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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Episode 789 - La grande aventure

Chez les Hayes

Chez les Hayes

 

Ellen Hayes était exténuée. Elle braqua sa vieille Ford pour entrer dans Chesnut Street et la gara sur le trottoir, derrière une voiture qui était stationnée devant chez elle.

Elle avait été de garde cette nuit au poste de police. Et comme souvent, il ne s’était pas passé grand-chose. Une dispute entre Seth Buswell et Kenny Stearn, comme il y a au moins une fois par mois, et une femme dont le chat s’était retrouvé dieu sait comment sur le toit de la maison voisine.

A part ça, rien. Inutile donc de préciser que la nuit d’Ellen fut vraiment très longue.

Son instinct de flic reprit le dessus lorsqu’elle avisa la voiture noire garée devant chez elle.

Elle sortit de sa Ford et observa plus attentivement la voiture. C’était aussi une Ford, mais d’un modèle encore moins récent que celui que possédait Ellen. Au volant se trouvait un homme d’un certain âge. Ellen lui donnait une petite soixantaine d’année. L’homme n’était nullement gêné de se voir dévisager de la sorte par une flic alors qu’il se trouve garé devant le domicile de celle-ci. Au contraire, il lui sourit et lui fit un geste de la main.

Ellen ne répondit pas. Elle n’avait pas non plus envie d’entrer dans une conversation avec ce type. Elle était trop crevée pour ça. Ça faisait des heures maintenant qu’elle pensait au bain qu’elle allait prendre. Elle avait déjà l’odeur de la crème qu’elle allait s’enduire pour calmer ses muscles tendus.

Rapidement, elle passa la porte d’entrée de la maison.

Les Hayes étaient locataires de la plus petite maison de Chesnut Street. Le jardin est très étroit et délimité du trottoir de la rue par un mur en bois.

Lorsqu’on entre chez les Hayes, on se retrouve immédiatement dans la cuisine. A droite, un escalier donne sur le premier étage où se trouvent les chambres et la salle de bains. Au fond de la cuisine, une petite entrée sans porte nous invite à passer au salon.

Ellen posa ses clés de voitures sur le comptoir de la cuisine et cria, pour se faire entendre :

- C’est moi !!

Pas de réponse. C’est comme si cette maison, habituellement pleine de vie, avait été brusquement désertée.

Elle appela de nouveau :

- Maman ! Tu es là ?

Toujours pas de réponse. Et voilà l’instinct de flic qui refit surface. Personne à la maison... Une voiture devant l’entrée… Un homme de soixante ans qui lui sourit et lui dit bonjour d’un signe de main...

Elle secoua la tête et reprit ses esprits. Il n’y avait là rien de suspect.

Elle parcourut alors la pièce en soupirant.

La table n’avait pas été débarrassée et dans l’évier traînait encore la vaisselle sale de la veille.

Elle ouvrit le réfrigérateur et poussa un profond soupir en découvrant qu’il était vide.

Marisa Hayes descendit les escaliers et entra dans la cuisine.

- Ah, te voilà ! Maman, tu devais faire les courses, il me semble. Il n’y a rien pour dîner. Et puis regarde ce foutoir ! Je croyais que tu t’occupais de tout ça.

Marisa sourit à sa fille.

- Désolée, mais je n’ai pas eu le temps de faire le ménage et les courses. Vous n’avez qu’à aller au Cider Barrell. Ou bien commander une pizza.

- On ne va pas manger des pizzas tous les jours !, protesta Ellen

En se tournant vers sa mère, Ellen vit qu’elle était bien habillée. Elle avait troqué son habituelle chemise informe blanche et jaune pour un ensemble bleu clair. Ellen l’avait déjà vu la porter. Une seule fois, lors du mariage de sa tante.

Marisa avait un visage marqué par des rides apparues trop tôt. Ses cheveux blonds cendrés et mi long étaient ébouriffés. Ellen vit alors que Marisa avait une valise dans la main.

Instinct du flic : Maman bien habillée (mais pas coiffée), voiture devant la porte, valise dans la main !

Sa mère s’apprêtait à faire la malle !

Ellen fronça les sourcils et demanda, pour la forme :

- Qu’est-ce que tu fais avec cette valise ?

Marisa s’approcha d’Ellen, toute excitée.

- Une sacrée opportunité ! Figure-toi que j’ai rencontré au Colonial un producteur hollywoodien.

- Le vieux type aux dents gâtées qui stationne en face ?

- Il s’appelle George. Il est producteur à Hollywood.

- Tu l’as déjà dit.

- Nous avons parlé pratiquement tout l’après-midi.

Ellen sentit la moutarde lui monter au nez. Sa mère ne deviendra-t-elle donc jamais adulte !

