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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Episode 810 - Comme si de rien n'était

Episode 810 - Comme si de rien n'était

Jack Peyton empruntait très souvent Main Street, la rue commerçante de Peyton Place. Et pourtant, c’était la première fois qu’il s’arrêtait devant la vitrine du bijoutier. Il jeta un œil sur les objets de valeur qui ornaient fièrement la devanture de l’établissement. Puis il leva la tête et sourit en apercevant Betty à l’intérieur du magasin. Elle était en pleine conversation avec une vendeuse, toutes deux s’extasiant sur une broche scintillante.

Jack entra dans la bijouterie, provoquant le petit tintement annonçant l’arrivée d’un nouveau client.

Betty ne le vit pas immédiatement, si bien que Jack se dirigea vers elle et la surprit en lui chuchotant à l’oreille :

- Alors, madame Cord, on vient dépenser l’argent durement gagné par son mari ?

Betty ne répondit pas. Elle se tourna vers la vendeuse et lui désigna une broche exposée dans une vitrine.

- Finalement, je me décide pour celle-ci.

- Bien, Madame.

La vendeuse sortit le bijou de sa prison de verre et se rendit à la caisse. Ce fut seulement à cet instant que Betty se tourna vers Jack.

- Que viens-tu faire ici ?

- Contrairement à toi, il ne s’agit pas pour moi de faire un achat compulsif pour combler un vide dans ma vie.

- Je n’ai pas de vide à combler dans ma vie, s’offusqua Betty.

- Vraiment ? Le départ de Steven ne doit pas être évident pour toi.

- Il n’est surtout pas évident pour Brian. Il est en train de perdre tous ses repères. Et c’est à cause de toi.

Jack fut surpris par cette déclaration inopinée. 

- De moi ? Qu’est-ce que je viens faire dans votre histoire ?

- C’est ta faute si Steven et moi avons des problèmes.

- Je n’ai jamais interféré dans votre vie de couple, que je sache.

Betty s’énerva :

- Arrête, tu veux ! Notre petite guerre lors des élections est à l’origine de nos problèmes. Steven est parti, et tu aurais pu le retenir.

Jack haussa les épaules.

- Je ne vois pas comment.

- En lui disant que tu avais besoin de lui ici, en tant qu’avocat, plutôt que de le pousser à partir.

Jack se mit à rire.

- Betty chérie… Je mets ça sur le compte de ton émotivité particulièrement exacerbée ces derniers temps. Je n’ai jamais poussé Steven à partir. Je lui ai dit que je pouvais me débrouiller sans lui à Peyton Place, ce qui est la vérité. Je ne vois pas pourquoi j’aurais dû mentir pour toi.

Un vendeur vint à leur rencontre et s’adressa à Jack.

- Monsieur, puis-je vous aider ?

- Oui, je cherche une bague de fiançailles.

Voilà de quoi surprendre Betty.

- Une bague de fiançailles ?

- Oui, j’ai l’intention de demander Rachel en mariage, expliqua Jack. Je compte faire ça en grande pompe : dîner au champagne au Colonial, avec un orchestre, et j’ai bien l’intention de réserver toute la salle.

- En un mot, tu veux acheter Rachel.

Jack fit une grimace.

- Betty, ce que tu peux être aigrie ! Plutôt que de faire ta mauvaise tête, viens m’aider à choisir la bague. J’ai besoin d’un conseil féminin.

- Les bagues sont de ce côté, s’empressa de dire le vendeur. Si vous voulez bien me suivre.

Le vendeur se déplaça vers la devanture des bagues de fiançailles, suivit par Jack. Betty resta plantée sur place. Elle hésitait à les suivre et se demandait si elle ne devrait pas aller chercher sa broche qui l’attendait à la caisse.

Mais Jack se tourna vers elle et l’encouragea à les suivre.

- Allez, viens !

Un bref instant et un soupir plus tard, Betty les rejoignit.

- Alors, qu’est-ce que tu en penses ?,  lui demanda Jack.

Betty observa les bagues par-dessus la vitre, et très rapidement, en désigna une.

- Celle-ci.

Le vendeur traduisit son ravissement par un large sourire.

- Très bon choix, dit-il.

- Pourquoi celle-ci ?, demanda Jack.

Betty afficha un sourire narquois.

- Parce que c’est la plus chère. Tu as dit toi-même que tu voulais faire les choses en grand.

Jack sourit.

- Alors va pour celle-là.

- Avez-vous la taille du doigt de l’heureuse élue ?, interrogea le vendeur en extirpant la bague.

Betty tendit spontanément la main.

- Elle doit avoir à peu près ma taille.

 

Quelques instants plus tard, Betty et Jack sortirent de la bijouterie, avec chacun leur sac dans la main, et empruntèrent Main Street.

- Rachel va être ravie, j’en suis persuadé, sourit Jack.

Betty soupira.

- La vie continue, Jack… Comme si de rien n’était.

- Qu’est-ce que tu entends par là ?

Betty tourna son regard vers lui.

- A ton avis ? Tu achètes une bague à Rachel, tu veux l’épouser, tu continues à gérer tes affaires, alors que quelques semaines plus tôt, tu as tué un homme.

- Betty, tu me fatigues avec cette histoire. Nous avons eu cette conversation des centaines de fois.

- Et nous continuerons à l’avoir des centaines de fois s’il le faut. Jack, tu peux le croire ou non, mais je tiens à toi.

L’air surpris, Jack s’arrêta brusquement pour regarder Betty. La jeune femme tint cependant à s’expliquer :

- Nous sommes passés par des moments difficiles tous les deux. On a failli se marier, on s’est détestés, on se déteste sans doute encore.

- Je ne t’ai jamais détesté, Betty. J’ai souvent été en colère contre toi, mais je ne t’ai jamais détesté, dit Jack le plus sérieusement du monde.

- Moi non plus, Jack. Et c’est bien pour ça que je te demande de voir les choses en face. De reconnaître ce que tu as fait. Tu as ôté la vie à une personne.

Jack se renfrogna.

- Je ne risque pas de l’oublier. Tu me le rappelles à chaque fois que l’on se voit.

- Tu ne sembles ressentir aucune douleur, aucun regret. Ce n’est pas une attitude normale. En tout cas pour un type qui n’est pas psychopathe notoire.

- C’est juste que nous n’avons pas la même sensibilité, expliqua Jack. Amos est mort, et je ne le regrette pas. De même que je ne regrette rien de ce que j’ai fait. C’est toi qui devrais comprendre ça, Betty.

 

A suivre...

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Commenter cet article

Marie A 17/04/2016 22:28

Que de précipitation Jack ! Surtout que ta bien-aimée n'a pas l'air des plus empressées auprès de toi ! On a tellement pas envie de te ramasser à la petite cuillère (même si nos couverts du dimanches seraient ravis de cet usage de haut standing) o_O

Mr. Peyton 18/04/2016 18:20

Certes, beaucoup de précipitations, mais Jack est rarement amoureux. Et lorsqu'il est amoureux, il est un peu maladroit et... pressé :-)