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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Episode 824. Les malheurs de Lisa

Episode 824. Les malheurs de Lisa

 

En descendant les escaliers menant au salon du domaine, Lisa Peyton essayait de ne pas penser qu’elle avait l’air - ou plutôt était - ridicule dans le costume rouge et blanc imposé aux serveuses du Cider Barrell.

Elle se promit d’en toucher un mot à Charlie et aux autres serveuses. Cette petite jupette rouge sous un tablier de soie blanc, sans parler de sa coiffe burlesque au sommet de son crâne, s’apparentait plus au costume d’une soubrette dans un film classé X qu’aux vêtements que portaient les serveuses d’un bar-restaurant.

En attendant, comme il n’y avait pas de vestiaires au Cider Barrell, elle était bien obligée de descendre la colline à pieds, et de prendre le bus jusqu’à Main Street vêtue de cet accoutrement ridicule pour se rendre à son travail. Dieu lui en était témoin, c’était le moment le plus humiliant de la journée.

Elle entra dans le salon en poussant un profond soupir qui, cette fois, n’avait rien à voir avec ce qu’elle portait sur elle.

Le salon était sombre. Les volets étaient fermés. Elle pouvait sentir un relent - fort désagréable en cette période matinale de la journée - d’alcool fort.

Elle alla ouvrir les volets et, immédiatement, la lumière se déversa dans la pièce comme un fleuve se jetant à la mer. Elle ouvrit légèrement la fenêtre pour faire pénétrer un peu d’air frais, puis se tourna vers le coin-cheminée, au fond de la pièce.

Jack Peyton était assis sur le canapé, un verre de whisky à la main. Il cligna des yeux devant la lumière. Lisa avait le sentiment qu’il avait passé la nuit ici.

Elle s’avança vers lui tout en regardant autour d’elle. La table du petit déjeuner n’était pas dressée.

- Où est le petit déjeuner ?, demanda-t-elle incrédule.

- J’ai donné congé aux domestiques.

Colleen avait passé la nuit chez une amie et Mary était partie rendre visite à sa sœur, ce qui fait que Jack et Lisa étaient seuls dans le domaine.

Jack avait une mine affreuse. Il avait une barbe de plusieurs jours, ses joues étaient creusées et il paraissait ne pas avoir pris de douches depuis une éternité. Et pour couronner le tout, il se dégageait de lui une très forte odeur de whisky. Lisa avait l’impression d’avoir sous les yeux un clochard.

- Ca ne peut pas durer ainsi, Jack. Tu dois te ressaisir. Et tu dois manger !

Elle tenta de lui retirer le verre d’alcool qu’il avait dans la main. Mais Jack tenait bon. Il s’agrippait à ce verre comme s’il était son ami le plus précieux. C’était peut-être le cas. En tout cas en ce moment.

Il défia Lisa du regard. Ses yeux étaient vitreux.

- Laisse ce verre !

Lisa voulu lui tenir tête. Mais Jack, même s’il avait l’allure d’un clochard, avait gardé suffisamment de force pour garder le verre en main.

Lisa lâcha sa prise. Et immédiatement, Jack termina le verre d’un trait.

- Jack, regarde-toi. Tu es devenu une loque depuis que Rachel est partie. Tu dois reprendre ta vie en main.

- Je ne t’ai rien demandé !

- Ca fait des jours que tu restes planté ici à te saouler.

- Ca ne te regarde pas.

- Qu’est-ce que tu comptes faire ? Continuer à te morfondre sur ce canapé en avalant des bouteilles entières de whisky toute ta vie ? C’est ça que tu comptes faire !

- Fiche-moi la paix ! Et ne t’avises pas de me donner des conseils. Tu es mal placée pour ça. Ta vie n’a été qu’une succession d’échecs et de malheurs pour ceux qui t’entourent.

- C’est de toi qu’on parle, pas de moi ! Jack, tu as perdu. Rachel est partie et je sais que ça fait mal.

Jack ricana.

- Tu n’as pas de cœur, qu’est-ce que tu en sais, que ça fait mal…

- Tu as l’impression que le ciel te tombe sur la tête, mais un chagrin d’amour est toujours surmontable. Remets-toi au travail, ça te fera du bien et ça t’empêchera de broyer du noir dans ce maudit canapé.