- Maman ! Tu es payée pour faire le ménage au Colonial, pas pour discuter avec les clients.

Marisa avait les yeux qui pétillaient d’extase.

- Ce type est formidable. Il m’a dit que j’avais un potentiel d’actrice.

- Effectivement, il ne peut être que formidable s’il t’a dit ça, ironisa Ellen.

- Il a dit qu’il allait réussir à me trouver un rôle dans une série télé.

Ellen comprit alors.

- La valise… c’est pour ça ? Tu t’en va ?

- C’est une opportunité qui ne se représentera plus de sitôt.

Marisa continuait à afficher ce sourire béat. Un sourire qu’Ellen avait appris à détester avec le temps.

- Mais Maman, tu le connais depuis quand… Aujourd’hui ?

- Parfois une journée suffit à connaître une personne et à se sentir bien avec lui.

Marisa avait l’habitude de surprendre la famille avec ses légendaires coups de tête. Une fois, elle avait décidé que toute la famille allait devenir végétarien, parce qu’elle avait rencontré un type qui ne mangeait jamais de viande et qui avait réussi à lui faire croire que manger des animaux était un péché mortel. Une autre fois, elle avait décidé d’emmener ses enfants au parc, et comme il faisait un temps splendide, elle avait convenu qu’ils passeraient la nuit là-bas. Au résultat final, tout le monde était rentré le lendemain les muscles endoloris après avoir couchés à même l’herbe. Sans parler des piqûres de moustiques.

Mais là, ça allait trop loin. Sa mère parlait de partir en Californie ! 

- Tu… tu ne peux pas partir comme ça, sur un coup de tête.

La voiture garée devant la maison émit un grossier bruit de klaxon.

Marisa caressa le visage de sa fille d’une main maternelle.

- Chérie, tu dois comprendre. Ça fait tellement longtemps que je rêve de devenir actrice. Je sais que j’ai du talent.

Ellen était trop fatiguée et trop choquée pour avoir de clairs pensées. Elle bredouilla :

- Mais… et… et nous alors ? Et Harry ? Tu as pensé à Harry ?

- Je sais que tu t’occuperas bien de lui, ma chérie.

- Et… et ton emploi au Colonial ?

La réponse finit d’achever Ellen.

- J’ai démissionné tout à l’heure. Ne t’en fait pas pour eux, il est facile de trouver une femme de ménage.

Pour eux ?! Tout fatiguée et choquée qu’elle était, Ellen était encore capable de se mettre en colère.

- Je ne m’inquiète pas pour eux, mais pour nous ! Qu’est-ce qu’on va devenir ?

Dehors, la voiture klaxonna de nouveau.

- Je dois y aller, dit Marisa

- Tu as toujours été quelqu’un de fantasque, mais là ça dépasse tout entendement. Maman, tu ne peux pas partir avec quelqu’un que tu connais à peine. Tu ne peux pas partir et laisser tes enfants !

Marisa afficha un triste sourire.

- Tu as toujours été meilleure mère que moi avec tes frères et ta sœur. Tu te débrouilleras très bien.

L’excuse bidon ne marchait pas. Ellen sentit sa colère se décupler.

- Avec mon seul salaire ? Ça m’étonnerait.

Mais Marisa semblait avoir toutes les solutions aux problèmes.

- Ne t’inquiète pas pour ça. Dès que George m’aura trouvé un rôle dans une série, je vous enverrais de l’argent et des cadeaux. Et puis je viendrais vous voir.

La voiture klaxonna encore une fois. Le vieux gâteux s’impatientait.

Marisa embrassa Ellen qui resta sans rien dire tant elle était choquée.

- Tu embrasseras les enfants. Et n’oublie pas de leur dire que je les aime très fort.

- Tu pourrais attendre qu’ils rentrent. Mais je pense que tu n’as pas le courage de le faire, n’est-ce pas ?

Marisa regarda sa fille avec tendresse et sourit. Ce sourire qu’Ellen avait vu tant de fois sur son visage, et qu’elle détestait tant. Ce sourire d’hypocrite.

- Au revoir, Chérie. Prends soin de toi et des enfants.

Elle quitta la maison avec sa valise, sans un mot de plus.

Ellen était dévastée. Ses jambes ne la portaient plus. Elle dût s’asseoir sur une chaise et tenta de comprendre, d’assimiler, ce qui venait de se passer et les conséquences que cela allait avoir sur toute la famille. 

 

A suivre...

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Marie A 17/02/2016 17:46

Encore sous le choc de l'irresponsabilité de cette... *Femme* !!!!

Mr. Peyton 18/02/2016 19:18

Reste à savoir comment va se débrouiller la famille sans la mère. Vu l'irresponsabilité de cette dernière, ça devrait bien se passer finalement.