé, elle fronça de nouveau les sourcils.

SELENA : Quelque chose ne va pas ? Vous avez changé d’avis et vous ne voulez pas me publier ?

JAMES : Non ! Tu n’as pas besoin d’avoir peur. Nous avons signé un contrat de toute façon.

SELENA : Alors qu’est-ce qui ne va pas ?

James ne voulait pas embêter Selena avec les rumeurs du Clarion à son sujet. Cela pourrait la déconcentrer de son travail. Il décida de lui parler de son autre préoccupation.

JAMES : Dis-moi, toi qui connais bien Colleen, ça lui ferait plaisir de quitter le manoir des Peyton pour venir vivre dans son ancienne maison de Chesnut Street ?

Selena haussa les épaules.

SELENA : Je n’en sais rien. Colleen habite le manoir depuis très longtemps maintenant. Elle y a ses habitudes. De plus, la maison de Chesnut Street ne va pas lui rappeler que des bons souvenirs… Pourquoi cette question ?

JAMES : Parce que j’ai pris en location la maison.

SELENA : Je vois… le mieux serait de lui demander directement à elle ce qu’elle en pense.

James s’assit sur le bord du bureau.

JAMES : En fait, cette maison était pour moi. Moi seul…

SELENA : James, je ne vous suis pas.

JAMES : Lorsque ma mère a vu que j’avais loué la maison, elle a immédiatement pensé qu’elle et Colleen allaient emménager avec moi.

SELENA : Et vous ne voulez pas qu’elles viennent emménager chez vous.

JAMES : Je suis en âge de me débrouiller seul. J’aimerais vivre ma vie sans avoir ma mère – et à fortiori ma sœur – sur le dos.

SELENA : Et vous n’avez pas osé dire à votre mère qu’elle n’était pas la bienvenue…

JAMES : Oui. Elle était tellement enthousiaste !

SELENA : James, si vous ne voulez pas de votre mère dans cette maison, et je vous comprends très bien – alors vous ne devez pas attendre qu’elle emménage. Il faut lui dire, et tout de suite. Plus vous attendez, plus ça sera difficile.

JAMES : Je suppose que tu as raison.

SELENA : C’est un mauvais moment à passer, mais il faut le faire tout de suite. Et vous savez ce que l’on dit : ce qui est fait n’est plus à faire. A ce propos, j’aimerais beaucoup terminer mon chapitre avant la fin de la journée. J’ai décidé de réécrire complètement la scène où le père file une rouste à sa fille.

James lui sourit. Encore une fois, Selena avait fait preuve d’un grand sens commun. Et encore une fois, elle lui avait remonté le moral. Cette fille était tout bonnement extraordinaire.

Il se leva.

JAMES : J’y vais. Merci pour le conseil. 

 

A suivre...

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Marie A 28/06/2016 20:00

Oui, cette fille est extraordinaire ! Tellement que certaines mauvaises langues diraient qu'elle cache quelque chose du pas bien joli ! Mais on n'est pas mauvaise langue... n'est-ce pas ? :-)

Mr. Peyton 02/07/2016 21:41

Mais non, mais non... Ne voyons pas le mal partout... :-)