- Je t’avais dit de ne pas me donner de conseil, et tu le fais quand même !

- Et je continuerai à le faire jusqu’à temps que tu sortes de cette pièce et que tu ailles travailler.

- Tu ne le feras pas, dit Jack doucement.

- Et qui m’en empêchera ?

- Moi.

Il posa son verre sur la petite table et se servit à nouveau.

- Tu es virée d’ici, Lisa.

Le choc fut violent. Lisa eut du mal à ingérer l’information.

- Quoi ?

- Tu m’as parfaitement entendu. Tu as assez abusé de ma gentillesse. J’ai besoin d’être seul et surtout, je n’ai pas besoin de t’entendre jacasser dans mes oreilles. Tu fais ta valise ce soir et tu pars demain matin dernier délai.

 

***

 

Lisa ne décolérait pas. Comment Jack pouvait-il se comporter de la sorte ? Elle n’avait aucune légitimité pour habiter le manoir, et elle le savait. Mais Jack aurait pu lui laisser plusieurs jours pour trouver un appartement.

Elle était dans un état de nerfs qu’elle avait du mal à contrôler. Depuis le début de son service, elle avait fait tomber deux plats, oublier une table où les clients attendaient depuis vingt minutes et s’était trompée à trois reprises dans les commandes.

Alors qu’elle amenait un plat de crêpe à la vanille à une table, elle se demanda pour la énième fois où elle allait pouvoir dormir la nuit prochaine. Il lui faudrait trouver un hôtel pas cher avant de chercher un appartement au loyer modéré. Ce qui ne courait pas les rues à Peyton Place.

Et Colleen ? Il n’avait pas parlé de Colleen, tout s’était passé tellement vite ! Mais de toute façon Lisa n’avait pas envie de se séparer de sa fille, elle espérait pouvoir trouver un trois pièces pas cher pour elles deux.

Mais sachant que Jack a le quasi-monopole de l’immobilier à Peyton Place… 

Lisa soupira. Elle n’avait pas de solution en l’état actuelle des choses.

Elle déposa les assiettes sur la table. Une grosse dame regarda l’assiette d’un air de dégoût.

- J’avais commandé une crêpe nature !

- Désolée, dit Lisa dans un soupir.

Mais la grosse dame n’était pas prête à lâcher prise.

- Vous pouvez l’être, ma grande. C’est la deuxième fois que vous me faites le coup. Lorsqu’on se trompe une fois sur une commande, ce n’est pas gênant. Et en même temps, on fait attention de ne pas faire deux fois la même erreur. Vous, ça ne vous gêne pas, on dirait.

Cette fois, c’en était trop pour Lisa. La pression accumulée tout au long de la journée s’échappa d’un coup d’un seul pour se déverser sur sa cliente.

- D’abord, je ne suis pas « votre grande ». Ensuite, vous ne voulez pas de vanille dans votre crêpe. Alors c’est parfait !

Elle prit la boule de glace posée sur la crêpe avec sa main et la jeta sur la table.

- Voilà ! Ça vous va comme ça !!

Choquée par l’attitude de la serveuse, la grosse dame se leva et partit.

Trois clients à la table à côté avaient vu la scène et souriaient. Lorsque Lisa passa devant eux, l’un deux la retint avec son bras et lui caressa les cuisses.

- Voilà une femme comme je les aime ! Une vraie tigresse, hein, ma belle ?

Les trois hommes se mirent à rire. Pas longtemps cependant. Lisa ne réfléchit pas un seul instant aux conséquences de ses actes. Elle balança le plateau qu’elle avait dans la main à la figure de l’homme, lui coupant toute envie de rigoler.

Toute la salle était en émoi. Au bar, Charlie avait tout vu. Lorsque Lisa parvient près de lui, il était dans une colère folle.

- Lisa, tu es virée et ton licenciement prend effet immédiatement !

Virée à deux reprises en moins de six heures d’intervalle. C’était décidément une mauvaise journée pour Lisa.

 

A suivre...

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Marie A 07/06/2016 22:42

Il y a des jours comme ça où on se dit qu'on n'aurait pas dû sortir de son lit.
Pour une fois que Lisa s'attirait notre sympathie en se préoccupant de Jack... c'est mal fait !

Mr. Peyton 10/06/2016 14:46

Je pense personnellement que Lisa ne devrait jamais sortir de son lit ;-)